
Ce vendredi 14 mai 2010 à 9h30 rue de la Ferronnerie à Paris sur les lieux de l’assassinat du roi Henri IV il y a 400 ans, un hommage a été rendu en présence du duc et de la duchesse de Vendôme venus avec leur fils le prince Gaston, le duc d’Anjou et le prince Charles Emmanuel de Bourbon-Parme. Etaient également présents le sous-préfet de Paris qui représentait le Président de la république, le maire du 1er arrondissement, Monsieur Legaret, le Président de la société Henri IV Jacques Perot. Une gerbe de fleurs a été déposée et une minute de silence à été observée en mémoire d’Henri IV. (Merci à Charles et Philippe pour les photos)







Alexis
22 mai 2010 @ 10:27
@ marie-francois :
– les Oléans ne portent pas le patronyme « Bourbon-Orléans ».
– je n’ai jamais écrit que ces princes n’étaient pas successibles (j’ai simplement relevé la coquille de P. Delorme !).
– par jurisconsultes, j’entends : les juristes de l’époque.
Alexis
22 mai 2010 @ 10:28
ORléans, bien sûr !
Bien à vous.
Alexis
22 mai 2010 @ 10:29
@ Philippe : avez-vous bien remarqué que deux Alexis intervenaient sur ce site : Alexis R et moi (Alexis… tout court !).
Bien à vous.
marie-francois
22 mai 2010 @ 10:59
cher Audoin
Pourquoi Charles X donne t il de l’altesse royale a toute la famille d’Orléans ?
C’est la une rupture avec l’ancien régime.
jean-marie
22 mai 2010 @ 11:51
Bonjour.
Voici la déclaration du roi Louis XVIII au duc d’Orléans son cousin en 1819.
Vous êtes de ma famille,vous avez des enfants,madame la duchesse de Berry n’en a pas,j’espère qu’elle en aura,mais enfin elle n’en a pas,votre fils arrivera au trône.
Je ne prétends pas discuter la validité de la branche espagnole,mais je vous dirai franchement ce que je pense qu’elles sont dans l’état actuel des choses.
Je suis sans intérêt à cet égard,cela ne peut me regarder,puisque de mon vivant il ne peut pas en être question.
Si en 1719 Philippe V était revenu en France il serait monté sur le trône sans difficulté car la Nation l’y aurait porté,et votre trisaieul n’aurait eu aucun soutien.Voila ce que je pense.
Charles III y serait peut-être arrivé aussi par la suite de la grande opinion qu’on avait de son caractère et du respect qu’il inspirait.
Ce n’aurait pas été la même chose de Charles IV,c’était déjà bien éloigné,mais le roi actuel n’aurait pas une voix.
Aussi quoique votre fils ne puisse guère être mon successeur immédiat,parce qu’il y a trop entre lui et moi,cependant il est bien possible qu’il y arrive par la suite.
Déclaration du Roi Charles X à son cousin Louis-Philippe duc d’Orléans lors de l’octroi d’altesse royale à tous les princes d’Orléans le 16 septembre 1824.
Le roi Charles x trouvait peu convenable que le premier prince de son sang parut inférieur aux princes de Wurtemberg et aux princes de Bavière.
En parlant du roi Louis XVIII son frère et de ses relations avec les princes d’Orléans:
Le duc d’Orléans:
Il rêvait toujours de la division de la famille royale et des princes du sang qui n’est pas meilleure en pratique qu’en théorie et il ne sentait pas qu’il n’était pas plus dans son intérêt que dans le nôtre de faire deux familles.
Le roi Charles X:
Cela ne vaut pas le diable,reprit-il vivement,il est important pour vous comme pour nous que nous soyons unis,car enfin ,mon cher,écoutez donc,il faut sentir votre position,elle est délicate,elle est importante.
Au fait il n’y a entre le trône et vous qu’un enfant de quatre ans,et c’est peu de chose au monde qu’un enfant de quatre ans.
J’espère qu’il vivra et tout paraît le rendre probable.
Soit je le désire,mais en attendant il nous importe encore plus que dans le cas ou il viendrait à manquer,vous ou les vôtres puissiez recueillir la succession sans difficultés,sans embarras.
