
Mais la pièce la plus émouvante du château de Frohsdorf était sans conteste la chambre où s’éteignit la duchesse d’Angoulême en 1851. La princesse y conservait dans une armoire reliquaire toute une série de pieux souvenirs lui rappelant la douleur de sa captivité au Temple.

Après le rappel à Dieu de sa tante, le comte de Chambord décida que toutes ces reliques après avoir été enfermées dans un coffre en bois, seraient murées dans un endroit tenu secret dans le château afin de ne jamais tomber entre des mains impies. La pièce fut alors transformée en sanctuaire et une plaque de marbre noir fut posée au-desus de l’emplacement du lit de la princesse, portant une touchante épitaphe écrite par le prince (cf.illustration)

Au second étage se situait la bibliothèque riche de plus de 10.000 volumes et dont la conservation avait été confiée au père Bole, aumônier du prince. Grand lecteur, le comte de Chambord acheta toute sa vie durant de très nombreux ouvrages d’histoire, de géographie mais reçut également beaucoup de livres provenant des nombreux écrivains en sympathie avec la cause légitimiste.Mmais elle comportait aussi de nombreux volumes dans des reliures aux armes rescapés des différentes bibliothèques des princes aux Tuileries (cf.illustration)

Située dans l’aile Nord du château, la chapelle du château, qui était dédiée à Saint Jean, avait été transformée par le comte de Chambord en 1859 dans le goût italien avec un décor de pilastres de marbre veiné rouge et de frises de stuc blanc et or mêlant fleur-de-lys et croix de Saint Esprit tandis qu’au centre du plafond, une importante peinture figurait l’apothéose de l’empereur Saint Henri sous les traits du comte de Chambord en manteau royal. La chapelle a pu faire l’objet d’une restauration complète et soignée menée entre 1966 et 1968 (cf.illustration).

C’est là que seront célébrés plusieurs mariages familiaux : ainsi, en 1845, celui de Louise d’Artois (1819-1864), fille du duc de Berry, avec don Carlo de Bourbon, infant d’Espagne, prince de Lucques et futur duc de Parme (1823-1854) (cf.illustration)

Puis, en 1867, celui de leur fille Marguerite de Bourbon-Parme (1847-1893) avec don Carlos de Bourbon, infant d’Espagne, duc de Madrid (1848-1909) (cf.illustration)

C’est également dans cette chapelle que fut célébré le 1er septembre 1883 le premier service qui suivra la mort du comte de Chambord, service qui, comme celui de Göritz, fut présidé par ses neveux les ducs de Madrid et de Parme. A l’extérieur du château, d’importants communs abritaient les logements du personnel de service, qui entre valets de pied (qui portaient la livrée de la maison du roi en velours « bleu de roi » galonnée d’argent), valets de chambre, maîtres d’hôtel, femmes de chambres, sommeliers, chefs de bouche, d’office et d’argenterie, cuisiniers et autres domestiques, 42 personnes en 1844.
Placés sous la responsabilité du comte Maxence de Damas, grand-ecuyer du prince, les écuries abritaient des remises pour les nombreuses voirtures hippomobiles (calèches, ducs, breaks de chasse, landaus, victoria, coupés) que possédait le prince comme en témoigne cetet aquarelle par K.Göebel (cf.illustration) figurant un landau attelé à deux chevaux devant le château.

Mais aussi des boxes et un manège copuvert pour 20 chevaux de selle et d’atteklage dont s’occupaient 16 cochers, postillons, piqueux, jockeys, grooms et palefreniers comme en témoigne une photo prise devant les écuries de Frohsdorf du temps du comte de Chambord (cf.illustration)

En 1883, à la mort de celui qu’à Frohsdorf, tout le monde n’appelait que « monseigneur« , la peine propriété du château de ses terres et de ses collections revint à la comtesse de Chambord (cf.illustration)

Mais celle-ci préféra séjourner le plus souvent à Göritz dont le climat clément convenait mieux à sa tante fragile. En 1886, lorsque la princesse disparut, la pleine propriété du château et de ses collections revint à son petit-neveu don Jaime de Bourbon (1870-1931) (cf.illustration)

