
Ce 14 mai 2010 à 22 heures au Pont Neuf à Paris, un hommage au roi Henri IV assassiné il y a 400 ans a eu lieu en présence du duc et de la duchesse de Vendôme, du duc d’Anjou, du prince Charles-Emmanuel et de la princesse Constance de Bourbon-Parme, de leur fille aînée et du Ministre de la culture Frédéric Mitterrand. Une musique militaire participait à cette cérémonie. La statue d’Henri IV restera illuminée chaque soir jusqu’au 14 juillet. Un cocktail fut ensuite donné dans les jardins du Vert galant situés en contrebas de la statue. (merci à Charles pour les photos)


Damien
25 mai 2010 @ 17:40
Sophie2, j’ai un scoop pour vous : les enfants de S.A.R. la Princesse Astrid de Belgique, S.A.I.R. l’Archiduchesse Lorenz d’Autriche-Este, duchesse de Modène, etc., sont binationaux.
Certes, ils sont Belges, ce qui est normal pour des princes de Belgique ayant rang dans la succession au trône depuis que leur mère est devenue successible suite à l’abrogation de la loi salique.
Mais non, tout princes impériaux et archiducs d’Autriche – princes royaux de Hongrie et de Bohème – qu’ils sont, les enfants d’Astrid et de Lorenz ne sont pas Autrichiens.
Non. Ils sont… Français !!!
L’archiduc Lorenz n’a pu leur transmettre sa nationalité autrichienne, en revanche, étant également Français, il leur a transmis par filiation cette nationalité. Je le sais : j’ai vu son livret de famille français, et les actes de naissance des 5 enfants transcrits à l’état civil consulaire français. En outre, en 2003, j’ai reçu Amadeo et Laura au Consulat général de France à Bruxelles car ils venaient demander leur carte d’identité française, vous savez, la carte bleue plastifiée sécurisée.
Les nationalités multiples ne sont pas des cas isolés en 2010, et l’Europe royale regorge de princes et de princesses qui cumulent au moins deux nationalités.
En ce qui le concerne, Mgr le Duc d’Anjou Louis-Alphonse de Bourbon est binational franco-espagnol. Possible que le prince Gaston de Vendôme le soit aussi si la loi espagnole prévoit la transmission par filiation maternelle, il faudrait que je me renseigne. Il se peut même que le duc de Vendôme soit franco-allemand par sa mère, quelqu’un de bien informé pourrait nous renseigner utilement sur ce point. :)
jul
25 mai 2010 @ 18:07
Vous avez parfaitement raison Alix 239.
Chère Brigitte-Anne
Merci de me donner l’occasion de développer ma pensée (que je ne suis vraiment pas le seul à avoir)
Il y a de bons exemples de monarchies démocratiques (c’est mieux que monarchies démocrates ), dans lesquelles les peuples peuvent participer à la politique et ont des droits, des libertés en contrepartie de devoirs, avec une séparation des pouvoirs : Toutes les monarchies d’Europe (Royaume Uni, Suède, Espagne, Luxembourg…)
Il y a des monarchistes qui défendent l’idée que ce système est viable en pratique, sans « singer » la République. C’est pour cela que je dis « démocrate ».
Ce qui compte, c’est la démocratie et si elle prend la forme d’une monarchie, je trouve que c’est encore mieux :). Juan Carlos est un si bon exemple. En plus c’est le cousin du Duc d’Anjou. Il est forcément une source d’inspiration pour lui car il semble pragmatique.
Pas besoin d’avoir forcément une République et ses symboles pour avoir une démocratie.
Les légitimistes ne sont pas tous pour « l’Ancien Régime ». Le Duc d’Anjou ne mène vraiment pas la vie d’un prince de l’Ancien Régime lol. Faire ce raccourci permet aux adversaires du Duc d’Anjou de les décrédibiliser, de faire peur au peuple en en faisant un « grand satan ». Les choses sont plus fines en réalité…
Jean Marie. C’est vrai Louis XVI a porté ces couleurs pour se « réconcilier » avec les Parisiens. Mais pensez-vous sincèrement qu’il les aurait portées s’il avait eu la malheur de voir la Terreur, l’exécution de 16 000 Français, l’assassinat de 25 000 autres, parmi lesquels son épouse, sa soeur etc…?