Vous savez bien qu’il y a des gens qui rêvent de la branche espagnole,je ne les crois pas très nombreux,mais prenez y garde.
Je désire épargner à la France les déchirements que cela lui causerait.
Ils me font frémir.
Hélène
22 mai 2010 @ 12:18
Philippe Delorme (202).
Merci vous me rassurez. J’ai commandé le livre à la FNAC. Je pense que je l’aurai
mardi, puisqu’il a été expédié.
Je vous raconterai mes impressions à la rubrique du livre cité.
jul
22 mai 2010 @ 12:23
Audouin 209 vous avez raison.
Heureusement que vous êtes là pour refuter les étenernels arguements des « bleu-blanc-rouge ». Ils ont tendance à croire béatement ce que dit Louis Philippe.
l’Altesse Royale à tous les membres de la famille d’Orléans, c’est pour s’assurer de leur fidélité vis à vis de la branche aînée.
Louis Philippe a trahi la confiance de Charles X en volant la couronne d’Henri V, qui n’était qu’un enfant. En ne respectant pas ce qui est à la base de la monarchie : les règles (de succession).
Quelle belle image il aurait donné de lui en soutenant l’enfant roi…Au lieu de cela, il a trahi, à cause de son ambition et de a jalousie pour la branche aînée.
Quand on soutient le principe qu’il faut saisir « une couronne disponible », il ne faut pas s’étonner de se la faire reprendre. Louis Philippe a ouvert la boite de Pandore. Il a donc eu ce qu’il méritait en 1848.
La fin de l’histoire est vraiment plaisante :)
Que cela serve de leçon à tous les usurpateurs en puissance.
Si un prince accepte d’usurper et justifie l’usurpation, niant de fait (jamais en parole lol) l’importance du respect pour les règles de succession, il lance une compétition entre les princes, ce qui va à l’encontre du principe monarchique. Il ne doit pas s’étonner alors que des princes de sa famille s’autorisent à exprimer leur ambition.
Cela devient donc le bazar total.
Voilà pourquoi il faut être strict.
jul
22 mai 2010 @ 12:25
et ne pas faire de Louis Philippe un exemple.
Audouin
22 mai 2010 @ 14:15
marie-françois (214)
« Pourquoi le Roi a-t-il rapproché de lui M. le duc d’Orléans, en lui conférant le titre d’Altesse royale que le feu roi, son frère, lui avait refusé,
– Le duc d’Orléans désirait beaucoup le titre que portait sa femme. Je trouvais peu convenable que le Premier prince de mon sang parût inférieur aux princes de Wurtemberg et de Bavière »
( Source: marquis de Villeneuve: Charles X et louis XIX en exil. Paris, Plon, 1889, p 60)
Audouin
22 mai 2010 @ 14:31
jean-marie (215)
Vous êtes décidément impayable Jean-Marie! Pour la troisième fois, vous nous ressortez ce texte qui ne prouve absolument rien car il a été rédigé par Louis-Philippe lui-même pour le besoins de sa cause!
Il est extrait, ce que vous vous gardez bien de préciser, Jean-Marie, des notes prises par le duc d’Orléans et publiées dans: Ferdinand-Philippe d’Orléans, Souvenirs (annexe,p.410), préparé par Hervé Robert, Genève, 1993
Autant dire que ce texte, provenant de la source que l’on sait, est sujet à caution, c’est le moins que l’on puisse dire.
Audouin
Dominique Charenton (Royauté2)
22 mai 2010 @ 14:48
Décision du 21 09 1824 : « Sa Majesté a accordé le titre d’Altesse Royale à Mgr le duc d’Orléans et à Mgr le duc de Bourbon » in Le Moniteur Universel du 22 09 1824 n°266
Décision du 22 09 1824 : » Le titre d’Altesse Royale accordé par le Roi à Mgr le duc d’Orléans s’étend à tous les enfants de ce prince et à Mlle d’Orléans » in Le Moniteur Universel du 23 09 1824 n° 267
Le Moniteur Universel était le « Journal officiel » de l’époque.
