A la Villa Sauber qui est l’un des deux espaces du Nouveau musée national de Monaco, la princesse de Hanovre a visité l’exposition de Michel Blazy. (Merci à Anne)
Eh bien je vous trouve sévère avec Caroline, elle porte à mon avis très bien cette tenue et je lui trouve une grande douceur sur le visage, quand à l’expo je ne suis pas sensible à ce genre d’art … Monsieur Blazy a une réputation internationale grâce à ses installations intégrant des « matières vivantes » peut-on lire, oui…mais pour moi ça ne change rien.
La seule fois où je suis tombée nez à nez avec l’urinoir de Duchamp, c’etait au Moma début 80…
Les Klein, Rothko, Pollock, Basquiat… m’indiffèrent, je n’ai pas cette « sensibilité ».
Une relation, adepte de la pensée unique, plaçait Rothko au dessus de tout.
Pour le calmer, une semaine après, je lui ai offert une toile avec une reproduction « parfaite » de celle qui c’etait vendue plusieurs millions de dollars quelques temps auparavant, toile exécutée par un ami copiste au Louvre, qui en était très amusé.
Cette relation pro Rothko était si impressionnée par la chose, que lors de son divorce, il y a eu bagarre entre monsieur et madame, pour garder la chose…
C’est donc avec circonspection, que j’ai visité l’exposition de Damien Hirst à Venise en septembre dernier (je n’ai pas fait le déplacement, j’y séjourne plusieurs mois par an).
Et là, à ma grande surprise, je dois dire que j’ai apprécié les matériaux utilisés et le délire de cette création.
Je ne suis pas totalement irrécupérable ?
Pour le sujet en question, je ne vois pas comment ne pas penser que c’est de la foutaise.
Quelle coïncidence, je lisais un livre sur Emily Dickinson, et je tombe sur un passage qui décrit comment son neveu qui habitait juste à côté courait toujours lui rendre visite. Un jour qu’il oublia ses bottes en caoutchouc elle les lui fit parvenir sur un plateau d’argent, l’intérieur garni de fleurs. Voilà un beau geste poétique. L’art devrait être geste et devrait être fulgurant et avoir un rapport avec l’amour, quel qu’il soit, dans tous ses états. Cette installation est trop statique pour des chaussures, surtout si le destin final est la putréfaction si j’ai bien compris.
Dans les cimetières, ici, on trouve parfois à côté des tombes des bottes ou chaussures sculptées remplies de fleurs : bottes de cowboys, bottes de pêcheurs, bottes de motocyclistes, bottes militaires ou d’aviateurs, chaussures de golfeurs, chaussons de danseuse. Il y a un pathos, une certaine identification possible dans ces, disons, installations, mais dans celle de Michel Blazy je ne vois strictement pas l’intérêt ou le rapport avec notre humanité. J’aime bien l’exemple des chaussures de randonnée de montagne remplies de fleurs. Excellent !
Chère Marie, j’aime votre définition de l’art et l’optimisme sur la vie dont elle témoigne. Peut-être en avons-nous tous une personnelle et qui évolue avec nous. Pour moi, impromptu, ce serait, « Ce qui me tient éveillée la nuit, tous les sens en alerte, émerveillée par le mystère de la création (de l’artiste-shaman) et de ce qu’il/elle a vu (senti, vécu) qu’il/elle cherche à communiquer. » Ça doit être mon côté mystique, je pense que l’univers fonctionne selon une grammaire mathématique et physique, dont, si nous tendons l’ouïe, nous pouvons recevoir des échos cosmiques…
Enfin, ce qui compte c’est d’avoir été touché il me semble, élément qui manque fort à cette exposition du peu que j’en vois.
J’ai apprécié le “J’ai cru qu’elle faisait les soldes chez Eram » de Germain. Le surréalisme de la célèbre citation de Lautréamont, ‘Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » a été tellement récupéré à des fins commerciales que ces juxtapositions humoristiques, ces clins d’œil complices fonctionnent parfaitement dans les magasins, y compris les galeries d’art. On achète parce-qu’on a compris, (surtout quand il n’y avait rien à comprendre), heureux élus que nous sommes…
L’art a été (sera?) un sujet fréquemment posé dans l’épreuve de philosophie du baccalauréat. C’est dire qu’il y a de quoi réfléchir et chacun peut avoir des idées différentes de celles de son voisin.
De plus les goûts changent dans le temps. Mais une chose est certaine : les chaussures de sport, les vêtements de luxe ou les jeans troués très à la mode ….ont une valeur financière certaine et aussi une valeur sociologique . Alors pourquoi n’auraient ils pas une place dans un musée spécialisé? On a le droit d’aimer ou pas
bételgeuse70
29 janvier 2018 @ 11:30
Oserait-on dire qu’ils « prennent leur pied », tous ?
Carole 007
30 janvier 2018 @ 14:17
?
beji
29 janvier 2018 @ 15:17
Et que penser de certaines oeuvres exposées parfois dans les jardins du château de Versailles?
vitabel
29 janvier 2018 @ 20:18
Eh bien je vous trouve sévère avec Caroline, elle porte à mon avis très bien cette tenue et je lui trouve une grande douceur sur le visage, quand à l’expo je ne suis pas sensible à ce genre d’art … Monsieur Blazy a une réputation internationale grâce à ses installations intégrant des « matières vivantes » peut-on lire, oui…mais pour moi ça ne change rien.
