
Dans les salons feutrés de Buckingham comme dans les dîners d’État les plus codifiés, rien n’est laissé au hasard. Une inclinaison de tête, un mot de trop, une main mal tendue… et tout bascule.
À l’heure où la monarchie britannique fascine toujours autant, un homme lève le voile sur ces règles invisibles qui gouvernent la cour : William Hanson, le pape des bonnes manières à l’anglaise.

Son livre, désormais publié en français chez Albin Michel, n’est pas qu’un simple manuel de savoir-vivre. C’est une plongée délicieusement ironique dans un univers où le moindre geste devient langage… et où la politesse est une arme diplomatique.
À la cour d’Angleterre, l’étiquette n’est pas un caprice mondain : c’est une structure. Une architecture sociale héritée des siècles, où chacun connaît sa place — ou est censé la connaître. William Hanson le rappelle avec une précision quasi chirurgicale : respecter les règles, c’est avant tout respecter les autres.

Dans cet univers, le rang reste une boussole. On ne s’adresse pas de la même manière à un ambassadeur, à un pair du royaume ou à un membre de la famille royale. Et si aujourd’hui les révérences sont moins appuyées, l’esprit demeure : on honore la fonction avant la personne.
Une philosophie qui explique pourquoi la monarchie britannique reste l’une des institutions les plus codifiées… et les plus observées au monde. Derrière cette rigueur se cache un théâtre fascinant, parfois à la limite de l’absurde.
Faut-il mettre la crème avant ou après la confiture sur un scone ? Question explosive outre-Manche. Une mauvaise réponse peut presque valoir un incident diplomatique local. Et que faire lorsqu’on se retrouve treize à table ?
Certaines familles britanniques n’hésitent pas à ajouter… un ours en peluche pour conjurer le sort. Même les salutations deviennent un art. Le très chic « How do you do » n’appelle aucune réponse — surtout pas une vraie. Quant à la poignée de main, elle doit être ferme, brève, impeccable. Ni molle, ni écrasante. Tout est affaire de nuance. Autant de détails qui, pour un œil français, oscillent entre raffinement extrême et délicieux ridicule.
Ce qui rend ce guide si savoureux, c’est qu’il montre aussi comment ces règles peuvent — et doivent — être détournées avec intelligence. Une anecdote célèbre raconte qu’un dignitaire étranger, lors d’un dîner officiel, but par erreur l’eau d’un bol destiné à se rincer les doigts. Plutôt que de le corriger, le prince Charles aurait aussitôt fait de même, pour éviter toute gêne. Une leçon magistrale : la véritable élégance consiste à mettre l’autre à l’aise, même au prix d’un faux pas.
Voilà toute la subtilité britannique : connaître parfaitement les règles… pour mieux savoir quand les transgresser.
À l’heure des réseaux sociaux et de la parole débridée, ce retour aux bonnes manières pourrait sembler anachronique. Il est, au contraire, profondément moderne. Car derrière l’humour et les excentricités, William Hanson défend une idée simple : la politesse est une forme de respect. Un art de vivre qui apaise, qui structure, qui distingue.
Et si, finalement, le vrai luxe aujourd’hui n’était plus de posséder… mais de savoir se tenir ?
En Grande-Bretagne, le rang n’est pas une coquetterie : c’est un système. Un véritable langage parallèle que seuls les initiés maîtrisent parfaitement.
Ducs, marquis, comtes, vicomtes, baronnets… À chaque titre correspond un protocole précis. On ne présente pas un pair du royaume comme un simple invité. On ne s’adresse pas à un membre de la famille royale sans respecter des formules codifiées. Et lors d’un dîner officiel, l’ordre de placement relève d’une véritable science.
Même dans la vie quotidienne, cette hiérarchie invisible continue d’opérer. Elle se niche dans les introductions, dans le choix des mots, dans la manière de saluer. On « présente » à plus haut que soi, on « introduit » à égal, et l’on s’efface toujours devant le rang supérieur.
Ce système, hérité de siècles de monarchie, peut sembler désuet. Il est pourtant au cœur de l’identité britannique. Car ici, respecter un titre, ce n’est pas flatter un individu : c’est reconnaître une fonction, une histoire, une continuité. Et c’est sans doute là que réside le secret du modèle anglais : une société qui change… mais qui n’oublie jamais ses codes.
Un manuel ? Non. Une immersion dans l’âme britannique. Où le chic se niche dans l’invisible… et où l’élégance reste, plus que jamais, une affaire de précision. (Merci à Bertrand Meyer)
« Le guide so British des bonnes manières », William Hanson, Albin Michel, 2026, 304 p.
Rainette
20 juillet 2026 @ 06:05
Merci à Bertrand Meyer pour ce délicieux article.
