
Point de Vue n° 1809 du 1 avril 1983, revient sur la disparition du prince Thibaut, fils cadet et 11ème enfant du comte et de la comtesse de Paris. Marié depuis 1972 à Marion Gordon-Orr et père d’un fils Robert (leur deuxième enfant Louis-Philippe est décédé en 1980 à l’âge de 8 mois), vivait à présent 6 mois par an en Afrique.
Très affecté par la mort inopinée de son jeune fils Louis-Philippe, le prince Thibaut qui avait été en froid avec le comte de Paris avant de se réconcilier et d’être titré comte de la Marche, semblait avoir trouvé un nouvel équilibre à sa vie en travaillant comme guide en Afrique.
Il est décédé des suites d’une crise cardiaque au site historique de Bamingui à 450 km de Bangui, capitale de la république de Centrafrique. Le prince a été inhumé en la Chapelle royale de Dreux.
jean-marie
13 mai 2010 @ 10:58
Charles.27
Bonjour.
Bien entendu que les autres membres de la famille du prince Thibault lui ont rendu visite lors de son incarcération sans publicité.
Ce sont les médias qui se sont empressés de faire un scoop pour cette visite du comte de Paris à son fils en prison pour discréditer la Famille de France et non pas le chef de la Maison de France qui aurait convoqué la presse.
Je pense que le comte de Paris devait être peiné de ce fait divers.
Laurent D
14 mai 2010 @ 09:48
jean-marie
Je ne raconte pas n’importe quoi ; le Prince François a poursuivi sa carrière militaire par dépit parce que son père ne tolérait pas la relation qu’il avait avec une jeune fille dont il a eu un enfant naturel.
De plus, je ne me complais pas à salir la famille d’Orléans, j’apprécie beaucoup d’un point de vue amical certains de ses membres.
Bien à vous.
Laurent
A.Lin
14 mai 2010 @ 10:16
Charles msg 20
D’où tenez vous que le comte de Paris ait été le tuteur de Robert ?
Il en a, certes, fait la proposition mais Marion l’a toujours refusé.
Elle a été seule à élever son fils !
Ce qui n’a pas empéché les grands parents d’être présents dans la vie de leur petit fils et réciproquement.
Si Marion et Robert ne se sont pas rendu à Arcangues c’est suite au véto familial décidé par Jean …
jul
14 mai 2010 @ 15:43
Jean Marie, encore une fois vous faites diversion. En quoi le Duc d’Anjou et de Cadix est concerné dans ce sujet?
D’ailleurs le pauvre prince François ne l’est pas non plus.
Quelle horreur cette détention préventive. Je crois aussi en l’innocence du prince Thibaut.
Comme toujours, ce sont les membres discrets de la famille d’Orléansn, qui ne font pas d’activisme, comme la Comtesse douairière de la Marche et le Comte de la Marche qui recueillent la sympathie du public. C’est bien normal.
J’ai bien envie de croire le message de Corentine.
LE REGENT
14 mai 2010 @ 21:54
J’ai été tres interessé par tous vos messages mais je suis étonné que personne ne parle de l’attitude et du chagrin de Madame. Même si Elle n’était pas une Mère démonstrative, et peut-être un peu frivole dans sa jeunesse, Elle était une Mère et tous les ennuis de son fils jusqu’a sa mort ont été sans doute des temps d’épreuves pour Elle.Elle a été par contre une Grand-Mère aimante. En ce qui concerne la tutelle, je vous AFFIRME que juridiquement il est impossible de la donner a qui que ce soit si un des parents est en vie, a moins qu’il ou elle ne soit déchue de ses droits paternels ou maternels.
Th
16 mai 2010 @ 18:19
Charles,
Quelle maison de ventes effectuera la vente aux enchères que vous mentionnez ?
Merci.
Charles
17 mai 2010 @ 14:48
Th,
La vente des quelques souvenirs de famille provenant du prince Robert est assurée par l’étude Coutau-Bégarie à Paris. La vente est prévue à Drouot le 28 mai prochain.
palatine
17 mai 2010 @ 22:17
je sais que cela ne me regarde pas, mais si le prince Robert n’a pas de besoins pressants d ‘argent, c est dommage qu’il vende des souvenirs de famille, qui sont en plus des morceaux d’histoire de France.