L’usufruit revenant à sa mère Marguerite de Parme, épouse de don Carlos, duc de Madrid qui deviendra chef de la maison de Bourbon à la mort de son père, don Juan de Bourbon, comte de Montizon (1822-1887) et par ailleurs, beau-frère du comte de Chambord. Le duc de Madrid, qui avait confirmé ses droits à la couronne de France dès 1868 dans une lettre publiée de Venise qui ne fut jamais désavouée par le comte de Chambord, fut en 1887 reconnu roi de France « de jure » par les légitimistes français sous le nom de Charles XI. Le duc et la duchesse de Madrid, qui habitaient habituellement le palais Loredan à Venise, utilisèrent le château de Frohsdorf comme résidence d’été jusqu’à la mort de la princesse survenue en 1893. C’est à la mort de son père en 1909 que le duc d’Anjou et de Madrid s’installa à Frohsdorf et en fit dès lors sa résidence principale. Une photo prise dans les années 20 (cf.illustration) montre le prince au volant de sa voiture devant le château.

Frappé par la loi d’exil qui lui interdisait de servir sous l’uniforme français, don Jaime de Bourbon était devenu officier dans l’armée impériale russe et avait notamment participé à la guerre russo-japonaise. A la mort de son père, il devint à son tour chef de la maison de Bourbon, prit officiellement le titre de duc d’Anjou et de Madrid et fut dès lors reconnu roi de France « de jure » par les légitimistes français sous le nom de Jacques Ier. Dans une lettre adressée au comte de Paris le 23 mai 1892, il protesta solennellement contre le port des pleines armes de France par les Orléans.
Le duc d’Anjou et de Madrid fut en 1897 presque fiancé à la princesse Mathilde de Bavière, fille du futur roi Louis III mais l’hostilité de la princesse Marie Berthe de Rohan, que don Carlos, son père avait épousé en secondes noces en 1894, fit échouer le projet.
Pendant la Première Guerre Mondiale, suivant en cela en exemple de sa cousine germaine l’impératrice d’Autriche, née princesse Zita de Bourbon-Parme, épouse de l’empereur Charles Ier (cf.illustration)

qui avait fait mettre les cercueils royaux, qui reposaient dans la crypte de la Castagnavizza à Göritz, en lieu sûr à Vienne, don Jaime fit envoyer en France auprès d’un homme qu’il croyait être de confiance, 3 wagons de tableaux, objets d’art, pièces d’orfèvrerie et souvenirs historiques parmi les plus précieux provenant de Frohsdorf. Parmi eux, figurait notamment l’émouvant manuscrit du journal de sa captivité écrit par Madame Royale dans la prison du temple. Mais leur contenu disparut mystérieusement.
Le duc d’Anjou et de Madrid mourut en 1931 à Paris où il avait son appartement rue du Faubourg Saint Honoré, sans alliance et en laissant de nombreuses dettes. Le château de Frohsdorf et ses collections revinrent alors à sa soeur, la princesse Béatrix de Bourbon (1874-1961) (cf.illustration) épouse du prince Fabrizzio Massimo qui par sa mère, née Francesca Lucchesi Palli, se trouvait être le petit-fils de la duchesse de Berry.

Tandis que ses 3 soeurs, les princessse Blanche, archiduchesse Léopold-Salvator d’Autriche, Elvire, sans alliance et Alice, princesse Friedrich de Schönburg-Waldenburg, se partageaient les châteaux et terres de Katzeldorf et Pitten. Toutefois, pour solder le passif de la succession, la princesse Béatrix de Bourbon-Massimo se verra contrainte de faire procéder à différentes ventes. Ce sera d’abord en 1936 l’ensemble de la bibliothèque du comte de Chambord ainsi que de nombreux portraits et dessins contemporains du prince qui seront cédés au grand libraire angaius Maggs Bros. Puis en 1938, ce seront 151 tableaux dont 72 portraits et tableaux historiques concernant les princes et princesses de la maison de Bourbon entre XVIIe et le XIXe siècle qui seront dispersés.
Par bonheur, une des précieuses photos des salons furent prises avant cette dispersion, nous montre l’ancien salon rouge (cf.illustration) tel qu’il était alors avec le grand tapis au point portant les grandes armes de France offert en 1873 par les dames royalistes de Bretagne et l’imposant lustre en verre de Murano qui y figuraient déjà du temps du comte de Chambord. Les murs de la pièce étaient alors décorés de la suite des quatorze tableaux historiques présentant la campagne du duc d’Angoulême en Espagne (entre autres la Prise du Trocadéro et le passage de la Bidassoa par Abel de Pujol ou le Retour du Prince aux Tuileries par Louis Ducis) et du portrait ovale de la duchesse d’Angoulême qui faisait pendant à celui de son époux, tous deux exécutés en 1825 par Thomas Lawrence. L’ensemble de ces tableaux provenait des collections que la princesse avait rassemblées au château de Villeneuve-l’Etang, son ancien domaine privé qu’elle avait vendu en 1850.

