
Mais la pièce la plus émouvante du château de Frohsdorf était sans conteste la chambre où s’éteignit la duchesse d’Angoulême en 1851. La princesse y conservait dans une armoire reliquaire toute une série de pieux souvenirs lui rappelant la douleur de sa captivité au Temple.

Après le rappel à Dieu de sa tante, le comte de Chambord décida que toutes ces reliques après avoir été enfermées dans un coffre en bois, seraient murées dans un endroit tenu secret dans le château afin de ne jamais tomber entre des mains impies. La pièce fut alors transformée en sanctuaire et une plaque de marbre noir fut posée au-desus de l’emplacement du lit de la princesse, portant une touchante épitaphe écrite par le prince (cf.illustration)

Au second étage se situait la bibliothèque riche de plus de 10.000 volumes et dont la conservation avait été confiée au père Bole, aumônier du prince. Grand lecteur, le comte de Chambord acheta toute sa vie durant de très nombreux ouvrages d’histoire, de géographie mais reçut également beaucoup de livres provenant des nombreux écrivains en sympathie avec la cause légitimiste.Mmais elle comportait aussi de nombreux volumes dans des reliures aux armes rescapés des différentes bibliothèques des princes aux Tuileries (cf.illustration)

Située dans l’aile Nord du château, la chapelle du château, qui était dédiée à Saint Jean, avait été transformée par le comte de Chambord en 1859 dans le goût italien avec un décor de pilastres de marbre veiné rouge et de frises de stuc blanc et or mêlant fleur-de-lys et croix de Saint Esprit tandis qu’au centre du plafond, une importante peinture figurait l’apothéose de l’empereur Saint Henri sous les traits du comte de Chambord en manteau royal. La chapelle a pu faire l’objet d’une restauration complète et soignée menée entre 1966 et 1968 (cf.illustration).

C’est là que seront célébrés plusieurs mariages familiaux : ainsi, en 1845, celui de Louise d’Artois (1819-1864), fille du duc de Berry, avec don Carlo de Bourbon, infant d’Espagne, prince de Lucques et futur duc de Parme (1823-1854) (cf.illustration)

Puis, en 1867, celui de leur fille Marguerite de Bourbon-Parme (1847-1893) avec don Carlos de Bourbon, infant d’Espagne, duc de Madrid (1848-1909) (cf.illustration)

C’est également dans cette chapelle que fut célébré le 1er septembre 1883 le premier service qui suivra la mort du comte de Chambord, service qui, comme celui de Göritz, fut présidé par ses neveux les ducs de Madrid et de Parme. A l’extérieur du château, d’importants communs abritaient les logements du personnel de service, qui entre valets de pied (qui portaient la livrée de la maison du roi en velours « bleu de roi » galonnée d’argent), valets de chambre, maîtres d’hôtel, femmes de chambres, sommeliers, chefs de bouche, d’office et d’argenterie, cuisiniers et autres domestiques, 42 personnes en 1844.
Placés sous la responsabilité du comte Maxence de Damas, grand-ecuyer du prince, les écuries abritaient des remises pour les nombreuses voirtures hippomobiles (calèches, ducs, breaks de chasse, landaus, victoria, coupés) que possédait le prince comme en témoigne cetet aquarelle par K.Göebel (cf.illustration) figurant un landau attelé à deux chevaux devant le château.

Mais aussi des boxes et un manège copuvert pour 20 chevaux de selle et d’atteklage dont s’occupaient 16 cochers, postillons, piqueux, jockeys, grooms et palefreniers comme en témoigne une photo prise devant les écuries de Frohsdorf du temps du comte de Chambord (cf.illustration)

En 1883, à la mort de celui qu’à Frohsdorf, tout le monde n’appelait que « monseigneur« , la peine propriété du château de ses terres et de ses collections revint à la comtesse de Chambord (cf.illustration)

