A Schwarzau, tout était à la fête. Du village au château, ce n’étaient qu’oriflammes et orphéons. Personne ne se souvenait d’autant d’agitation dans la petite bourgade. Il est vrai que l’on n’y recevait pas tous les jours la famille impériale, et pour quelle circonstance !
Un grand soleil luisait sur les maisons jaunes aux toits bas, rendant encore plus gaie l’avalanche de banderoles et de bouquets, les uns bleus et rouges, les autres noirs et jaunes, aux couleurs des Maisons de Parme et de Habsbourg.
Les habitants du village et de tous les alentours étaient dans la rue. Ils attendaient de voir leur Empereur. Leur impatience était partagée par les hôtes du château.
La gare de Schwarzau le jour du mariage
- Quand Sa Majesté arrive-t-elle ? demanda Charles au prince Zdenko
- Encore deux minutes, Altesse Impériale, lui répondit-il en contrôlantl’heure sur sa montre.
Devant le château de Schwarzau, de gauche à droite, l’archiduc Charles, Alfonso de Bourbon duc de Madrid, chef de la Maison de Bourbon, le prince Félix de Parme, frère de Zita, l’archiduc Max, le frère de Charles, légèrement obscurcie par (à sa droite) et les prince Sixte et René de Parme, deux frères Zita.
- Vous entendez, reprit Charles, je crois que l’Empereur arrive.
Le fiancé portait l’uniforme de capitaine du 7ème dragon, son régiment, dolman bleu sur pantalon garance, et arborait en sautoir l’Ordre de la Toison d’Or.
En effet, au loin la clameur enflait. Les bravos et les vivats se rapprochaient. La grande grille du parc, qui n’avait plus servi depuis 1894, date de sa dernière visite, avait été rouverte spécialement pour François-Joseph.
La voiture de l’Empereur la franchit. C’était une splendide automobile, aux armes impériales peintes de manière discrète sur les portières, peinture laquée et cuivres rutilants.
Le chauffeur et le mécanicien, militaires, casquettes galonnées sur la tête, médailles de service sur la poitrine et bottes lustrées aux pieds, en occupaient la partie avant ouverte.
A l’arrière, fermé, était assis l‘Empereur avec à sa gauche l’un de ses aides de camp, le capitaine de vaisseau Nicolas Horthy de Nagyhana, en grande tenue.
Un vacarme terrible couvrit les musiques de la ville et le bruit de la voiture impériale, qui remontait la Kaiserallee : les officiers aviateurs de Wiener Neustadt, à bord de leurs avions, survolaient le château.
A l’entrée principale, devant la grande porte cochère dont les deux battants étaient ouverts pour la circonstance, au milieu de l’immense façade du château, se tenait Charles, en compagnie du chef de la Maison de Bourbon, don Jaime, duc de Madrid. Ce dernier était bien marri de se trouver à côté de celui qui lui ravissait le cœur de Zita, mais il savait faire contre mauvaise fortune bon cœur. Un peu en arrière se tenaient les jeunes princes de Parme, Sixte, Xavier et Gaétan
Le comte d’Avernas, l’archiduc Max, le prince Louis de Parme, le comte Pietro-Lucchesi Palli regardant l’évolution de l’avion.
Tous les hommes levèrent la tête pour voir exécuter les acrobaties aériennes des amis de Charles.
La voiture de l’Empereur vint se ranger devant le portail, dont les montants avaient été parés de feuilles de myrte pour la circonstance. François-Joseph, alerte, en descendit, suivi par Horthy.
- Que Votre Majesté me permette de lui souhaiter la bienvenue et de lui exprimer toute ma joie de la savoir parmi nous aujourd’hui, complimenta Charles en accueillant son oncle.
- Mon cher Charles, c’est un tel bonheur d’être avec vous aujourd’hui que c’est moi qui devrais te remercier, lui répondit l’Empereur avec sa bonhomie habituelle.
- Puis, se tournant vers le duc de Madrid : Mon cher Jaime, quelle joie de te voir aussi pour sceller une nouvelle union entre nos maisons.
– Que Votre Majesté me permette de la remercier, au nom de ma Famille, de l’honneur qu’elle nous fait aujourd’hui, dit le duc de Madrid.
– Allons Jaime, l’honneur est pour nous de voir entrer dans ma Famille une aussi jolie princesse. J’ai hâte de l’embrasser, conclut François-Joseph.
Ils pénétrèrent tous trois sous le vaste porche voûté de la demeure et s’engagèrent dans le grand escalier de pierre, couvert d’un tapis rouge, menant au premier étage. Des torchères en bois doré, portant les armes des Bourbon-Parme, décoraient la montée. Dédaignant de prendre appui sur la rampe sculptée, l’Empereur gravit les marches de son pas élastique déjeune homme.
La duchesse de Parme et la princesse Zita en tenue de mariée l’attendaient sur le palier.
Mais il arrêta son geste pour l’embrasser sur les deux joues. La jeune fille rougit, car elle savait le vieil homme avare de manifestations sentimentales. Après avoir salué son cousin le Roi de Saxe et son neveu François-Ferdinand, François-Joseph donna l’ordre du départ. Le cortège se forma alors et redescendit le grand escalier.
Zita murmura quelques paroles à don Jaime, à qui elle donnait le bras, mais il ne lui répondit pas. Dans son uniforme rutilant de colonel russe, il était tellement fier de remplacer le père de sa si jolie cousine qu’il semblait avoir pris quelques centimètres de taille. Ils traversèrent la cour, envahie par tous les gens de maison venus admirer leur jeune princesse et leur Empereur, pour pénétrer sous le porche qui menait à la chapelle. Là se pressaient les invités dans un espace exigu, habitué certes aux hôtes de prestige, mais jamais en si grand nombre. Diadèmes, rivières de diamants et colliers de perles ornaient toutes les femmes. Les hôtes étaient tous liés par un réseau de parenté quasi inextricable.
La duchesse de Parme et sa sœur l’archiduchesse Maria-Teresa, respectivement en lilas et blanc et en jaune maïs, avaient fait assaut d’élégance. Lorsque le maître de chapelle Eder attaqua l’hymne nuptial, l’assistance se tut et se leva.
Charles, très ému, donnait le bras à sa mère l’archiduchesse Maria-Antonia. A côté d’eux, François-Joseph était rayonnant.
Zita était menée à l’autel par le duc de Madrid et sa mère. Puis venaient les oncles de Charles, le roi Frédéric-Auguste de Saxe et l’archiduc François-Ferdinand, héritier immédiat du trône.
La mariée portait une magnifique robe de satin ivoire finement brodée d’argent, dont la traîne était ornée des lys des Bourbon, bordée de guirlande de myrte et garnie en son milieu d’un véritable bouquet de myrte odoriférant (la robe a été donnée à la chapelle du château de Schwarzau pour en faire des habits sacerdotaux que l’on peut encore voir). Au devant, des dentelles de Valenciennes étaient disposées en larges volants. Une délicate couronne de myrte ornait les cheveux que couvrait le long voile de la mariée, tombant sur la traîne et retenu par le magnifique diadème offert par François-Joseph.
Charles prit place devant le prie-Dieu. Zita le rejoignit. La messe servie par Gaétan et Louis, les deux plus jeunes frères de Zita, pouvait commencer.
L’empereur François-Joseph, à sa droite debout l’archiduchesse Marie-Thérèse et l’archiduc Franz Ferdinand, dans la première rangée (de gauche à droite) la mère de l’époux , archiduchesse Maria Josefa, puis par la mère de la mariée, duchesse Maria Antonia de Parme, et Alfonso de Bourbon duc de Madrid.
Emus, Charles et Zita échangèrent quelques brefs regards quand arriva l’instant solennel de la célébration.
- Charles François-Joseph consentez-vous à prendre pour épouse Zita, Marie des Neiges…, ici présente ?
