Le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou a participé aux commémorations des 800 ans de la bataille de Bouvines. (Un grand merci à Jean-Marie pour les photos)
Incroyable mais vrai, l’inénarrable Gérard ne s’offusque pas que l’un de ses amis qui a soi-disant « fait ses preuves » (rires) ait l’impudence d’insulter un fils de France et un très fidèle prince du sang royal de France, non cette infâmie n’émeut pas l’inénarrable Gérard, qui s’offusque en revanche que son ami récolte ce qu’il a semé ! Le monde à l’envers…
Plus sérieusement je trouve tout à fait indécent, inacceptable, vulgaire – doit-on dire injurieux à ce niveau-là ? – qu’on emploie pour désigner l’un de nos correspondants des termes orduriers, comme cela a été fait récemment, et sans le talent de Brassens évidemment. Mais peut être trouvez-vous cela tout à fait normal, Sigismond, arbitre des élégances et grand cérémoniaire des princes aux fleurs de lys ?
Pour moi, un prince imbécile est avant tout un imbécile. Nul n’est responsable de sa naissance mais chacun d’entre nous est responsable de ses actes.
Je n’ai aucun respect pour des princes qui n’ont rien d’autre à leur actif que le naissance.
Quant à la qualification de fils de France ou prince du sang royal de France, je la trouve pour le moins exotique s’agissant de personnages contemporains. Surtout quand un des princes en question est aujourd’hui marchand de vins, activité honorable mais sans rapport avec le sang de France, et que l’autre n’a rien fait d’autre que de promener une existence futile.
Je prends les insultes de Naucratis d’où elles viennent. Bava crapulorum…
Sigismond, pourquoi maintenant me ramenez-vous dans votre vaine querelle à la suite de vos fausses confidences sur une messe paloise dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles étaient confuses, c’est-à-dire en somme inénarrables selon ce terme que vous semblez maintenant découvrir mais dont je ne vois pas pourquoi vous me l’appliquez car je ne suis pas si énigmatique. Oui sur le fond Cosmo a fait ses preuves et quand vous nous soumettrez les vôtres nous dirons peut-être la même chose. Cosmo a écrit plusieurs livres qui font référence et celui qui vous chagrine, et qui a été salué par la critique, est le fruit d’un long et patient travail, d’un travail intelligent, d’une grande rigueur et d’une grande honnêteté, qui ne néglige aucun argument avant d’arriver à une conclusion. C’est un travail scientifique et je ne suis pas certain que vous en soyez capable. Vous avez entraîné, bien malgré eux, semble-t-il, un prince défunt et un prince alors très jeune, dans une mauvaise querelle dont vous ne savez comment vous défaire. Alors vous prétendez que des princes ont été mal reçus, insultés. Il semblerait finalement que vous ayez brodé d’une manière approximative au sujet des sentiments que vous leur prêtez. Si je comprends bien ils ne sont pas venus à une messe parce qu’ils y auraient été mal placés. C’était le droit de ne point venir s’ils estimaient qu’ils seraient insuffisamment bien reçus et l’on ne peut leur en faire grief. Mais dans votre première version des faits vous sembliez dire qu’ils s’étaient offusqués, que cela s’était vu, ce qui aurait été particulièrement discourtois à l’égard de la comtesse de Paris, ce qui a donc étonné tout le monde, moi le premier et Cosmo ensuite, s’agissant de princes que nous ne connaissons pas mais qui ont dû être bien élevés et dont nous ne pouvons pas a priori soupçonner l’état d’esprit. Bref c’est vous-même qui avez, semble-t-il, insulté ce prince défunt et ce jeune prince qui devraient vous être chers, c’est vous qui avez semé l’ivraie. Vous avez exhumé un épisode incertain et totalement oublié qui n’a pas empêché cette belle messe de se dérouler avec le recueillement voulu en mémoire du roi Henri dans l’une de ses capitales.
Le bon roi Henri était le roi de la réconciliation. Il l’a payé de sa vie. Vous qui vous réclamez de lui tachez de suivre son exemple, dans sa vie bien sûr et non dans sa mort, et de ne pas monter en épingle les sentiments que vous prêtez aux autres.