Mais celle-ci préféra séjourner le plus souvent à Göritz dont le climat clément convenait mieux à sa tante fragile. En 1886, lorsque la princesse disparut, la pleine propriété du château et de ses collections revint à son petit-neveu don Jaime de Bourbon (1870-1931) (cf.illustration)

L’usufruit revenant à sa mère Marguerite de Parme, épouse de don Carlos, duc de Madrid qui deviendra chef de la maison de Bourbon à la mort de son père, don Juan de Bourbon, comte de Montizon (1822-1887) et par ailleurs, beau-frère du comte de Chambord. Le duc de Madrid, qui avait confirmé ses droits à la couronne de France dès 1868 dans une lettre publiée de Venise qui ne fut jamais désavouée par le comte de Chambord, fut en 1887 reconnu roi de France « de jure » par les légitimistes français sous le nom de Charles XI. Le duc et la duchesse de Madrid, qui habitaient habituellement le palais Loredan à Venise, utilisèrent le château de Frohsdorf comme résidence d’été jusqu’à la mort de la princesse survenue en 1893. C’est à la mort de son père en 1909 que le duc d’Anjou et de Madrid s’installa à Frohsdorf et en fit dès lors sa résidence principale. Une photo prise dans les années 20 (cf.illustration) montre le prince au volant de sa voiture devant le château.

Frappé par la loi d’exil qui lui interdisait de servir sous l’uniforme français, don Jaime de Bourbon était devenu officier dans l’armée impériale russe et avait notamment participé à la guerre russo-japonaise. A la mort de son père, il devint à son tour chef de la maison de Bourbon, prit officiellement le titre de duc d’Anjou et de Madrid et fut dès lors reconnu roi de France « de jure » par les légitimistes français sous le nom de Jacques Ier. Dans une lettre adressée au comte de Paris le 23 mai 1892, il protesta solennellement contre le port des pleines armes de France par les Orléans.
Le duc d’Anjou et de Madrid fut en 1897 presque fiancé à la princesse Mathilde de Bavière, fille du futur roi Louis III mais l’hostilité de la princesse Marie Berthe de Rohan, que don Carlos, son père avait épousé en secondes noces en 1894, fit échouer le projet.
Pendant la Première Guerre Mondiale, suivant en cela en exemple de sa cousine germaine l’impératrice d’Autriche, née princesse Zita de Bourbon-Parme, épouse de l’empereur Charles Ier (cf.illustration)

qui avait fait mettre les cercueils royaux, qui reposaient dans la crypte de la Castagnavizza à Göritz, en lieu sûr à Vienne, don Jaime fit envoyer en France auprès d’un homme qu’il croyait être de confiance, 3 wagons de tableaux, objets d’art, pièces d’orfèvrerie et souvenirs historiques parmi les plus précieux provenant de Frohsdorf. Parmi eux, figurait notamment l’émouvant manuscrit du journal de sa captivité écrit par Madame Royale dans la prison du temple. Mais leur contenu disparut mystérieusement.
Le duc d’Anjou et de Madrid mourut en 1931 à Paris où il avait son appartement rue du Faubourg Saint Honoré, sans alliance et en laissant de nombreuses dettes. Le château de Frohsdorf et ses collections revinrent alors à sa soeur, la princesse Béatrix de Bourbon (1874-1961) (cf.illustration) épouse du prince Fabrizzio Massimo qui par sa mère, née Francesca Lucchesi Palli, se trouvait être le petit-fils de la duchesse de Berry.

