
C’est en 1839 que Jean-Casimir, duc de Blacas d’Aulps (cf. illustration), homme de confiance du roi Charles X, fit l’acquisition pour la somme de 175.000 florins sur sa cassette personnelle du château et des terres de Frohsdorf et Pitten situées en Basse Autriche.

Fief des comtes de Hoyos depuis le XVIIe siècle, le château de Frohsdorf avait ensuite appartenu en 1817 à Caroline Murat (cf. illustration) qui, veuve de l’ancien roi de Naples, et prisonnnière de l’Autriche, y avait trouvé refuge sous le nom de comtesse de Lipona, anagramme de Napoli.

C’est elle qui vendit le domaine en 1828 au célèbre général russe Alexandre Yermolov, ancien favori de Catherine II, qui avait quitté la Russie pour s’établir en Autriche. Après la mort du général survenue en 1834, ses fils le vendirent au duc de Blacas. Par testament, ce dernier laissera le domaine de Frohsdorf et ses terres à « Madame la Comtesse de Marnes, Marie-Thérèse de France, comme une partie de ce que j’ai eu du roi Louis XVIII« .
Ce n’est qu’en 1844, peu de temps après la mort du duc d’Angoulême, que le duc de Bordeaux, qui était alors devenu chef de la maison de Bourbon, prenait officiellement le titre de comte de Chambord. (cf. illustration)

Il s’installa définitivement à Frohsdorf, mettrant aisni fin à une longue errance de 14 ans d’exil. A son tour, en 1851, le comte de Chambord recevait le château de Frohsdorf en héritage de sa tante (cf. illustration)

C’est à Frohsdorf que la famille royale, proscrite de France par Louis-Philippe, allait vivre pendant près de 40 ans, de 1844 à 1883, date de la mort du comte de Chambord et que, par la suite, s’y succèderont ses héritiers. Dans cette demeure où « la Cour » allait, pour la première fois, pouvoir pleinement s’installer, le jeune prince, sa soeur la princesse Louise-Marie, future duchesse de Parme et sa tante la duchesse d’Angoulême que tout le monde appelait « La Reine » purent alors faire placer les souvenirs historiques et reliques royales miraculeusement rescapés des Tuleries, qui avaient pu les accompagner dans leur exil et auxquels s’étaient joint les nombreux cadeaux qu’avaient fait de fidèles serviteurs de la monarchie légitime.
Rebâti dans la seconde moitié du XVIIIe par le comte Johan-Philip Hoyos dans le goût baroque autrichien, le château de Frohsdorf se présente aujourd’hui encore sous la forme d’une solide construction quadrangulaire d’apparence assez sévère, entourée de douves sèches bordées de balustrades. La demeure qui est peinte dans ce jaune ocre traditionnellement utilisé en Autriche, comporte trois étages, dont un en attique, et enferme une cour interieure pavée à laquelle donne accès une importante porte cochère. (cf.illustration)

La façade d’entrée qui se déploie sur 9 travées, est surmontée d’un important fronton triangulaire, qui a conservé les grandes armes de France que le prince y fit apposer dès son arrivée, supporté par dix pilastres coiffés de chapiteaux d’ordre composite. (cf.illustration)

Plus large, l’aile Ouest donnant sur le parc à la française aligne ses 11 croisées animées par huit pilastres que surmontent des statues mytologiques placées à l’aplomb de la toiture. Les deux autres ailes sont plus sobres, seule l’une d’elle, qui donne sur un parc de 200 hectares peuplé de cervidés, se distingue par la saillie que fait le choeur de la chapelle, tandis que l’autre donne sur le jardin privé du prince. En outre, le domaine s’assortissant de 3000 hectares de terres et de forêts qui permettait au prince d’assouvir sa passion pour la chasse.
Franchissant le porche d’entrée, le visiteur était accuelli par une imposante statue de Jeanne d’Arc (cf.illustration), toujours aujourd’hui conservée dans une niche. Il s’agissait d’une oeuvre commandée au sculpteur Rinaldi par la duchesse des Cars à Rome en 1833 et ensuite offerte au duc de Bordeaux.