Mais le 22 avril 1941, ne pouvant subvenir à ses lourdes charges d’entretien, la princesse Béatrix de Bourbon-Massimo, devait se résoudre à signer l’acte de vente du château aux Postes du Reich, l’autriche étant alors annexée à l’Allemagne. Ne voulant toutefois pas quitter la demeure de ses ancêtres, la princesse et ses quatre filles s’installèrent alors dans l’ancien pavillon de chasse du château (cf.illustration), situé en lisière de l’ancien parc, en y emmenant de nombreux souvenirs historiques sur lesquels elle veillera jalousement pendant toute la seconde guerre.

Car la guerre n’épargnera pas le château de Frohsdorf. Il sera d’abord réquisitionné en 1941 par l’occupant allemand qui le transformera en hôpital militaire avant d’être contraint de le quitter en 1945 face à l’avancée des armées soviétiques. Ce sont les soldats russes qui vandalisèrent alors de nombreux tableaux de taille importante qui étaneint restés dans la demeure tandis qu’ils brûlèrent ou pillèrent, devant la princesse Massimo impuissante, de nombreuses oeuvres qui avaient été mises en sécurité par cette dernière dans les communs. Le château fut ensuite abandonné et fermé pendant dix ans (cf.illustration) avant d’être finalement récupéré en 1955 par les Postes autrichiennes.

Il fera ensuite l’objet d’un programme complet de restauration qui sera effectué entre 1961 et 1968 pour un montant total de 72 millions de schillings autrichiens, avant d’être transformé en centre de formation des télécommunications. Les décors des salons de réception seront soigneusement reconstitués, la chapelle fera l’objet d’une restauration exemplaire mais les appartements des étages seront, eux, irrémédiablement détruits et cloisonnés pour être convertis en salles de réunion et chambres.
En 2005, les Postes autrichiennes ont revendu le château de Frohsdorf à un promoteur immobilier qui souhaitait transformer la demeure en appartements de luxe mais les travaux semblent aujourd’hui stoppés et le devenir de cette demeure chargée d’histoire semble aujourd’hui très incertain.
Quant au pavillon de chasse de Frohsdorf en 1961, à la mort de la princesse Béatrix de Bourbon-Massimo, c’est sa fille la princesse Blanche (1906-1999), qui avait épousé en 1943 le comte Paul Wurmbrand-Stuppach issu d’une ancienne famille médiatisée du Saint empire romain germanique (cf.illustration) qui en héritera ainsi que les riches collections qu’il contenait.

A la mort de la comtesse douairière Wurmbrand-Stuppach, le pavillon reviendra à son fils le comte Ernest-Gundaccar et son épouse Elisabeth. Le couple qui a 4 enfants, perpétue aujourd’hui fidèlement la présence en Basse Autriche de la branche aînée des Bourbons depuis 167 ans et veille jalousement à la conservation de ce précieux patrimoine historique ainsi que de l’important domaine forestier qui lui est attaché.
On y remaqrue notamment toujours le fameux portrait de Marie Antoinette par Madame Vigée-Lebrun (cf.illustration) « balafré » par un coup de baïonnette en 1793 et qui figurait du temps du comte de Chambord dans le salon rouge.