Tandis que ses 3 soeurs, les princessse Blanche, archiduchesse Léopold-Salvator d’Autriche, Elvire, sans alliance et Alice, princesse Friedrich de Schönburg-Waldenburg, se partageaient les châteaux et terres de Katzeldorf et Pitten. Toutefois, pour solder le passif de la succession, la princesse Béatrix de Bourbon-Massimo se verra contrainte de faire procéder à différentes ventes. Ce sera d’abord en 1936 l’ensemble de la bibliothèque du comte de Chambord ainsi que de nombreux portraits et dessins contemporains du prince qui seront cédés au grand libraire angaius Maggs Bros. Puis en 1938, ce seront 151 tableaux dont 72 portraits et tableaux historiques concernant les princes et princesses de la maison de Bourbon entre XVIIe et le XIXe siècle qui seront dispersés.
Par bonheur, une des précieuses photos des salons furent prises avant cette dispersion, nous montre l’ancien salon rouge (cf.illustration) tel qu’il était alors avec le grand tapis au point portant les grandes armes de France offert en 1873 par les dames royalistes de Bretagne et l’imposant lustre en verre de Murano qui y figuraient déjà du temps du comte de Chambord. Les murs de la pièce étaient alors décorés de la suite des quatorze tableaux historiques présentant la campagne du duc d’Angoulême en Espagne (entre autres la Prise du Trocadéro et le passage de la Bidassoa par Abel de Pujol ou le Retour du Prince aux Tuileries par Louis Ducis) et du portrait ovale de la duchesse d’Angoulême qui faisait pendant à celui de son époux, tous deux exécutés en 1825 par Thomas Lawrence. L’ensemble de ces tableaux provenait des collections que la princesse avait rassemblées au château de Villeneuve-l’Etang, son ancien domaine privé qu’elle avait vendu en 1850.

Mais le 22 avril 1941, ne pouvant subvenir à ses lourdes charges d’entretien, la princesse Béatrix de Bourbon-Massimo, devait se résoudre à signer l’acte de vente du château aux Postes du Reich, l’autriche étant alors annexée à l’Allemagne. Ne voulant toutefois pas quitter la demeure de ses ancêtres, la princesse et ses quatre filles s’installèrent alors dans l’ancien pavillon de chasse du château (cf.illustration), situé en lisière de l’ancien parc, en y emmenant de nombreux souvenirs historiques sur lesquels elle veillera jalousement pendant toute la seconde guerre.

Car la guerre n’épargnera pas le château de Frohsdorf. Il sera d’abord réquisitionné en 1941 par l’occupant allemand qui le transformera en hôpital militaire avant d’être contraint de le quitter en 1945 face à l’avancée des armées soviétiques. Ce sont les soldats russes qui vandalisèrent alors de nombreux tableaux de taille importante qui étaneint restés dans la demeure tandis qu’ils brûlèrent ou pillèrent, devant la princesse Massimo impuissante, de nombreuses oeuvres qui avaient été mises en sécurité par cette dernière dans les communs. Le château fut ensuite abandonné et fermé pendant dix ans (cf.illustration) avant d’être finalement récupéré en 1955 par les Postes autrichiennes.

Il fera ensuite l’objet d’un programme complet de restauration qui sera effectué entre 1961 et 1968 pour un montant total de 72 millions de schillings autrichiens, avant d’être transformé en centre de formation des télécommunications. Les décors des salons de réception seront soigneusement reconstitués, la chapelle fera l’objet d’une restauration exemplaire mais les appartements des étages seront, eux, irrémédiablement détruits et cloisonnés pour être convertis en salles de réunion et chambres.
En 2005, les Postes autrichiennes ont revendu le château de Frohsdorf à un promoteur immobilier qui souhaitait transformer la demeure en appartements de luxe mais les travaux semblent aujourd’hui stoppés et le devenir de cette demeure chargée d’histoire semble aujourd’hui très incertain.
Quant au pavillon de chasse de Frohsdorf en 1961, à la mort de la princesse Béatrix de Bourbon-Massimo, c’est sa fille la princesse Blanche (1906-1999), qui avait épousé en 1943 le comte Paul Wurmbrand-Stuppach issu d’une ancienne famille médiatisée du Saint empire romain germanique (cf.illustration) qui en héritera ainsi que les riches collections qu’il contenait.

