Le duc Johann est le cinquième des onze enfants du grand-duc Friedrich Franz II (1823-1883) et de sa première épouse la princesse Auguste Reuss (1822-1862).
En 1886, le duc Johann (1857-1920) épouse à Weimar la princesse Elisabeth de Saxe-Weimar (1854-1908) avec qui il n’aura pas de descendance. La princesse décède en 1908 à Wiligrad. Le duc Johann se remarie 18 mois plus tard avec la princesse Elisabeth de Stolberg-Rossla.
La princesse est née en 1885 à Rossla. Elle est le troisième enfant du prince Botho de Stolberg-Rossla (1850-1893) et de sa deuxième épouse la princesse Hedwige d’Isenbourg-Büdingen (1863-1925).
Cette deuxième union sera aussi sans postérité. Le duc Johann s’est éteint le 16 février 1920 à Wiligrad.
La princesse Elisabeth s’est remariée en 1924 à Ludwigslust avec le duc Adolf Friedrich de Mecklembourg-Schwerin, demi-frère de son époux.
Celui-ci avait une fille Woizlawa-Feodore née de son premier mariage avec la princesse Viktoria Reuss. Woizlawa de Mecklembourg-Schwerin est décédée en 2019 à l’âge de 99 ans.
La princesse Elisabeth est quant à elle décédée en 1969 à Eutin. (merci à Alberto)
val
2 mars 2020 @ 13:15
En août 1913, la princesse Sophie, sa mère la princesse Gerta et le baron Hans von Bleichroeder se rendent en touristes en France. Le 11 août, ils descendent à l´hôtel Savoie à Fontainebleau. (( Hotel transformé en appartement dommage ) Ils prennent les chemins de l´époque avec la voiture de von Bleichroeder et c´est le désastre… Le véhicule reverse une fillette qui est gravement blessée. Le baron von Bleichroeder se rend aussitôt chez la famille de l’enfant et leur paye une petite fortune en dédommagement mais la fillette décède. A Weimar, on prend connaissance de ce terrible accident et du fait que la princesse Sophie était au volant.
Gérard
5 mars 2020 @ 14:25
Cette Sophie dont vous parlez, Val, était une cousine d’Élisabeth de Saxe-Weimar, morte en 1908, la première épouse du duc Jean-Albert de Mecklembourg-Schwerin.
Elle était la fille du prince Wilhelm (1853-1924) et de la princesse Gerta d’Ysenburg-Büdingen, la petite-fille du duc Hermann de Saxe-Weimar (1825-1901) et l’arrière-petite-fille du duc Bernhard (1792-1862) qui était le frère cadet du grand-duc Carl Friedrich (1783-1853) dont le fils le grand-duc Carl Alexander (1818-1901) épousa la princesse Sophie des Pays-Bas et fut le père d’Élisabeth-Sybille de Saxe-Weimar-Eisenach morte donc en 1908.
Dans la nuit du 8 au 9 septembre 1913 peu après minuit alors que Sophie de Saxe-Weimar s’était retirée dans sa chambre sans que son comportement ne surprenne, on entendit dans le château un coup de feu qui venait de chez elle et les domestiques la retrouvèrent tuée d’une balle dans le front. Dans un premier temps il fut annoncé qu’elle était morte d’un problème cardiaque mais très rapidement la presse allemande et étrangère fit état du suicide.
On a parlé effectivement surtout comme cause du suicide de l’opposition de la famille à un mariage inégal. Et à cet égard le père de la princesse publia une déclaration dans laquelle il disait qu’Hanns von Bleichröder ne serait pas autorisé à participer aux funérailles ou à assister à la crémation, que par ailleurs il n’y avait pas du tout de mariage prévu entre la princesse et ce jeune homme.