Mais aussi la paire de souliers que porta le roi Charles X à l’occasion de son sacré à Reims le 29 mai 1825. Pour la cérémonie, il portait deux diamants jumeaux provenant des joyaux de la couronne et qui réintégrèrent le Garde-meuble royal après la cérémonie (cf.illustration)

ou encore un remarquable guéridon marqueté aux grandes armes de France (cf.illustration) dont la provenance est émouvante puisqu’il fut réalisé et offert par des ouvriers français lors d’une visite au prince ainsi qu’en témoigne l’étiquette qu’il porte au-dessous.
Quant aux précieuses archives du comte de Chambord, elles furent logiquement léguées par Henri V aux chefs de la maison de Bourbon successifs que furent don Carlos, considéré par les légitimistes comme le roi de France Charles XI, puis don Jaime, comme le roi de France Jacques Ier. Pendant l’occupation du château, elles furent malheureusement en partie pillées par les soldats soviétiques en 1945.

Toutefois, la princesse Massimo parvint à en sauver courageusement une partie importante et selon sa volonté, celles-ci furent en 1962, un an après sa mort, déposées aux archives de l’Etat situées dans l’ancien palais ducal de Lucques (cf.illustration) où la princesse résidait alors chez l’une de ses filles. (Merci à Néoclassique pour cette 2ème partie de reportage – Copyright photos : DR)
Charlotte
8 mars 2011 @ 17:19
A mon tour, mes plus vifs remerciements pour cet article si bien documenté.
Quelques questions :
– comme Anais (com 13) : qu’est devenu le Palais Loredan de Venise (idée de prochain sujet ?) ?
– est-ce que ce qui a pu être sauvé par la princesse Massimo est toujours à Lucques ?
Michael
8 mars 2011 @ 17:49
Néoclassique 17
je ne fais que citer les testament du comte de comte de Chambord. Ses héritiers sont:
– son épouse; le domaine et le chateau (et son contenu)
– Robert, duc de Parme: 3/4 biens meubles et immeubles
– Henri, comte de Bardi: 1/4 biens meubles et immeubles
Il donne exactement à la comtesse de Chambord: « je donne et lègue à ma femme bien-aimée, en toute propriété, tous mes papiers, cahiers, écrits par moi, lettres récits de voyages et cetera, la priant de les faire examiner, de brûler sans hésiter tout ce qui serait inutile ou nuisible, et de ne conserver que ce qui n’aurait aucun inconvénient à laisser subsister. Elle pourra faire ce travail par le marquis de Foresta, monsieur Alfred Huet du Pavillon, Monsieur Adhéaume de Chevigné et le révérend père Bole ».
Le duc de Madrid n’a eu que l’usufruit de Froshdorf et des archives contenus dans le chateau, car la comtesse de Chambord a légué le domaine à son petit-neveu, don Jaime, fils du duc de Madrid. Les Bourbons d’Espagne n’ont rien hérité directement du comte de Chambord.
Votre reportage Néoclassique est très bien fourni, c’est un plaisir de voir tout ça, en revanche, je tenais à signaler que votre interprétation ne fait pas l’unanimité.
Rappelons aussi que dans son journal, le comte de Chambord nomme fréquemment sa belle-soeur Béatrice et son mari Don Juan les « infants » ou les « espagnols ».
palatine
8 mars 2011 @ 18:18
Neoclassique, je me rends compte que ce reportage demanda pas mal de temps et de recherches et vous en félicite.
neoclassique
8 mars 2011 @ 19:02
je voudrais remercier tous ceux qui m’ont chaudement félicité pour le travail que j’ai fait là.
J’ai écrit cet article spécialement pour le site en parallèle d’une importante afin de mieux faire connaître celui qui fut le comte de Chambord, ceux qui lui ont ensuite succédé comme chefs de la maison de Bourbon et qui n’ont jamais renoncé à leurs droits légitimes, en tant qu’aînés, sur le trône de France et ce que sont devenu ces prestigieuses collections historiques.
cet article a nécessité de nombreuses recherches que j’ai toujours effectué dans un souci de rigueur et de précision historique.