De plus, n’était-il pas contraint par les évènements révolutionnaires à les porter? Il était obligé de calmer la foule.
Je crois que les Français préfèrent la cohérence si on leur explique bien pourquoi le Duc d’Anjou ne reconnait pas le drapeau tricolore pour sien. Au moins il faut essayer et ne pas abdiquer les principes tout de suite.
jul
25 mai 2010 @ 18:09
Oui d’accord avec vous Brigitte Anne pour la Marseillaise. Je ne suis pas fan non plus. Trop nationaliste. Alors je sais il faut tenir compte du contexte historique etc…mais pourquoi ne pas tenir compte du contexte historique actuel?
R-N
25 mai 2010 @ 18:14
Jean-marie (240)Il n’y a rien de moderne dans une monarchie telle que vous la décrivez : c’est la permanence de la corruption, l’éternel scandale de profiteurs qui demeurent en place malgré les changements de régime.
Pas besoin de salir la monarchie en la mixant à ce qui existe déjà !
Audouin
25 mai 2010 @ 18:22
jean-marie (240)
Rien n’interdit de rêver, et même de délirer. Et vous faites ça très bien.
Audouin
pierre-yves
25 mai 2010 @ 18:31
Palatine, Brigitte-Anne
Tout va bien, je suis de retour aujourd’hui après 8 jours délicieux à visiter le Finistère nord puis enchaînant dans ma campagne du Pas de Calais sous un divin soleil, et m’empresse de vous faire un petit signe amical puisque je vois que Régine ne va plus poster de commentaires ces prochains jours.
Il y a eu foule de sujets pendant mon absence, et j’ai beaucoup de lecture, tant mieux !!!!
Les semaines passent et les débats dynastiques sont toujours aussi acharnés. Je me demande si tous les arguments n’ont pas déjà été utilisés et s’il n’y aurait pas un peu de rabachage dans l’air…
Je ne fais pas parti du club des amis de Marie-Louise (je n’en suis pas inquite, car cela viendra peut-être un jour ) mais j’espère au moins ne pas compter parmi ses ennemis;
Par ailleurs, j’ai cu comprendre que Laurent D avait envie de prendre le large; j’espère, cher Laurent, que vous êtes revenu sur votre décision, vous manqueriez beaucoup à ce site si vous persistiez.
Caroline
25 mai 2010 @ 18:31
A A.Lin [mess 238],c’est comprehensible que vous avez aime ces commentaires,mais sachez que c’est ‘degradant’ de la part de celle qui a ‘enonce’les noms qu’elle ne supporte pas! Est-ce juste au point de vue moral?A mediter!
Brigitte - Anne
25 mai 2010 @ 19:23
Brigitte et Christian ,
Oh si nous sommes responsables des erreurs de nos ancêtres …. n’est il pas dit dans la bible que les parents ont mangé les raisins verts et les enfants ont les dents agacés jusqu’à la 5ème génération !!
Bonne soirée depuis la touraine ensoleillée
Brigitte - Anne
25 mai 2010 @ 19:26
Pierre – Yves ,
Après les brumes de la lande bretonne , vous êtes venu vous perdre dans les méandres dynastiques et brumeuses …..
A tout bientôt le plaisir de vous lire , n’est ce pas Palatine ?
Bonne soirée
Philippe
25 mai 2010 @ 20:19
Bonjour à tous,
Merci, Jul, de m’avoir répondu. Je ne souhaitais pas ridiculiser le
Sacre, mais seulement chercher à comprendre dans quels limites
vous souhaitiez remonter le temps… Votre message me rassure
sur vos idées démocrates !