A la mort de la comtesse douairière Wurmbrand-Stuppach, le pavillon reviendra à son fils le comte Ernest-Gundaccar et son épouse Elisabeth. Le couple qui a 4 enfants, perpétue aujourd’hui fidèlement la présence en Basse Autriche de la branche aînée des Bourbons depuis 167 ans et veille jalousement à la conservation de ce précieux patrimoine historique ainsi que de l’important domaine forestier qui lui est attaché.
On y remaqrue notamment toujours le fameux portrait de Marie Antoinette par Madame Vigée-Lebrun (cf.illustration) « balafré » par un coup de baïonnette en 1793 et qui figurait du temps du comte de Chambord dans le salon rouge.

Mais aussi la paire de souliers que porta le roi Charles X à l’occasion de son sacré à Reims le 29 mai 1825. Pour la cérémonie, il portait deux diamants jumeaux provenant des joyaux de la couronne et qui réintégrèrent le Garde-meuble royal après la cérémonie (cf.illustration)

ou encore un remarquable guéridon marqueté aux grandes armes de France (cf.illustration) dont la provenance est émouvante puisqu’il fut réalisé et offert par des ouvriers français lors d’une visite au prince ainsi qu’en témoigne l’étiquette qu’il porte au-dessous.
Quant aux précieuses archives du comte de Chambord, elles furent logiquement léguées par Henri V aux chefs de la maison de Bourbon successifs que furent don Carlos, considéré par les légitimistes comme le roi de France Charles XI, puis don Jaime, comme le roi de France Jacques Ier. Pendant l’occupation du château, elles furent malheureusement en partie pillées par les soldats soviétiques en 1945.