- Oui répondit Charles à voix basse, très ému.
- Zita, Marie des Neiges… consentez-vous à prendre pour époux Charles François-Joseph ici présent ?
- Oui, répondit Zita, à voix si forte qu’elle se fit entendre jusqu’au fond de la petite chapelle.
Après un moment d’étonnement, un léger sourire se répandit dans la petite nef, allégeant la charge d’émotion trop forte.
Les deux nouveaux mariés échangèrent leurs anneaux. Charles y avait fait graver leurs noms « Charles d’Autriche – Zita de Bourbon-Parme ».
– Franz pourrait s’asseoir, glissa Maria-Teresa dans l’oreille de sa sœur Maria-Antonia.
Les deux femmes commençaient à ressentir un peu de fatigue. Mais même à l’église, le protocole impérial s’imposait. François-Joseph restait debout, parfois agenouillé en même temps que les mariés. Tous se devaient de le suivre.
La cérémonie s’achevait. Le cardinal Bisletti donna au jeune couple la bénédiction du pape Pie X.
– Que le Seigneur accorde toutes ses grâces aux futurs souverains de la bienheureuse Autriche, conclut le prélat.
Un nouveau murmure emplit la chapelle. François-Ferdinand eut un mouvement d’énervement qui n’échappa à personne. Chacun connaissait sa susceptibilité et craignait un esclandre.
La duchesse de Hohenberg, en posant la main sur le bras de son mari, le calma aussitôt. François-Joseph, abîmé dans ses pensées, ne sembla rien remarquer. Le vœu bien innocent du prélat n’avait pas dû lui déplaire, car que souhaiter de mieux à l’Autriche qu’une jeune impératrice, digne de succéder à sa chère Sissi ? Et Charles lui-même, n’était-il pas pour lui l’héritier idéal, au lieu de ce turbulent François-Ferdinand, toujours prêt à le contredire ?
L’orgue tonnait à nouveau. Zita, radieuse, se tourna vers Charles qui lui tendit son bras. Elle fit la révérence à François-Joseph en lui adressant son plus beau sourire. Encore ému, il écrasa une larme au coin de l’œil. Puis le jeune couple descendit la courte allée de la chapelle, suivi de l’Empereur donnant le bras à la duchesse de Parme, du duc de Madrid avec l’archiduchesse Maria-Josefa, et du roi de Saxe et François-Ferdinand.
Toute la noce, de la manière la plus bourgeoise qui soit, sortit du château, gagna la façade sud au pied de la terrasse et s’installa devant l’objectif du photographe. Puis le groupe se dispersa et chacun fit quelques pas. Quand Sophie de Hohenberg s’approcha de Zita pour la féliciter et l’embrasser, elle esquissa une révérence que Zita arrêta tout de suite.
– Non, tante Sophie, pas de révérence entre nous, lui murmura-t-elle à l’oreille en l’embrassant.
Charles, apercevant la scène, se rapprocha de Zita.
- Merci, ma chérie, murmura-t-il à son tour.Zita lui renvoya son plus beau sourire.
Le cortège se reforma pour entrer dans la maison et gagner la salle à manger, nouvellement décorée pour la circonstance, dans un style moderne tranchant avec l’aménagement de tout le reste du château.
Il était une heure de l’après-midi ; le soleil inondait la pièce, mettant en valeur le portait du Roi Louis XIV, leur Grand Ancêtre commun à tous.
La salle à manger su château de Schwarzau, la veille du mariage
Les invités se répartirent entre les quatre tables entourant la table des mariés, placée au centre ; chacune était abondamment fleurie, en son milieu, de pyramides de rosés et de dahlias blancs.
L’archiduc Frédéric et l’archiduchesse Isabelle, trop lointains par le sang et par le cœur, n’étaient pas de la noce. Personne ne s’en plaignait.
Zita s’installa avec François-Joseph à sa droite et Charles à sa gauche. Les autres se placèrent suivant le protocole rigoureux de la Cour, ce qui était le mieux pour éviter de froisser qui que ce soit.
Le repas servi dans la vaisselle d’or des Parme fut relativement frugal, ne comportant que deux viandes et un crustacé.
Les conversations allaient bon train.
- Si tu savais ce que Zita m’a dit quand je l’ai conduite à l’autel, dit le duc de Madrid à sa voisine,l’archiduchesse Maria-Annunziata.
- Tu m’en vois fort curieuse, lui répliqua-t-elle
- « Tu vois, Jaime, tu me conduis à l’autel comme tu l’avais souhaité. »répéta le prince avec humour.
Maria-Annunziata éclata de rire. Son autre voisin lui demanda la raison de son hilarité. Elle ne sut si elle devait répéter ou non la gentille moquerie de sa cousine. Elle choisit d’éluder, d’autant que cette conversation la gênait un peu. Don Jaime ne savait sans doute pas que, s’ils étaient tous là autour de Charles et de Zita aujourd’hui, c’était grâce à elle et à sa mère, Maria-Teresa. Elle espérait que son cousin n’apprît jamais le complot qu’elles avaient fomenté pour décider Charles à se prononcer.
– Je ne regrette rien, pensait-elle, en jetant un regard vers Charles puis vers son cousin. Puis, jetant de nouveau un regard vers une Zita rayonnante, elle se redit à elle-même : « nous avons très bien fait ».
De son côté, François-Joseph ne boudait pas son plaisir. Tout lui convenait : l’excellence de la chère, la qualité des vins, la beauté du lieu. Mais son véritable plaisir était de voir sa proche famille réunie dans l’harmonie et la bonne humeur. Pour une fois, il n’expédia pas le repas. Il goûtait le bonheur de les voir tous autour de lui et semblait vouloir le prolonger.
Il se leva et le silence se fit dans l’assemblée.
– Ce mariage qui nous réjouit tous m’est une grande joie et me satisfait au plus haut point, commença l’Empereur ; l’archiduc Charles a choisi la princesse Zita comme compagne de sa vie. Je le félicite pour le choix de son cœur et accueille avec une joie profonde l’archiduchesse Zita comme membre de ma Maison.
Charles baisa galamment la main de Zita, qu’il tenait dans la sienne depuis que le toast avait commencé.
Puis, se tournant vers la duchesse de Parme, l’Empereur reprit :
– Je remercie Votre Majesté Royale, Madame la duchesse, pour le splendide accueil que vous nous faites aujourd’hui.
En remerciement, la duchesse inclina la tête avec grâce. François-Joseph continua :
– Que Dieu protège l’archiduc Charles et l’archiduchesse Zita. Vivent les mariés !
L’ensemble des convives applaudit le discours de l’Empereur. Certains même osèrent des vivats. Mais François-Joseph était trop heureux ce jour pour s’en formaliser.
Sophie et François-Ferdinand échangèrent un long regard.
Comme dans toutes les noces, le Maestro Dostal, Maître de Chapelle de la Cour, joua la « Marche nuptiale » de Mendelssohn, pour le plus grand plaisir de tous et surtout des enfants, pour qui cet hymne présentait l’avantage d’être connu, puis la « Zita Walzer » qu’il avait composé pour la circonstance.
Puis ce furent des valses de Lehar et de Strauss, de la vraie musique de noces.
Le repas terminé, ils se retrouvèrent, tous, à admirer les cadeaux de mariage qui trônaient dans deux vastes salons attenants : diadème en diamant, collier de perles à vingt-deux rangs, statues en bronze, un canari, une planète nouvellement découverte et dénommée « Zita » et mille autres objets pittoresques ou somptueux.
Les mariés, l’empereur, la duchesse de Parme
Les pelouses devant le château furent envahies par la population qui était restée jusqu’à ce moment massée devant les grilles. La noce traversa à nouveau la bibliothèque pour gagner la grande galerie du premier étage, qui occupait toute l’aile sud du château. De là elle accéda à la terrasse du premier étage, dont les piliers de fonte, entourés de glycines fleuries, supportaient un auvent en cuivre verdi par le temps.