Grany
29 janvier 2018 @ 23:08
Quelle allure pfff effectivement charlotte a de qui tenir
C est Caroline alors!!!
Carole 007
30 janvier 2018 @ 14:08
La seule fois où je suis tombée nez à nez avec l’urinoir de Duchamp, c’etait au Moma début 80…
Les Klein, Rothko, Pollock, Basquiat… m’indiffèrent, je n’ai pas cette « sensibilité ».
Une relation, adepte de la pensée unique, plaçait Rothko au dessus de tout.
Pour le calmer, une semaine après, je lui ai offert une toile avec une reproduction « parfaite » de celle qui c’etait vendue plusieurs millions de dollars quelques temps auparavant, toile exécutée par un ami copiste au Louvre, qui en était très amusé.
Cette relation pro Rothko était si impressionnée par la chose, que lors de son divorce, il y a eu bagarre entre monsieur et madame, pour garder la chose…
C’est donc avec circonspection, que j’ai visité l’exposition de Damien Hirst à Venise en septembre dernier (je n’ai pas fait le déplacement, j’y séjourne plusieurs mois par an).
Et là, à ma grande surprise, je dois dire que j’ai apprécié les matériaux utilisés et le délire de cette création.
Je ne suis pas totalement irrécupérable ?
Pour le sujet en question, je ne vois pas comment ne pas penser que c’est de la foutaise.
Tourmaline
31 janvier 2018 @ 02:22
Quelle coïncidence, je lisais un livre sur Emily Dickinson, et je tombe sur un passage qui décrit comment son neveu qui habitait juste à côté courait toujours lui rendre visite. Un jour qu’il oublia ses bottes en caoutchouc elle les lui fit parvenir sur un plateau d’argent, l’intérieur garni de fleurs. Voilà un beau geste poétique. L’art devrait être geste et devrait être fulgurant et avoir un rapport avec l’amour, quel qu’il soit, dans tous ses états. Cette installation est trop statique pour des chaussures, surtout si le destin final est la putréfaction si j’ai bien compris.
Dans les cimetières, ici, on trouve parfois à côté des tombes des bottes ou chaussures sculptées remplies de fleurs : bottes de cowboys, bottes de pêcheurs, bottes de motocyclistes, bottes militaires ou d’aviateurs, chaussures de golfeurs, chaussons de danseuse. Il y a un pathos, une certaine identification possible dans ces, disons, installations, mais dans celle de Michel Blazy je ne vois strictement pas l’intérêt ou le rapport avec notre humanité. J’aime bien l’exemple des chaussures de randonnée de montagne remplies de fleurs. Excellent !
Marie de Bourgogne
1 février 2018 @ 13:38
L’art doit être :
– un plaisir pour les yeux,
– un régal pour la bouche,
– un enchantement pour les oreilles.
Sinon n’importe qui peut se réclamer artiste. Même moi si j’en juge par les « créations » de Piero Menzoni.
Croyez bien, chère Tourmaline, que, certains matins… ??
Tourmaline
1 février 2018 @ 21:14
Chère Marie, j’aime votre définition de l’art et l’optimisme sur la vie dont elle témoigne. Peut-être en avons-nous tous une personnelle et qui évolue avec nous. Pour moi, impromptu, ce serait, « Ce qui me tient éveillée la nuit, tous les sens en alerte, émerveillée par le mystère de la création (de l’artiste-shaman) et de ce qu’il/elle a vu (senti, vécu) qu’il/elle cherche à communiquer. » Ça doit être mon côté mystique, je pense que l’univers fonctionne selon une grammaire mathématique et physique, dont, si nous tendons l’ouïe, nous pouvons recevoir des échos cosmiques…
Enfin, ce qui compte c’est d’avoir été touché il me semble, élément qui manque fort à cette exposition du peu que j’en vois.
J’ai apprécié le “J’ai cru qu’elle faisait les soldes chez Eram » de Germain. Le surréalisme de la célèbre citation de Lautréamont, ‘Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » a été tellement récupéré à des fins commerciales que ces juxtapositions humoristiques, ces clins d’œil complices fonctionnent parfaitement dans les magasins, y compris les galeries d’art. On achète parce-qu’on a compris, (surtout quand il n’y avait rien à comprendre), heureux élus que nous sommes…
Bon week-end, Marie….
Tourmaline
zoemarie
1 février 2018 @ 22:13
L’art a été (sera?) un sujet fréquemment posé dans l’épreuve de philosophie du baccalauréat. C’est dire qu’il y a de quoi réfléchir et chacun peut avoir des idées différentes de celles de son voisin.
De plus les goûts changent dans le temps. Mais une chose est certaine : les chaussures de sport, les vêtements de luxe ou les jeans troués très à la mode ….ont une valeur financière certaine et aussi une valeur sociologique . Alors pourquoi n’auraient ils pas une place dans un musée spécialisé? On a le droit d’aimer ou pas