Ce moment de représentation et de partage est guidé par un besoin de rayonnement pour l’hôte comme pour l’invité. Et parce que les hommes ont toujours aimé boire et manger, cet instant consacre la bonne chère comme l’alliée objective de la puissance.
De
Saint-Louis, qui reçut en grande pompe
Henri III d’Angleterre à Paris en 1254, à Emmanuel Macron, qui depuis 2017 offre aux troupes françaises déployées à l’étranger un repas de Noël d’exception, en passant par les buffets sophistiqués de Carême sous la Restauration et la démesure Art déco du paquebot Normandie en 1935, découvrez vingt repas fastueux ou iconoclastes – mais toujours ambitieux –, qui ont participé de l’histoire de France.
De sa plume élégante et savante, Jonathan Siksou nous fait le passionnant récit de vingt « moments mémorables » dont nous connaissons la date, le lieu et naturellement le menu, vingt festins qui ont à leur manière fait leur époque à travers la diversité de leurs mets et la nouveauté de leurs recettes ; des repas, enfin, qui illustrent parfaitement cette union intime entre la politique, la gastronomie, l’art et les mœurs, alliance ayant connu, sous le ciel de France, une belle fortune ».
« Triompher en festins. Une histoire de France en vingt repas », Jonathan Siksou, Perrin, 2026, 328 p.
Passiflore
27 mai 2026 @ 08:12
L’alimentation a changé. Certains plats du pauvre sont devenus des plats du riche, si l’on peut dire. Le homard bleu de Bretagne était la nourriture classique du pêcheur, l’aligot (plat qui vient de l’une des régions les plus pauvres de France, l’Aubrac) était du fromage local mélangé avec des pommes de terre, le saumon était servi aux ouvriers, pas plus de trois fois par semaine, les huîtres étaient mangées par les pauvres en Angleterre qui les achetaient aux vendeurs ambulants de Londres, les langoustes nourrissaient les prisonniers au XIXe siècle ainsi que les porcs à qui l’on donnait également des oeufs d’esturgeons, la bouillabaisse était un plat de pêcheurs qui faisaient bouillir leurs invendus dans de l’eau de mer.
Robin des Bois
27 mai 2026 @ 09:57
Vous avez tout à fait raison. Au 19e Siècle, par exemple, aux Pays-Bas dans le Nord, les bonniches faisaient écrire dans leur contrat qu’elle ne mangeraient pas de saumon « plus de deux foi par semaine » . A la même époque, les crevettes grises qui sont tellement hors de prix qu’on ne les voit plus au supermarché étaient la protéine de base des pauvres Flamands du littoral belge.
Les pignons du pesto génois étaient le fruit sec le moins cher pour les gens modestes.
Vittoria
29 mai 2026 @ 06:06
« Les bonniches » : pourquoi un tel mépris ?
Chiara
29 mai 2026 @ 19:20
« les bonniches » comme c’est délicat comme appellation…
Trianon
27 mai 2026 @ 12:15
En effet, les plats du pauvre d’antan sont devenus des mets plutôt recherchés et coûteux .
Spéciale dédicace à L’aligot, abordable ,et que j’aime beaucoup !
Benedicte
27 mai 2026 @ 13:53
Oui Passiflore, c’est fou. La couverture de ce livre m’en rappelle une autre !
Brimbelle
1 juin 2026 @ 19:31
Le pain noir était le pain des pauvres, le pain blanc celui des riches. La tendance est maintenant maintenant inversée avec la recherche de farines différentes, plus chères que la farine classique de blé
Baboula 😻
27 mai 2026 @ 08:59
Revoici le »Festin de Didon et d’Énée » où figurent les membres de la famille royale .
Brimbelle
27 mai 2026 @ 20:02
Un autre ouvrage dans le même registre, » A la table des diplomates, l’histoire de France racontée à travers ses grands repas « , sous la direction de Laurent Stefanini.
On y découvre une vingtaine de grands moments historiques à travers des repas diplomatiques, le tout raconté par des historiens. Ce livre existe en collection Folio.
Passiflore
28 mai 2026 @ 07:41
Brimbelle, ce livre doit être intéressant puisque Laurent Stefanini était chef du protocole à l’Elysée de 2010 à 2016, si je ne me trompe.
Régine
28 mai 2026 @ 07:49
https://www.noblesseetroyautes.com/livre-a-table-diplomates/
Brimbelle
29 mai 2026 @ 06:35
C’ est exact,Passiflore, il fut aussi ambassadeur de France à Monaco mais refusé pour l’ attribution de ce poste au Vatican.
Caroline
27 mai 2026 @ 22:43
Cette histoire est aussi celle de la débauche, de la beuverie et des orgies !
Robin des Bois
3 juin 2026 @ 20:20
Mais non Caroline !
Framboiz 08
28 mai 2026 @ 00:18
On aimerait avoir la liste de ces 20 repas.Des festins, ça donne envie !