La foule réclamait son Empereur. Elle avait envahi le « jardin de palmiers », qui s’étendait sous la terrasse et dans lequel s’épanouissaient, entre autres, des bananiers, incongrus dans cette partie de l’Europe. Elle lui fit une ovation quand il apparut. François-Joseph fit signe à Charles et à Zita de le rejoindre. L’ovation reprit de plus belle. Ensuite ce fut toute la noce qui se présenta. Le photographe était encore là pour immortaliser le moment.
Tout le monde à Schwarzau connaissait la petite princesse. Que de fois ne l’avait-on vue, avec la princesse Franziska, portant des paniers de provisions et de médicaments pour les plus pauvres ? Que de chemises ou de vêtements de laine, cousus ou reprisés par elles, n’avait-on porté et ne portait-on pas encore ?
Bien sûr, tous connaissaient Charles, qu’ils avaient vu en photo ou traversant les rues du village. Mais c’était leur Zita qui se mariait aujourd’hui.
L’ovation ne se divisait pas. Elle était non seulement pour les trois héros de la fête, mais aussi pour les deux dynasties, les Bourbon de Parme qui avaient si bien su s’intégrer à eux et les Habsbourg, sous la houlette desquels il avait toujours fait bon vivre.
Personne n’ignorait la maxime de la Maison Impériale : « Quand les autres font la guerre, toi heureuse Autriche tu te maries. »
Les invités au mariage
Sont assis au premier rang à côté des mariés, l’archiduchesse Maria Josefa, la mère du marié, juste à côté de l’empereur Franz Joseph, Maria Antonia duchesse de Parme, la mère Zita, avec ses enfants Henrietta et Gaëtan, le roi Friedrich Auguste III de Saxe, le frère de l’ archiduchesse Marie Josefa et oncle de Charles, l’archiduchesse Marie-Valérie, la plus jeune fille de l’empereur François-Joseph et l’archiduchesse Marie-Thérèse, la troisième épouse de l’archiduc Karl Ludwig, belle-garnd-mère de Charles et tante de Zita,
Mais la fête finissait et François-Joseph donna le signal du départ. (Merci à Cosmo pour cet article- Sources : Patrick Germain “Charles et Zita, derniers souverains d’Autriche-Hongrie” – Photos : Droits réservés.)
Les armes des Bourbons de Parme















Actarus
20 août 2015 @ 17:57
Merci cher Cosmo pour ce récit follement baroque ! ;-)
Lady Chatturlante
20 août 2015 @ 18:06
Ah ! enfin un mariage !
Quelle belle robe de mariée !!!
Zeugma
20 août 2015 @ 18:20
Après quelques jours de vacances (bien méritées, selon l’expression) je retrouve avec plaisir « Noblesse & royautés » et cet excellent article de Cosmo qui me fait découvrir de très nombreuses choses – qu’il soit mille fois remercié – :
1°) le château de Schwarzau (à une heure ou deux au sud de Vienne) où le dernier duc de Parme régnant – Robert Ier – vécut en exil avec sa famille à partir de 1859 après l’annexon de Parme par l’Etat Italien embryonnaire (qui n’était encore que le royaume de Sardaigne)
Zita, était son dix septième enfant, le cinquième de son second mariage.
Félix (qui épousa Charlotte, future grande duchesse de Luxembourg), René, et Louis naquirent dans ce château autrichien.
2°) Le prince Zdenko à qui Charles pose une question est le prince Lobkowicz.
3°) Nicholas Horthy de Nagybánya, capitaine de vaisseau, qui est assis dans la voiture à la gauche de l’empereur, deviendra amiral puis régent de la Hongrie entre les deux guerres (sans tenir sa promesse de rendre à Charles la couronne de Saint Etienne).
4°) J’avais lu quelque part que l’empreur François-Joseph avait toujours refusé de monter dans une voiture automobile, ce que la photo de ce reportage dément.
5°) La porte cochère fut ouverte à deux battants. L’usage français est identique : l’ouverture à deux battants étant réservé aux personnes ayant rang royal.
6°) Le comte Pietro Lucchesi Palli a évidemment un lien de parenté avec Hector qui aurait épousé secrètement la duchesse de Berry (née Bourbon Siciles), mais j’ignore lequel.
7°) Le comte d’Avernas appartenait à une famille Belge dont la noblesse remonte àl ‘époque où les Pays-Bas étaient placé sous la souveraineté des Habsbourg. J’ignore si la famille existe encore.
8°) Dans l’antiquité, le myrte était réservé aux jeunes épousées, garant d’une éternelle jeunesse s’il avait été planté par une femme. (Je crois que « myrte » est du masculin.)
9°) L’archiduchesse Maria-Antonia est-elle la mère de Charles ?
10°) J’aime beaucoup l’épisode où Zita appelle la duchesse de Hohenberg « ma tante » et refuse qu’elle lui fasse la révérence.
11°) Je ne trouve pas l’empereur sur le plan de table. (J’ai peut-être besoin de meilleures lunettes.)
12°) Cosmo connait-il le menu du déjeuner « relativement frugal » qui fut servi ?
(Avec mes excuses pour ce commentaire sans doute trop long ….)
Claude MARON
21 août 2015 @ 07:06
Le nom de François-Joseph et juste en-dessous de l’archiduc Charles…
AUDOUIN
21 août 2015 @ 13:16
Claude MARON
Charles se prénommait Charles-François-Joseph. Ceci explique cela.
AUDOUIN
Cosmo
21 août 2015 @ 09:13
Zeugma,
Merci pour vos compliments !
Le plan de table en question est celui du repas de la veille, auquel l’empereur François-Joseph n’avait pas assisté.
Je vais essayer de retrouver le menu que j’avais lu un jour mais je ne me souviens plus où.
Le comte Pietro Lucchesi-Palli est bien le petit-fils de la duchesse de Berry. Il avait épousé la princesse Béatrice de Bourbon-Parme, demie-soeur de la mariée. Les Lucchesi-Palli avaient donc des liens étroits avec les Bourbon-Parme.
La mère de Charles est l’archiduchesse Maria-Josefa. Maria-Antonia est la duchesse de Parme, mère de Zita.
Le château de Schwarzau est aujourd’hui une prison. Avec une permission spéciale, j’ai pu visiter certaines parties.
Bonne journée
Cosmo
Gérard
23 août 2015 @ 17:53
Si je puis me permettre un petit ajout aux précisions de Cosmo les liens entre les Habsbourg et les Lucchesi étaient alors aussi familiaux.
Giovanni comte Lucchesi Palli (1735-1795) époux de Donna Bianca Filangieri des princes de Cutò, fut père de Antonio, 7e prince de Campofranco, 3ème duc della Grazia (1781-1856), époux de la princesse donna Maria Francesca Pignatelli dont le 2ème fils fut Ettore, comte Lucchesi Palli, duc della Grazia (1806-1864), deuxième mari de Caroline, la duchesse de Berry.
Leur premier fils Adinolfo (1840-1911) épousa Donna Lucrezia Ruffo di Calabria (1841-1931) et ce sont donc les parents d’Enrico, prince de Campofranco (en Sicile), duc della Grazia (1861-1924) lequel en 1892 convola avec la comtesse Maria von Waideck (1872-1936), dont il eut une fille.