Toutefois, la princesse Massimo parvint à en sauver courageusement une partie importante et selon sa volonté, celles-ci furent en 1962, un an après sa mort, déposées aux archives de l’Etat situées dans l’ancien palais ducal de Lucques (cf.illustration) où la princesse résidait alors chez l’une de ses filles. (Merci à Néoclassique pour cette 2ème partie de reportage – Copyright photos : DR)
Michèle
8 mars 2011 @ 08:34
Merci infiniment neoclassique pour votre merveilleux reportage et vos nombreuses illustrations sur le château de Frohsdorf. Je connaissais en partie l´Histoire de ce château pour l´avoir lue il y a de cela longtemps dans les revues illustrées anciennes. Vous lire est un plaisir, Merci.
Luiston de Borbléans
8 mars 2011 @ 08:57
Un grand Merci à Néoclassique pour cette fin de ce que Nous appelerons reportage car on se croirait en train de vivre dans ce château…
Nous remarquerons que Nos Cousins Chambord et leur suite vivaient avec un train de vie que Ni Notre Cousin Cadix, ni Notre Cousin Vendôme, ni Nous-mêmes ne pourrions tenir aujourd’hui : 42 personnes de domesticité pour le service d’un couple sans enfants, même s’il recevait souvent sa Famille et avait une petite « Cour », c’est beaucoup !
Comment ne pas admirer le courage de Notre Cousine la princesse Massimo qui eût à lutter contre l’occupant nazi et ensuite contre l’armée soviétique pour tenter de sauver une partie des archives et souvenirs de l’Histoire de France.
C’est terrible d’imaginer qu’aujourd’hui, suite au vol de ce que l’Infant Don Jaime voulait protéger (dans trois wagons, c’est inimaginable tout ce qu’ils devaient recéler…), quelque collectionneur privé – américain ou japonais peut-être, ou les réserves d’un musée russe – resserre en son coffre le journal de détention de Madame Royale – la Fille de Louis XVI et de Marie Antoinette, la Soeur de Louis XVII -, alors que ce document d’importance devrait figurer en bonne place à la Bibliothèque Nationale de France ou au Musée du Louvre.
Tout de même, Néoclassique, permettez-Nous un trait d’humour dans ce sujet un tant soit peu grave ; lorsque vous dites : « le portait ovale de la duchesse d’Angoulême qui faisait pendant à celui de son époux, tous deux exécutés en 1825 par Thomas Lawrence », je pense que vous vouliez dire que cet homme a peint nos Royaux Cousins et non qu’il les a trucidés ?
pierre-yves
8 mars 2011 @ 09:01
Ce long, fouillé et très documenté reportage sur Frohsdorf ressemble assez nettement à une contre-offensive des partisans des Bourbons, mais si on est objectif, on peut considérer que c’est de bonne guerre puisque les articles sur les Orléans sont relativement nombreux sur le site.
Néoclassique s’est fait un plaisir, presque une mission, de l’écrire et de l’illustrer, cela se sent. Et si je ne suis pas sensible au côté sanctuaire bourbonien qui régnait en ce lieu au temps du comte de Chambord, je le suis aux efforts que la princesse Massimo a déployés pour tenter d’épargner le domaine durant la 2ème guerre mondiale.
La bonne nouvelle, c’est que ses descendants en possèdent toujours une partie et l’entretiennent, cra il n’y a rien de plus triste qu’un patrimoine historique laissé à l’abandon.
neoclassique
8 mars 2011 @ 09:15
Dans la réécriture que fait N & R, un décalage s’est créé entre textes et photos, ce qui fait que chaque photo vient au dessus, au lieu d’être au dessous, du texte qu’elle accompagne.
Mais les lecteurs l’auront rectifié d’eux-mêmes.
Michael
8 mars 2011 @ 09:54
Le comte de Chambord reconnait Don Carlos de Bourbon, duc de Madrid comme le roi légitime d’Espagne. Le 21 janvier 1875, le comte de Chambord écrit dans ses carnets « Robert (duc de Parme) fait publier une excellente dépêche dans laquelle il dit que lui, son frère et Caserte s’ils n’avaient pas été avec le roi Charles VII avant l’avènement d’Alphonse s’y seraient rendus dans cette circonstance. » p 615. Journal du comte de Chambord, annoté par Philippe Delorme.
Charles VII étant don Carlos, duc de Madrid neveu du comte de Chambord, (fils de la soeur de la comtesse de Chambord et époux de Marguerite de Bourbon-Parme, nièce du comte de Chambord).
Laurent F
8 mars 2011 @ 09:58