Une vente de tels objets se justifie parfois quand il y a conflit entre plusieurs heritiers, mais si ces objets appartiennent personnellement au prince, là je ne comprends pas. Il a sans doute ses raisons, que je ne connais pas. En attendant, je suis d’accord avec le dernier § du post 24 de Charles.
Le prince Robert aura peut-etre des enfants un jour qui lui reprocheront cette vente.
jean-marie
18 mai 2010 @ 16:22
A.Lin.33
Croyez vous vraiment que le prince Jean de France duc de Vendôme soit le seul responsable de l’absence des frères et des soeurs de Monseigneur le comte de Paris pour ce mariage à Arcangues.
En tout cas moi je n’y crois pas trop en sachant que pour le mariage civil de son père à Bordeaux il n’y avait personne non plus.
Personne n’approuvait ce mariage dans la Famille à part le duc d’Anjou,voila tout.
Th
18 mai 2010 @ 20:45
Merci Charles.
vincent meylan
19 mai 2010 @ 20:55
Et me voilà encore une fois à défendre « mon » comte de Paris.
Si certains sont fidèles à la maison de France d’une manière inconditionnelle, je m’honore d’être fidèle à la mémoire du Prince défunt qui, aujourd’hui encore, est trop souvent attaquée.
Loin de moi l’idée d’entrer dans une polémique avec certains d’entre vous. Je comprend parfaitement les commentaires durs que vous pouvez écrire. J’essaie simplement vous dire que les chose ne sont pas aussi simples.
Le Comte de Paris est allé trois fois rendre visite à son fils Thibaut dans sa prison de Pau, et non pas une fois. Et je peux vous dire que la première visite a été un crève coeur pour lui. La presse était là, et il n’ a pu échapper aux objectifs des photographes.
C’est lui qui avait aidé son fils à financer l’installation de la galerie de Nesle qu’il avait créé, comme c’est lui qui a financé en très grande partie l’éducation de son petit-fils Robert. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la princesse Marion elle même et son fils le prince Robert, qui se souvient très bien des vacances qu’il passait chez son grand-père avec Monique Friesz.
La princesse Marion insistait toujours pour que son fils passe du temps dans sa famille paternelle afin d’apprendre à connaître son histoire et sa famille. En outre, la princesse rendait très souvent visite à son beau-père à Chantilly.
Non seulement, elle n’a jamais dit un mot contre lui, mais elle fait partie, avec son fils, la duchesse de Montpensier et la princesse Béatrice d’Orléans de ceux qui ont le plus défendu la mémoire du Comte de Paris. Je me souviens qu’elle m’avait dit un jour, il n’y a pas si longtemps, qu’elle adorait son beau-père et qu’en outre, elle était très sensible à son charme : « Il était tellement beau et charmant ».
En outre, ce n’est pas trahir un grand secret que de dire que le défunt comte de Paris a du indemniser certains créanciers de son fils Thibaut près de dix ans après la mort de ce dernier et pour des sommes qui n’avaient rien de symbolique, je vous prie de le croire.
Tout comme, il a souvent aidé son fils Henri, tout comme il a financé sa fille Claude. Tout comme, il a organisé l’installation de sa belle fille, la duchesse de Montpensier à Dreux afin qu’elle dispose d’une maison de campagne, tout comme il l’a logé pendant des années dans un immeuble de Neuily.
Le cas du prince François est différent, comme tous les jeunes gens de son âge, mon père y compris, il a fait son service militaire en Algérie. Il y est mort. Le reste ne regarde personne.
Le comte et la comtesse de Paris disaient parfois, je les ai d’ailleurs entendu le dire ensemble, que la plus grande douleur de leur vie avait été la perte de ces deux enfants.
Jusqu’à sa mort, les deux seules photos que le comte de Paris a conservé dans son bureau étaient celles de François et de Thibaut.
Je sais que je suis de parti pris dans ce cas précis, mais il ne faut pas juger trop durement des relations familiales qui ne sont jamais aussi simples qu’on peut le croire.
J’aimais beaucoup le défunt Comte de Paris, et je sais que c’est le cas de la princesse Marion, du prince Robert, et de nombreux autres membre de la famille de France.