Mon sentiment est que les idées développées dans ces derniers messages sont d’un autre niveau que les éternelles disputes sur
les traités d’Utrecht, et bien plus intéressantes… Continuons
comme ça !
En attendant, souhaitons à Régine de profiter pleinement de ces quelques jours de récréation bien mérités, et retrouvons nous
très bientôt dans la paix et la bonne humeur…
Au Plaisir de vous lire,
Phil.
Audouin
25 mai 2010 @ 20:37
Damien (241)
Ce que vous expliquez très clairement aux lecteurs de N&R et que j’approuve sans réserve montre que la notion de nationalité est relative, provisoire et fluctuante et ne peut rien changer au statut des personnes. On peut être français sans jamais cesser d’être archiduc d’Autriche, espagnol comme Siméon de Bulgarie sans jamais avoir cessé d’être roi de droit dans son pays, être espagnol sans jamais avoir cessé d’appartenir au Sang de France. Le jus solis ne peut prévaloir sur le jus sanguinis. Tout le reste, ne sont que des cocoricos qui se perdent dans le désert…
Audouin
Brigitte - Anne
25 mai 2010 @ 21:25
Marie – Louise , votre commentaire 159 est adorable , je vous embrasse et vous dis MERCI ……
A Bientôt
marie louise
25 mai 2010 @ 22:06
Merci A.Lin et Brigitte-Anne,douce nuit et a très bientot,puisque nous serons momentanément interrompues!Mais Régine a le droit a des vacances!Oui,A.Lin,vous pouvez continuer ma liste ou m aider mais bien sûr il y a Actarus et……..a binetot,mes chères!
Arielle
25 mai 2010 @ 22:19
Les messages de Marie-Louise (158 et 159) sont d’une rare délicatesse.
jul
26 mai 2010 @ 06:33
Tout à fait d’accord avec R-N 244, avec Damien 241 et Audouin 251 Oui assez de « cocoricos ».Je ne savais pas que le Roi de Bulgarie était aussi espagnol. Je savais qu’il avait longtemps résidé en Espagne et que sa famille était proche de la famille royale d’Espagne.
Idem pour l’Archiduc Lorenz d’Autriche-Este, Prince de Belgique et ses enfants, Belges et Français. Je trouve vraiment injuste qu’il n’ait pas pu transmettre sa nationalité autrichienne. Comment l’expliquez-vous?
Oui, c’est un plaisir de débattre de la monarchie ici Philippe :)
Je suis content qu’il y ait plusieurs opinions, plusieurs visions de choses, sinon ce ne serait pas intéressant.
Piapias
26 mai 2010 @ 10:41
Comme le chantait Nino Ferrer, Marie-Louise, elle est exquiiise !
marie louise
26 mai 2010 @ 14:03
Auj hui sur PDV,un éditorial un peu léger de Colombe Pringle,contre qui je n ai d habitude aucun grief,mais je trouve dommage de toujours comparer Charlène a Grace!
Par contre,les propos du Comte de Paris ne laisse aucun doute sur ses relations avec son fils Jean!Tout de même peu intelligent de jouer au naïf et de livrer sa mésentente,avec son fils, en public!!!Peu élégant…mais peu étonnant d un tel homme!
d'Artagnan
28 mai 2010 @ 07:49
Le Roi Henri V, même s’il a oeuvré pour la réconciliation avec les orléans ne devait pas porter les Orléans dans son coeur par ce que Louis-Philippe en arrêtant sa mère la Duchesse de Berry voulait sâlir sa réputation.
L’honneur retrouvé de la duchesse de Berry
01/02/2008 – 734 (Source: Historia)
Mère du prétendant légitime au trône de France, Marie-Caroline jurait s’étre remariée. Ses ennemis prétendaient le contraire. La controverse durait depuis près de deux siècles, sans aucune preuve de part et d’autre. Historia publie le document qui fait toute la lumière sur la question et tord le cou à la calomnie.