Sujet très intéressant sur un pan méconnu de l’histoire des Bourbon
Nemausus
8 mars 2011 @ 10:41
Magnifique article sur une demeure royale trop peu connue.
peut être verrons nous un jour sortir de leur cachette les souvenirs dérobés par cet « homme de confiance » peu scrupuleux car contrairement à des bijoux qu’on peut démonter et vendre plus discrètement, il est difficile de démantibuler des tableaux, objets d’art et manuscrits pour les revendre…
Espérance ;)
Michael
8 mars 2011 @ 10:42
quand à la succession du comte de Chambord: son testament est très claire:
« Je donne et lègue à ma bien-aimée femme en toute propriété, la terre et le chateau de Frohsdorf avec tout ce qu’il contient… »
« Je donne et lègue à mon neveu Robert, duc de Parme, fils de la duchesse de Parme ma soeur les trois quarts du fond de mes biens meubles et immeubles et à mon neveu Henri comte de Bardi, second fils de la duchesse de Parme, le quart du fonds de mes biens à l’exception de la terre et du chateau de Frhsdorf que je laisse à ma bien aimée femme » 4 juin 1883.
C’est la comtesse de Chambord qui lègue Frohsdorf à son propre petit-neveu don Jaime de Bourbon (fils du duc de Madrid et de Marguerite de B-P et petit-fils de Juan de Bourbon et de Béatrice d’Autriche-Este, soeur de la comtesse de Chambord), petit-fils de sa soeur Béatrice.
Le comte de Chambord n’a rien donné directement aux Bourbons-Madrid. ce sont les Bourbon-Parme qui ont hérité de la majorité des biens symboliques, don jaime de Bourbon s’est contenté de certaines archives présentes à Frohsdorf.
Audouin
8 mars 2011 @ 10:58
Néoclassique
Permettez-moi de relever deux erreurs dans le texte ci-dessus.
1. Les obsèques à Göritz le 3 septembre furent présidées par le prince Jean de Bourbon (Don Juan), successeur du Comte de Chambord et non par ses neveux.
2. Ce n’est pas le prince Jacques (Don Jaime) qui, en 1892, a envoyé une lettre à Louis-Philippe-Albert d’Orléans, comte de Paris pour protester contre sa prise illégale des pleines armes de France, mais son père Charles (Don Carlos), chef de la Maison de Bourbon depuis 1887.
Bien à vous.
Audouin
palatine
8 mars 2011 @ 11:01
La duchesse d’Angouleme avait reuni des objets-reliques concernant le martyre de ses parents ou plutot de son père (elle n’a jamais montré bcp d’affection pour sa mère) dans un sorte d’armoire et allait prier tous les jours devant ces objets. Il y avait là, la chemise de Louis XVI souillée de sang et portée sur l’échafaud. Un jour elle invita une petite fille qui le raconta plus tard à prier avec elle devant cette armoire ouverte pour le repos de l’ame de Louis XVI.
J’ignorais completement que le comte de Chambord avait caché ces objets en les faisant murer quelque part dans le chateau. J’ai compris grace à Néoclassique pourquoi cette chemise n’a jamais réapparu.
cosmo
8 mars 2011 @ 11:11
Neoclassique,
Encore tous mes compliments pour ce reportage si complet et si instructif.
Dommage qu’un monument si cher au coeur des monarchistes français ait été ainsi livré au manque d’idée des postes autrichiennes et manque de scrupules de promoteurs.
Aucun membre de la Maison de Bourbon, dans aucune de ses branches, n’eut l’idée de venir en aide à la Princesse Massimo pour supporter les frais d’un tel bâtiment. C’est triste car il s’agissait non seulement d’un patrimoine familial mais aussi sentimental et historique pour beaucoup de Français.
Don Jaime duc d’Anjou et de Madrid, dont il avait été question de le fiancer à sa cousine Zita de Bourbon-Parme, future Impératrice d’Autriche, fut bien inconséquent.
Les princes parfois dans leur égoïsme ne méritent pas l’attention qu’on leur porte.
Colette C.
8 mars 2011 @ 11:12
Neoclassique, je m’incline devant votre savoir, j’ai dévoré texte et photos!
Peut-on visiter le pavillon de chasse dans le domaine du Château?
Anais
8 mars 2011 @ 11:12
Merci Néoclassique pour cette suite que nous attendions impatiemment.A nouveau quelle tristesse de voir qu’un bien historique est vendu, puis laissé sans « soins ».
A propos du Palais Loredan de Venise, est-il resté dans la famille ?
Anne-Cécile
8 mars 2011 @ 11:13
