
Voici trois rencontres de Iankal21 avec la famille royale de Grèce. « Entre 1993 et 1996, je travaillais à l’aéroport Charles de Gaulle dont quelques remplacements dans le service accueil VIP. C’est au sein de ce service que j’ai rencontré des membres de la famille Royale de Grèce.
La première rencontre c’était pendant un jour de grève aéroportuaire et le tourbillon généré. Au lieu de 12 vols journaliers, il y avait que 4 qui partaient à destination de Londres.
Il fallait les remplir en faisant le tri parmi les personnes non informées qui se présentaient, avec connections ultérieures, les urgences, les grands clients et les VIP, tout en récompensant les ayants droit.
Déjà dans la journée, j’avais repéré I.M. Pei, figure emblématique de l’architecture, perdu dans le vacarme, ainsi que ma Professeure de Mathématiques dans la Polytechnique d’Athènes, grande excentrique et beauté d’antan, veuve d’un fameux poète et peintre surréaliste grec. Tous le deux ont voyagé finalement assis côte à côte dans le même avion, mais je n’ai jamais su si l’idylle tant souhaité par ma Prof a pu s’avancer…
Autour de l’après-midi, un coup de walkie-talkie de mon superviseur m’annonce : j’ai quelqu’un pour toi, Porte 6. Et tout de go, grand, affable le Roi Constantin ! Megaliôtate ! (Majesté).
Grand sourire, aura de star, sa main sur mon épaule, les deux on était ravis ! Il venait d’une session du Comité Olympique International à Paris et portait seulement deux bagages à main qu’on s’est partagé en rentrant dans ces redoutables couloirs inclinés coulissants. Soudain, une adorable babouchka (peut-être Grecque ?) s’écroule devant nous, bloquant la sortie. Le Roi reprend les bagages et moi la …babouchka que je dépose saine et sauve (ouf !). Elle est finalement Arménienne, tout sourires et ses rondeurs l’ont préservée des heurts.
L’épreuve suivante est le contrôle policier. On avance dans un petit centre de contrôles avec écrans, micros, etc. J’annonce à l’officier l’ancien Roi de Grèce. Sans se lever le gradé demande son passeport. Instant poignant ou je tiens ce document assez épais aux armes royales, objet de tant de convoitises républicaines grecques. L’officier regarde le passeport fermé dans mes mains, puis son auguste détenteur et fait un signe de la tête. Le Roi répond de même.
J’introduis le Roi dans un salon d’honneur pas trop plein, d’où il appelle « son épouse » comme il dit, pour l’informer qu’il arrive malgré la grève et qu’ils dineront ensemble. Suivra un échange de dix minutes concernant mes origines, la Grèce, la politique bien sûr ! (On n’est pas Grecs – ni divergents- pour rien, et puis tout est politique).
Je l’accompagne à la porte de l’avion, où il est attendu. Un « Your Majesty » sonore retentit.

La deuxième rencontre. La Reine Anne-Marie était en France pour assister aux noces de Sibylla Weiller avec le Prince Guillaume du Luxembourg. A son arrivée, à l’aéroport, je n’ai pu l’apercevoir que de loin, j’ai osé quand même un retentissant « Zito i Vasilissa » (Vive la Reine) auquel elle a répondu par un Kaliméra !

Au départ de la Reine, ma Directrice Françoise de Bourgues, modèle de sobriété et d’efficacité noble, m’a invité de participer à l’accueil. Le passage de la Reine de l’aéroport était d’ailleurs très bref, puis qu’elle arrivait accompagnée d’un attaché et en voiture de l’Ambassade du Danemark au pied de l’avion. Puis il fallait remonter un escalier pour pouvoir rentrer dans l’avion par le système approprié.

Discrète révérence de Françoise et franche poignée de main de la Reine, elle s’adresse à moi en grec me demandant si c’était moi qui a aidé le Basileus pendant son récent passage à Paris. Délicate attention, renforcée par le don rare de pouvoir sourire même en parlant.
La gentillesse incarnée ! Quelques échanges de plus et la Reine tenant son carton à chapeau s’est avancée dans le couloir sombre vers l’avion et la cabine bien éclairée. Là, elle s’est levée à la pointe des pieds (comme si elle n’était pas assez grande), rentrant souriante de nouveau sur scène.

La troisième rencontre s’est passée juste avant les noces du prince héritier Paul avec Marie Chantal Miller. La famille Miller, accompagnée du grand ordonnateur des fêtes de cette époque Pierre Celeyron partait de Paris à Londres pour régler les détails des agapes à venir.
D’abord, j’ai reconnu Madame Miller et pu la féliciter pour les fiançailles de sa fille. Affable et d’un abord de toute simplicité, elle m’a dit : « Mais elle est là, vous allez la voir ! » Effectivement je me suis trouvé devant Marie-Chantal, très souriante et avec un regard magnifique. C’est cet attrait qui m’a vraiment captivé. Des iris d’un bleu clair magnétique, que j’ai tout de suite qualifié sans aucun fondement logique, de « russe ».
Je les ai accompagnées vers l’avion et on a échanger sur la difficulté de la langue grecque. Je me suis permis de remarquer (puriste et ingénu) qu’on ne peut pas maitriser la langue parlée, sans la connaissance du grec ancien. Geste de désespoir de la future mariée, le sujet était clos…

Il faut dire qu’une fois la nouvelle divulguée par la presse, on était plutôt incrédules. Si ce n’était pas complètement inédit dans le Gotha, les conséquences d’une telle alliance étaient implacables par le passé dans l’univers des royautés.
La réponse à toutes ces inquiétudes fut donnée par la photo de famille à cette occasion. La présence de la Reine Ingrid donnait le ton et annonçait l’aval des dynasties européennes, aval confirmée par leur parade inégalée pendant la cérémonie du 1er Juillet 1995 à Londres. »
Régine ⋅ Actualité 2021, Grèce, Souvenirs royaux 46 Comments
Jackie
5 mars 2021 @ 09:29
Merci Iankal21 pour votre récit. Cela correspond bien à l’idée que je me fais de la reine Anne-Marie. Je ne sais pas si vous serez tous d’accord mais sur la dernière photo, on ne voit qu’Elle. Quelle présence.
Alix-Emérente
5 mars 2021 @ 12:02
Merci Régine pour ce rendez-vous hebdomadaire avec les « heureux » qui ont pu partager un ou plusieurs instants magnifiques ! Félicitations à Lankal21 !
Marie Saintonge
5 mars 2021 @ 13:23
Merci beaucoup pour cette rubrique très intéressante où les souvenirs personnels relatés donnent un éclairage plus tangible et sympathique la plupart du temps.
JALINE
5 mars 2021 @ 13:26
MAGNIFIQUE couple qu’ANNE MARIE et CONSTANTIN –
Dans leurs regards je retrouve de la bienveillance et de la gentillesse – Leurs enfants sont une réussite –
LONGUE VIE A CE COUPLE –
Baboula
5 mars 2021 @ 14:39
Quel succès ! Encore! Encore !