C’est dans un lieu hautement symbolique que la princesse Eugénie de Bourbon, fille du duc et de la duchesse d’Anjou, célèbrera le 4 juin prochain sa communion. Il s’agit du Monastère de la Descalzas Reales de Madrid où sont inhumés son grand-père paternel le prince Alphonse, duc d’Anjou et de Cadix et son oncle le prince François. (Merci à Quentin – Copyright photo d’archives : DR)

kalistéa
9 mars 2016 @ 10:32
Exact ML.ils le sont tous , à de rares exceptions près…et pourtant , nous les portons au pouvoir !les « présidents » ne valent pas mieux que les rois.En cas de crise grave , quelque fois un homme émerge et montre sa valeur et son désintéressement.Il vient à bout du désordre et du désespoir.Ex ; le général de Gaulle et quelques autres…Mais autrement , c’est incompétence , impéritie, et compagnie!
Sigismond
12 mars 2016 @ 12:09
Il n’y a certes pas à s’extasier sur cette reine de France que fut (que cela lui plût ou non) doña Victoria-Eugenia de Battemberg. Nous avons eu, Dieu merci, des reines d’une tout autre trempe, heureusement pour la France et pour la Légitimité.
Le baron Pinoteau a bien différencié les deux grands-mères des ducs d’Anjou et d’Aquitaine : la paternelle « a toujours méprisé les légitimistes en ne répondant jamais à leurs lettres », tandis que la maternelle (donna Vittoria Marescotti-Ruspoli, fille du prince de Poggio Suasa, maire de Rome) « fut toujours bienveillante envers les légitimistes ». Mariée à un Français (Roger de Dampierre, duc de San Lorenzo), donna Vittoria « a toujours fait de son mieux pour souligner l’aspect français de sa descendance ».
C’est la duchesse de San Lorenzo, grand-mère maternelle des (futurs) ducs d’Anjou et d’Aquitaine, qui emmena ses deux petits-fils en France pendant l’été 1952, visiter Versailles (le conservateur du château les accueillit en disant au prince Alphonse : « permettez-moi, Monseigneur, de vous saluer comme le fils de l’aîné des descendants de Louis XIV. Vous êtes ici chez vous ») et rencontrer de grandes familles nobles françaises (Bailleul, Chabannes, Gontaut-Biron, Richelieu, Rougé, etc.) qui les reçurent selon leur rang.
Mémoires de la duchesse d’Anjou et de Ségovie, page 173 : vers 1950, des légitimistes français désiraient que la Reine inscrivît nos princes ses fils dans un collège français, près de Montpellier. Ils en parlèrent à la reine-mère Victoria-Eugenia, « qui s’en lava les mains » !!!
Reste les liens d’affection très forts qui unissaient la reine-mère et ses deux petits-fils aînés, nos princes passant toutes leurs petites vacances chez leur grand-mère paternelle. Celle-ci les réconfortait aussi quand les rebuffades insolentes de la camarilla (« tantôt une falsification de titre sur les cartons, tantôt une préséance qui n’était pas respectée », raconte le prince Alphonse dans « Le duc d’Anjou m’a dit », page 77) devenaient insupportables (« ils ne l’emporteront pas en paradis », disait-elle). Elle ne désavoua toutefois jamais les décisions dynastiques désastreuses prises par son mari (avec lequel elle s’entendait pourtant si mal et qui l’avait si souvent trompée, comme Louis XIV et Louis XV en leur temps), et désavantagea même son fils aîné dans son testament (lire « À l’ombre du trône d’Espagne, Charlotte de Bourbon, duchesse [sic] de Ségovie [sic] », pages 172-173).
Anecdote étonnante, le prénom Eugénie a été donné à la fille aînée (et unique) de France en souvenir d’une arrière-grand-mère certes reine de France, mais qui avait reçu ce prénom car elle était filleule de doña Eugenia de Rebolledo de Palafox, nièce par alliance de l’Usurpateur avec un grand U. Toutefois et c’est bien ce qui compte, sainte Eugénie, patronne de notre très-respectée princesse, n’est pas responsable des actions ni du choix marital de cette Eugenia du XIXe siècle !
Madame (comme on l’aurait appelée sous la monarchie), fille du Roi, a en revanche une cousine homonyme, S.A.R. la princesse Eugénie de Bourbon, née en 1994, fille de LL.AA.RR. le duc et la duchesse de Santa Elena (couple princier que l’on aimerait voir en France !). Souhaitons que ces deux (altesses) royales cousines se fréquentent et s’apprécient (malgré la différence d’âge), pour une meilleure union (si souhaitable) de ces deux branches (issues toutes deux de Charles IV et de l’infant François-de-Paule) de la Maison de France, et pour la gloire de la Légitimité :
https://www.facebook.com/eugeniade.borbon
Cosmo
12 mars 2016 @ 19:57
Sigismond,
Votre long texte prouve au moins une chose : la reine Victoria-Eugénie d’Espagne avait du bon sens et la tête sur les épaules. La reine d’Espagne avait raison de mépriser cette coterie que vous appelez « légitimiste », car non seulement elle ne représentait rien, mais elle nuisait à toute tentative de restauration en France. La branche italo-française espérait grâce à eux se hisser au niveau royal. Et cela a marché pour certains dont vous faites partie en les qualifiant de reine de France, reine-mère et tutti quanti.