je n’ai pu mentionner l’importante action caritative qu’ont eu le comte et le comtesse de Chambord et le souvenir toujours vivant qu’ils reste d’eux à Frohsdorf et je remercie ceux qui l’ont fait.
Capreolus
8 mars 2011 @ 19:11
En réponse à neoclassique (cf. message n°20) –
Magnifique Vierge à l’Enfant en effet… ainsi que l’information à laquelle vous faites référence…
http://www.dia.org/object-info/409fc5bf-7faf-494e-a71c-e15f0d446048.aspx?position=3
neoclassique
8 mars 2011 @ 19:34
Michaêl 32
la détermination est une qualité mais l’entêtement est un défaut.
Ce qui j’ai écrit sur le succession du comte de Chambord est rigoureusement exact. je le tiens des Parme eux-mêmes.
Les papiers, archives, ordres dynastiques du comte de Chambord ont été longuement triés par ses proches après sa mort. Certains ont été brûlés. Ils ont ensuite été donnés selon la volonté express du prince au chef de la maison de Bourbon qu’était don Juan, puis à son fils don Carlos, duc de Madrid, puis à son fils don Jaime puis ont fait retour à son oncle don Alfonso Carlos. Rien n’a été donné à la branche régnante en Espagne et devenue aînée en raison du différent carliste et rien non plus, bien évidemment , à la branche cadette d’Orléans.
Audouin
8 mars 2011 @ 20:19
Anaïs (13)
Le Palazzo Loredan, situé campo San Vio à Venise (à l’angle du Grand Canal et du rio San Vio)est situé presque en face du Palazzo Cavalli où le Comte de Chambord passait l’hiver. Il a appartenu à l’archiduchesse Béatrice d’Autrice-Este, soeur de la Comtesse de Chambord.
Quand elle entra chez les Carmélites de Graz, la Comtesse de Montizon laissa le palais à son fils, don Carlos de Bourbon qui s’y installa en 1881 après avoir été expulsé de France par la République pour avoir été acclamé par les Saint Cyriens à la sortie de la messe de la Saint Henri où il représentait son oncle Henri V
Après la mort en 1909 du duc de Madrid, le palais fut vendu au comte Vittorio Cini, fastueux mécène vénitien, qui y installa une magnifique collection d’art toscan des XIIème et XIIIème siècles.
Si vous allez à Venise, ne manquez pas la visite, elle vaut le détour.
Mais il reste aucun souvenir de Don Carlos…
Audouin
neoclassique
8 mars 2011 @ 20:28
Charlotte 31
merci de vos compliments.
Le palais Loredan a été vendu comme l’ont été les autre palais des Bourbon à Venise, le palais Vendramin qui appartenait à la duchesse de Berry et le palais Cavalli qui appartenait au comte de Chambord.
Il y a aujourd’hui à Venise encore beaucoup de descendants de la duchesse de Berry par les Lucchesi palli tels que les Brandolini , les Marcello mais plus de descendants du côté Bourbon.
L’histoire du palais Loredan est sûrement passionnante mais j’avoue mal la connaître et je n’aime à parler que de ce que je connais bien.
Les collections de la princesse Massimo ont été partagées entre ses 4 filles mais la majorité des souvenirs est toujours aujourd’hui entre les mains de ses petits enfants à Frohsdorf, les comtes Wurmbrand-Stupach. Et ils sont, Dieu merci, très attachés à ces collections alors que d’autres précieux souvenirs de la duchesse de Berry, qui étaient jusqu’ici restés en mains familiales, vont malheureusement encore être mis en vente prochainement chez Sotheby’s.
neoclassique
8 mars 2011 @ 20:33
Michèle 28
oui, le coeur de Louis XVII fut bien confié au duc de madrid en 1895 et fut conservé dans la chapelle, puis, après la vente du château en 1941, conservé par la princesse Massimo à Rome. c’est cette dernière qui l’a confié au prince de Bauffremont, président du Mémorial de france à St Denis afin qu’il puisse y être déposé, ce qui est la cas depuis 2004.
Sébastien
8 mars 2011 @ 20:33
@ Capreolus : le lien suivant (d’époque) évoque pudiquement une acquisition faite par le vicomte auprès de Don Jaime, page X21 en bas à droite :
http://www.dalnet.lib.mi.us/greenstone/dia/diaBulletins/10-2.pdf
J’avoue que je serais curieux d’en savoir plus sur cette affaire…