Gérard, on ne peut certes pas réconcilier des personnes qui ne veulent pas se réconcilier, et je ne vais certainement pas m’escrimer à cela, n’ayant pas le millième du talent des Duosiciliens qui ont réussi cet exploit.
Ces événements d’août 1989 m’ont scandalisé à l’époque, car je ne supporte pas l’injustice, surtout dans cette période où nous venions de perdre le prince Alphonse, et où le prince Louis endeuillé venait de remporter le procès que lui avait votre prétendant.
Je n’ai en rien « brodé » : il y eut un communiqué officiel du duc d’Anjou, qui expliqua très clairement le comportement inadmissible des orléanistes au sujet de la cérémonie du 3 août à Lescar.
Quant à Cosmo, son livre ne m’a pas chagriné, j’ai déjà dit qu’il m’a intéressé. Je n’ai pas le millième de son talent, et quand je parlais de « faire ses preuves », il s’agissait du respect des préséances Bourbons / Orléans.
Je vous remercie une fois de plus pour ce que vous dites à mon sujet.
Ces questions de préséance et d’étiquette me semblent totalement dérisoires. Le talentueux mémorialiste qu’est St Simon est passé à la postérité, non pour son talent, mais pour son souci des peccadilles de l’étiquette, au point d’en faire un personnage ridicule. Les édits de noblesse en 1782 ont été un des déclencheurs de la Révolution française.
Je sais parfaitement que courtoisie et préséance ne vont pas toujours de pair mais il faut être singulièrement à cheval sur l’étiquette pour insister sur la préséance et en oublier la courtoisie.
Je croirais bien volontiers que le communiqué de Louis de Bourbon ait plus été le fait de ses conseillers que de lui-même car quand on a perdu son père dans de telles circonstances, après avoir perdu son frère dans des circonstances similaires, il me semble que l’on doit avoir le sens de la relativité.
Il y a de cela très longtemps, la reine Elizabeth apprenant que Lord Rothschild était présent à une réception un vendredi soir l’a autorisé à partir avant elle, car le Shabbat allait commencer. Il y avait une grave entorse à l’étiquette de la cour, mais la souveraine a considéré que le devoir religieux passait avant le respect du à des conventions purement formelles.
J’aurais été choqué si un prince d’Orléans était passé devant Emmanuella de Dampierre, car malgré le peu de cas que je fais de cette dame et de ses prétentions, un jeunot, fût-il princier, se doit de laisser la pas à une dame âgée. Et si en plus, il en avait fait une histoire.
Mais je reste persuadé que comme pour le prince Louis, ce sont les conseillers du prince Gonzalve et du prince Axel qui ont monté toute l’histoire, pour faire mousser leur prétendant, ne se rendant pas compte combien de telles attitudes sont préjudiciables.
Ces attitudes ont emmené la révolution en France par deux fois et c’est bien regrettable.
Sigismond, naturellement j’approuve les sages propos de Cosmo. Je ne cherchais pas à être désagréable avec vous mais vous me paraissiez injuste envers lui.
Je comprends votre souci de l’étiquette et votre zèle pour vos princes. Mais souvenons-nous que selon la belle formule de Portalis les lois sont faites pour les hommes et non les hommes pour les lois, formule parfois oubliée aujourd’hui dans les avalanches réglementaires. C’est vrai dans le droit positif et sans doute pour le droit dynastique, qui a pu évoluer avec les intérêts de la nation, et la jurisprudence est là pour interpréter la loi, et c’est vrai à fortiori pour l’étiquette.
Il faut en tout de la raison et du raisonnement.
Comme le notait à cet égard Jean Serres, remarquable maître en savoir-vivre, « Dans l’application de la plus haute règle morale : « Agis vis-à-vis d’autrui comme tu voudrais que l’on agît à ton égard », c’est le désir de plaire qui intervient. »
Le protocole n’est pas destiné à susciter des conflits mais à les prévenir en évitant de froisser certains et en satisfaisant les autres. Ainsi dans les pays où les princes de l’ancienne maison régnante ou les autorités religieuses n’ont pas de place définie strictement, faut-il les placer avec intelligence et en tenant compte des circonstances, comme un certain nombre de personnalités dites de la vie civile.
