
Cette semaine, la tribune libre de la duchesse de Sussex dans le New York Times, abordant son expérience personnelle de fausse couche en juillet dernier avec des détails intimes de cette épreuve et une remise en contexte en cette période où l’on se soucie moins les uns des autres, a évidemment fait couler beaucoup d’encre.
Était-ce nécessaire d’en parler puisque l’attente d’un second heureux événement n’avait pas été annoncée ? Était-ce opportun de révéler des détails intimes alors que l’on a quitté avec fracas la famille royale pour protéger sa vie privée ? Le débat continue à faire rage.
Ce n’est évidemment pas la première fois que des drames frappent des membres du Gotha. Les exemples sont nombreux. A chaque fois, avec pudeur et discrétion, ils l’ont affronté aux yeux de l’opinion publique et en se nourrissant de cette cicatrice au fil du temps pour s’impliquer dans de nobles causes.

Tout le monde sait que la grande douleur muette du roi Baudouin et de la reine Fabiola fut l’impossibilité d’avoir un enfant. Au cours des années 60, le couple a dû affronter des annonces de grossesse puis des communiqués expliquant qu’il n’y aurait pas de carnet rose.
Un jour lors d’un rassemblement de scouts à Laeken, le roi Baudouin s’exprima à ce sujet, en expliquant qu’ils avaient compris que désormais leurs coeurs étaient disponibles pour tous les autres enfants. Une sorte de métaphore qui résume bien l’engagement des souverains pour les droits des enfants dès la première heure et une démarche peu habituelle à cette époque-là.

Novembre 2003, Sophie de Wessex, épouse du prince Edward d’Angleterre, met prématurément au monde une fille Louise alors que son époux est en voyage officiel à l’île Maurice.
Emmenée en urgence à l’hôpital le plus proche, elle y subit une césarienne. L’enfant prématuré doit être conduit vers un autre établissement doté d’une unité néo-natale. Sophie doit être transfusée et l’on craint pour sa vie. Elle est seule, sans son époux et ne verra sa fille que deux semaines plus tard à sa sortie d’hôpital.
Lady Louise souffre depuis d’un problème aux yeux pour lequel elle a été opérée à plusieurs reprises. Une très grande douleur pour Sophie de Wessex qui en a fait un combat en soutenant des programmes médicaux ophtalmologiques dans les pays du Commonwealth.
Juin 2018, la reine Maxima des Pays-Bas apprend que sa sœur cadette Inès (33 ans) a mis fin à ses jours dans son appartement de Buenos Aires. La famille prend directement el chemin de l’Argentine.
Après son père, elle enterre sa sœur qui était fragile depuis des années, surmontant par périodes sa terrible dépression. La solaire reine Maxima, de retour quelques semaines plus tard, dans la vie officielle, s’exprima avec tout son cœur, évoquant le souvenir de celle qui n’avait pas trouvé le bonheur sur terre. Depuis, la reine est toujours très impliquée dans les questions de santé mentale, d‘autant plus en cette période de coronavirus.

Ce mois-ci, la princesse héritière Mary de Danemark n’a pu retenir son émotion lors des 10 ans de la fondation cardiaque danoise qu’elle parraine. Elle y apportait un témoignage personnel : sa mère Henrietta décédée en 1997 (avant son mariage avec le prince Frederik) lors d’une opération qui aurait dû lui permettre de vivre mieux avec ses problèmes cardiaques.

Février 2007 alors qu’elle est enceinte de sa deuxième fille, la princesse des Asturies vit des heures dramatiques avec le suicide de sa jeune soeur Erika qui laisse une fillette Carla.