JAusten
8 mars 2011 @ 20:35
encore merci neoclassigue. la suite du reportage a tenue ses promesses.
est-ce parmi la collection de livres que les fameux carnets ont été trouvés ? ….. oui, je sais, je sors …
Aramis
8 mars 2011 @ 22:22
C’est à un festival de souvenirs royaux, de liens de famille, d’Europe transcendant les frontières nationales que nous a conviés Néoclassique… que je remercie vivement car, même si (ou à cause du fait que) le souci de la défense et de l’illustration de la légitimité n’est pas absent de sa riche contribution, il rend vivants un certain nombre de personnes ayant gravité autour de Chambord et ayant hérité de lui des biens de première grandeur, dont je n’avais pas idée, encore que certains se sont depuis volatilisés, hélas… mais il y aurait toujours dans les murs du château des souvenirs éminents ? et on ne saurait où ? et les techniques modernes ne permettraient pas d’identifier l’endroit ? Quelle étrangeté !… de quoi alimenter notre curiosité …
neoclassique
8 mars 2011 @ 22:28
A Sébastien 40
merci pour votre information sur le tableau de Bellini.
UNe chose est certaine, c’est que jamais le vicomte de canson n’a acheté quoi que ce soit à Don Jaime. Il était seulement chargé de mettre des chefs d’oeuvre à l’abri. Il s’est appuyé sur la débâcle de la 1ere guerre pour laisser croire qu’il avait acheté l’ensemble au duc de Madrid. Don Jaime a été totalement abusé par Canson et ne lui a fait signer aucune reconnaissance de dépôt. Canson a ensuite tout vendu pendant près de 10 ans en louant un hôtel particulier sur les Champs-Elysées puis en louant une galerie à new-York. Je suis preneur de toutes informations sur le sujet.
JAusten 41
Non les carnets personnels du comte de Chambord ont une toute autre provenance. ILs proviennent des papiers qui furent laissés au chef de la maison de Bourbon, puis à ses héritiers.
neoclassique
8 mars 2011 @ 23:01
Aramis
j’apprécie beaucoup votre commentaire, j’y suis très sensible et vous en remercie vivement.
Vous et moi n’avons pas les mêmes options à ptopos de la question royale mais j’ai toujours grand plaisir à échanger avec vous. Et je pense que notre débat contradictoire est à la fois riche, constructif et respectueux.
Charles
8 mars 2011 @ 23:51
Je conseille a tous la lecture de l’excellent ouvrage de Jean-François Chiappe intitule « Le comte de Chambord et son mystère » aux éditions Perrin ainsi que le journal du comte de Chambord annote par l’excellent Philippe Delorme aux éditions Francois-Xavier de Guibert.
Ces deux ouvrages sont essentiels pour comprendre la vraie personnalité du dernier Bourbon français.
Je remercie ici Ph Delorme pour sa ténacité. Grace a lui, nous connaissons désormais mieux l’état d’esprit du petit-fils de Charles X.
Ces carnets ont été retrouve grace a Ph Delorme, dans le patrimoine d’une princesse de Bourbon de Parme et de son fils.
Ces carnets ont quitte le patrimoine des Bourbon-Parme et sont aujourd’hui
la propriete d’un collectionneur prive.
Actarus
9 mars 2011 @ 04:21
Excellent travail Néoclassique, un grand bravo et surtout merci. :)
Amitiés de Votre affectionné Actarus, ainsi qu’à Jul, Audouin, etc.
Les commentaires de Michael, on s’en bat la gouyette. ;-)
P.S. : des reliques emmurées, ça me fait rêver… un trésor repose dans ce château, c’est passionnant !
neoclassique
28 décembre 2022 @ 15:39
cher Actarus,
je relis actuellement les posts qui avaient été écrits en réponse à l’article que j’avais commis il y a quelques années sur « le château de Frohsdorf, Versailles de la monarchie légitime en exil ».
Je dois dire que j’ai particulièrement apprécié la qualité des vôtres.
Je vous écris donc des années plus tard pour vous dire que je suis en train d’écrire un livre qui sera très documenté et très illustré sur le château de Frohsdorf.
Au cas où le sujet vous interesserait toujours.
Bien à vous
neoclassique
Ribiere