Or Maria von Waideck était la fille de l’archiduc Heinrich d’Autriche. L’archiduc Heinrich (1828-1891), lieutenant feld-maréchal était fils de l’archiduc Rainier l’Ancien qui fut vice-roi de Lombardo-Vénétie et de la princesse Marie-Élisabeth de Savoie-Carignan. En 1864 il fit la connaissance de la cantatrice du théâtre de Graz Leopoldine Hofmann (1842-1891), fille d’Ignaz Hofmann, un petit employé du bureau d’évaluation de Krems en Basse-Autriche et d’Anna Haüsner (ou ? Maria Joseph Oliveira Gaia). Elle était gentiment Lady Pamela dans le Fra Diavolo d’Auber, était peu payée et demeurait irréprochable dans ses mœurs. Toutes les pressions impériales restèrent sans effet et la demoiselle refusait la fortune qu’on lui offrait si elle rompait. Il finit par l’épouser le 4 février 1868 en l’église de Bozen ou Bolzano, et ses droits, titres, prédicats, grades et ordres comme sa liste civile lui furent retirés. Il vécut paisiblement avec elle dans la ravissante cité du Tyrol italien de Bolzano, sous le nom de comte de Waideck, dans le beau palais de l’archiduc Rainier aujourd’hui connu sous le nom de palais Campofranco. Malgré les inondations il avait des ressources tirées de ses domaines italiens et il recevait beaucoup et cultivait ses fleurs, et ils étaient très aimés dans la petite ville qu’il embellit. En 1871 il fut réintégré dans la maison impériale et dans ses droits, titres et dignités. Son union demeurait morganatique. Mais son épouse fut titrée dame von Waideck le 14 ou le 24 septembre 1872, et par lettres patentes du 5 novembre puis baronne von Waideck par diplôme du 25 janvier 1878.
Ils n’eurent qu’une fille Maria Raniera von Waideck née le 21 juillet 1872 à Lucerne qui fut créée comtesse von Waideck le 18 février 1892 et mourut en 1936 et c’est donc elle qui épousa en 1892 Don Enrico Lucchesi Palli. Tous deux reposent au cimetière militaire San Giacomo de Bolzano dans la chapelle familiale.
Ils avaient une fille Donna Maria Renata (1895-1976) qui épousa
Siegfried comte von Künburg (1886-1968) dont postérité subsistante.
L’archiduc et son épouse qui quittaient peu Bolzano moururent à Vienne la nuit du 29 au 30 novembre 1891 elle d’abord lui après d’une pneumonie contractée aux noces de l’archiduchesse Marie-Louise avec le prince royal de Saxe. Ils reposent dans la crypte de l’église de Bolzano.
Par ailleurs la famille belgo-autrichienne des comtes des Enffans d’Avernas et du Saint-Empire existe toujours. http://www.hengist.at/pdf/publikationen/magazin_1_04.pdf.
Elle vint sous la Révolution du Brabant en Styrie. Le comte Dominik (1847-1924), chambellan impérial époux de la comtesse Anna des Enffans d’Avernas fut père de Carl, père de Johannes, père d’Alain né en 1947, mort le 19 août 2014 à Incourt, Brabant wallon, père de l’actuel chef de famille Charles-Frédéric. Une branche est demeurée en Autriche.
aubert
21 août 2015 @ 10:24
Zeugma. Pendant votre absence, le décès du marquis de Chambrun a été annoncé par sa femme et séparément par ses filles dont Elisabeth.( notre Babeth peut-être ?)
Vous allez devoir refaire un tour au cimetière !!
Shandila
20 août 2015 @ 18:45
Cosmo,comme tous les autres internautes, je vous remercie pour votre excellent reportage instructif, parfois émouvant, agrémenté de belles photos. L’espace d’un moment, j’ai cru vivre en direct le mariage !
Merci infiniment pour l’agréable moment offert après une journée de travail. J’espère que nous aurons encore le plaisir de découvrir grâce à vous, d’autres pages d’histoire.
AUDOUIN
20 août 2015 @ 19:13
Deux observations:
1. « Charles, très ému, donnait le bras à sa mère l’archiduchesse Maria-Antonia.. » peut-on lire dans le texte. Naturellement, chacun aura rectifié: il s’agit de Maria-Josefa de Saxe, mère de Charles. De même, aura-t-on rectifié la légende de la 3ème photo: il s’agit de Don Jaime duc de Madrid en uniforme de colonel de hussard de Grodno et non de son oncle Alfonso-Carlos.
2. Il est intéressant de noter (cf le plan de table) que le protocole impérial accorde le traitement d’infant d’Espagne à Don Jaime de BOURBON et à son oncle Alfonso-Carlos, beau-frère de la duchesse de Parme, pourtant déchus de leurs droits à la Couronne d’Espagne depuis le 25 octobre 1834…Ce même protocole donne son titre de duc de Madrid à Don Jaime, titre d’attente que son père, Don Carlos Maria de los Dolores avait pris en 1868 avant de lancer la deuxième guerre carliste. Don Jaime, dépositaire de deux traditions, carliste en Espagne et légitimiste en France, relèvera, après la 1ère guerre mondiale, le titre de duc d’Anjou qui deviendra par l’usage, le titre de courtoisie du chef de la Maison de Bourbon.
La présence à ce mariage de deux princes carlistes, très proches parents de la fiancée, explique-t-elle l’absence de tout représentant de la Maison royale d’Espagne bien qu’Alphonse XIII, roi régnant, fût le fils d’une archiduchesse d’Autriche? Les d’Orléans n’étaient pas là non plus, bien que le duc Philippe, chef de Maison, fût marié à une archiduchesse d’Autriche qui en 1911, il est vrai, avait quitté le domicile conjugal…
AUDOUIN
Cosmo
21 août 2015 @ 09:30
Audouin,
Merci de rectifier l’erreur. Il s’agit bien de Maria-Josefa…
Les mariages royaux de l’époque étaient beaucoup plus simples que de nos jours. Et on se déplaçait rarement pour ce qui, somme toute, pour la plupart d’entre eux n’était qu’une cérémonie familiale de plus.
Le roi d’Espagne aurait pu être présent car le duc de Madrid était présent non en sa qualité de prétendant carliste mais en sa qualité d’aîné des Bourbons, ce que personne ne contestait. Il était aussi le cousin germain de la mariée.
Le comte de Paris aurait pu aussi être présent, car reconnu comme chef de la Maison de France par la Cour de Vienne.
Mais pourquoi venir de si loin, que ce soit pour le roi d’Espagne ou le comte de Paris, et créer des embarras dans la famille de la mariée.
Le comte de Caserte n’est pas présent non plus.
En fait, il s’agissait d’une cérémonie familiale à laquelle assistaient les proches par le sang et par le coeur.
Cosmo
AUDOUIN
21 août 2015 @ 13:02
« Cérémonie familiale » à laquelle n’assistait pas non plus le prince Elie, demi-frère de Zita qui faisait pourtant office de chef de famille depuis la mort, quatre ans plus tôt, du duc Robert , compte tenu du grave handicap mental dont souffrait son frère aîné Henri 1er, duc titulaire de Parme. En bonne logique, si ce n’avait été qu’une simple cérémonie familiale, c’est Elie, marié d’ailleurs lui aussi à une archiduchesse d’Autriche, qui aurait du conduire la fiancée à l’autel. A défaut son frère Sixte …Mais c’est au cousin germain, Don Jaime, petit neveu du Comte de Chambord, héritier du château de Frohsdorf, chef de la Maison de Bourbon que la famille de Zita réserva cet honneur…en lui donnant son titre de duc de Madrid et sa qualité d’infant d’Espagne, ce qu’il n’était pas aux yeux de chancelleries… On est donc fondé à s’interroger… Le mariage d’un prince qui vient en second pour coiffer la couronne du plus prestigieux empire du monde n’est pas simplement, à mon avis, une simple réunion de famille…
AUDOUIN
Cosmo
22 août 2015 @ 09:03
Audouin,
L’entente entre le prince Elie de Bourbon-Parme et ses frères issus de la seconde union n’était pas au beau fixe. Un accord était intervenu en 1910 pour régler la succession du duc de Parme. Elie de Bourbon-Parme était marié à une fille de l’archiduchesse Isabelle, née Croÿ-Dulmen, qui n’avait toujours pas « avalé » le mariage de François-Ferdinand et de Sophie Chotek, qui avait été sa dame d’honneur…Or le couple Charles et Zita était très proche du couple François-Ferdinand et Sophie Chotek.