1997, deux ans avant son mariage avec Philippe de Belgique, Mathilde d’Udekem d’Acoz et sa famille ont la douleur de perdre dans un accident de voiture la princesse Sophie Sapieha (sa grand-mère maternelle) et sa sœur Marie Alix. Une tragédie dont la reine Mathilde ne parle que rarement mais on la sait très conscientisée avec la prévention routière. Au début de son mariage, elle avait assisté très émue à une journée d’hommage aux victimes de la route.
Régine ⋅ Actualité 2020, Angleterre, Belgique, Danemark, Espagne, Pays-Bas 175 Comments
Martine
30 novembre 2020 @ 12:35
Les secrets de famille resurgissent toujours et avec en général beaucoup plus de douleurs et dégâts…
Mademoiselle Heloïse
30 novembre 2020 @ 14:29
J’ai envie d’évoquer toutes ces femmes ,
qui ont souffert et souffrent encore .
Je ne peux pas imaginer l’angoisse d’Edward lors de la naissance de Louise ,ni celle de Sophie.
Cette jeune Louise ,je l’aime bien ,elle a ce côté « pieds-sur -terres » heureuse nature ; et un strabisme a du lui forger le caractère :les enfants sont souvent moqueurs (oui ,j’ai été traité de singe à lunette ,etc pendant 10 ans avant de subir 3 opérations ).
Plus les opérations sur une si jeune enfant .Ce que fait Sophie est bien et même admirable car elle ne se dévoue pas qu’à cette cause ,c’est une femme d’action .
Pour Letizia et maxima …..Il y a tellement peu de mots lors du suicide d’une personne aimée et leurs deux destins « semblables » est troublant .
Ce qu’a vécu Mathilde est horrible ,
si je me souviens bien elle suivait en voiture avec sa maman ,
et l’une ou l’autre aurait pu partir avec sa grand mère .
C’est une horreur inimaginable ,tant pour une soeur et petite-fille que pour une mère qui perd à la fois sa mère et sa fille ,il y a de quoi devenir folle de chagrin .
Mary a perdu sa mère bien trop jeune et je crois que sa belle-mère est décédée elle aussi?
Alors ,oui ,comparés à la fausse couche de meghan ,pour moi ,ces drames sont sans communes mesures .
Il yen a tant que l’on pourrait rajouter .
Etre princesse ne vous protège pas du malheur ,
Et le fait qu’elles en parlent « avec pudeur » ou agissent peut donner un « sens » (si cela existe) à ces morts .
Ce sont des femmes courageuses .
Charlotte (de Brie)
1 décembre 2020 @ 12:05
Toutes ces blessures resteront à jamais dans leur vécu, même si le temps permet une forme de cicatrisation.
Maxima et Letizia, je pense, je ressens, ont en elles pour toujours cette question : Pourquoi ? comment aurais je pu éviter cela ?
Albane
30 novembre 2020 @ 15:14
Ces reines et princesse sont des personnes qui partagent notre condition humaine, les bonheurs comme les malheurs. Au-delà de la tristesse que je ressens en apprenant des drames humains ou du moins des épeuves de la vie, je suis admirative de voir les personnes en question se relever, continuer à vivre, même si la blessure reste toujours là et sans doute insupportable. Reines ou non, nous partageons la même fragilité de l’existence, mais comme il est beau de voir une personne continuer son existence voire souvent rebondir en s’investissant dans une cause importante : la comtesse de Wessex pour les personnes souffrant de maladies des yeux (Merci Régine, j’ignorais cette information), les parents de la princesse Filippa de Sayn-Wittgenstein-Sayn pour les jeunes (association »Philippas Engel » « l’Ange de Philippa, plusieurs fois évoquée sur ce site), des proches de jeunes décédés créant des associations, des personnes soutenant la recherche contre des maladies dites incurables, etc.
Qui sait, la duchesse de Sussex sera peut-être bientôt sollicitée par des femmes ayant vécu la même souffarnce qu’elle, d’abord pour en discuter, ensuite pour mieux rendre visible ce malheur qui est encore trop sous-estimé.
Quant à la manière d’exprimer sa douleur, en privé ou publiquement, je pense que cela dépend aussi énormément des régions du monde voire pays. C’est peut-être monnaie courante de s’exprimer ouvertement sur des sujets privés quand on est une célébrité américaine.
Cette terrible expérience du Covid19 et de ses conséquences sur tous les aspects de notre vie nous aura au moins fait prendre conscience de notre besoin d’attention et de solidarité.
sylviane
30 novembre 2020 @ 15:19