Puis, il était reçu dans un vestibule ouvrant sur les salons de réception qui se succédaient en enfilade tout au long du rez-de-chaussée de l’aile du midi donannt sur un parc à la française.
Le premier appelé salon des oiseaux, tirait son nom d’une collectiopn d’oiseaux naturélaisés conservés dans deux grandes armoires vitrées. Ses murs tapissés d’un apapier peint à fleur-de-lys d’or, étaient couverts de multiples trophées de cerfs, daims, chamois et chevreuils que le prince avait chassés sur le domaine et que côtoyait un important tableau de chasse figurant l’Hallali du Cerf à Chantilly en présence de Charles X, oeuvre du peintre Louis-Joseph Schmitz.
Puis venait le grans salon ou salon rouge qui tirait son nom d’un ensemble de sièges précieusement garis de tapisseries au petit point sur fond rouge exécutées par la duchesse d’Angoulême. C’est là qu’avaient été regroupés différents portraits historiques dont certains provenaient des collections de la duchesse de Berry au château de Rosny : le duc de Bourgogne (cf.illustration)

et son frère le duc d’Anjou, tous deux par Rigaud, le dauphin, fils de Louis XV par Robert Levrac-Tournières, Marie Leczinska par Nattier mais ausi un émouvant portrait de Marie Antoinette par Madame Vigée-Le Brun, qui portait encore la trace du coup de baïonnette des émeutiers lors de la prise des Tuileries le 10 août 1972, et la duchesse de Berry, mère du prince, en grand deuil peinte par Kinston dans ses appartements du Pavillon de Marsan. (cf.illustration)

Sur une console était conservée une relique insigne : la tête de l’ancienne statue d’Henri IV sur le pont Neuf. Miraculeusement retrouvée dans la Seine, elle avait été offerte au comte de Chambord par une délégation d’ouvriers venus visiter le prince en 1850.
C’est tout particulièrement dans cetet pièce aux murs suchargés de tableaux, qu’avait trouvé place, au milieu d’un lourd mobilier d’acajou de goput Biedermeier, le trône de bois doré offert parvles royalistes français en 1873 ainsi qu’en témoigne la seule photo du salon connue datant du temps du comte de Chambord (cf.illustration)

Ce meuble emblématique se trouve aujourd’hui conservé au château de Chambord. (cf.illustration)

Lui succédait le billard dont le sol était recouvert d’un tapis couvert d’un semis de fleur-de-lys et les murs abritaient des peintures de l’école iatlienne de ou d’après Raphaël, Le Tintoret, Tiepolo ou Canaletto. Comme dans les autres salons, au plafond pendait un imposant lustre en verre de Murano dont chacune des vingt-quatre branches se terminait par une fleur-de-lys au naturel.
L’enfilade des salons se terminait par le salon gris, celui-là même où s’éteignit Henri V le 24 août 1883. Après la mort du prince, la pièce avait été trabsformée en sanctuaire par la comtesse de Chambord. On y admirait le buste officiel du prince en marbre blanc, oeuvre du sculpteur Veray qui trônait sur la cheminée ainsi que différents souvenirs d’enfance du prince comme cette plaque de procelaine de Sèvres figurant le jeune duc de Bordeaux passant en revue la garde royale ay pavillon de Bagatelle. (cf.illustration)

C’est dans ces salons que vivaient le comte et la comtesse de Chambord entourés de leurs neveux Bourbon-Parme qui à partir de 1864, date de la mort de leur mère, vinrent vivre le plus souvent à Frohsdorf, de leurs proches parmi lesquels on remarquait les demi-frères du prince qu’étaient le prince Ferdinand de Faucigny-Lucinge et le duc della Grazzia et enfin des membres les plus fidèles du « service d’honneur du Roi » qu’étaient les Blacas, Damas, Monti ou Vanssay comme en témoigne cette photo prise dans les années 1860.

Le grand escalier et le couloir qui desservait les appartements du premier étage avaient été transformés en galerie de peinture à la gloire de la branche aînée des Bourbons. Dans un accrochage serré, on y voyait les portraits en pied de la plupart des rois de France : Henri IV en armure par Pourbus et cinq autres souverains en habit de sacre, Louis XIV par Rigaud, Louis XV par Van Loo, Louis XVI par Callet, Louis XVIII et Charles X par Paulin-Guérin. La galerie était complétée dans une parfaite continuité dynastique, par un grand portrait du duc de Berry (cf.illustration) portant la livrée de vénerie aux couleurs vert et amarante de la maison d’Arois, oeuvre du baron Gérard.