Elie de Bourbon-Parme aurait du mener sa soeur à l’autel. En son absence, il était normal que ce soit au cousin germain de la mariée, chef de la Maison de Bourbon, de le faire.
La cérémonie était familiale comme il était d’usage à l’époque. Mais il est vrai qu’il s’agissait de la famille souveraine d’Autriche.
Cosmo
Gérard
20 août 2015 @ 20:43
Passionnant on s’y croit et on voit bien Cher Cosmo que vous y étiez.
Et la plupart de ces photos sont inconnues.
Merci nous allons rêver cette nuit de la Cour de Vienne avant les malheurs de la guerre.
mongel
20 août 2015 @ 22:40
Merci pour ce reportage intéressant sur ce beau mariage. A la lecture on a l’impression que c’était hier ! L’impératrice Zita a été une très grande dame, je l’ai toujours admirée, elle a eu beaucoup de courage.
Silvia
21 août 2015 @ 02:43
Voici une vidéo du jour du mariage impérial:
https://m.youtube.com/watch?v=LbWd1vJ15HE
AUDOUIN
21 août 2015 @ 07:42
Bravo, Sylvia, et en tapant
vivamaxima.centerblog.net/7550-charles-et-zita-un-couple-de-legende
vous avez aussi de très belles photos où les princes sont très reconnaissables ainsi que deux videos du mariage fort intéressantes.
AUDOUIN
cheveyre
21 août 2015 @ 07:12
et, dire, qu’en refusant le mariage de François Ferdinand et Sophie, François Joseph a déclanché une guerre mondiale … désolant ces HABSBOURG
Gérard
23 août 2015 @ 17:57
Le fait que le mariage de l’héritier ait été morganatique aurait eu une influence sur les conjurés ?
Jean I
21 août 2015 @ 07:23
Qu’est devenu le château de Schwartzau ?
Cosmo
22 août 2015 @ 10:26
Il a été transformé en prison pour femmes ! J’ai eu la chance d’obtenir l’autorisation de le visiter partiellement. Mais on a du mal à retrouver les fastes et l’esprit d’antan…et c’est peu dire.
Cordialement
Cosmo
Baia
21 août 2015 @ 08:14
Merci Cosmo. J’ai lu tranquillement votre récit hier soir et j’ai apprécié.
Corsica
21 août 2015 @ 08:17
Un article passionnant, vivant et bien illustré qui débute bien ma journée . Merci Cosmo .
Sigismond
21 août 2015 @ 09:35
Merci Cosmo pour cette belle évocation. L’aîné des Lorraine avait raison, c’était pour sa dynastie qu’était l’honneur de marier un des siens avec une Capétienne. Après les épouses d’Henri III, de Louis XVI, d’Henri V (comte de Chambord) et de Jean III (comte de Montizon), ainsi que de l’usurpateur Alphonse XII en Espagne (sans oublier celles de Ferdinand Ier, François Ier – pas reine -, et Ferdinand II des Deux-Siciles, de Ferdinand Ier de Parme et de Pierre Ier du Brésil), et celles de Charles III, Henri II – pas duchesse – et Léopold Ier de Lorraine, et de Joseph II – pas impératrice -, Léopold II et François II d’Autriche, et tout récemment (1889) le mariage de Madame Royale, Blanche de France, la sœur aînée de Jacques, avec Léopold de Toscane, les deux plus anciennes maisons d’Europe s’unissaient une nouvelle fois. De quoi racheter une conduite à Franz Joseph, qui s’était fourvoyé en recevant les hommages orléanistes du pseudo-« comte de Paris » en 1883.
En tout cas, merci Cosmo pour ces dialogues et cette belle rencontre au sommet entre l’aîné des Capétiens et l’aîné des Lorraine, ce dernier représentant également les Habsbourg éteints. L’humour du prince Jacques est fort savoureux, comme toujours. S’il avait épousé sa cousine, qui sait s’ils auraient eu huit enfants :) et si le prince Alphonse et la princesse Marie des Neiges ne seraient jamais devenus duc et duchesse de San Jaime. Ainsi, pas besoin de transmettre le flambeau au désastreux Alphonse XIII, qui a tant semé la zizanie entre ses fils.
Par ailleurs, il semble qu’en allemand (si du moins c’est cette langue que le prince Zdenko utilisait), on s’adresse au prince impérial et archiduc Karl en l’appelant tout de go « Altesse Impériale », alors qu’en français on l’aurait appelé Monseigneur et on ne lui aurait donné l’Altesse Impériale qu’en lui parlant à la troisième personne.
Zeugma
21 août 2015 @ 17:28
Sigismond,
à propos de votre dernier paragraphe, Il me semble qu’en Allemagne il est d’usage de s’adresser à une personne de la haute noblesse en utilisant la formule « Hoheit ».
(Les très rares fois où je fus en contact avec feu Otto Habsbourg, je m’adressais à lui en l’appelant « Monseigneur » ; formule qu’il accueillait avec une gentillesse, un naturel compatible avec la conscience de ce qu’il était et une simplicité désarmante. Il parlait un français parfait.)
Cosmo
22 août 2015 @ 11:53
Zeugma,
J’utilise toujours le « Monseigneur » quand je m’adresse aux archiducs de la Maisons d’Autriche et Madame pour les archiduchesses, mais en allemand on dirait « Kaisersliche Hoheit » ( Altesse Impériale) pour les hommes comme pour les femmes. En Angleterre, c’est « Sir » ou « Madam »…
Cosmo
Naucratis
23 août 2015 @ 13:51
Petite rectification, en allemand, « altesse impériale » s’écrit « kaiserliche Hoheit ».
Naucratis
25 août 2015 @ 07:19
Il suffit de savoir écrire…
Cosmo
25 août 2015 @ 15:45
Merci, Naucratis, pour votre contribution, qui, quoique modeste, n’en contribue pas moins à enrichir le débat.
Cosmo
22 août 2015 @ 12:10
Sigismond,
Je ne veux pas polémiquer mais l’honneur était pour les Bourbons de Parme de voir leur fille mariée dans la Maison d’Autriche. C’est comme cela que cela a été perçu à l’époque et que les Bourbons de Parme actuels le conçoivent encore. Les Bourbons de Parme étaient depuis le XIXe, les obligés des Habsbourg. Comme l’étaient d’ailleurs les princes carlistes.
François-Joseph a échangé en 1883 avec le comte de Paris des visites protocolaires de Chef de Maison à Chef de Maison. Il ne l’a pas fait avec le comte de Montizon, auquel il n’a reconnu aucun droit dynastique en France. La question ne s’est même pas posée à Vienne, ni ailleurs. Seule la petite cour de Froshdorf pensait autrement et encore, c’était loin de faire l’unanimité dans l’entourage du comte de Chambord.
François-Joseph n’a d’ailleurs pas assisté aux funérailles officielles et s’est fait représenter par le neveu de sa femme, le prince de Tours et Taxis, simple altesse sérénissime, refusant d’y envoyer un membre de sa propre Maison, comme il en avait été question. On ne pouvait être plus clair.
La comtesse de Chambord voulait des funérailles familiales, elles les a eues, et ce au grand dam des monarchistes français qui espéraient des funérailles royales pour le dernier roi de France et présidées par le Prétendant au trône, le comte de Paris, successeur dynastique de Chambord.
Cosmo
Naucratis
23 août 2015 @ 13:53
Le dernier paragraphe est un point de vue, celui de Cosmo, et non la restitution exacte et neutre des faits.
Cosmo
23 août 2015 @ 22:11
Ce n’est pas mon point de vue. C’est la relation de ce qui s’est passé à l’époque. La presse en témoigne et la quasi-totalité de ceux qui ont vécu ces évènements, aussi.