Le Christ a montré que les Cieux ne sont pas réservés à certaines élites terrestres et de tout temps nos rois savaient signifier à un jardinier, un comédien, un musicien, un philosophe, une favorite aussi, qu’il y a dans les cours les plus rigides des accommodements.
Ne montons pas les princes les uns contre les autres et suivons leurs exemples de bonne volonté et ne prétendons pas en effet les enfermer dans des coteries mortifères dont certains ont souffert et que les plus forts ont rejetées.
Henri IV et Louis XVIII ont montré qu’on ne peut être roi que de tous – et Louis XII n’avait-il pas dit que le roi de France ignorait les injures faites au duc d’Orléans. C’est parce qu’ils furent ducs de Vendôme que le prince Jean a été ainsi titré.
Cosmo, je ne sais ce qu’il en est des conseillers, je me fie au communiqué officiel (du Secrétariat) de Monseigneur le duc d’Anjou, en date du 3 août 1989, qui parle d’avanie outrageante, de manque de courtoisie et de mépris de la parole donnée (au sujet des organisateurs de la cérémonie). Et je me fie aussi aux articles virulents parus dans la presse légitimiste de l’époque.
La courtoisie, cela consiste aussi à ne pas faire croire à des princes que l’on invite, que les deux premières places leur seront réservées, pour ensuite au dernier moment annoncer à ces princes qu’on prétend les reléguer après tous leurs cousins cadets !
Et la courtoisie de toute façon, ne prime pas les préséances. Vous savez bien que M. Hollande ne céderait pas la première place à M. Giscard d’Estaing. Et Gérard se contredit quand il veut faire passer la courtoisie avant les préséances, puisqu’il nous dit en même temps que Charles de Gaulle et Henri d’Orléans n’auraient pas accepté de céder leur préséance, au nom du respect de la place de la France ou de « la place du roi de France ». C’est exactement au nom de ce respect de ce qu’il représentait, en tant qu’héritier présomptif du chef de la Maison de Bourbon, successeur légitime des rois de France, que le duc d’Aquitaine ne pouvait accepter de céder sa préséance à une cousine cadette, fût-elle l’épouse d’un cousin cadet prétendant avoir droit à « la place du roi de France ».
Dans un tout autre registre, je remercie beaucoup Gérard pour ses remarques sur le manque de philosophie et d’autodérision de certains commentateurs de N&R. On apprend à tout âge, et merci à Gérard (que je prie en même temps de m’excuser pour mes taquineries fruitières) car je prends conscience de commenter trop émotionnellement quand il s’agit de la branche aînée des Bourbons. Sensibilisé très tôt aux ignominies révolutionnaires (par une institutrice de l’école républicaine !), antithèse du décorum et de l’apparat de Versailles et du Louvre, ayant lu et relu « au peigne fin » le livre (orléaniste) « Ceux qui firent la France » de Louis Saurel, ayant aimé l’histoire grâce à Castelot et Decaux, et plus sérieusement avec « Les Bourbons de France en exil à Gorizia » de Luigi Bader (les bas des pages 309 et 319 évoquent le duc d’Anjou et de Ségovie, et j’aime la page 87 où le duc de Blacas dit à Louis XIX, « C’est maintenant à Votre Majesté de donner ses ordres ») , sans oublier l’incontournable Alexandre Dumas (ce passage des « Quarante-cinq » où on ouvre les portes à deux battants pour Henri III et où on referme un battant quand arrive le duc de Guise, et vous savez bien qu’il en aurait été de même si Henri III avait eu vingt ans et le duc de Guise quatre-vingts ans), chacun est le fruit des jalons de son cheminement (quelle phrase absconse, me direz-vous :-) mais il est vrai que la sagesse commande de prendre toutes choses avec philosophie.
Vous confirmez bien que tout ceci a été monté par l’entourage des princes et non par les princes. Je suis certain que les princes sont plus relax à ce sujet et ce d’autant qu’aucune de ces cérémonies n’ont un caractère officiel et que le protocole peut y subir des entorses. Maintenant, j’ignore les détails et les dessous de cette affaire, s’il y en a.
La position de Messieurs Hollande ou Giscard d’Estaing ne peut en aucun cas être comparée à celles des princes car présidents de la République, ils sont de l’ordre du présent et du réel, les princes ne sont plus que de l’ordre du virtuel. Je partage l’opinion de Gérard quant aux accommodements parfois nécessaires.