Et enfin, par les grands portaits d’apparat du comte et de la comtesse de Chambord, oeuvres réalisées par le peintre Alexis Pérignon peu de temps après leur mariage en 1846. Le premier étage comportait les appartements des quatre neveux du prince, enfants de sa soeur Louise, duchese régente de Parme, à savoir Robert, duc de Parme , sa soeur Marguerite, future duchesse de Madrid (cf.illustration)

Alice, grande-duchesse de Toscane et Henri, comte de Bardi. Mais aussi ceux des gentilshommes au service du prince parmi lesquels on distingait le duc de Lévis, Stanislas de Blacas, Maxence de Foresta, Edouard et René de Monti, Maxence de Damas, Joseph du Bourg, René de Vibraye, Fernand de La Ferronays ou Eugène de Raincourt que l’on appelait « la petite église de Frohsdorf » et qui allaient se succéder auprès du comte de Chambord. (Merci à Néoclassqiue pour ses recherches et le texte – Copyright photos : DR)
Capreolus
7 mars 2011 @ 19:22
Grand merci, Neoclassique, pour cette visite guidée au sein du Versailles de l’exil… que vous reconstituez à merveille.
Tout cela a un peu le goût de la madeleine de Proust. Sauf que nous n’avons pas connu Combray…
Colette C.
7 mars 2011 @ 19:55
Merci, Neoclassique, la passionnée du XIX e siècle que je suis, a énormément apprécié! d’autant plus que j’ai acheté l’an dernier les mémoires du Comte de Chambord, un livre énorme, où il raconte au jour le jour sa vie durant 40 ans: c’est très intéressant; et il parle de tous les personnages que Néoclassique évoque, et qui faisaient partie de sa famille et de ses proches!
Michèle
7 mars 2011 @ 19:55
Merci Neoclassique, pour ce merveilleux reportage et les magnifiques illustrations. j´attends avec impatience demain pour lire la deuxième partie de votre reportage.
danielle
7 mars 2011 @ 21:08
Merci pour ce reportage.
Ce château conviendrait à merveille à la princesse Marie de France épouse Gundakar.
danielle
7 mars 2011 @ 21:09
… Gundakar de Liechenstein
patricio
7 mars 2011 @ 23:16
tres bel article, comme je les aimes
merci Neoclassique
amities
patricio
Alberto
8 mars 2011 @ 00:31
La propiedad del castillo de Frohsdorf pasó a Doña Margarita de Parma casada con Don Carlos VII de Borbón y Austria-Este,Pretendiente legítimo al trono de España-
Aquí vivió su hijo Don Jaime de Borbón y Borbón-Parma que lo dejó como herencia a su hermana Doña Blanca de Borbón casada con el Príncipe Imperial Leopoldo de Habsburgo y estos lo donaron a sus hijos ,propiedad de la que fueron desposeídos con documentos falsificados por sus lejanos parientes los Borbón-Parma (Don Xavier ).
Yannick
8 mars 2011 @ 01:18
Encore un article passionnante, bravo !
Je ne savais meme pas que la famille royale de France avait vécu là bas en exil.
Silvia
8 mars 2011 @ 01:33
Un grand merci, Neoclassique, pour ce reportage fort intéressant. Je note que le petit garçon mignon de la dernière illustration est Robert, duc de Parme, qui avec le temps est devenu le père de Zita, dernière impératrice d’Autriche et donc de ce domaine de Frohsdorf.
Sébastien
8 mars 2011 @ 02:34
MERCI Néoclassique. Vous venez de mettre des images sur une page d’Histoire que je ne pouvais m’illustrer jusqu’alors. Votre article, avec référence aux illustrations, est un sinon LE modèle du genre. Vivement la suite !
neoclassique
8 mars 2011 @ 10:02
Cécil 22
merci de vos compliments.
je crois , mais je n’en suis pas certain, que la princesse Napoléon descend effectivement de Maxence de Foresta. En tout cas, elle conserve chez elle à Prangins en Suisse des vases offerts à Maxence par le comte de Chambord.
Vous avez raison, Ferdinand de Faucigny-Lucinge n’est que le demi-frère du comte de Chambord par son mariage avec Charlotte, comtesse d’Issoudun, fille illégitime du duc de Berry. Mais Adinolfo Lucchesi-Palli, duc della Grazzia est lui bel et bien le demi-frère du prince.
neoclassique
8 mars 2011 @ 11:58
Charlanges 27
merci de vos précieuses précisions généalogiques sur les Raincourt.