Il suffit de savoir lire.
Naucratis
24 août 2015 @ 18:27
Il semble qu’il soit impossible de vous répondre. Dommage.
Cosmo
24 août 2015 @ 20:44
Etonnant !
Gérard
23 août 2015 @ 18:11
Rappelons aussi le 2ème mariage de Gaston d’Orléans et que la dernière duchesse de Lorraine de sa dynastie fut la très aimée Élisabeth-Charlotte d’Orléans épouse de Léopold et fille de Monsieur.
AUDOUIN
21 août 2015 @ 09:51
Voici le « repas relativement frugal » qui fut servi dans la vaisselle d’or de la duchesse de Parme.
Crème de laitues
Moussettes de lièvre Saint-Hubert
Selle d’agneau Renaissance
Langoustines à la parisienne
Dindonneau rôti
Salade de saison
Pointes d’asperges au beurre
Glace ananas et framboise
Fromages, fruits et dessert
Sherry Amontillado-Château Léoville 1900
Stein Kreuzwertheim1892- Champagne Perrier-Jouët
Porto
Bon appétit!
AUDOUIN
Zeugma
21 août 2015 @ 16:26
Audouin,
Merci d’avoir satisfait notre curiosité sur le menu :
En entrée, la « crème de laitue » est une soupe chaude de laitue et pommes de terre avec de la crème fraîche. Je pense qu’on ne sert plus cette soupe et c’est peut-être dommage.
Je n’ai pas trouvé ce qu’était la « moussette » de lièvre ; une sorte de pâté probablement.
L’ordonnancement de la suite de déjeuner déconcerte un peu :
la selle d’agneau (à la Renaissance ?) est suivi d’une manière peu orthodoxe par des langoustines elles mêmes suivies par des dindonneaux (beurk !),
des asperges sont servies après la salade ….. quelle drôle d’idée !
Finir par le Porto – comme chez nos amis Anglais et Ecossais – est un enchantement.
Cosmo
22 août 2015 @ 11:50
Zeugma,
L’ordonnancement des menus à l’époque était bien différent d’aujourd’hui. Ne servait-on pas le foie gras à la fin du repas ?
Il n’est pas certain que les convives aient mangé de tout, même si ce repas était bien plus simple que ceux servis à l’Elysée à la même époque.
Cosmo
Zeugma
23 août 2015 @ 17:43
L’ordonnancement des repas est un sujet passionnant.
Mettons de côté les époques et pays où le « service synchronique » est en vigueur : pour simplifier, tous les plats sont apportés en même temps et posés devant les convives. Cela existe encore d’une certaine manière lorsqu’on sert un plat unique, du pot-au-feu ou de la choucroute par exemple.
Le service « diachronique » consiste à apporter les plats dans un certains ordre qui s’est relativement stabilisé dans la cuisine bourgeoise au XIXe siècle : pour les grands dîners
– Entrée : (dans le temps on pouvait servir plusieurs entrée en commençant par une soupe claire puis une soupe épaisse),
– Poisson,
– Viande blanche (volaille en général),
– Viande rouge,
– Salade,
– Fromages,
– Gâteaux ou glace,
– Fruits.
Les Français sont quelquefois désarçonnés en Italie où les pâtes (et le risotto) sont un hors d’oeuvre, la viande où poisson étant accompagnés de « contorni ».
beji
21 août 2015 @ 11:54
merci Cosmo,c’est un plaisir de lire cet article et de découvrir des photos qui,comme le dit Gérard,nous en font découvrir d’autres que celle qui revient toujours sur le
la terrasse du château;on peut apercevoir Marie-Valérie;moi qui suis pour les mariages égaux,j’ai été gâtée.
JAY
21 août 2015 @ 14:50
Très beau mariage mais sur de moyen financier investi tout de même …. Quand on connaît la suite, le manque total de sens politique du couple, quasiment rejetés par tous, le retour complètement loupé pour prendre la couronne de Hongrie! Un couple déconnecté des réalités de terrain et du peuple … Une tragédie .. On pourra pleurer sur le destin tragique du couple mais aussi pour leur irresponsabilités a voulour engendrer tant d enfants alors qu en temps de période si confuse un vous le normal serait plus responsable . Malheureusement ce couple était complètement sous l i fluente de la religion catholique ultra conservatrice. Personnellement j ai peu d admiration pour cette impératrice qui « régna » a peine 2 années et qui n apportera que peu de chose a son pays. Sa vie personnelle doit le rester !
Cosmo
22 août 2015 @ 11:47
Jay,
Il n’est pas juste de dire que ce couple était déconnecté des réalités du peuple.
Lorsqu’il monta sur le trône, l’empereur Charles proclama un ordre du jour demandant au commandement militaire de limiter les pertes humaines. Quand dix personnes suffisaient pour une mission, pourquoi en envoyer mille ? Et bon nombre de vies furent épargnées.
Il réduisit considérablement le train de vie de la Cour, en fermant Schönbrunn, allant vivre à Baden, dans une maison simple, et en envoyant les chevaux trainer des carrioles pour la distribution de charbon dans les quartiers défavorisés. En 1917, sous l’impulsion de l’impératrice, il créa le premier ministère des affaires sociales. Dès décembre 1916, sachant la guerre perdue d’avance, il chercha avec la France les voies de la paix et ce ne fut pas sa faute, si cela n’aboutit pas.
Je reconnais que les conditions sur retour en Hongrie étaient hasardeuses. Mais il ne sert à rien d’accabler le couple princier car le destin de l’Autriche-Hongrie avait été scellé par d’autres et rien n’aurait pu changer le cours de l’Histoire en 1918.
Charles et Zita furent un homme et une femme de bonne volonté mais cela n’a pas suffi dans la tourmente de la fin d’un monde.
Cosmo
Libellule
21 août 2015 @ 16:45
Très bel article ,cher Cosmo ,bien agréable à lire qui nous fait revivre ce beau mariage .
Les mariés étaient souriants ,insouciants ,l’avenir était prometteur ,mais hélas ,ce ne fut pas le cas…
Merci à vous.
Libellule .
Mayg
21 août 2015 @ 19:34
Merci pour ce reportage Cosmo.
Ghislaine
22 août 2015 @ 17:44
C’est assez rare que je remercie pour des articles qui sont le propre de ce site mais là je suis admirative . Merci Cosmo .
Un très beau couple de mariés
L’impératice Zita a été une femme et une mère courage .
Une très grande Dame
Albane
24 août 2015 @ 20:57
Un livre que je recommande fort, sur Zita d’Autriche : Zita impératrice courage, de Jean Sévillia, éditions Perrin. Il retrace l’histoire passionnante de cette dernière impératrice, mais aussi le destin de Charles, et de leur fils Otto qui, à l’âge de onze ans, devint le chef de la maison de Habsbourg. Un portrait précis de cette grande dame, digne et courageuse, et le récit du rôle des Habsbourg sur la scène internationale, pendant le XXeme siècle.
Zeugma
26 août 2015 @ 19:00
Cosmo,
Votre très intéressant papier évoque le « duc de Madrid » qui fut invité au mariage en qualité de chef de la maison de Bourbon.
Si je comprends bien, il était considéré comme tel car il descendait de Louis XIV par les hommes selon les règles de la « loi salique ».
Celui qui est souvent présenté en ce moment comme l’aîné des Bourbon – Louis 20 – ne descend-il pas de Louis XIV par les femmes ? (Par une femme, la reine Isabelle II).
Est-il donc vraiment l’aîné des Bourbon ? sinon, qui est-ce ?
Ces histoires sont d’une complexité inouïe.