Bien entendu Charles X n’a pas accordé ce prédicat d’Altesse Royale aux infant(e)s d’Espagne qui à l’époque n’étaient qu’Altesse, car ils n’appartenaient pas à la dynastie française et de plus pour les mâles n’étaient pas successibles au trône de France. D’ailleurs ils n’étaient pas sur les listes des Pairs de France, comme le sont tous les princes du sang successibles depuis Henri III.
Sur les fameuses « lois fondamentales » il y a beaucoup à dire , mais il ne faut pas oublier qu’elles sont le fruit de princes ambitieux qui ont su habilement profiter des circonstances pour evincer la précédente dynastie, assurer la transmissiblité dans leur famille, la primogéniture puis éjecter les filles de la succession….
Sans compter qu’être membre de la dynastie ne faisait pas de vous – EN PRATIQUE- un dynaste successible, si vous étiez à la fois trop éloigné dans la succession au trône ET que vous n’étiez pas un seigneur riche et puissant.
Voir par exemple les Courtenay, quasi retournés à l’état paysan, de même que cette branche des Beaumont Lérins, issue des Evreux Navarre, aînée des Bourbons qui s’est maintenu dans les mâles jusqu’au début du XVIIIème siècle ( La reine Fabiola descend de ces Beaumont Lérins, voir message 24 dans La reine Fabiola à une soirée théâtrale à Uccle )
Damien
22 mai 2010 @ 17:10
Jean-Marie : vous radotez cette invention, déjà publiée sur un autre post.
Allez vite vous confessez, c’est lassant à la longue…
R-N
22 mai 2010 @ 17:17
Ni les jurisconsultes de l’époque ni les partisans d’aujourd’hui ne résoudront une question fort complexe.
La solution viendra, elle ne se trouve pas dans les arguments présentés.
Philippe
23 mai 2010 @ 12:53
Bonjour à tous,
Oui, cher Alexis « Toucourt », j’ai bien compris que vous étiez deux, désormais, à porter votre beau prénom impérial… J’espère n’avoir
pas commis l’indélicatesse de vous prendre l’un pour l’autre… mais ne crois pas l’avoir fait ?..
Du reste, vos styles respectifs, ainsi que vos préoccupations, me
semblent nettement différents. Vous êtes ici, Alexis, le juriste le plus accompli, l’Amoureux du Droit, quand Alexis R., je le taquine,
s’essaie plutôt, et à mon avis inopportunément, à la police des
moeurs…
Bien à vous,
Phil.
Philippe Delorme
23 mai 2010 @ 13:52
Pour aller dans le sens de Dominique Charenton (Royauté2) (218), voici un petit « exposé » que j’avais publié, il y a quelques années, sur un autre forum « royal », à ce sujet. Je le redonne, en « copier-coller » :
Je vais essayer de démontrer que les pseudo-légitimistes actuels se placent en contradiction avec la tradition capétienne et aussi avec la législation de la Restauration en affirmant la successibilité des étrangers. Et démontrer parallèlement que Louis XVIII (et donc Charles X qui n’a rien changé aux ordonnances de son frère sur ce point) excluaient bel et bien leurs cousins étrangers.
Rappelons d’abord deux articles de la Charte de 1814 :
« Article 30 : Les membres de la famille royale et les Princes du sang sont Pairs par le droit de naissance. Ils siègent immédiatement après le Président, mais ils n’ont voix délibérative qu’à vingt-cinq ans.
« Article 31 : Les Princes ne peuvent prendre séance à la Chambre que de l’ordre du Roi, exprimé pour chaque session par un message, à peine de nullité de tout ce que aurait été fait en leur présence. »
Selon la théorie des pseudo-légitimistes actuels, ou si le roi Louis XVIII considérait ses cousins descendant de Philippe V comme dynastes, et donc « membres de la Famille royale et Princes du sang », le roi d’Espagne Ferdinand VII, ses fils Carlos et Francisco de Paule – mais également le roi des Deux-Siciles Ferdinand Ier ou encore le duc de Parme Charles II – tous étrangers, auraient été pairs automatiquement, « par droit de naissance ».