L’un des petits-fils m’a dit, il n’y a pas si longtemps. j’aurais du écouter Grand maman et aller voir plus souvent grand papa à Chantilly. Lorsque j’ai fait mon service militaire, je lui ai écrit et il m’a toujours répondu avec beaucoup de gentillesse. Ses lettres sont un souvenir très précieux pour moi ».
S’il vous plaît, ne le jugez pas trop vite, sa vie non plus n’a pas été simple, facile, exempte de moments difficiles et même très durs. Je pense que certains commentaires, un peu à l’emporte pièce, peuvent blesser certains membres de sa famille qui lisent ce site. En tout cas, à mon petit niveau à moi, ils me blessent comme une atteinte à la mémoire d’un homme pour qui j’éprouvais et j’éprouve encore aujourd’hui, affection, respect et admiration.
Je me souviens très bien du dernier jour où je l’ai vu. Il était déjà très malade, et il a pris ma main longuement, sans rien dire, comme pour me dire au revoir et j’ai toujours pensé que son geste signifiait : « adieu, mon cher meylan, vous savez ce n’est pas si dur de mourir ».
Il y avait un témoin à cette scène dont je ne donnerais pas le nom. Et quelques instants plus tard, ce témoin m’a dit, très ému : « Je n’ai pas voulu vous interrompre, car j’ai vu que ce qui était en train de se passer entre vous était tellement fort ».
Ce genre d’adieu, si humain, n’était pas le fait d’un homme cruel, vindicatif. C’était le geste très délicat d’un vieux monsieur à un jeune homme.
Aujourd’hui, rien ne me fait plus plaisir que lorsqu’un de ses petits-enfants me dit : « N’est-ce pas que grand papa était un homme extraordinaire ? » Et bien entendu, je répond : « Oui, c’était un homme extraordinaire. »
D’ailleurs, une fois sur deux, que ce soit avec ses enfants ou avec ses petits-enfants, nous ne parlons que de lui.
Encore une fois, je comprend que certains pensent autrement, mais moi qui ai eu la chance de bien le connaître, je m’en voudrais beaucoup de ne pas témoigner, chaque fois qu’on l’attaque du souvenir ému, chaleureux et très humain que je garde de lui.
Amicalement à tous
VIncent Meylan, toujours fidèle à « son » comte de Paris.
pepita
20 mai 2010 @ 00:10
Oui Monsieur Meylan on se doit de rester fidéle en amitié car c’est un bien qui est précieux.
palatine
20 mai 2010 @ 00:55
C’est tres beau ce que vous ecrivez Monsieur Meylan. Votre fidélité vous honore, vos propos émeuvent et je pense que le Comte de Paris a eu de la chance d’avoir un ami tel que vous, comme vous avez eu de la chance d’avoir eu un ami tel que lui.
Vous avez très bien fait d’écrire ce post pour exprimer votre vérité. Vous savez des choses que les autres ignorent, donc il fallait les dire.
Bien à vous
Palatine.
vincent meylan
20 mai 2010 @ 08:25
Merci Palatine, la lecture de votre message ce matin me met de bonne humeur, et me conforte dans l’idée que l’on peut toujours modifier les opinions des uns et des autres, en parlant, calmement et avec gentillesse.
Shalom comme dirait notre amie Astrid
Bonne journée à tous.
VM
jean-marie
20 mai 2010 @ 11:31
vincent meylan.41
Merci pour cette mise au point concernant notre défunt comte de Paris,chef de la Maison de France qui était un très grand Prince et que beaucoup sur ce site qui ne le connaissait pas continu de colporter pleins de mensonges le concernant.
Même son épouse la défunte comtesse de Paris a reconnu que son époux aimait ses enfants et qu’il les avaient beaucoup aidé.
Brigitte - Anne
20 mai 2010 @ 12:42
Monsieur Meylan , il me semble vous avoir déjà écrit sur ce site que vous étiez un GRAND Monsieur …votre commentaire 41 est d’un grande beauté , émouvant … Merci !
Oui Monsieur vous avez cette vraie Noblesse …celle que l’on emmène en bagage bien au delà de cette vie là !
Vos quartiers de Noblesse vous sont acquis pour l’éternité .
Malgré les transformations successives et les couacs de PDV …je lui reste fidèle . C’est un peu comme dans les familles …on préfère certains membres à d’autres , on se chamaille pour avoir des positions divergentes , on se boude mais ….on se retrouve toujours !