Cosmo
27 août 2015 @ 12:49
Zeugma,
Le duc de Madrid était en outre le cousin germain de la future impératrice. Louis de Bourbon descend de Louis XIV, dans la branche agnatique, par François d’Assise, époux de la reine Isabelle II. En effet, à la mort de son cousin le duc de San Jaime, oncle du duc de Madrid, Alphonse XIII réunit sur sa tête la qualité de roi d’Espagne et celle de chef de la Maison de Bourbon, mettant fin ainsi à la querelle carliste.
Il se dit que la descendance d’Isabelle II n’est pas de son mari, mais de Puygmolto, un officier espagnol qui fut l’amant de la reine, thèse propagée par les princes Carlistes et selon les légitimistes par Louis-Philippe ( mais de cela on n’a pas la preuve). Cette thèse est aussi accréditée par les Bourbons de Parme qui n’ont aucune sympathie pour Louis de Bourbon.
Si Louis de Bourbon n’était pas l’aîné des Bourbons, je pense que ce serait l’Infant don Carlos, prince des Deux-Siciles. A moins que ce ne soit un Bourbon-Séville, mais dont la légitimité est aussi sujette à questionnement, de par l’infidélité de leur ancêtre la reine Marie-Louise d’Espagne, qui fut, dit-on, la maîtresse de Godoy.
Ce n’est pas vraiment compliqué. Ce sont des querelles à usage interne car ni la France ni l’Espagne ne sentent vraiment concernées.
Moi, cela m’amuse, rien qu’en lisant les commentaires horrifiés des légitimistes du site. Oser penser que Louis de Bourbon pourrait ne pas être un Bourbon dans la branche agnatique est en soi un crime de lèse-majesté.
Cosmo
Zeugma
28 août 2015 @ 09:13
Cosmo,
Tout d’abord, merci !
J’aime beaucoup la notion de « branche agnatique » qui sonne bien.
Il faut quand même que j’en vérifie chaque fois la définition et c’est à ce titre que je viens de lire l’article que l' »encyclopedia universalis » consacre au concet de « agnat » où l’auteur (Yvan Barbé) précise que l’on peut également utiliser le terme de « patrilinéaire » (qui est peut-être plus clair).
Donc, Louis 20 descendrait de Louis XIV par les hommes via le mari d’Isabelle II, François d’Assise de Bourbon au nom du principe « pater is est quem nuptiae demonstrant » …..
Le père de François d’Assise était lui-même le fils du roi d’Espagne Charles IV qui descend de Louis XIV par les hommes.
Ouf ! Je finis par y voir un peu plus clair.
Puisque je vous harcèle et que vous avez chaque fois la faiblesse de répondre à mes questions naïves :
– les Bourbon Parme se considèrent-ils toujours comme les héritiers de la branche carliste et donc comme les héritiers légitimes de la couronne d’Espagne ?
– et – si j’ose une ultime question – qui sont les « Bourbon-Séville » que vous évoquez.
J’abuse de votre gentillesse.
Cosmo
28 août 2015 @ 21:02
Zeugma,
C’est toujours un plaisir de répondre en échangeant courtoisement.
Oui, les Bourbons Parme se considèrent comme les héritiers d ece qu’ils nomment désormais la tradition carliste. Tout ceci n’est que pure fantaisie car sur le plan dynastique, Louis de Bourbon étant l’aîné des Bourbons, il n’y a plus de raison de continuer la querelle carliste, qui a tant coûté à l’Espagne. Le dernier des princes carlistes, Alphonse de Bourbon, duc de San Jaime, a laissé les droits à la succession carliste à son cousin Xavier de Bourbon Parme. On peut se demander pourquoi car le carlisme reposait sur l’idée de la primogéniture mâle dans la maison de Bourbon et l’aîné était, à l’époque de la mort du duc de San Jaime, Alphonse XIII et non Xavier de Bourbon Parme. Le fils de ce dernier, Charles-Hugues, a renoncé à ses droits, hérités un peu comme une commode, afin de vivre tranquillement en Espagne, sans porter ombrage au roi. Le frère de ce dernier, Sixte-Henri, a repris ces droits. On peut toujours se poser la question au nom de quelle légitimité…
Les Bourbons-Séville sont les descendants de l’infant François de Paule, fils de Charles IV d’Espagne et de Marie-Louise de Parme, frère de Ferdinand VII. Son frère aîné fut François d’Assise, mari d’Isabelle II.
On dit que François de Paule est le fils de Marie-Louise et de Godoy, ce qui rendrait toute sa descendance illégitime, en ce compris le roi d’Espagne actuel, le prince Louis de Bourbon et les ducs de Séville. Mais bien entendu rien ne peut être prouvé, en l’absence de test ADN.
C’est pour cela qu’il faut remonter aux Bourbons des Deux-Siciles, à Ferdinand Ier, qui fut le fils légitime de Charles III d’Espagne. Il épousa Marie Caroline d’Autriche, soeur de Marie-Antoinette. Il fut aussi le père de la reine Marie-Amélie, reine des Français. Dans cette branche des Bourbons, il n’y a aucun soupçon de bâtardise.
La branche patrilinéaire dans la descendance de Louis XIV est sans aucun doute de bâtardise chez les Bourbons des Deux-Siciles, puis chez les Bourbons de Parme.
Cordialement
Cosmo
Sigismond
29 août 2015 @ 18:04
Merci Cosmo de rappeler tout cela (à cette nuance près que François d’Assise était le fils et non le frère de François de Paule), ce qui montre magistralement que de nombreux Bourbons (Siciles, Parme et Luxembourg) viennent avant les Orléans dans l’ordre dynastique, sans que ces derniers n’aient en réserve le moindre ragot de caniveau pour les contrer ! Les insinuations répétées concernant les reines María Luisa et Isabel tombent donc à plat, et ne servent qu’à indisposer le roi d’Espagne et son père.
Cosmo
29 août 2015 @ 21:48
Sigismond,
Quelle que soit la légitimité des Bourbons d’Espagne, d’Espagne ils sont et d’Espagne ils restent.
Les Orléans sont les seuls prétendants au trône de France, quel que soit leur rang dans l’ordre capétien.
Personnellement, Bourbon ou Orléans, mon coeur ne balance ni en faveur de l’un ou de l’autre. Mais les faits et l’Histoire sont là. Les Orléans en 1883 étaient bien les héritiers du comte de Chambord et les délires de la comtesse de Chambord, des pères Bole et Curé, de quelques nostalgiques de l’Ancien Régime n’ont rien changé.
Le duc d’Anjou n’avait qu’à rester en France en 1700. Il a voulu le gâteau espagnol. Que ses héritiers le digèrent ! La France n’a que faire d’eux.
Cosmo
Sigismond
30 août 2015 @ 16:15
Exactement Cosmo, les Orléans sont des prétendants, ils prétendent être ce qu’ils ne sont pas, en repeignant d’azur leur lambel d’argent. Les Bourbons eux, sont des mainteneurs, comme se définissait le duc d’Anjou et de Madrid.
Les Bourbons d’Espagne sont devenus de France en 1883, comme les Bourbons de Navarre sont devenus de France en 1589. Henri III avait voulu le gâteau polonais, et Louis X et Henri IV le gâteau navarrais. Et le père de « Napoléon III » avait voulu le gâteau hollandais.
De nombreux Bourbons sont français (à commencer par le duc et la duchesse d’Anjou et leurs enfants), et l’exemple des princes René et Michel de Bourbon Parme (tous deux croix de guerre 1939-1945 et officiers de la Légion d’honneur) montre bien que les Orléans n’ont pas l’exclusivité de l’engagement dans l’armée française. Le duc d’Anjou a d’ailleurs rappelé récemment (discours du 31 mai 2015 à Sainte-Anne-d’Auray) qu’il (le prince Louis) est lieutenant de vaisseau de réserve de la marine nationale (française bien sûr). Le petit-fils du comte de Montizon fut d’ailleurs proposé pour la Légion d’honneur en 1900, après avoir participé à la défense de notre ambassade assiégée dans Pékin.