J’ai beaucoup ri en regardant la photo des souliers, élément « du précieux patrimoine ».
Néoclassique connaissez-vous la destinée de ces chaussons? Ont-ils gagné les collections d’un musée consacré à Charles X, à l’histoire de la mode, aux Bourbons….?
Bravo pour votre article, très complet et très bien illustré.
guizmo
8 mars 2011 @ 11:49
Merci Régine et Néoclassique pour ce magnifique reportage
neoclassique
8 mars 2011 @ 12:48
Audouin 9
je vous concède bien volontiers ces 2 légères erreurs.
Mais j’avoue que j ‘aurai aussi apprécié de votre part un mot de compliment, fut-il bref,pour cet important travail de recherches qui m’a nécessité des dizaines d’heures de recherches tant dans les textes et l’iconographie nombreuse dont je les ai assortis
neoclassique
8 mars 2011 @ 12:54
Michaël 8
j’attendais la réaction de Michaël.
Je n’en suis pas surpris. Et comme à l’habitude, elle est totalement inexacte.
Le comte de Montizon, chef de la maison de Bourbon après la mort du comte de Chambord, son beau-frère, recut par legs du prince tous les papiers, archives souvenirs et ordres de la monarchie qui lui revenaient de droit en tant que nouveau chef de maison. J’ai suffisamment étudié la question pour pouvoir l’affirmer avec certitude
UNe chose est certaine, c’est que rien ne fut laissé à la branche cadette d’Orléans.
neoclassique
8 mars 2011 @ 13:05
Pierre Yves 3
Non ce n’est pas une contre offensive.
C’est avant tout l’occasion de faire connaître, parce que je travaille sur le sujet dans le cadre de mes fonctions professionnelles, ce que fut l’histoire, mal connue ou inconnue, de la branche aînée de la maison de Bourbon dans laquelle se reconnaissent toujours aujourd’hui les monarchistes légitimistes.
Mais il est vrai qu’il y a aussi le souci d’opposer un contrepoint scientifiquement argumenté à la parole orléaniste qui a (trop) largement cours sur ce site.
Enfin, comme je l’ai dit maintes fois, j’apprécie le débat d’idées dès lors qu’il s’appuie sur des bases historiques et scientifiques et pas sur des affirmations gratuites, souvent répétées à la cantonade et sans fondement sérieux.
neoclassique
8 mars 2011 @ 13:10
Colette C 12
Non, hélas, le pavillon de chasse ne se visite pas.
Sauf sur recommandation spéciale.
Mais c’est mieux ainsi car cela lui permet de garder son caractère de maison de famille où tout ce qu’il reste des anciennes collections des chefs de la maison de Bourbon est préciseusement conservé.
Senescal
8 février 2013 @ 23:04
Néoclassique,félicitations pour ce travail.
C’est avec bien du retard que j’interviens, mais Je suis très intéressé à connaître la date de création du GUÉRIDON de Charles X.
Qu´est ce qu´il y a d´écrit sur l’étiquette?
neoclassique
8 mars 2011 @ 13:36
Némausus 7
On trouve notamment trace d’une importante Vierge à l’Enfant de Bellini provenant des collections de Frohsdorf dont le duc d’Anjou et de Madrid a été spolié
au Détroit Institute of Arts. Allez sur leur site et vous découvrirez le nom de l’escroc…
Agnès de Champagne
8 mars 2011 @ 13:36
Néoclassique,
Félicitations pour ce travail!!
Vous apportez beaucoup sur ce site.
Agnès de Champagne
neoclassique
8 mars 2011 @ 13:38
Palatine 10
d’après le témoignage de la princesse Massimo, c’est, au total, plus d’une dizaine de souvenirs du Temple qui furent enfouis dans les murs de la demeure en 1851 à la demande du prince.
jul
8 mars 2011 @ 13:39
Merci beaucoup Néoclassique. Votre travail est admirable. Depuis petit je voulais mettre des images sur le mot « Frohsdorf » et sur le quotidien des Princes français après 1830, l’ambiance y régnant. C’est désormais chose faite grâce à vous.
J’aime beaucoup la photo du personnel d’écurie.
Le Comte de Chambord avait une vie de roi, avec une maison digne de lui. Frohsdorf c’était la France. Cela devait impressionner les visiteurs d’être reçus comme au temps de Louis XVIII ou Charles X.
Cette histoire de France est passionnante et mériterait d’être plus racontée.
Michael, selon la tradition, il est possible d’être roi de plusieurs royaumes à la fois (voyez les Habsbourg et les Capétiens, les rois d’Angleterre :)
Cela ne m’étonnerait pas que le Roi Henri V en soit convaincu lui aussi ;)