Dans le cadre de l’expositon que je prépare actuellement sur le comte de Chambord, grâce à vous, je vais tenter de me rapprocher d’Henri de Raincourt pour savoir s’il conserverait toujours à St Valérien des souvenirs personnels du comte de Chambord, comme je l’ai déjà fait pour bien d’autres descendants des gentilhommes de la suite du prince.
marie-françois
8 mars 2011 @ 13:34
Merci Neoclassique pour votre réponse détaillée sur le patrimoine des Bourbons.
Leurs propriétes, notamment Chambord,ne leur ont donc pas été confisquées ni par la monarchie de juillet ni par les régimes suivants.
Quant à l’apanage du duc de Berry, comment ont ils pu jouir apres 1830 ?
cecil
8 mars 2011 @ 15:02
neoclassique,
Mea culpa.
Je me suis emmêlé les pinceaux entre les demis et les beaux frères. En lisant le nom de l’époux de la comtesse d’Issoudun, j’ai conclu, sans réfléchir, que le duc della Grazzia était le mari de l’autre demi-soeur, la comtesse de Vierzon. En fait, cette dernière était mariée au baron Athanase de Charette de La Contrie.
En ce qui concerne la famille de Foresta, cela m’a toujours amusé de voir ces petits pieds-de-nez à l’histoire que constituent ce genre de mariage entre dynasties concurrentes. Que la descendante d’un fidèle des Bourbon épouse un membre (et le chef, qui plus est) de la maison impériale, prétendant au trône du même pays…Il y a eu d’autres unions problématiques, quand les 2 familles étaient à couteaux tirés, comme celle de Viktoria-Luise de Prusse avec le duc de Hanovre. On dirait « Roméo et Juliette », l’issue tragique en moins!
Caroline
8 mars 2011 @ 15:39
A Gustave[mess30],c’est un peu vrai mais ca depend de l’importance de toute commune a visiter!Par exemple,le chateau de Miramar tres visite est situe dans une grande ville italienne tout pres de la frontiere autrichienne Trieste a cote de l’ancien debouche naturel de toute l’Autriche!
Caroline
8 mars 2011 @ 15:43
A Neoclassique,votre article est tres interessant avec de belles illustrations!Tres bonne continuation peut-etre avec d’autres articles en preparation!
neoclassique
8 mars 2011 @ 19:07
Marie-François 43
Que neni!
Tous les biens des bourbons ont bel et bien été confisqués par la monarchie de Juillet, Louis-Philippe voulant même que Chambord, cadeau de la France au prince, revienne à l’Etat! Il a fallu attendre 1834 et 4 ans de procédure pour qu’ils puissent en retrouver la pleine jouissance
ce n’est qu’à partir de cette date là que s’est constitué un conseil de tutelle des Enfants de France administré par le marquis de Pastoret et présidé par la duchesse de Berry dans un premier temps.
Michael
10 mars 2011 @ 12:17
Néoclassique
j’espère que votre exposition sur le comte de Chambord sera objective. Vous n’hésiterez pas à mettre les carnets du comte de Chambord publiés par Philippe Delorme.
Grâce à ses carnets, contrairement à ce que vous affirmez, le comte de Chambord nous livre vraiment son avis politique. Il n’avait vraiment plus d’espoir dans une restauration monarchique telle qu’il l’entendait. Il savait pertinement bien que ces successuers légitimes les Orléans ouvriraient la porte à une monarchie parlementaire.
Le 21 novembre 1871 il dit dans ces carnets » En France, les Orléanistes font le plus grands efforts pour me faire abdiquer ou au moins renoncer au drapeau, ou me faire traiter avec les princes sur des bases parlementaires et libérales à l’excès le tout pour faire devenir le comte de Paris roi légitime.. »
p548 journal du comte de Chambord, annoté par Philippe Delorme.
Cette phrase montre, entre autre, que le comte de Chambord considérait le comte de Paris comme son successeur légitime en cas d’abdication de sa part.
jul
10 mars 2011 @ 18:18
mais non Mickael, cette phrase ne prouve pas du tout ce que vous espérez. Je l’interprète plutôt comme de l’ironie de la part du Comte de Chambord envers les Orléanistes et le Comte de Paris :D l’expression « faire devenir » prouve bien qu’Henri V n’y croyait pas, sinon il aurait dit utilisé le verbe « être » conjugué au futur !
Il se moque même des efforts des orléanistes dans ce passage lol il veut dire que les orléanistes rêvent en croyant pouvoir le faire abdiquer ou changera de drapeau.