Dès les premiers jours de la Restauration, en 1814, Louis XVIII se préoccupe de marier son neveu, Charles Ferdinand, duc de Berry, fils cadet de son frère, le comte d’Artois. Celui-ci est en effet le seul membre de la famille royale susceptible de donner un héritier à la couronne de France. Et d’éviter de nouveaux troubles.
Le roi porte son choix sur une jeune princesse de Naples, Marie-Caroline de Bourbon-Siciles. Elle a 17 ans lorsqu’elle devient, le 17 juin 1816, à Notre-Dame de Paris, duchesse de Berry et potentiellement génitrice du futur roi de France. Ses débuts à la Cour apportent la fraîcheur et la fantaisie qui manquaient à la royauté encore marquée par les souvenirs morbides de la période révolutionnaire. En 1819, Marie-Caroline accouche d’une fille, Louise. On espère que son prochain enfant sera un garçon. Mais le 14 février 1820, le malheur frappe de nouveau les Bourbons : ce soir-là , le duc de Berry est poignardé en sortant de l’Opéra. Durant son agonie, il révèle la nouvelle grossesse de son épouse. Le 29 septembre, celle-ci met au monde Henri, aussitôt surnommé » l’enfant du miracle « .
Dix ans plus tard, une émeute parisienne fait vaciller le trône. Charles X espère sauver la légitimité en abdiquant en faveur de son petit-fils, qui deviendrait le roi Henri V, et en confiant la lieutenance générale du royaume à son cousin, le duc d’Orléans. Ce dernier profite de l’agitation et du désordre publics pour confisquer la couronne et se faire proclamer roi des Français sous le nom de Louis-Philippe Ier.
Partie en exil avec l’ensemble de la famille royale, la duchesse de Berry se refuse à admettre la félonie qui a privé son fils du trône. Elle réve de reconquérir la France par un soulèvement des royalistes des régions du Midi et de l’Ouest, dont elle prendrait la téte. Pour préparer l’opération, elle cherche des appuis à l’étranger. Depuis l’Italie, elle met en place un gouvernement provisoire. En France, des réseaux s’organisent pour hâter la nouvelle Restauration. Le 28 avril 1832, à l’aube, la duchesse et ses amis débarquent dans la rade de l’Estaque, entre Marseille et Martigues. C’est un premier échec : les partisans attendus ne sont pas au rendez-vous. Marie-Caroline décide de gagner la Vendée, o๠les coeurs royalistes sont plus ardents. Elle parvient à y lever quelques troupes qui, en deux batailles, sont écrasées par l’armée régulière. Obligée de s’enfuir, la duchesse se réfugie à Nantes dans une maison amie.
La police de Louis-Philippe, dirigée par Adolphe Thiers, ministre de l’Intérieur, enrage de ne pas la débusquer et finit par soudoyer l’un des collaborateurs de la duchesse, qui révèle sa cachette : un minuscule réduit derrière la plaque d’une cheminée. Après une rocambolesque arrestation, la duchesse de Berry est incarcérée dans la citadelle de Blaye, avec pour geôlier le général Bugeaud. C’est là que, le 22 février 1833, il lui faut avouer qu’elle est enceinte, ajoutant qu’elle a contracté auparavant un mariage secret, avec une personne qu’elle refuse de nommer. Les partisans de Louis-Philippe éclatent de rire. Pour eux, ce mariage est une fable, et si Marie-Caroline ne veut pas révéler le nom de son mari, c’est qu’il n’y a pas de mari. La duchesse sera tombée sous le charme de l’un de ses lieutenants de Vendée, voire se sera fait engrosser par un inconnu…
Les légitimistes, d’abord incrédules, sont consternés. Certains provoquent en duel les journalistes qui colportent la nouvelle. D’autres envisagent de monter une opération de commando à Blaye, d’enlever l’enfant tout juste né puis de laisser la duchesse de Berry déclarer qu’elle n’a jamais été enceinte mais seulement souffrante. Hélas pour eux, la citadelle est bien gardée ! Chateaubriand veut lui rendre visite mais il n’y est pas autorisé. Thiers, qui voue aux Bourbons de la branche aînée une haine tenace, exige que l’accouchement ait lieu devant un grand nombre de témoins, que l’on préviendra par trois coups de canon pour qu’ils accourent à la citadelle : le sous-préfet, le maire et le curé de la ville, le juge de paix, le procureur du roi, le commandant de la garde nationale… Et qu’on en publie un compte rendu détaillé. Méme les républicains, par la bouche de Louis Blanc, se disent choqués du procédé. C’est ainsi que, le 10 mai 1833, voit le jour Anne-Marie Rosalie, enfant chétive qui ne vivra que quelques mois. Marie-Caroline dévoile alors le nom du père, qu’elle prétend avoir épousé à Rome le 14 décembre 1831. Il s’agit du comte Hector Lucchesi-Palli, un homme qui a huit ans de moins qu’elle, issu de l’une des plus anciennes familles de Sicile, les Campo-Franco, qui donnèrent au royaume de Naples des Premiers ministres et méme des vice-rois.