Or, peu après l’octroi de la Charte, le 4 juin 1814, Louis XVIII tient à promulguer une ordonnance « relative aux lettres de naturalisation nécessaire à tout étranger pour siéger dans l’une ou l’autre Chambre », que voici :
« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre. A tous ceux qui ces présentes verront, salut :
Nous nous sommes fait représenter les ordonnances des Rois nos prédécesseurs, relatives aux étrangers, notamment celles de 1386, de 1431, et celle de Blois, art. 4, et nous avons reconnu que, par de graves considération, et à la demande des Etats-généraux, ces ordonnances ont déclaré les étrangers incapables de posséder des offices et bénéfices, ni même de remplir aucune fonction publique en France.
« Nous n’avons pas cru devoir reproduire toute la sévérité de ces ordonnances, mais nous avons considéré que, dans un moment où nous appelons nos sujets au partage de la puissance législative, il importe surtout de ne voir siéger dans les Chambres que des hommes dont la naissance garantit l’affection au Souverain et aux Lois de l’Etat, et qui aient été élevés, dès le berceau, dans l’amour de la patrie.
« Nous avons donc cru convenable d’appliquer les anciennes prohibitions aux fonctions de Députés dans les deux Chambres, et de nous réserver le privilège d’accorder des lettres de naturalisation, de manière que nous puissions toujours, pour de grands et importants services, élever un étranger à la plénitude de la qualité de citoyen français ; enfin nous avons voulu que cette récompense, l’une des plus hautes que nous puissions décerner, acquit un degré de solennité qui en relevât encore le prix.
« A ces causes, Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
« Article Ier : Conformément aux anciennes Constitutions françaises, aucun étranger ne pourra siéger, à compter de ce jour, ni dans la Chambre des Pairs, ni dans celle des Députés, à moins que, par d’importants services rendus à l’Etat, ils n’aient obtenu de nous des lettres de naturalisation vérifiées par les deux Chambres… »
Notons tout d’abord que Louis XVIII souligne que les « anciennes Constitutions françaises » interdisaient formellement à des étrangers « de remplir aucune fonction publique ». La royauté n’est-elle pas une « fonction publique », la plus éminente ?
Mais un simple raisonnement logique permet de relever la contradiction qui apparaît ici entre l’affirmation de nos « pseudo-légitimistes » (« les princes étrangers sont successibles ») et ces textes organiques de Louis XVIII :
Soit F, l’ensemble de tous les citoyens français, et soit P l’ensemble de tous les membres de la Chambre des Pairs.
Selon l’ordonnance du 4 mai 1814, P est un sous-ensemble de F, puisque « aucun étranger ne pourra siéger […] dans la Chambre des Pairs ». En langage mathématique, on dira que l’ensemble P est inclus dans l’ensemble (P F). En français courant, on dira que tous les pairs sont aussi citoyens français.
Soit maintenant R, l’ensemble de tous les « membres de la famille royale et les Princes du sang ». Selon l’article 30 de la Charte, tous les éléments de cet ensemble sont pairs « par droit de naissance ». En langage mathématique, on dira que l’ensemble R est inclus dans l’ensemble P (R P).
Donc, si R P et P F, cela implique que R F, donc en langage courant, que tous les membres de la famille royale et princes du sang sont citoyens français. Les Bourbons non citoyens français (car Espagnols, ou Italiens) ne peuvent être « pairs par droit de naissance » puisque la qualité de pair est conditionné par la nationalité française de l’intéressé. Il y a là une contradiction flagrante que Louis XVIII , s’il avait considéré ses cousins étrangers comme « membres de la famille royale et princes du sang » n’aurait pas manqué de résoudre, par exemple en ajoutant un article à l’ordonnance du 4 mai, un article ainsi rédigé : « La clause de nationalité ne s’applique pas aux Bourbons issus du duc d’Anjou devenu Philippe V d’Espagne ».