Au début cependant de la relation de sa fille avec Hanns, le duc Wilhelm aurait bien accepté un tel mariage d’autant qu’il avait souvent manqué d’argent. Il avait même dans sa jeunesse travaillé comme serveur à New York sous le nom de William Rhode mais le grand-duc lui avait fait savoir que s’il acceptait ce mariage il lui couperait son
allocation et le prince avait cédé.
Sophie fut donc incinérée à Heidelberg et elle était la première princesse à être incinérée. Les obsèques eurent lieu en présence d’un petit nombre de représentants de maisons princières et les restes furent déposés dans le mausolée de la famille grand-ducale au Bergfriedhof d’Heidelberg. Ce mausolée fut d’ailleurs construit pour Sophie et ses parents y reposent aussi.
Johannes, dit Hanns von Bleichröder pour le distinguer de Hans son père, aurait été tué dans l’armée allemande à la bataille devant Varsovie le 1er août 1915 à l’âge de 32 ans.
Mais on le confond peut-être alors avec son cousin germain Viktor.
Une autre source indique que Hanns avait étudié les questions financières en Allemagne et aux États-Unis et s’était lancé dans le secteur bancaire. Il aurait épousé ensuite Maria Orska, une actrice allemande, en 1922. Elle était fort connue, elle s’appelait en réalité Rachel Blindermann, elle était née en 1893 dans une famille juive d’Ukraine et se
suicida à Vienne en 1930. L’amant qu’elle avait eu après sa rupture d’avec son mari, se suicida, sa sœur se suicida après une dispute avec elle, c’était Gabriela marquise de Serra Mantschedda.
Ils avaient divorcé en 1925 et lui serait mort en 1938. Il était un spécialiste des cultures primitives. Mais là en réalité on a confondu Hanns avec son père Hans le mari de l’actrice.
Notre Hanns, le fils, n’eut pas d’enfant. Un cousin mourut en défendant Budapest contre les Russes en 1945 et la famille est éteinte en ligne masculine.
Sophie était bien aimée à Heidelberg notamment des étudiants mais elle était également aimée du peuple car ses parents et elle étaient généreux avec les pauvres alors qu’ils n’étaient pas fortunés et que la cour grand-ducale les aidait d’un point de vue économique.
Le frère aîné de la princesse, Hermann avait quelques années avant perdu ses titres et était maintenant le comte von Ostheim après une brouille avec sa famille en raison des dépenses qu’il occasionnait et du fait de son mariage morganatique ultérieur avec une actrice la belle Wanda Paola Lottero qui fut aussi plus tard la maîtresse du futur roi
Constantin Ier de Grèce (il en fut question ici le 29 mars 2011).
Hermann se maria trois fois et eut un fils Alexander-Kyrill de son deuxième mariage, qui mourut jeune en 1943.
Le deuxième frère de Sophie, Albert de Saxe-Weimar, fut tué en France le 9 septembre 1918 à Gouzeaucourt (Nord).
Sophie fréquentait les salons de la ville et y rencontra Hanns von Bleichröder jeune avocat et petit-fils du feu Gerson, riche banquier proche de Bismarck.
Cette famille avait été anoblie héréditairement en la personne de Gerson en 1872 mais n’aurait pas porté le titre de baron qui lui est souvent donné. Les enfants de Gerson furent élevés dans la religion chrétienne et baptisés.
Le tombeau berlinois de cette famille, un très beau mausolée de 1913, fut détruit en 1950 à la demande du président de la RDA parce qu’il aurait gêné la vue du mémorial des socialistes.
Sophie avait passé pendant l’été un séjour dans la famille du jeune homme.
Elle était très appréciée et avait des talents de musicienne et de sportive et semble-t-il elle était forte au tir.