22 janvier 2023 @ 18:27
Cher néoclassique ,
Egalement passionné par le chateau de Froshdorf et les souvenirs de nos princes, et en possédant d’ailleurs moi-meme par tradition familiale , j’attends avec impatience la publication de votre ouvrage de reference sur le sujet
Merci par avance de bien vouloir m’en aviser ,
Bien cordialement
PrincedeConti
11 avril 2025 @ 08:31
Bonjour Neoclassique,
Excuse-moi de n’intervenir que 14 ans après la publication de ce post, très intéressant au demeurant. Je souhaiterai contacter le comte Gundaccar Wurmbrand-Stuppach, auriez-vous une adresse où un moyen de le contacter s’il vous plaît ?
Encore merci,
PrincedeConti
Michael
9 mars 2011 @ 08:32
Néoclassique, soyons sérieux, vos discussion avec les Bourbons-Parme ne sont pas des preuves écrites. Pour ma part, je citais les testament même du comte de chambord et ses dernières volontés. Les Bourbons-Madrid, s’ils ont hérité des choses, c’est de la part de la comtesse de Chambord et non des dernières volontés du comte de Chambord.
Capreolus
9 mars 2011 @ 08:35
La bibliographie de Charles (message n°45) –
Que voilà une bibliographie des plus partiales (et l’on sait pourquoi) !
N’oubliez pas non plus, par exemple, les titres suivants :
– Luigi Bader, Les Bourbons de France en exil à Goritz, Perrin, 1977.
– Luigi Bader, Le Comte de Chambord et les siens en exil, Diffusion Université Culture, 1980.
– Jean-Paul Bled, Les Lys en exil, Fayard, 1992.
– Daniel de Montplaisir, Le Comte de Chambord, Perrin, 2008.
Entre autres…
Car parmi les titres plus anciens, on pourrait citer notamment les travaux de Joseph du Bourg ou de Mgr Amédée Curé.
Au passage, je note avec un certain amusement que l’on ne dédaigne pas de faire référence à un vieux et notoire compagnon de route de l’ « extrême droite » (neveu du préfet Jean Chiappe) dès lors qu’il peut servir de caution à la cause des princes au lambel… mais que l’on ne manque pas de diaboliser l’ « intégriste » abbé de Tanoüarn dès lors que l’on veut discréditer la cérémonie organisée par l’Institut de la Maison de Bourbon à la chapelle expiatoire.
Audouin
9 mars 2011 @ 08:43
L’ouvrage de Jean-François Chiappe est intéressant mais il comporte un certain nombre d’erreurs et de contradictions.
Exemple: page 346, l’auteur écrit justement: « Henri V ne pouvait pas désigner son successeur; c’eût été déroger aux lois fondamentales du Royaume ».
Au paragraphe suivant (page 347), Chiappe n’hésite pas à se contredire en ajoutant: » Jamais Henri ne reconnut les droits des Espagnols ». Evidemment!
Il n’a pas non plus « reconnu » les prétendus droits des d’Orléans.
Quant à moi, je recommande vivement la lecture de l’excellent ouvrage de Daniel de MONTPLAISIR: « Le Comte de Chambord, dernier Roi de France », aux Editions Perrin.
Audouin
Michael
9 mars 2011 @ 08:46
Don Jaime de Bourbon assigne les Orléans devant le tribunal civil de la Seine le 7 juin 1896 mais il et débouté de sa demande le 28 juin 1897. Il est alors cité comme prince « étranger » à la France.
Charlanges
9 mars 2011 @ 08:47
Aux ouvrages cités par Charles (45), on peut également ajouter le passionnant livre de Dominique Lambert de La Douasnerie « Le drapeau blanc en exil, lieux de mémoire (1833-1883) », paru en 1998 (librairie édition Guénégaud, Paris), encore disponible à la FNAC. C’est un passionnant et émouvant pélerinage à Göritz, Trieste, Prague et Frohsdorf et une remarquable évocation de la vie de la famille royale et de son entourage en exil.
Michael
9 mars 2011 @ 08:51
Déclaration de la comtesse de Chambord, 2 sept 1883:
Connaissant les intentions de mon mari, je déclare que je veux que son enterrement soit un acte de famille, et pas un acte politique; et que la place de chacun soit réglée par le degré de parenté.
(Source: Joseph du Bourg: Les Entrevues des princes à Frohsdorf, 1873 et 1883, la vérité et la légende. Paris, 1910. p. 268. Cité par Alain Jossinet: Henri V. Paris, 1983. p. 525.)