Bien à vous et Belle journée
Renée
20 mai 2010 @ 12:43
Bravo M. MEYLAN, très beau portrait du COMTE DE PARIS
marie louise
20 mai 2010 @ 12:47
Vincent Meylan,votre commentaire sur le comte de Paris est émouvant et touchant!Même si j éprouve peu de sympathie pour cet homme vous l avez dévoilé sous un jour que je ne connaissais pas!Mea culpa!J aimerai beaucoup avoir un ami aussi fidèle que vous!
Denise Alice
20 mai 2010 @ 13:17
Merci à vous, monsieur Meylan pour votre beau témoignage.
Arielle
20 mai 2010 @ 13:39
Merci à tous, amis internautes, pour vos éclairages différents, et très intéressants, sur la famille d’Orléans. Lorsque j’étais enfant et adolescente, le comte de Paris m’effrayait, je le croyais cruel. Ses enfants me semblaient étranges, peu épanouis, à vrai dire assez malheureux, je ne sais pas pourquoi, j’avais une curieuse impression. Puis, à l’âge adulte, la découverte des livres de la duchesse de Wurtemberg et du prince Jacques d’Orléans m’avaient définitivement confortée dans mes intuitions. Sur le site de Régine, mois après mois, les messages de Charles et de Vincent Meylan soulèvent le voile très différemment. Il est sain d’avoir deux écoles de pensée et de laisser les questions ouvertes.
Charles
20 mai 2010 @ 13:55
Merci beaucoup a Vincent Meylan de donner un si beau témoignage a propos du comte de Paris defunt. Cet homme était un grand prince. Il a été trop attaque et critique ces dernières annees sans raison.
Je vous remercie de contribuer a retablir une certaine verite. Tous ceux qui ont connu Monseigneur garde un excellent souvenir de lui.
Le prince defunt reste un modele pour le duc de Vendome.
caillou
20 mai 2010 @ 15:40
Merci monsieur Meylan, votre témoignage est vraiment intéressant et enseigne avec élégance comment on dépasse les conflits: il suffit de laisser parler son coeur! un peu de noblesse après tant de « royauté » ne messiera point…
vraiment merci
ouinou
20 mai 2010 @ 16:44
Cher Vincent Meylan,
Vous avez approché le comte de Paris et vous le présentez comme un homme sensible.
Très bien.
Evoquons l’homme politique qu’il a été ou qu’il aurait voulu être.
Il voulait rétablir la monarchie mais, au fond, il n’a jamais expliqué ce qu’il voulait vraiment. Quel type de régime il voulait.
Son ancêtre louis-Philippe lui-même n’avait pas une conception très claire de son rôle. « Le trône n’est pas un fauteuil vide » ou « Le roi règne mais ne gouverne pas ». Autrement dit : le roi a-t-il un pouvoir politique ou un simple rôle de représentation ? Pendant les dix huit ans de la monarchie de juillet, on ne sait pas trop qui a détenu le pouvoir, le roi ou le premier ministre ? Les premiers ministres de Louis-Philippe se sont quelquefois appuyés sur la Chambre et quelquefois sur le roi. Ce régime brinquebalant, mal défini, s’est effondré comme un château de cartes en 1848. Deux points tout de même à noter : 1°) la légitimité était définitivement passée du roi à la Nation. 2°) après la restauration, la monarchie de juillet a progressivement installé en France un système de démocratie représentative qui perdure encore aujourd’hui dans ses grandes lignes.
Le comte de Paris écrivait des papiers, notamment dans « Le Monde ». Le rôle d’un roi ou d’un prétendant est-il, à notre époque, d’exprimer des opinions ?
Dans une démocratie moderne, la légitimité est dans la Nation qui élit ses représentants qui soutiennent un gouvernement. Le roi incarne le pays et n’a aucun rôle politique.
Un problème grave se pose lorsqu’un souverain fait connaitre son opinion : par exemple quand Beaudouin a refusé de signer la loi qui légalisait l’avortement en Belgique.
Le comte de Paris n’a, me semble-t-il, jamais expliqué son projet. Ne sachant pas lui-même où il allait, il ne pouvait qu’échouer.