Était-elle amoureuse vraiment de ce garçon ou d’un autre comment on l’a dit ? En tout cas en juin 1913 elle aurait demandé à l’empereur l’autorisation de se marier. Elle disait alors que si l’empereur la lui refusait elle se marierait quand même mais la Cour de Weimar prétendit que ces allégations étaient sans fondement. Il fut également dit que
le grand-duc régnant était opposé à l’union d’une princesse de sa famille avec un membre d’une famille récemment anoblie et exerçant la profession roturière de cadre bancaire mais que peut-être il pourrait accorder sa permission si Sophie renonçait à ses titres, ce qu’elle refusa. La famille peut-être craignait de perdre les subsides que le grand-duc lui allouait, cependant le jeune homme était d’une famille riche car son père était un puissant banquier.
On n’indiquait pas publiquement que ce banquier était de famille juive mais ceci ne faciliterait pas une union.
Dans un ouvrage de la princesse Catherine Radziwill (Secrets of Dethroned Royalty) publié en 1920 il était indiqué que Sophie était profondément amoureuse d’un jeune homme le comte T. qui était d’une famille excellente mais pauvre et qu’ils avaient l’intention de s’enfuir pour se marier secrètement mais qu’en attendant ils avaient demandé à leur ami Bleichröder de jouer un rôle de prétendant dont celui-ci était flatté. Les parents de Sophie auraient su l’amour de celle-ci et du comte et ils auraient obligé le garçon à partir mais il continuait d’envoyer des lettres à Sophie qui passaient par l’intermédiaire de Bleichröder. Cependant le comte aurait trouvé une autre héritière dans la ville où il s’était installé et il l’aurait épousée en se cachant de Sophie et celle-ci aurait lu dans un journal le mariage de son soupirant ce dont elle ne se serait pas remise et c’est pourquoi ce soir-là elle se serait suicidée.
Un journal allemand peu après la mort de Sophie avait cependant écrit qu’elle était désespérée du fait de son amour impossible pour un lieutenant Gans von Putlitz. Il était d’une famille ancienne, les Gans von Putlitz (l’une des plus anciennes et remarquables du Brandebourg citée depuis le XIIe siècle) mais il n’avait aucune fortune.
En réalité ce jeune lieutenant avait rejoint depuis longtemps son régiment, avait été envoyé à Athènes où il était mort dès 1908. Le lieutenant était alors attaché d’ambassade et la reine Sophie de Grèce née princesse de Prusse était allée
à ses obsèques parce qu’elle le connaissait et qu’elle savait sa passion incurable pour la princesse Sophie.
Le lieutenant était officiellement mort d’une appendicite mais peut-être s’est-il suicidé.
Le suicide de Sophie était-il lié à cet accident de la route qu’elle aurait pu causer pas loin de l’hôtel Le Savoy à Avon près de la forêt de Fontainebleau alors qu’elle était avec sa mère et avec Hanns et qu’elle aurait pris la place du chauffeur Walter Palmer dans la nuit du 10 août 1913. La petite gitane en mourut.
Le procès de Palmer et de Hanns eut lieu un mois après le suicide de Sophie. Hanns était poursuivi comme propriétaire du véhicule, Palmer était accusé lui d’homicide mais des témoins rapportèrent sous serment que le chauffeur n’était pas à la place du conducteur mais à côté de la conductrice tandis que Hanns et la mère de Sophie
étaient à l’arrière. Sophie adorait conduire vite. Le chauffeur s’était spontanément accusé pour protéger Sophie. La princesse et sa mère étaient descendues à l’hôtel sous le nom de Madame de Mademoiselle Deroda et c’est le nom qu’elles donnèrent d’ailleurs à la police après l’accident. Sophie et sa mère seraient convenues de ne pas parler de
cette affaire au prince son père mais la jeune fille en était tourmentée. Pour le prince sa femme et sa fille étaient parties avec le chauffeur pour faire du shopping à Paris et il ignorait la présence de Hanns.
Robespierre
8 mars 2020 @ 16:39
Mon cher Gérard, je ne sais comment vous pouvez vous y retrouver dans les méandres compliqués de cette histoire truffée de noms ronflants mais qu’on finit par confondre les uns avec les autres. J’avoue que j’ai renoncé et c’est assez rare que je déclare forfait dans une histoire compliquée.