Avant la révélation de sa grossesse suspecte, le gouvernement de Louis-Philippe ne savait que faire de la duchesse de Berry : il n’osait ni la traduire en jugement ni la libérer. Après le 10 mai, il lui devient facile de surmonter ce dilemme. Il estime que la duchesse, s’étant déconsidérée aux yeux de ses partisans et, plus encore sans doute, auprès de la famille royale en exil, ne présente plus de danger politique : » Elle n’est plus un drapeau « , écrit Bugeaud au chef du gouvernement, le maréchal Soult. Dès lors, on peut lui rendre sa liberté, à condition qu’elle quitte la France. Ce qu’elle fait, le 8 juin, à bord de l’Agathe qui la conduit à Palerme, o๠elle débarque un mois plus tard. Quelqu’un l’y attend avec empressement : son mari, un homme au visage doux, très brun, de belle taille et fort élégant. Il formera, jusqu’à sa mort en 1864, un couple uni avec sa femme dont il aura cinq autres enfants.
Ici s’achève l’histoire des certitudes et s’ouvre celle des conjectures. Faut-il croire au mariage secret ? A l’époque, bien peu y croient, méme parmi les légitimistes. Une thèse a longtemps dominé, reprise par la plupart des historiens jusqu’à nos jours : pour sauver l’honneur de la duchesse de Berry, des royalistes bien intentionnés se seraient mis, en apprenant sa grossesse, à lui chercher un mari de complaisance. C’est pourquoi Marie-Caroline n’a pas tout de suite désigné son époux : il fallait attendre qu’on lui en trouve un. S’en serait chargée une certaine Zoé Talon, marquise du Cayla. Aventurière, un temps favorite de Louis XVIII, devenue ensuite amie du roi de Hollande, Guillaume Ier, elle vivait à La Haye o๠elle rencontra Hector Lucchesi. Diplomate, il était alors attaché à l’ambassade de Naples. Sicilien, il avait connu Marie-Caroline enfant. Légitimiste, il admirait la tentative de la duchesse de Berry de reconquérir le trône pour son fils. Joueur, il était couvert de dettes. Mme du Cayla l’aurait donc aisément convaincu de se préter à la supercherie, pour un million de francs (presque 8 millions de nos euros), somme financée par cotisation des différentes branches de Bourbons en Europe, et payée par Gabriel-Julien Ouvrard, ancien régent de la Banque de France, lui aussi en exil. Après quoi, Mme du Cayla se serait rendue en Italie et aurait, grâce au désordre régnant dans les registres d’état civil, fait fabriquer un faux certificat de mariage dans un village du duché de Modène.