La monarchie ne sera jamais rétablie en France, et c’est mieux ainsi.
shandila
20 mai 2010 @ 17:21
Monsieur MEYLAN,
votre commentaire (41) est très émouvant. Vous lire est toujours un plaisir, vous connaître serait un honneur.
Je suis d’accord avec certains internautes : vous êtes un GRAND MONSIEUR.
Un petit Belge
20 mai 2010 @ 17:57
Vincent Meylan, continuez de nous apporter vos témoignages qui nous permettent d’avoir un éclairage nouveau sur la personnalité de membres du Gotha au-delà des photos, des rumeurs, des idées toutes faites. Quelles sont les autres personnalités royales qui ont marqué votre carrière de journaliste?
jul
20 mai 2010 @ 20:18
M. Meylan, comme votre commentaire est beau…
C’est si dommage que les portraits de princes tels que celui que vous avez rédigé n’aient pas plus d’audience et que ce soit toujours sur les polémiques que les médias de masse s’attardent…jusqu’à brouiller les sentiments des descendants…c’est si triste.
Dans notre société les gens doutent de tout (trop), même de leurs ancêtres ou accusent ceux des autres.
Je ne suis pas étonné par les qualités de M. le Comte de Paris, un homme digne, un chef de Maison attentif à secourir les princes et princesses de sa famille en difficulté, prêt à leur venir en aide.
La reconnaissance et le respects de ses belles-filles est admirable.
Grâce à vous, j’ai appris beaucoup de choses et vous avez remis certains de mes a priori à leur place.
Vous pouvez être fier de votre attachement au souvenir de votre prince. C’est magnifique de le défendre.
A.Lin
20 mai 2010 @ 20:30
C’est gentil d’écrire des propos bienveillants sur cet homme que vous connaissiez bien.
Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, ce Monsieur ne laissait pas indifférent de par son grand charisme.
Pour moi,l’histoire des rois de France s’est éteinte avec lui.
vincent meylan
20 mai 2010 @ 21:09
Suite aux recherches que j’ai fait à l’occasion de mon livre contre-enquête sur le comte et la comtesse de Paris, j’ai été amené à lire un certain nombre de documents.
Les premiers qui m’ont frappé étaient ceux qui avaient trait à l’enfance du Comte de Paris, notamment les rapports de surveillance adressés par l’entourage du jeune prince, notamment ses précepteurs, à Charles Maurras et aux autres leaders de l’Action Française.
Il en ressortait très clairement que dés son plus jeune âge, à partir du moment ou il a été acquis que son oncle le duc d’Orléans n »aurait pas d’enfant, l’éducation du jeune prince a été constamment surveillé et parfois même manipulé par ces précepteurs.
Ce sont les premières pressions auxquelles il a été soumis. Par la suite, ces pressions ont continué. Au manoir d’Anjou, la demeure de l’exil des Orléans à Bruxelles, une grande partie des domestiques était à la solde des renseignements généraux français. Même la famille s’en est mêlé. L’une des soeurs du Comte de Paris soudoyait ses secrétaires pour être au courant de ses actions.
Devenu héritier, le comte de Paris, a du résister aux pressions de l’Action Française qui, depuis 1908, avait quasiment annexé l’idée royaliste. Et il a fallu rompre officiellement avec ce mouvement qui confondait allègrement nationalisme et royalisme.
Sa grande erreur historique fut de se tromper en 194O et de ne pas rejoindre de Gaulle et la résistance à Londres comme certains le poussaient à le faire. C’est à ce moment qu’à mon avis, il a raté le côche de l’histoire.
Son retour en France en 1950 n’a été qu’une longue suite de déceptions, en dépit des apparences brillantes.
En outre son couple battait de l’aile depuis 1948. Il avait été très déçu de l’attitude de son épouse qui lorsqu’il avait quitté le Brésil pour rentrer en Europe ne l’avait même pas accompagné au port le matin où il devait prendre le bateau à Rio.
Après l’assassinat de l’amiral Darlan, où il n’a joué qu’un rôle de paravent, il s’est aperçu qu’il avait été manipulé. C’est là qu’il a connu sa première dépression nerveuse. Son épouse, m’a avoué elle même qu’à cette époque elle n’avait « rien compris » et qu’elle l’avait laissé à Larache chez sa mère la duchesse de Guise pendant plusieurs mois car elle était elle même incappable de le soigner.