Je ne suis pas surprise de la manière dont la duchesse de sussex évoqué « avec forces details » sa fausse couche ceux ci ne lui avaient pas été demandé je pense. Cela manque de dignité mais en a t elle jamais eu Un membre d’une famille royale à mon avis n’a pas a se répandre sur ce sujet comme sur d’autres très personnels
ciboulette
30 novembre 2020 @ 16:44
Ce que je déduis de tous ces débats houleux dont je n’ai pas voulu me mêler , c’est que , malgré son rang , sa fortune , sa position sociale , sa célébrité , sa fortune . . .chaque personne est appelée un jour à rencontrer le pire : la perte d’un être cher , la mort , ou la non -réalisation de la vie .
Chaque personne réagit avec son ressenti , son caractère , son éducation : certaines trouvent du réconfort en en parlant , d’autres ne désirent pas s’exprimer . Chaque réaction est compréhensible et il faut l’accepter , même si ce n’est pas l’attitude que nous aurions choisie .
Tous ces éléments ont en commun le malheur . Rien que pour cela , les personnes qui le subissent sont respectables , et , selon le voeu de chacune , il convient d’écouter , de réconforter , ou de compatir en silence .
Monica
4 décembre 2020 @ 19:43
Ciboulette merci pour votre com si juste et tolerant
Zelda
30 novembre 2020 @ 16:40
Je trouve qu’il y a une seule chose pour laquelle Megan a raison : les fausses-couches des femmes sont souvent considérées comme des évènements « mineurs » et il serait bon de pouvoir en parler plus, en tout cas pour les femmes qui souhaitent en parler.Elle n’ont rien fait de mal, aprés tout…..
Et pour beaucoup, cela se vit dans le drame, beaucoup plus que l’on ne le pense.
Maintenant que la duchesse de Sussex s’en fasse l’étendart, c’est une autre question….Pouquoi elle ? Mais pourquoi pas elle ? ….Que l’on aime la duchesse ou pas….
Cela étant, curieux quand même pour un couple qui voulait vivre dans la discrétion….
Pascal
30 novembre 2020 @ 17:39
Il est peut être opportun de rappeler le mot prêté à Voltaire :
« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »
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Autre définition glanée à la va-vite :
« La fausse couche est l’interruption précoce de la gestation, qu’elle soit spontanée ou provoquée par une cause soit pathologique, soit traumatique. On la distingue de l’accouchement prématuré relativement à l’absence de viabilité du fœtus (morts-nés compris). »
On notera le « précoce » .
Et aussi :
« Une grossesse sur quatre se solde par une fausse couche (une grossesse sur cinq avant la 24e semaine2) et une femme sur trois environ fera une fausse couche dans sa vie.
Après 30 ans, ce risque est d’autant plus fort que la future mère est âgée, notamment après 35 ans. Ainsi, à 20 ans, le risque est de 9 %, alors qu’il atteint 30 à 40 % chez les femmes de plus de 40 ans, et de 50 % chez celles de 45 ans ou plus.
Le risque, de 10 à 20 % lorsque la femme est consciente d’être enceinte, est également plus élevé si la grossesse n’est pas connue (30 à 50 %). On estime que la moitié des fécondations se terminerait prématurément et naturellement, souvent avant que la femme ait conscience d’être enceinte.
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Dans l’affaire en cause des précisions plus précises auraient peut-être évité certains malentendus .
Isabelle d’Ottawa
1 décembre 2020 @ 01:00
Et puis avoir de fausses couches après 40 ans comme Meghan c’est presque normal.
Valerielabelle?
1 décembre 2020 @ 12:35
Elle n’a pas 40 ans
Trianon
1 décembre 2020 @ 13:05
Oui enfin ce n’est pas pour ça qu on a moins de chagrin!
Marguerite
2 décembre 2020 @ 09:27
Mes parents m’ont enseigné qu’il y a 2 sujets que l’on n’aborde pas en public : l’argent et la santé. Et de façon optionnelle la religion et la politique
Éducation à l’ancienne ?Oui , peut-être, mais il me semble que ces principes ont encore du bon de nos jours.
Toutes ces dames, étant des personnages publics ont été obligées de parler de ce qu’elles auraient voulu garder privé; elles l’ont fait avec beaucoup de retenue et de pudeur.
Quant à la scénarisation de la fausse couche, au secours , quelle indécence !!!
Prochain épisode: « les varices de Meghan » dues aux méchants de la terre entière qui ne voient pas qu’elle fait tout bien, et qu’elle demande à tout bout de champs à tout le monde
« Are you OK «
Muscate-Valeska de Lisabé
2 décembre 2020 @ 18:11
C’est reparti mon kiki.