Vous avez parfaitement raison concernant l’aspect émotionnel de l’ensemble de nos interventions. Personnellement je n’éprouve aucune émotion concernant les Bourbons ou les Orléans. Ils sont pour moi un morceau de notre histoire. Mais je réagis souvent avec émotion à certaines attaques.
Je suis, par contre, comme vous, sensible aux horreurs de la Révolution et aux martyrs de Louis XVI, Marie-Antoinette, de Madame Elisabeth, du Dauphin et de bien d’autres.
Je suis certain que nous sommes un certain nombre d’intervenants sur ce site qui, bien qu’ayant une vision différente de la légitimité, peuvent s’entendre. Certains de vos amis ont souvent dépassé les limites de l’acceptable, non dans l’expression de leurs convictions mais dans les attaques personnelles et la mauvaise foi.
Je reste persuadé que nous pouvons dialoguer malgré des opinions divergentes sur le sort de l’hypothétique trône de France. Mon souhait est que les monarchistes défendent le passé glorieux de la France, dont l’essentiel a été du temps de la monarchie. Sans ses rois la France n’aurait pas existé. Mais il ne me semble pas possible d’éliminer ce qui a suivi car notre mémoire collective est faite d’ajouts successifs, desquels rien ne peut être retranché.
Cordialement
Cosmo
Gérard
11 août 2014 @
13:45
Réconciliation duosicilienne réjouissante et à mettre à l’actif du pape et des cardinaux de l’Ordre Constantinien, des princes et je suppose surtout du duc et de la duchesse de Castro, du duc de Noto et de la duchesse de Calabre.
Mais la succession n’est pas clairement réglée et doit encore être précisée pour ce qu’il en sera après le duc de Castro.
Sigismond
8 août 2014 @ 10:25
Incroyable mais vrai, l’inénarrable Gérard ne s’offusque pas que l’un de ses amis qui a soi-disant « fait ses preuves » (rires) ait l’impudence d’insulter un fils de France et un très fidèle prince du sang royal de France, non cette infâmie n’émeut pas l’inénarrable Gérard, qui s’offusque en revanche que son ami récolte ce qu’il a semé ! Le monde à l’envers…
Gérard
8 août 2014 @ 11:49
Plus sérieusement je trouve tout à fait indécent, inacceptable, vulgaire – doit-on dire injurieux à ce niveau-là ? – qu’on emploie pour désigner l’un de nos correspondants des termes orduriers, comme cela a été fait récemment, et sans le talent de Brassens évidemment. Mais peut être trouvez-vous cela tout à fait normal, Sigismond, arbitre des élégances et grand cérémoniaire des princes aux fleurs de lys ?
Cosmo
8 août 2014 @ 14:29
Sigismond,
Pour moi, un prince imbécile est avant tout un imbécile. Nul n’est responsable de sa naissance mais chacun d’entre nous est responsable de ses actes.
Je n’ai aucun respect pour des princes qui n’ont rien d’autre à leur actif que le naissance.
Quant à la qualification de fils de France ou prince du sang royal de France, je la trouve pour le moins exotique s’agissant de personnages contemporains. Surtout quand un des princes en question est aujourd’hui marchand de vins, activité honorable mais sans rapport avec le sang de France, et que l’autre n’a rien fait d’autre que de promener une existence futile.