Bastide
20 juillet 2026 @ 06:24
Intéressant. I
Iankal21
20 juillet 2026 @ 06:36
À lire la présentation de ce livre, si délicieusement écrite par Bertrand Meyer, on craint d’être déçu par le livre lui même.
Est que l’auteur saura tenir la promesse de cet équilibre des gestes et languages si finement décrits ici ?
Erato deux
20 juillet 2026 @ 06:58
Merci pour l’information. Hâte de faire cette «immersion dans l’âme britannique »
l'Alsacienne
20 juillet 2026 @ 07:56
Je ne vis pas à la cour d’Angleterre ou autre. Je ne fréquente pas les hautes sphères,
mais un peu de courtoisie, de savoir-vivre, de respect, de vocabulaire correct, de langage écrit, ne nuirait pas dans notre société actuelle.
Bénédicte
20 juillet 2026 @ 10:29
Ah non alors, cela ne nuirait pas, bien au contraire l’alsacienne, même l’essentiel n’est pas respecté.
Marie-Caroline de Bretagne *
20 juillet 2026 @ 08:34
On peut suivre William Hanson sur Instagram : https://www.instagram.com/williamhanson/
D’indispensables conseils, parfois désuets mais le plus souvent très utiles.
Ses posts et stories donnent l’occasion de réviser son savoir-vivre avec humour. William est absolument tordant !
Actarus
20 juillet 2026 @ 11:20
MDR
J’adore comment Arieff Yong se moque de cette « précieuse ridicule » ! ^^
https://www.facebook.com/arieffyong1/
Marie-Caroline de Bretagne *
21 juillet 2026 @ 08:59
Ce monsieur est certes un personnage caricatural mais il sait rire de lui-même ce qui le rend encore plus drôle. C’est aussi cela la courtoisie du British humor. Savoir se moquer de soi. Nous Français avons toujours grand besoin de leçons ! 😉
Clémence
20 juillet 2026 @ 11:29
Je suis d’accord avec vous: il est tordant! So old-fashioned, so british!
Philippe
22 juillet 2026 @ 07:43
C’est curieux, en regardant cet individu, britannique et vieux jeu ne sont pas les premiers qualificatifs qui me viennent à l’esprit ! …
Actarus
22 juillet 2026 @ 11:36
Laissez-moi deviner : songeriez-vous à une jeune version du prince Bertrand d’Orléans-Bragance ? 😏
Bénédicte
20 juillet 2026 @ 08:51
L’histoire du rince doigt avait été attribué à la reine Elizabeth
13 à table (où nous avions été invités) il y avait un lapin en tissu plus grand que les convives. Nous nous sommes retenus de rire, mais c’était sympa.
Marie-Caroline de Bretagne *
21 juillet 2026 @ 09:01
Vous avez tout à fait raison Bénédicte. L’anecdote du rince doigt concernait un chef d’État africain reçu par Elizabeth II.
Philippe
22 juillet 2026 @ 07:34
Non, l’histoire du rince doigt remonte au règne de Victoria.
Elisabeth-Louise
20 juillet 2026 @ 10:05
Euh ? comment dire…..à lire cet article nous avons l’impression de pénétrer dans un univers unique au monde…..
Bah, « ça » existe ailleurs tout « ça » et même en France…..
Il y a même des cours privés qui l’enseignent à Paris ( pas de noms ! ) et pas qu’à Paris;
N’importe qui a été élevé de façon un peu soignée sait comment un homme et une femme entrent dans un lieu public, montent un escalier, prennent place à table au restaurant, y choisissent le menu, comment fait une maîtresse de maison pour placer ses convives à table ( et s’est renseignée sur les possibles allergies alimentaires) n’importe qui sait saluer ou écrire une lettre, bref……
Nous avons aussi notre réputation de courtoisie et et elle est célèbre !
Carole 007 🆒 🇫🇷
26 juillet 2026 @ 09:55
Elisabeth-Louise,
Il y a bien longtemps déjà, Nadine de Rothschild avait publié quelques livres sur ce genre de sujet.
Agnese
20 juillet 2026 @ 10:24
Si vous avez eu une bonne éducation grâce à des parents et une famille vigilants , vous n’avez pas besoin de manuel.
L’éducation, la politesse, le respect des autres sont des choses innées ou acquises dès l’enfance.
Ne fréquentant pas la famille royale britannique, je ne m’inquiète pas de commettre un impair.
J’ai grandi en faisant la révérence à ma grand-mère paternelle et papa comme mes oncles faisaient le baisemain à leur mère.
Très stricte et très sévère ambiance qui ne me plaisaient pas mais qui a été une bonne école.