Michael, il faut distinguer bien privés se transmettant par les femmes (ici les Bourbon de Parme) et les affaires régaliennes ne se transmettant que par les mâles (ici les Bourbon de Madrid).
Ah ah les Orléans n’ont rien reçu :D
Ce n’est pas un hasard si le Comte de Chambord, tuteur de la Princesse Marguerite, a marié celle-ci à l’Infant Carlos…:D. Ne voulait-il pas le meilleur pour elle?
C’était la deuxième dame du Royaume après la Comtesse de Chambord. Célibataire, son mariage était d’enjeu régalien.
neoclassique
8 mars 2011 @ 13:42
Anne-Cécile 14
comme je l’ai écrit tous les souvenirs dont je parle, souliers du sacre compris, sont toujours aujourd’hui conservés par la comte Gundaccar Wurmbrand-Stuppach dans le pavillon de Frohsdorf.
Et je l’espère pour longtemps.
Michèle
8 mars 2011 @ 13:57
Frohsdorf. Ce nom signifie village du contentement.
A Frohsdorf tout était français,les écoles comme le reste.L’ignorance était inconnue, grâce aux bienfaits du Prince, qui ont rendu heureuse toute cette contrée. On entendait parler que de la France.
Le comte de Chambord et son épouse ont fondé en 1854 une école de filles sous la garde de religieuses qui devaient éduquer les filles des employés et les enfants des villages environnants dans un esprit chrétien.
Le comte se tourna vers les Sœurs de Ste. Chrétienne à Metz et des enseignantes ont éte demandées pour la nouvelle école.
L´école existe toujours et a été désignée école de l´UNESCO
.
jul
8 mars 2011 @ 14:01
Je ne peux pas m’empécher de penser qu’internet est vraiment une invention magnifique :)
une nouvelle époque historique qui s’ouvre…
Capreolus
8 mars 2011 @ 14:16
En réponse à neoclassique (message n°17) –
Encore mille mercis pour cette superbe visite virtuelle sur les pas de la duchesse d’Angoulême et du comte de Chambord.
Il est en effet bien connu que ce sont les princes carlistes qui héritèrent notamment des colliers du Saint-Esprit.
Quant à la reconnaissance des droits espagnols du duc de Madrid (Charles VII de droit) par le comte de Chambord, la chose est en effet notoire, mais ne vient certes pas signifier que le même comte de Chambord ne reconnaissait pas les droits français, après lui, des mêmes princes carlistes.
Par ailleurs, et parmi tous les témoignages des proches du comte de Chambord (témoignages qui peuvent être contradictoires), je rappelle celui-ci :
« Le roi Henri V m’avait chargé de donner des leçons d’histoire au comte de Bardi [Henri de Bourbon-Parme, neveu du comte de Chambord] : lorsqu’il fut question du traité d’Utrecht, je disais un jour, en présence du Roi, que les princes d’Anjou [descendants de Philippe V], à cause des renonciations, ne pouvaient régner en France. Le Roi intervint et me dit : « Je regrette, Père Bole, de vous interrompre, mais je ne puis admettre si fausse interprétation : vous induisez ce jeune prince en erreur. » On fit sortir le comte de Bardi, il y eut une grande discussion entre le Roi et moi. Je dus m’absenter de Frohsdorf et, tenant à mes idées, j’allais étudier la question en dehors de toute influence. Je pris aussi conseil de plusieurs jurisconsultes appartenant à tous les partis. Quand on se croit dans son droit, on aime généralement voir ses idées prévaloir : il n’en fut rien. Je me rendis à l’évidence et m’inclinai devant la vérité. Je revins près de Monseigneur le comte de Chambord qui voulut bien rectifier lui-même mes notes relatives à ce traité. »
Lettre du Révérend Père Bole (confesseur du comte de Chambord) au comte Urbain de Maillé, citée par Gabriel-Adrien Robinet de Cléry, in Les prétentions dynastiques de la branche d’Orléans, 1910, pp. 17-18.
Michèle
8 mars 2011 @ 14:22
neoclassique
La chapelle du château de Frohsdorf
Est-il vrai que le cœur de l´orphelin du temple prélevé en secret par le Dr. Pelletan dans un reliquaire de cristal ou de verre et d’argent fut placé dans la chapelle du château de Frohsdorf?
Sophie
8 mars 2011 @ 15:57
Néoclassique, merci pour cette 2ème et non moins intéressante partie consacrée à un château probablement fort méconnu du grand public
Caroline
8 mars 2011 @ 16:12
A Neoclassique,par etourderie,j’ai deja ecrit mon commentaire dans la premiere partie de votre article!