Au début des années 50, le couple battait déjà largement de l’aile.
La ruine, partielle, mais importante, de la fin des années 1950, suite à l’escroquerie d’un homme d’affaires, n’a pas contribué à arranger les choses. Elle a été suivi, en moins de 4 ans, de la mort de sa mère, la duchesse de Guise, de celle du prince François et de la naissance du petit prince François et de la révélation de son handicap très grave.
C’est à cette époque que le couple a quitté le manoir du coeur volant pour des raisons financières. Installés dans un petit appartement du XVIème, avant l’installation rue de Miromesnil, les princes se sont vite rendus compte qu’ils ne se supportaient plus.
Le retrait de la vie politique du général de Gaulle en qui il avait fondé tant d’espoirs, un peu tard, la mésentente dans son ménage, les revers de fortunes, les douleurs familiales ont fini par causer un double infarctus qui a conduit le comte de Paris à une très longue hospitalisation.
La crise cardiaque étant survenue à la fin de l’année, le comte de Paris a accompli sa convalescence seul au Trianon Palace de Versailles alors que son épouse et leurs enfants étaient partis en Espagne passer les fêtes de noël.
C’est à la suite de cet épisode que le prince s’est installé à Chantilly peu à peu et qu’il a rencontré madame Friesz. Il était seul, en grande partie ruiné, malade et il a alors traversé une seconde dépression nerveuse qui a duré près de deux ans.
Voilà, rapidement, en quelques phrases, ce que je voulais raconter du destin personnel difficile de cet homme.
Encore une fois, je ne nie pas ses erreurs, de jugements, de gestion, certains gestes durs, j’essaie simplement de les expliquer.
Ces explications ne sont pas non plus un témoignage charge contre la comtesse de Paris qui a fait ce qu’elle a pu à une époque ou l’on était pas vraiment familiarisé avec ce genre de problèmes, surtout dans ce milieu.
Elle le disait d’ailleurs elle même « Je n’ai rien compris, je n’ai pas su m’occuper d’Henri comme j’aurais du le faire ». Elle n’était jamais malade, lui était cardiaque et a eu trois cancers. Elle aimait le bruit, la musique, sortir, fumait, voyageait constamment. Lui n’aimait que le calme, vivait comme un moine, appréciait la solitude.
L’un de ses neveux et l’une de ses nièces me l’on dit plus d’une fois : « Lorsque nous étions enfant, Oncle Henri était un père et un oncle merveilleux. C’est lui qui montait nous embrasser tous les soirs dans nos chambres, surveillait nos devoirs, nous parlait, écoutait nos problèmes. Un jour, il s’est coupé de nous et à l’époque nous n’avons pas compris la crise qu’il traversait. »
Heureusement certains de ses enfants, de ses neveux, et de ses petits-enfants, ont réussi à renouer avec lui par la suite. et leur rapports sont redevenus très affectueux.
La comtesse de Paris elle même, après de longues années de crise, reconnaissait volontiers qu’elle n’aurait jamais réussi à le soigner comme le faisait madame Friesz. Durant les dix dernières années de leur vie, Monseigneur et Madame se voyaient d’ailleurs régulièrement et avec une certaine complicité.
Qui sommes nous pour juger ?
Amicalement à tous
VM
R-N
20 mai 2010 @ 21:39
Ce témoignage de Vincent Meylan est très beau. Il correspond à mon avis à la réalité de ce qu’était l’ancien Comte de Paris, ainsi qu’à une époque.
Il correspond aussi à la complexité des sentiments dans une vie familiale, qui ne doit pas être jugée de l’extérieur par ceux qui ne la connaissent pas, comme c’est trop souvent le cas vis-à-vis des familles royales… alors que c’est déjà compliqué de les comprendre de l’intérieur.
vincent meylan
20 mai 2010 @ 22:29
Ouinou (mess 53)
Qui vous dit que je ne suis pas d’accord avec votre analyse ?
Mon commentaire n’avait rien de politique, ni de monarchiste, ce que je ne suis d’ailleurs pas.
Que le Comte de Paris se soit trompé dans ce domaine ne fait à mon avis aucun doute.
C’est l’une des grandes erreurs de sa vie.
Je ne cherchais qu’à expliquer sa personnalité.
VM