Réalisez-vous ce que vous écrivez ?
Une chose est certaine, l’une a vraiment été reine, l’autre ne l’a été que dans la fumée de vos songes.
Cosmo
Sigismond
13 mars 2016 @ 10:56
Cosmo,
C’est la coterie orléaniste qui nuisait à toute tentative de restauration en France. Quand deux camps sont en présence, doit-on appliquer la loi du nombre, la loi du camp le plus nombreux et qui crie le plus fort, ou bien le Droit – la loi salique, qui a toujours régi la succession au trône depuis Hugues Capet ?
Une restauration avec un hypercadet serait d’un ridicule échevelé, mieux vaut un président de la République qu’un ersatz de roi qui ferait se gausser toute l’Europe ! Autant nommer roi monsieur Duchmol ou reine madame Trucmuche, cela reviendrait au même.
« Restauración, sí; pero la buena, la legítima », disait Alphonse XIII en 1940, en parlant de la France et en se désignant du geste. Dommage que sa femme n’ait pas été là pour pouvoir retenir la leçon. Donna Vittoria elle, se rappelait très bien que le roi lui avait dit qu’après la mort du duc d’Anjou et de Madrid (1931), il avait écrit à tous les Bourbons pour leur dire qu’il était devenu leur aîné et leur chef (ou plutôt qu’il le deviendrait après le duc de San Jaime…). « Je suis un Bourbon », avait ajouté Alphonse XIII, ce qui avait fort impressionné la duchesse de San Lorenzo. C’est sa fille la princesse Emmanuelle qui relata cela au baron Pinoteau en 1978.
Le bon sens, puisque vous en parlez, consiste à ne pas vouloir faire passer le cadet avant l’aîné, que ce soit Jean avant Jacques en 1941, ou que ce soit Philippe l’oncle (Anjou) avant Philippe le cousin [grand-oncle à la mode de Bretagne] (Orléans) en 1715 (comme héritier présomptif de Louis XV).
Sigismond
13 mars 2016 @ 11:25
Erratum : …ou que ce soit Philippe le cousin [grand-oncle à la mode de Bretagne] (Orléans) avant Philippe l’oncle (Anjou) en 1715 (comme héritier présomptif de Louis XV).
Cosmo
13 mars 2016 @ 11:37
Sigismond,
Nous n’allons pas recommencer le débat.
Si Alphonse XIII se voulait potentiel roi de France, en 1940, c’est qu’il avait perdu lui aussi le sens des réalités. Mais en s’affirmant Bourbon, il ne s’avançait pas beaucoup. Et la duchesse de San Lorenzo devait être très impressionnable pour réagir ainsi à cette évidence. Aurait-elle eu des doutes auparavant ?
Bon dimanche
Cosmo
Sigismond
17 mars 2016 @ 15:30
Cette parole d’Alphonse XIII à donna Vittoria fut marquante non par l’évidence de l’affirmation, mais par l’emphase avec laquelle le roi dut prononcer ces mots, lui si fier d’être un Capétien. Dans une lettre écrite en 1940 au duc de Séville de l’époque, Alphonse XIII évoquait les rois de France et les rois d’Espagne en les appelant « nos ascendants sur le trône de saint Louis et sur celui de saint Ferdinand ».
Donna Vittoria n’était pas impressionnable et avait un caractère bien trempé (d’ailleurs, ses relations avec sa fille aînée la duchesse d’Anjou ne furent pas toujours au beau fixe), comme son père don Emanuele, le prince de Poggio Suasa, qui avait dit un jour au roi Victor-Emmanuel II de Sardaigne : « Sire, la ville de Rome est plus importante que Votre Majesté ».
Cosmo
20 mars 2016 @ 13:36
Sigismond,
Alphonse XIII ne se trompait pas beaucoup en disant « nos ascendants sur le trône de saint Louis et sur celui de saint Ferdinand »…Oserais-je dire qu’il en fonçait une porte ouverte…
Mais pour vous comme disent nos amis italiens « tutto fa brodo »
Cosmo
Sigismond
23 mars 2016 @ 11:29
Brodo, brodo, sauf que dans cette même lettre le Roi se définissait « comme chef de la Maison de Bourbon, dans ses deux branches principales » : « … como jefe de la Casa de Borbón, en sus dos ramas principales, he de acatar y hacer observar fielmente cuanto fue decretado y observado por nuestros ascendientes en el trono de San Luis y en el de San Fernando ».