Michael
9 mars 2011 @ 08:52
Comte de Damas: Madame reconnaît bien le comte de Paris comme héritier légitime du comte de Chambord?
—Oui, certainement, cela je ne peux l’empêcher.
(Source: comte de Monti de Rézé: Souvenirs sur le comte de Chambord. Paris, 1930; p. 90.)
palatine
9 mars 2011 @ 10:10
Actarus et Aramis
Le Pelletier de St Fargeau, qui vota la mort de Louis XVI et fut assassiné peu de jours apres son vote infame laissa une fille, très riche héritière. Celle-ci, plus royaliste que le roi, avait honte de son père . Elle demanda au peintre David de lui vendre le portrait de son geniteur et David accepta de mauvaise grace, mais apres lui avoir fait promettre de ne pas le detruire. Elle est l’aieule de l’académicien Jean d’Ormesson. Il raconte que le portrait du père de son aieule fut emmuré quelque part dans le chateau de St Fargeau et jamais retrouvé.
Donc là aussi il y a un mystère.
neoclassique
9 mars 2011 @ 10:11
Je suis heureux de constater que cet article que j’ai écrit avec soin et rigueur et qui a permis de mettre en lumière l’histoire mal connue de la branche aînée des Bourbons, c’est à dire celle des rois de France légitimes selon la loi salique, n’a déclenché de la part des orléanistes ni polémique, ni contestation, ce que je considère comme une reconnaissance de fait.
Actarus
9 mars 2011 @ 12:17
Michael s’enfonce dans le pathétique… ;-)
neoclassique
9 mars 2011 @ 12:49
mon Pauvre Michaêl
il est definitivement inutile de predre son temps avec quelqu’un d’aussi buté que vous. Et plus buté que vous, je ne connais pas.
Comme je l’ai dit souvent vous concernant, il ne sert à rien de faire marcher un âne qui veut reculer. je le confirme mais cette fois-ci pour la dernière fois
je préfère consacrer mon temps aux amateurs ouverts et érudits fussent-ils orléanistes mais plus avec vous, ça c’est bien certain.
Michael
9 mars 2011 @ 13:01
Néoclassique 55,
moi qui croyais encore que vous aviez fait ce reportage par passion de l’Histoire… Vous nous avouez qu’en réalité cet exposé n’est là que pour inciter les haines. C’est vrai que votre vision des choses est un peu partiel et surtout votre interpréattion est tirée par les cheveux, mais ca se comprend quand on essaie de falsifier la vérité historique en rapportant des discussions privées de descendants Parme.
neoclassique
9 mars 2011 @ 13:04
Capreolus 48
Bravo pour votre réponse impeccable à la recommandation de lecture faite en 45 et naturellement orientée.
Les ouvrages que vous recommandez font autorité surtout celui de Jean-Paul Bled qui fera partie du comité scientifique de l’exposition que j’organise sur le comte de Chambord.
Quand aux carnets du comte de Chambord qui se trouvaient dans les collections des Parme après avoir figurés dans les successions de tous les chefs de la maison de Bourbon successifs de don Juan à don Alfonso Carlos mort en 36 qui les confia au prince Xavier, ils sont aussi hermétiques sur ce pensait le comte de Chambord que le prince le fut lui-même toute sa vie publique ou privée sur sa succession.
Ces carnets, que j’ai eu en main propre, ne sont que des petits agendas qur lesquels ne sont consignés tous les évènements du quotidien, qui plus est, rédigés de la manière la plus banale qui soit…
Adieu donc veaux, vaches, cochons, couvées pour tous les orléanistes qui pensaient pouvoir y trouver les propos qui auraient permis d’enfin pouvoir adouber leur poulain parisien…. Mais, comme tout le monde, ils sont restés sur leur fin ou faim….
neoclassique
9 mars 2011 @ 13:09
J’oubliais de dire que dans le comité scientifique de l’exposition sur le comte de Chambord, figurera aussi, bien entendu, Daniel de Montplaisir, dont la biographie monumentale du prince publiée en 2008, fait aujourd’hui autorité, reconnue qu’elle est par tous les universitaires « dixneuviémistes » de la Sorbonne.