Ce n’est pas parce qu’on parle d’un prince (ici le comte de Paris), qu’on le reconnait pour héritier lol !
Vous n’avez pas encore compris qu’un Roi de France et de Navarre ne peut choisir son successeur ? C’est contraire aux lois fondamentales.
neoclassique
10 mars 2011 @ 18:49
Michaël, vous me saoulez avec vos rabâchages sempiternels !
Croyez ce que vous voulez, peu m’importe.
Il y a belle lurette que j’ai renoncé, non pas en vous convaincre, mais à éclairer un peu votre lanterne.
Je ne pense pas présenter ces carnets car ils n’apportent rien, tout le monde en convient, quant à la manière dont le comte de Chambord voyait sa succession dont, de toute façon, il savait qu’elle ne lui appartenait pas puisqu’elle était du ressort exclusif de l’application de la loi salique. Interprétez cela comme il vous plaira, peu m’importe.
Adieu Michaël et bon vent !
Capreolus
10 mars 2011 @ 21:28
En réponse à Michael (message n°48) –
Dans la phrase que vous citez, le comte de Chambord expose le point de vue des orléanistes, NON PAS LE SIEN : ils veulent faire abdiquer le roi de droit – ce qui est déjà contraire au droit monarchique – ET négocier avec les princes d’Orléans « pour faire devenir le comte de Paris roi légitime ».
Ce n’est d’ailleurs pas l'(impossible) abdication en elle-même qui est censée faire devenir le comte de Paris légitime – preuve que, dans l’ordre de succession, il ne vient pas immédiatement après le comte de Chambord, et notamment dans l’esprit de ce dernier – mais l’ensemble de la démarche : abdication + tractation.
En effet, voilà la démarche orléaniste résumée par le comte de Chambord : « me faire abdiquer ou au moins renoncer au drapeau, ou me faire traiter avec les princes sur des bases parlementaires et libérales à l’excès LE TOUT pour faire devenir le comte de Paris roi légitime ».
Et un successeur légitime n’a pas besoin de quelque traité ou tour de passe passe que ce soit pour DEVENIR légitime : il EST légitime.
Si le comte de Paris a besoin d’une tractation quelconque pour devenir légitime, c’est qu’il n’est pas de soi le successeur légitime.
Et si le comte de Chambord fait de telles réflexions en ces termes, rejetant si manifestement la démarche des orléanistes (« libérales à l’excès » n’est certes pas un compliment sous sa plume), cela paraît bien signifier tout le contraire de ce que vous voulez y trouver. Le comte de Chambord manifeste là qu’il ne regardait pas le comte de Paris comme son légitime successeur.
Michael dixit :
« Grâce à ses carnets, […] le comte de Chambord nous livre vraiment son avis politique. »
Tu dicis ! (Lc. 23, 3)
Audouin
11 mars 2011 @ 01:13
Michaël (48)
Vous ne savez pas lire ou vous le faites exprès? Par cette phrase que vous citez, le Comte de Chambord, bien loin de considérer L.P.A d’Orléans comme son successeur, stigmatise les menées des Orléanistes qui tentent effectivement de faire du comte de Paris un roi légitime. Mais un roi « légitime » à leur convenance,ce roi qu’ils appellent de leurs voeux, un roi selon leur coeur, ce « roi légitime de la révolution », ce que précisément le Comte de Chambord ne voulait être à aucun prix. C’est ce qu’il ne cesse de répéter tout au long de ses Carnets…Si vous les avez vraiment lus, cela n’ a pas pu vous échapper, à moins que vous ne fussiez atteint de dyslexie.
Audouin
Michael
11 mars 2011 @ 08:47
Néoclassique
Je vous cite: « Je ne pense pas présenter ces carnets car ils n’apportent rien, tout le monde en convient, quant à la manière dont le comte de Chambord voyait sa succession dont, de toute façon, il savait qu’elle ne lui appartenait pas puisqu’elle était du ressort exclusif de l’application de la loi salique. Interprétez cela comme il vous plaira, peu m’importe. »
cette phrase révèle vraiment votre méthode historique: partielle et partisane.
Michael
11 mars 2011 @ 08:50
quand aux autres, je comprend votre logique d’indisponibilité de la couronne, mais cette théorie est confrontée a une réalité historique bien différente. Il est impossible que des rois d’Espagne soit aussi roi de France en même temps.C’est pour ca que des dispositions ont été prises.