Je prends les insultes de Naucratis d’où elles viennent. Bava crapulorum…
Cosmo
Gérard
8 août 2014 @ 11:41
Sigismond, pourquoi maintenant me ramenez-vous dans votre vaine querelle à la suite de vos fausses confidences sur une messe paloise dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles étaient confuses, c’est-à-dire en somme inénarrables selon ce terme que vous semblez maintenant découvrir mais dont je ne vois pas pourquoi vous me l’appliquez car je ne suis pas si énigmatique. Oui sur le fond Cosmo a fait ses preuves et quand vous nous soumettrez les vôtres nous dirons peut-être la même chose. Cosmo a écrit plusieurs livres qui font référence et celui qui vous chagrine, et qui a été salué par la critique, est le fruit d’un long et patient travail, d’un travail intelligent, d’une grande rigueur et d’une grande honnêteté, qui ne néglige aucun argument avant d’arriver à une conclusion. C’est un travail scientifique et je ne suis pas certain que vous en soyez capable. Vous avez entraîné, bien malgré eux, semble-t-il, un prince défunt et un prince alors très jeune, dans une mauvaise querelle dont vous ne savez comment vous défaire. Alors vous prétendez que des princes ont été mal reçus, insultés. Il semblerait finalement que vous ayez brodé d’une manière approximative au sujet des sentiments que vous leur prêtez. Si je comprends bien ils ne sont pas venus à une messe parce qu’ils y auraient été mal placés. C’était le droit de ne point venir s’ils estimaient qu’ils seraient insuffisamment bien reçus et l’on ne peut leur en faire grief. Mais dans votre première version des faits vous sembliez dire qu’ils s’étaient offusqués, que cela s’était vu, ce qui aurait été particulièrement discourtois à l’égard de la comtesse de Paris, ce qui a donc étonné tout le monde, moi le premier et Cosmo ensuite, s’agissant de princes que nous ne connaissons pas mais qui ont dû être bien élevés et dont nous ne pouvons pas a priori soupçonner l’état d’esprit. Bref c’est vous-même qui avez, semble-t-il, insulté ce prince défunt et ce jeune prince qui devraient vous être chers, c’est vous qui avez semé l’ivraie. Vous avez exhumé un épisode incertain et totalement oublié qui n’a pas empêché cette belle messe de se dérouler avec le recueillement voulu en mémoire du roi Henri dans l’une de ses capitales.
Le bon roi Henri était le roi de la réconciliation. Il l’a payé de sa vie. Vous qui vous réclamez de lui tachez de suivre son exemple, dans sa vie bien sûr et non dans sa mort, et de ne pas monter en épingle les sentiments que vous prêtez aux autres.
Sigismond
8 août 2014 @ 19:50
Gérard, on ne peut certes pas réconcilier des personnes qui ne veulent pas se réconcilier, et je ne vais certainement pas m’escrimer à cela, n’ayant pas le millième du talent des Duosiciliens qui ont réussi cet exploit.
Ces événements d’août 1989 m’ont scandalisé à l’époque, car je ne supporte pas l’injustice, surtout dans cette période où nous venions de perdre le prince Alphonse, et où le prince Louis endeuillé venait de remporter le procès que lui avait votre prétendant.
Je n’ai en rien « brodé » : il y eut un communiqué officiel du duc d’Anjou, qui expliqua très clairement le comportement inadmissible des orléanistes au sujet de la cérémonie du 3 août à Lescar.
Quant à Cosmo, son livre ne m’a pas chagriné, j’ai déjà dit qu’il m’a intéressé. Je n’ai pas le millième de son talent, et quand je parlais de « faire ses preuves », il s’agissait du respect des préséances Bourbons / Orléans.
Cosmo
9 août 2014 @ 13:28
Sigismond,
Je vous remercie une fois de plus pour ce que vous dites à mon sujet.
Ces questions de préséance et d’étiquette me semblent totalement dérisoires. Le talentueux mémorialiste qu’est St Simon est passé à la postérité, non pour son talent, mais pour son souci des peccadilles de l’étiquette, au point d’en faire un personnage ridicule. Les édits de noblesse en 1782 ont été un des déclencheurs de la Révolution française.
Je sais parfaitement que courtoisie et préséance ne vont pas toujours de pair mais il faut être singulièrement à cheval sur l’étiquette pour insister sur la préséance et en oublier la courtoisie.
Je croirais bien volontiers que le communiqué de Louis de Bourbon ait plus été le fait de ses conseillers que de lui-même car quand on a perdu son père dans de telles circonstances, après avoir perdu son frère dans des circonstances similaires, il me semble que l’on doit avoir le sens de la relativité.
Il y a de cela très longtemps, la reine Elizabeth apprenant que Lord Rothschild était présent à une réception un vendredi soir l’a autorisé à partir avant elle, car le Shabbat allait commencer. Il y avait une grave entorse à l’étiquette de la cour, mais la souveraine a considéré que le devoir religieux passait avant le respect du à des conventions purement formelles.