Elisabeth-Louise
20 juillet 2026 @ 13:15
Exactement Agnese ! mes parents vouvoyaient leurs parents ( que je n’ai pas connus, car orphelins à 4 ans – Maman- et 15 ans – mon Père-) ; élevés en pension, ils étaient spontanément habitués à une certaine distance dans l’intimité, mais qui ne nuisait nullement à l’affection; en pension moi aussi, j’ai reçu des cours de savoir vivre, comportement, correspondance, maintien;
Les Anglais n’en possèdent pas l’exclusivité, parce que ils ont un système monarchique !?
Agnese
20 juillet 2026 @ 14:03
Exactement comme chez nous Elisabeth-Louise.
Papa vouvoyait ses parents, je vouvoyais mes grands-parents bien sûr et eux même nous vouvoyaient.
Nous étions habitués et cela ne me choquait pas puisque la plupart de mes camarades de pensionnat faisaient de même avec leur famille.
🍀 MIKA 🍀
20 juillet 2026 @ 19:07
Agnèse, Encore faut-il que certains parents d’aujourd’hui aient t quelque chose à transmettre …
Quand on entend le langage de quadragénaires aujourd’hui, on se doute bien qu’ils ne peuvent rien transmettre de beau ou de bien à leurs enfants qui a leur tour ne donneront rien à leur progéniture…
Mais je suis d’accord avec vous, il y a aussi de l’inné dans le comportement, le savoir-vivre…pas chez tout le monde par contre…
Agnese
21 juillet 2026 @ 09:02
Mika bonjour,
Je suis bien d’accord avec vous dans la mesure où nous avons fait le maximum pour bien éduquer nos enfants qui ont maintenant la quarantaine.
Par contre ils ont plus cool que nous et la génération de mes petits-enfants m’inquiète un peu: la tenue à table, les caprices….
🍀 MIKA 🍀
22 juillet 2026 @ 17:02
Nos parents (dans les années 60-70) avaient plus d’exigences sur tout. Tenue, habillement, école, politesse… et surtout les enfants restaient à leur place d’enfant !
Tout a été envoyé par dessus les moulins…en 1968. Si certaines choses en valaient la peine, on a perdu beaucoup d’autres valeurs en route…
Carole 007 🆒 🇫🇷
26 juillet 2026 @ 09:58
MIKA,
Le début de la fin..,
Danielle
20 juillet 2026 @ 10:26
Merci Bertrand Meyer pour cet article intéressant.
l’Alsacienne et Elisabeth-Louise, d’accord avec vous.
Perlaine
20 juillet 2026 @ 10:28
Mais nous avons nous une spécialiste en la matière en la délicieuse Nadine de Rotschild
Joël
20 juillet 2026 @ 19:05
Elle est bien fatiguée Nadine à 94 ans mais se bagarre toujours avec sa belle fille…
Marie-Caroline de Bretagne *
21 juillet 2026 @ 09:13
Je crois que Nadine de Rothschild et ses petites-filles sont parvenues à un accord mais il est hélas peu probable qu’elles se revoient un jour… De son côté, Ariane de Rothschild est régulièrement citée dans le cadre de l’affaire Epstein. Pas à propos du volet sexuel mais côté business et transfert illégal d’oeuvres d’art. Par ailleurs, il semble qu’Ariane et Epstein aient été amis depuis longtemps.
Bénédicte
23 juillet 2026 @ 15:41
« Amis depuis longtemps » une belle femme comme elle…elle a sans doute été sa maîtresse, le reste, on ne sait pas.
Les écoutes téléphoniques retranscrites penchent vers un lien personnel lorsque Benjamin était en mer. Epstein e comprenait pas qu’il fallait encore sa signature pour l’essentiel…
Triste que les petites filles aient « perdues » à jamais leur grand mère et vu son âge…
Je n’apprécie pas Ariane belle femme d’affaires certes mais très dure dans le privé particulièrement avec Nadine la méprisant et comme Nadine n’a pas sa langue dans sa poche…
Tragique histoire avec le décès de son fils.
Ah elle est loin « la baronne rentre à cinq heures »..
particule
20 juillet 2026 @ 11:03
Il ne me suffira pas de la traduction pour avoir le rêve fou que ce livre soit- à l’instar de la Bible – dans toutes les familles. Bien des conflits seraient évités.
L’éducation et les bonnes manières sont le seul passeport international pour vivre en bonne intelligence.
Philomène
20 juillet 2026 @ 23:42
Je partage votre remarque, Particule. Cela est si doux d’apprendre à se décentrer, comme l’on dit. Pas toujours facile mais quand on y a goûté on veut y revenir. Douceur pour soi-même, douceur pour les autres. Les chrétiens diraient qu’il suffit de remettre Dieu au centre. Alors là, pur délice. Pardonnez-moi, chers mécréants que j’agace à coup sûr et qui avez peut-être votre astuce personnelle. Mais je n’en connais pas d’autre.