Cette thèse prend naissance, dès 1833, dans le salon orléaniste de la comtesse Adèle de Boigne, amie de la reine Marie-Amélie et maîtresse du baron Etienne-Denis Pasquier, l’un des principaux hiérarques du régime, président de la Chambre des pairs. Dans ses Mémoires, Mme de Boigne affirme : » Aucun des partisans les plus dévoués de la princesse ne prenait au sérieux ce prétendu mariage. » Elle parle du comte Lucchesi-Palli comme d’un » mari improvisé par les intrigues, acheté à beaux deniers comptants, acceptant sans trop de répugnance une position si humiliante « . Aucune preuve n’est apportée à ses assertions : le nom du village n’est jamais indiqué, la date du mariage fluctue selon les propos des initiés de la cour de Louis-Philippe, quelque part entre juillet et décembre 1831. Non vérifiée, mais venant de haut, la version du mariage de complaisance devient quasiment officielle. Les années passant, plus personne ne la remet en cause. Les historiens s’en contentent et la répètent. Alfred Cuvillier-Fleury, précepteur du duc d’Aumale, la reprend dans son Journal et correspondances intimes, publié seulement en 1903. Personne n’apporte de contradiction.
Seule Marie-Caroline et ses amis ont continué d’affirmer la réalité et la validité du mariage secret à Rome. Pour préparer le soulèvement de la France légitimiste, la duchesse de Berry a établi, en novembre 1831, son quartier général à Massa, sur les terres du duc de Modène, qui la soutient. Parmi les gentilshommes lui apportant leur concours figure Hector Lucchesi-Palli. Elle l’a connu enfant. Il a grandi. Pendant la Restauration, il est venu plusieurs fois en France, il a été reçu aux Tuileries. En mai 1830, il accompagnait le roi et la reine de Naples, les parents de Marie-Caroline, dans leur voyage en France. A chaque fois, il a rencontré la princesse. Il a dansé avec elle. Nous savons, par la gouvernante des Enfants de France, la duchesse de Gontaut, qu’il porte à Marie-Caroline une sorte de vénération.
Lorsque celle-ci se rend à Rome, en décembre 1831, pour demander l’aide du pape dans son entreprise politique, Hector la seconde. Ils finissent par tomber dans les bras l’un de l’autre. Impétueuse mais bonne catholique, elle ne veut faire oeuvre de chair qu’en mariage seulement. Mais une cérémonie publique perturberait ses plans politiques : que dirait Charles X, qui a accepté de la nommer régente pour le cas o๠le soulèvement de la France réussirait ? Le vieux roi est trop loin, en exil, et le temps presse trop pour qu’on l’interroge. Se trouve alors à Rome un père jésuite de grande renommée, Jean-Louis Rozaven, réputé pour ses connaissances théologiques, sa rigueur intellectuelle et morale, son royalisme fidèle. Le 14 décembre 1831, il marie sans témoins, comme le droit canon l’y autorise, Marie-Caroline et Hector.
Puis Hector part pour La Haye oà¹, sous couvert de ses fonctions diplomatiques, il va servir d’intermédiaire entre la princesse et le roi de Hollande. Celui-ci pourrait, en effet, apporter son aide au soulèvement légitimiste contre la promesse d’un démembrement de la récente et orléaniste Belgique. Hector effectue plusieurs fois le trajet entre la Vendée et les Pays-Bas. En juillet puis en aoà»t 1832, il se rend à Nantes : en pleine période de conception de la future Rosalie.
De tout cela, les preuves existent depuis longtemps. Des lettres de Marie-Caroline évoquant les visites d’Hector sont déposées aux Archives nationales ; leur teneur est confirmée par les Souvenirs sur la Révolution, l’Empire et la Restauration du général comte Léon de Rochechouart. Chargé par Charles X d’étudier les conditions d’une installation aux Pays-Bas de la famille royale en exil, il rencontre Lucchesi-Palli à la cour de La Haye et se lie d’amitié avec lui. Pourtant, les historiens continuent de préter foi aux souvenirs des orléanistes.