J’aurais été choqué si un prince d’Orléans était passé devant Emmanuella de Dampierre, car malgré le peu de cas que je fais de cette dame et de ses prétentions, un jeunot, fût-il princier, se doit de laisser la pas à une dame âgée. Et si en plus, il en avait fait une histoire.
Mais je reste persuadé que comme pour le prince Louis, ce sont les conseillers du prince Gonzalve et du prince Axel qui ont monté toute l’histoire, pour faire mousser leur prétendant, ne se rendant pas compte combien de telles attitudes sont préjudiciables.
Ces attitudes ont emmené la révolution en France par deux fois et c’est bien regrettable.
Cosmo
Gérard
10 août 2014 @ 16:12
Sigismond, naturellement j’approuve les sages propos de Cosmo. Je ne cherchais pas à être désagréable avec vous mais vous me paraissiez injuste envers lui.
Je comprends votre souci de l’étiquette et votre zèle pour vos princes. Mais souvenons-nous que selon la belle formule de Portalis les lois sont faites pour les hommes et non les hommes pour les lois, formule parfois oubliée aujourd’hui dans les avalanches réglementaires. C’est vrai dans le droit positif et sans doute pour le droit dynastique, qui a pu évoluer avec les intérêts de la nation, et la jurisprudence est là pour interpréter la loi, et c’est vrai à fortiori pour l’étiquette.
Il faut en tout de la raison et du raisonnement.
Comme le notait à cet égard Jean Serres, remarquable maître en savoir-vivre, « Dans l’application de la plus haute règle morale : « Agis vis-à-vis d’autrui comme tu voudrais que l’on agît à ton égard », c’est le désir de plaire qui intervient. »
Le protocole n’est pas destiné à susciter des conflits mais à les prévenir en évitant de froisser certains et en satisfaisant les autres. Ainsi dans les pays où les princes de l’ancienne maison régnante ou les autorités religieuses n’ont pas de place définie strictement, faut-il les placer avec intelligence et en tenant compte des circonstances, comme un certain nombre de personnalités dites de la vie civile.
Le Christ a montré que les Cieux ne sont pas réservés à certaines élites terrestres et de tout temps nos rois savaient signifier à un jardinier, un comédien, un musicien, un philosophe, une favorite aussi, qu’il y a dans les cours les plus rigides des accommodements.
Ne montons pas les princes les uns contre les autres et suivons leurs exemples de bonne volonté et ne prétendons pas en effet les enfermer dans des coteries mortifères dont certains ont souffert et que les plus forts ont rejetées.
Henri IV et Louis XVIII ont montré qu’on ne peut être roi que de tous – et Louis XII n’avait-il pas dit que le roi de France ignorait les injures faites au duc d’Orléans. C’est parce qu’ils furent ducs de Vendôme que le prince Jean a été ainsi titré.
Sigismond
11 août 2014 @ 07:04
Cosmo, je ne sais ce qu’il en est des conseillers, je me fie au communiqué officiel (du Secrétariat) de Monseigneur le duc d’Anjou, en date du 3 août 1989, qui parle d’avanie outrageante, de manque de courtoisie et de mépris de la parole donnée (au sujet des organisateurs de la cérémonie). Et je me fie aussi aux articles virulents parus dans la presse légitimiste de l’époque.
La courtoisie, cela consiste aussi à ne pas faire croire à des princes que l’on invite, que les deux premières places leur seront réservées, pour ensuite au dernier moment annoncer à ces princes qu’on prétend les reléguer après tous leurs cousins cadets !
Et la courtoisie de toute façon, ne prime pas les préséances. Vous savez bien que M. Hollande ne céderait pas la première place à M. Giscard d’Estaing. Et Gérard se contredit quand il veut faire passer la courtoisie avant les préséances, puisqu’il nous dit en même temps que Charles de Gaulle et Henri d’Orléans n’auraient pas accepté de céder leur préséance, au nom du respect de la place de la France ou de « la place du roi de France ». C’est exactement au nom de ce respect de ce qu’il représentait, en tant qu’héritier présomptif du chef de la Maison de Bourbon, successeur légitime des rois de France, que le duc d’Aquitaine ne pouvait accepter de céder sa préséance à une cousine cadette, fût-elle l’épouse d’un cousin cadet prétendant avoir droit à « la place du roi de France ».