Philippe
22 juillet 2026 @ 07:22
? ? ? … vous avez fumé un truc, Philomène ? …
Marie-Caroline de Bretagne *
24 juillet 2026 @ 10:15
😆
Bagatelle
25 juillet 2026 @ 17:59
Je remercie vivement les quelques intervenants qui me permettent de réviser quasi-quotidiennement mes classiques.
Ainsi, en lisant certains commentaires, je repense à cette phrase attribuée à Albert Einstein : » Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue ».
Actarus
20 juillet 2026 @ 11:27
Pour rigoler : https://www.facebook.com/reel/994540926765065
visder
20 juillet 2026 @ 12:05
ce personnage ses ouvrages et ses « shorts » visibles sur YouTube constitue une source de comique toujours renouvelé. imperméable au doute, il touille son thé ou explique comment se pencher pour ramasser son sac sans imaginer un instant les éclats de rire qu’il suscite. bref, c ‘est une version qui se prend au sérieux de la regrettée Patricia Routledge dans » keeping up appearances »
Alexandrovna
20 juillet 2026 @ 12:11
Voilà un livre que je lirai avec plaisir, si en plus cet ouvrage est écrit avec humour, sans compter les anecdotes du haut monde britannique.
J’appelle ça avoir des rapports esthétiques. C’est tellement important d’avoir quelques bonnes manières dans nos rapports aux autres, pas seulement à table ou à l’extérieur, mais au quotidien et avec en premier celui avec lequel ou laquelle nous vivons.
Belle lecture à venir.
Kardaillac
20 juillet 2026 @ 12:44
Il fallait l’écrire avant, et l’offrir à la mariée du siècle ! Elle se serait enfuie plus tôt.
Mayg
20 juillet 2026 @ 13:48
Quand on voit comment la reine Élisabeth a élevé ses enfants, alors les bonnes manières sont British, laissez moi rire.
Perlaine
20 juillet 2026 @ 14:18
Il y a qq temps à Roscoff dans un restaurant , j’ai outre-passé la bienséance en me levant de table et en proposant mon aide à un couple d’anglais fraîchement débarqué du ferry , perplexes devant des artichauts – Armés de leur couteau et de leur fourchette s’essayant à couper lesdits artichauts au risque qu’iis finissent au mieux par terre au pire dans mon assiette – Ils s’en sont sortis courageusement un peu étonnés de devoir prendre les feuilles à la main ,mais arrivés au foin cela s’est gâté et ils ont renoncés à aller plus loin !!Damned ces sacrés frenchies les cuisses de grenouilles ne leur suffisaient pas so exotic this country !
Bénédicte
21 juillet 2026 @ 10:01
Servir des artichauts entiers dans un restaurant, invraisemblable !
D'Italie
20 juillet 2026 @ 16:17
Le Royaume-Uni est pour le moins désuni à propos de la question : « Tea first or milk first ». Un débat existentiel qui se pose aussi à propos des céréales…
Jean Pierre
20 juillet 2026 @ 16:32
Quelle différence avec le protocole ?
🍀 MIKA 🍀
20 juillet 2026 @ 19:29
C’est certainement beaucoup demander à l’école à nouveau mais :
Le savoir-vivre, la politesse, le respect, le comportement à avoir en chaque circonstance devraient être enseignés au primaire et collège. (Comme la leçon quotidienne de Morale d’autrefois…)
Sans généraliser évidemment, nous pouvons remarquer que beaucoup de jeunes adultes (et des moins jeunes aussi !)
parlent très mal, ne savent pas se tenir correctement à table, ni adapter une tenue vestimentaire à l’événement où l’on se rend, on ne fait d’effort pour rien ni personne….
Aucun gamin ne se lève aujourd’hui pour laisser sa place dans le bus à une personne fatiguée…
Seul le « je fais ce que je veux » prime…
Ne savent pas saluer, ni remercier d’un cadeau ou invitation par un petit mot personnel (au moins un sms aujourd’hui…).
Pire, avec l’accord de leurs parents, certains revendent leurs cadeaux le lendemain de Noël sur les réseaux … pauvre société…
Il y a un vide abyssal dans ce savoir-Etre…. En revanche, les élèves ont le crâne bourré de toutes les idéologies du moment, qui entrent dans les classes…et n’a pas sa place à l’école…
Les gens bien informés savent qu’une bonne éducation, d’où que l’on vienne, ouvre bien des portes !
Cosmo
25 juillet 2026 @ 14:34
A lire probablement au second degré ! Du moins je m’espère pour l’auteur.
En effet, qui est reçu à la cour d’Angleterre est informé par avance de l’attitude à tenir et qui connait un pair du royaume n’a pas de souci à se faire pour s’adresser à lui car la plupart du temps c’est le prénom que l’on utilise et si c’est la première fois, un « Sir » suffit largement…Les My Lord, Your Grace, Your Ladyship, etc…sont réservés au personnel et aux fournisseurs.