Monseigneur le comte de Paris est le seul prince capétiens aîné ET dynaste en France.
jul
11 mars 2011 @ 13:12
ah Michael…
Comment faut-il vous expliquer que les rois peuvent cumuler les couronnes ?
Le Roi d’Ecosse est devenu Roi d’Angleterre, d’Irlande et d’Ecosse puis d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Canada etc…
Charles Quint à cumulé les trônes autrichiens, de l’Empire, d’Espagne, de Naples, des Pays-Bas, de la Franche-Comté etc…Philippe II y a ajouté le Portugal
Le Roi de Navarre est devenu Roi de France et de Navarre.
Nemausus
11 mars 2011 @ 13:49
J’avais bien dit qu’un jour où l’autre les orléanistes prétendraient que les Orléans sont les seuls aînés de la dynastie capétienne (54)… c’était d’ailleurs le but de tentative d’usurpation du nom de Bourbon et des pleines armes par les Orléans mais la justice y avait mis un terme….et bien voilà les partisans faisant fi de la justice de notre pays affirment haut et fort un mensonge de plus !
et j’apprends en plus que les orléanistes considèrent le duc d’Anjou comme le roi légitime d’Espagne, ce qui l’empêcherait selon eux d’être roi de France… Juan Carlos I va certainement apprécier…
vraiment nous atteignons le sommet du ridicule !!! on est proche de la folie furieuse à écrire de pareilles sornettes…
Alexis R
12 mars 2011 @ 19:44
Jul et Nemausus:
Mais vous avez parfaitement compris qu’un Bourbon ne peut régner à la fois en France ET en Espagne et vous nous l’avez même écrit ici.
Nemausus, n’est-ce pas vous qui disiez que les Bourbons d’Espagne qui s’étaient parés du titre de duc d’Anjou et avaient des prétentions au trône de France ne l’avaient fait que parce que, justement, ils n’étaient plus dynastes en Espagne?
Alexis R
patou
13 mars 2011 @ 12:37
Je ne dirai qu’une chose à Néoclassique :
BRAVO, BRAVO, BRAVO!!!!! vous m’avez régalée avec votre si intéressant reportage…….
Nemausus
13 mars 2011 @ 13:39
Alexis R,
Vous vous trompez entièrement, vous inversez mes propos.
C’est l’Angleterre qui a imposé lors du traité d’Utrecht cette impossibilité d’unir les 2 couronnes de France et d’Espagne sur la même tête. Ce traité ayant été bafoué à de nombreuses reprises, qu’est ce qui empêcherait à un prince de coiffer les 2 couronnes de nos jours si les 2 peuples l’approuvaient par référendum ? tout cela est bien entendu une vue de l’esprit, d’autant que la descendance masculine du duc d’Anjou est assurée !
Jul (55) vous a prouvé que de nombreux souverains ont porté simultanément de nombreuses couronnes …
La branche dite Carliste, n’a pas abandonné ses prétentions à la couronne d’Espagne lorsqu’elle est devenue l’aînée des Bourbons et a assumé ses droits à la couronne de France tout comme Alphonse XIII a fait de même en exil. Et aucun chef de la maison de Bourbon n’a été de fait roi d’Espagne en même temps (seulement en droit) qu’il assumait ses droits au trône de France.
cette branche aînée n’a pas assumée ses droits à la couronne de France parcequ’ils n’étaient plus dynastes en Espagne mais parque qu’ils étaient les aînés de la maison de Bourbon après le comte de Chambord.
C’est très simple à comprendre : aîné des Bourbons légitimes = roi de France !
Michael
14 mars 2011 @ 14:39
Nemausus
je vous cite:
« La branche dite Carliste, n’a pas abandonné ses prétentions à la couronne d’Espagne lorsqu’elle est devenue l’aînée des Bourbons et a assumé ses droits à la couronne de France tout comme Alphonse XIII a fait de même en exil. Et aucun chef de la maison de Bourbon n’a été de fait roi d’Espagne en même temps (seulement en droit) qu’il assumait ses droits au trône de France. »
Tout est dans vos rêves, les Boubons d’Espagne ont toujours été dans l’ambiguité. Quand à Alphonse XIII, il n’a jamais rien fait pour la France (ni les autres d’ailleurs) ce qui se comprend quand on se voue totalement à une cause.
La branche d’espagne en devenant étrangère à la France a perdu ses droits systématiquement sans esprit de retour. Le contraire n’est que le fruit d’une dissidence récente.