Dans un tout autre registre, je remercie beaucoup Gérard pour ses remarques sur le manque de philosophie et d’autodérision de certains commentateurs de N&R. On apprend à tout âge, et merci à Gérard (que je prie en même temps de m’excuser pour mes taquineries fruitières) car je prends conscience de commenter trop émotionnellement quand il s’agit de la branche aînée des Bourbons. Sensibilisé très tôt aux ignominies révolutionnaires (par une institutrice de l’école républicaine !), antithèse du décorum et de l’apparat de Versailles et du Louvre, ayant lu et relu « au peigne fin » le livre (orléaniste) « Ceux qui firent la France » de Louis Saurel, ayant aimé l’histoire grâce à Castelot et Decaux, et plus sérieusement avec « Les Bourbons de France en exil à Gorizia » de Luigi Bader (les bas des pages 309 et 319 évoquent le duc d’Anjou et de Ségovie, et j’aime la page 87 où le duc de Blacas dit à Louis XIX, « C’est maintenant à Votre Majesté de donner ses ordres ») , sans oublier l’incontournable Alexandre Dumas (ce passage des « Quarante-cinq » où on ouvre les portes à deux battants pour Henri III et où on referme un battant quand arrive le duc de Guise, et vous savez bien qu’il en aurait été de même si Henri III avait eu vingt ans et le duc de Guise quatre-vingts ans), chacun est le fruit des jalons de son cheminement (quelle phrase absconse, me direz-vous :-) mais il est vrai que la sagesse commande de prendre toutes choses avec philosophie.
Cosmo
11 août 2014 @ 10:47
Sigismond,
Je vous remercie pour votre post.
Vous confirmez bien que tout ceci a été monté par l’entourage des princes et non par les princes. Je suis certain que les princes sont plus relax à ce sujet et ce d’autant qu’aucune de ces cérémonies n’ont un caractère officiel et que le protocole peut y subir des entorses. Maintenant, j’ignore les détails et les dessous de cette affaire, s’il y en a.
La position de Messieurs Hollande ou Giscard d’Estaing ne peut en aucun cas être comparée à celles des princes car présidents de la République, ils sont de l’ordre du présent et du réel, les princes ne sont plus que de l’ordre du virtuel. Je partage l’opinion de Gérard quant aux accommodements parfois nécessaires.
Vous avez parfaitement raison concernant l’aspect émotionnel de l’ensemble de nos interventions. Personnellement je n’éprouve aucune émotion concernant les Bourbons ou les Orléans. Ils sont pour moi un morceau de notre histoire. Mais je réagis souvent avec émotion à certaines attaques.
Je suis, par contre, comme vous, sensible aux horreurs de la Révolution et aux martyrs de Louis XVI, Marie-Antoinette, de Madame Elisabeth, du Dauphin et de bien d’autres.
Je suis certain que nous sommes un certain nombre d’intervenants sur ce site qui, bien qu’ayant une vision différente de la légitimité, peuvent s’entendre. Certains de vos amis ont souvent dépassé les limites de l’acceptable, non dans l’expression de leurs convictions mais dans les attaques personnelles et la mauvaise foi.
Je reste persuadé que nous pouvons dialoguer malgré des opinions divergentes sur le sort de l’hypothétique trône de France. Mon souhait est que les monarchistes défendent le passé glorieux de la France, dont l’essentiel a été du temps de la monarchie. Sans ses rois la France n’aurait pas existé. Mais il ne me semble pas possible d’éliminer ce qui a suivi car notre mémoire collective est faite d’ajouts successifs, desquels rien ne peut être retranché.
Cordialement
Cosmo
Gérard
11 août 2014 @ 13:45
Réconciliation duosicilienne réjouissante et à mettre à l’actif du pape et des cardinaux de l’Ordre Constantinien, des princes et je suppose surtout du duc et de la duchesse de Castro, du duc de Noto et de la duchesse de Calabre.
Mais la succession n’est pas clairement réglée et doit encore être précisée pour ce qu’il en sera après le duc de Castro.
HRC
9 août 2014 @ 01:28
toute mon estime à Gérard et Cosmo pour leur calme !
Gérard
9 août 2014 @ 20:24
C’est de la pédagogie… Merci.