Une seule preuve aurait pu faire éclater la vérité, c’était aussi la seule qui manquait : une copie certifiée de l’acte authentique de mariage, à la date du 14 décembre 1831. On disait le document, s’il existait, enfermé dans les archives secrètes du Vatican. Il ne s’y trouve pas. Mais un moine dominicain spécialisé dans les études historiques délicates, le père Augustin Pic, accepte d’effectuer des recherches. Après plusieurs semaines d’investigation, au printemps 2007, il repère le précieux document aux archives du vicariat de Rome et en obtient une copie : depuis le premier jour, la duchesse de Berry a dit vrai. Ni elle ni sa cause n’ont jamais été déshonorées.
Il aura donc fallu cent soixante-seize ans pour faire la lumière et défaire la calomnie. Aujourd’hui, une telle découverte n’a plus guère qu’une valeur scientifique. Mais on ne peut s’empécher de considérer que, s’il avait été ainsi lavé au moment des événements que nous avons rappelés, l’honneur de la duchesse de Berry aurait pu modifier le cours de l’histoire de France
Par Daniel de Montplaisir*
Clémentine
28 mai 2010 @ 08:14
Merci, Sigismond J. de votre réponse si courtoise. Je l’ai appréciée.
Clémentine
28 mai 2010 @ 08:18
Brigitte-Anne – 235 – et Jul – 243 –
La version de la Marseillaise par Graeme Allwright, un de mes chanteurs préférés, devrait vous convenir (YouTube).
jul
31 mai 2010 @ 10:01
Un grand merci à d’Artagnan. C’est article de Daniel de Montplaisir est passionnant.
D’accord avec votre introduction. Louis Philippe a été odieux avec sa nièce et ses petits neveux.
A.Lin
31 mai 2010 @ 11:29
Pour Brigitte et Christian et les autres
Pour faire suite à votre commentaire 237, voici un lien sur la vente de la bibliothèque de Joseph Valynselle :
http://geneinfos.typepad.fr/geneinfos/2010/05/1000-livres-de-genealogie-la-biliotheque-de-joseph-valynseele.html
Sophie2
31 mai 2010 @ 14:31
merci a d’artagnan (258) pour l’article!
Brigitte - Anne
31 mai 2010 @ 23:11
Merci Clémentine !
Bien à vous
palatine
7 juin 2010 @ 15:39
d’Artagnan votre post 258 semble assez convaincant.
Personnellement je croyais à un acte de mariage antidaté.
J’ai feuilleté à la FNAC recemment la dernière bio sur la duchesse de Berry et l’historienne (je ne me souviens pas de son nom ) parle ,comme père de la petite Rosalie, d’un certain comte de Rosambo. Mais comme elle n’étais pas là au moment crucial, elle peut se tromper.
J’aime bien la duchesse de Berry, c’était une femme aimable, gaie, aimant rendre la vie agréable à son entourage. Tout le contraire de la duchesse d’Angouleme que je n’aime pas.
Le comte Lucchesi-Palli était un homme remarquable. Intelligent, cultivé, plein de tact et bel homme. Son mariage avec Caroline fut très heureux et tous ses contemporains étaient unanimes pour dire que c’était un bon mari, plein de tact. Le comte de Chambord s’entendait bien avec son beau-père. On le sait, le couple eut plusieurs enfants. L’épicière sarde de mon village, m’a dit qu’elle avait travaillé dans sa jeunesse au service du descendant de ce comte Lucchesi-Palli et de Caroline. Il était diplomate.
Piapias, vous parlez de Nino Ferrer et de ses chansons. C’est un sujet dangereux que je n’ai pas voulu aborder sur une autre rubrique. En 1967, il y avait un stagiaire luxembourgeois à la Commission des Com.Européennes de Bruxelles qui s’appelait Gaston. Il était tout le temps dérangé au telephone par des amis stagiaires qui lui disaient, dès qu’il décrochait son combiné : « Gaston, y a le telefon qui son et y a jamais personne qui lui repond ». A la fin il devenait enragé.
Ce n est pas un hasard si personne de cette generation n’a appelé son fils Gaston.