Cosmo
31 août 2015 @ 10:11
Sigismond,
Des Bourbons mainteneurs ? Je dirais plutôt des Bourbons repreneurs…
Le problème avec les Bourbons que vous défendez est qu’ils ne sont venus à s’intéresser à la France que parce qu’ils avaient été dépossédés en Espagne. Tant qu’ils ont régné sur l’Espagne, ils n’ont jamais prétendu à quoi que ce soit et tant qu’ils ont eu un espoir de reconquérir le trône dont Ferdinand VII les avaient dépossédés, ils se sont sentis espagnols. Don Carlos, lui-même, le déclarait après la mort du comte de Chambord.
Alors, ce sont des combattants de la dernière heure, de ceux que l’on voit arriver au moment où l’on n’a plus besoin d’eux. Ils viennent chercher leur part du gâteau auquel leur famille a renoncé depuis bien longtemps.
Et le premier Bourbon d’Espagne a avoir demandé la nationalité française fut Alphonse duc de Cadix et pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’attachement sentimental ou le sentiment d’appartenance à une communauté de destin.
Nul ne conteste aux Bourbons de Parme leur engagement pour la France, en ce qui concerne ceux que vous citez et sans oublier le prince Xavier. Mais leur chef de Maison en 1914 choisit de combattre, contre la France, aux côtés des Allemands. Il aurait pu faire un autre choix, comme deux de ses frères, ou aller en pays neutre comme sa belle-mère, la duchesse de Parme. L’empereur d’Autriche n’a absolument pas demander de faire ce choix et tous les passeports ont été mis à disposition des princes Sixte et Xavier pour regagner la France.
C’est à croire qu’Elie de Bourbon de Parme ne se sentait pas si prince français que cela, alors que sa mère était également Bourbon, mais des Deux-Siciles.
Cosmo
Sigismond
2 septembre 2015 @ 15:24
Repreneurs ? Chaque branche collatérale capétienne qui devient l’aînée reprend la couronne : les Valois en 1328, les Orléans (les grands Orléans) en 1498, les Bourbons de Navarre en 1589, les Bourbons d’Espagne en 1883. Rien de nouveau sous le soleil.
La nationalité française ? Le duc d’Anjou et de Cadix l’avait depuis sa naissance. Il s’est contenté en 1984 de faire les démarches juridiques nécessaires pour que cela soit acté par des documents officiels, c’est ce qui vous chagrine semble-t-il. Mais dès 1951, le prince Alphonse fut accueilli au château de Versailles par ces mots du conservateur : « Permettez-moi, Monseigneur, de vous saluer comme le fils de l’aîné des descendants de Louis XIV. Vous êtes ici chez vous. »
L’attachement sentimental et le sentiment d’appartenance à une communauté de destin, le prince Alphonse les avait. Sa mère était française, et son père était l’aîné des Bourbons et résidait en France.
En revanche, le premier Bourbon « d’Espagne » à avoir demandé la nationalité française fut le prince Albert de Bourbon (1916-1997), naturalisé français en 1970. Le prince Albert était un fils du prince Joseph-Marie de Bourbon (1883-1962), qui était un grand-oncle de l’actuel duc de Séville.
Vous citez Élie de Bourbon Parme, mais il n’était pas duc de Parme à l’époque, ayant deux frères aînés. De plus, les errements d’Élie ne sauraient engager tous les Bourbons, il était seul responsable de ce qu’il faisait ! Remarquez que le duc d’Anjou et de Madrid lui, refusa de soutenir les Allemands (en disant que sinon il ne pourrait plus vivre à Frohsdorf, sous les portraits de ses prédécesseurs les rois de France), ce qui lui fut reproché par certains Espagnols. Bien au contraire, Jacques et ses cousins Sixte et Xavier furent du côté des Français, comme il sied aux Bourbons.
Cosmo
3 septembre 2015 @ 19:29
Sigismond,
La nationalité française du duc de Cadix ne me chagrine pas du tout, pas plus que celle de son fils, Louis de Bourbon. Je note simplement qu’il a fait la demande de l’application de son droit, une fois ses espoirs espagnols envolés, et nécessité faisant loi. Le conservateur de Versailles en disant ces mots ne fut que courtois.
Emmanuella de Dampierre était tellement française qu’elle passa sa vie à Rome mais peu importe ce que faisait cette dame car elle n’était rien ni personne en France, en Italie ou en Espagne, son ex-mari lui ayant interdit tout port de titre et de nom.
Elie de Bourbon-Parme, sans être duc de Parme, n’en était pas moins le chef de leur maison, vu l’incapacité de ses frères.
Et l’actuel duc de Parme se sent si français qu’il reste bien au chaud aux Pays-Bas, à l’ombre de son cousin, le roi. Lui aussi peut avoir la nationalité française, puisque son père l’était.
Si vous faites allusion au dernier duc de Madrid, le souvenir qu’il laissa de son passage à Froshdorf ne fut pas si brillant. Il emporta tout ce que contenait le château et le tout disparut mystérieusement. Demandez aux Wurmbrant-Stuppach ce qu’ils pensent de leur cousin Madrid ! Vous risquez d’être déçu par l’opinion qu’ils ont de votre défunt roi.
A ce propos, pour vous était-il roi de France ou roi d’Espagne ?
Cosmo
Sigismond
9 septembre 2015 @ 08:26
Cosmo,
Le prince Jacques se considérait autant roi « de jure » de France que d’Espagne. Il faisait commencer ses actes par « Nous Jacques Jaime par la Grâce de Dieu, Chef des Maisons Royales de France et d’Espagne », faisant fi des diktats d’Utrecht sur la soi-disant interdiction de réunion des deux couronnes. Louis XIV lui-même rappelait en 1698 que son fils était l’héritier légitime d’Espagne (mais que le dauphin et lui voulaient bien s’en rapporter aux états généraux d’Espagne pour choisir un de ses petits-fils comme roi, lui-même ne proposant que les ducs d’Anjou et de Berry, afin d’ôter tout lieu de craindre que l’Espagne puisse jamais être réunie à la France). Nul doute que si le duc d’Anjou et de Madrid était devenu roi de France, avec Zita pour épouse et avec huit enfants, il aurait laissé l’Espagne à un fils cadet.
Il faut rappeler que c’est Mazarin qui avait planifié le mariage de Louis XIV et de l’infante Marie-Thérèse, précisément dans le but de recueillir la succession espagnole. Voici ce qu’écrivait le cardinal en 1646 : « L’infante étant mariée à Sa Majesté, nous pourrions aspirer à la succession des royaumes d’Espagne, quelque renonciation qu’on lui en fit faire ; et ce ne serait pas une attente fort éloignée, puisqu’il n’y a que la vie du prince son frère qui l’en peut exclure ».
Toujours votre hargne envers la duchesse d’Anjou et de Ségovie… Son mari en droit canonique (ex-mari uniquement en droit civil) n’avait pas le pouvoir de lui interdire des titres dont elle bénéficiait justement par le sacrement du mariage de 1935. Le duc d’Anjou et de Ségovie n’appartenait pas au Tribunal de la Rote Romaine, pour pouvoir prononcer la nullité canonique de ce sacrement !
Zeugma
29 août 2015 @ 14:45
Cosmo,
Lorsque je croise le descendant de Godoÿ dans mon quartier du centre de Paris, je sais que cela lui fait plaisir quand je lui rappelle qu’il est cousin du roi d’Espagne.
C’est avec un sourire désarmant qu’il me répond invariablement :
« Vous le dîtes mais nous n’en avons pas la preuve ! »
Cosmo
29 août 2015 @ 17:46
Zeugma,
Votre anecdote est très drôle. J’ignorais que Godoy ait une descendance encore existante. Elle est en tous cas élégante, ne serait-ce que par cette réponse. Je suis certain que la famille royale espagnole sait exactement ce qu’il en est.
Bon dimanche
Cosmo