Si Louis XVIII ne l’a pas fait, c’est qu’à l’évidence, il ne considérait pas ses cousins étrangers comme princes du sang et successibles au trône de France. En voici deux preuves :
1/ Le 6 octobre 1815, le roi promulgue une ordonnance « qui autorise les Princes de la Famille et du Sang royal à prendre séance à la Chambre des Pairs durant la session de 1815 ». La voici :
« Louis, etc. Article Ier : Conformément à l’article 31 de la Charte constitutionnelle, les Princes de notre Famille et de notre sang prendront, pendant la présente session, à la Chambre des Pairs, le rang et séance qui leur appartient par droit de naissance… »
Je n’ai pas sous les yeux le Livre de la Pairie qui recensait les membres de la Haute assemblée, ni les procès-verbaux de session, mais je ne crois pas me tromper en affirmant que ni le roi Ferdinand VII d’Espagne, ni ses fils, ni le roi des Deux-Siciles, ni le duc de Parme, ni aucun des princes issus de Philippe d’Anjou, n’ont été concernés par cette ordonnance, ni n’ont siégé à la Chambre des Pairs, de 1815 à 1830. L’auraient-ils voulu, d’ailleurs, qu’ils n’eussent pu le faire, en vertu de l’ordonnance du 4 mai 1814.
2/ Le 23 mars 1816, Louis XVIII promulgue une ordonnance « qui règle les formalités nécessaires pour constater l’état civil des Princes et Princesses de la Maison royale. » La voici :
« Louis, etc. Article Ier : Notre Chancelier remplira, par rapport à Nous et aux Princes et Princesses de notre Maison, les fonctions attribuées par les lois aux officiers de l’état civil.
En conséquence, il recevra les actes de naissances, de mariage, de décès, et tous autres actes de l’état civil prescrits ou autorisés par le Code civil. […]
Article 5 : Nous indiquerons les témoins qui devront assister aux actes de naissance et de mariage des Membres de notre Famille. »
Je note que le texte évoque des « formalités nécessaires », donc tout acte, sans exception, concernant un prince ou une princesse de la Maison de France devra désormais figurer sur ces registres particuliers. Au surplus, le souverain prévoit de désigner lui-même des témoins pour les actes de naissance et de mariage.
Bien entendu, je n’ai pas sous les yeux ledit registre, mais il m’étonnerait fort qu’il renferme – par exemple – l’acte de décès de l’ex-roi Charles IV d’Espagne, mort en 1818, ou l’acte de naissance, quatre ans plus tard, de don Juan de Borbon y Braganza, comte de Montizon et futur Jean III des pseudo-légitimistes.
Or, afin de bien marquer tout ce que cet enregistrement avait de « nécessaire » pour tout prince ou princesse de la Maison royale, Louis XVIII tiendra, un an après sa première ordonnance, à en prendre une seconde – le 21 mai 1817 -, « relative aux actes de l’état civil de la Maison royale, antérieurs à l’ordonnance du 23 mars 1816. » La voici :
« Louis etc. Sur ce qui nous a été représenté que par notre ordonnance du 23 mars 1816, communiquée le même jour à la Chambre des Pairs et à la Chambre des Députés, nous avons déterminé les formalités qui seraient observées à l’avenir pour constater l’état civil des Princes et Princesses de notre Maison, mais qu’il n’a été rien statué sur les actes dudit état civil antérieurs à notre ordonnance, et qui n’auraient point été passé dans la forme prescrite par les lois actuelles ;
Voulant y pourvoir et assurer l’effet desdits actes en ce qui concerne notre très cher et amé neveu le duc d’Angoulême, et notre cher et amé neveu le duc d’Orléans,
Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : […]
Article II : Seront pareillement déposés le contrat contenant les conventions civiles du mariage qui a été contracté, de notre consentement, par notre cher et amé neveu, le duc d’Orléans, avec notre chère et amée nièce, Marie-Amélie, Princesse des Deux-Siciles, ainsi que l’acte de naissance, 1° de Ferdinand-Philippe-Louis-Charles-Henri-Rosolin, duc de Chartres ; 2° de Louise-Marie-Thérèse-Caroline-Elisabeth, Mademoiselle; 3° de Marie-Christine-Caroline-Adélaïde-Françoise-Léopoldine, mademoiselle de Valois, leurs enfants nés à Palermne ; 4° de Louis-Charles-Philippe-Raphaël, duc de Nemours, né à Paris ; 50 de Françoise-Louise Caroline, mademoiselle de Montpensier, née à Twikemham [sic]. La transcription du procès-verbal de dépôt, de l’acte de célébration de mariage et des actes de naissance, aura lieu dans les formes presqrites par l’article Ier. […]
« Article 3. Les transcriptions faites en vertu des articles précédents produiront, à l’égard des actes de l’état civil mentionnés auxdits articles, le même effet que si lesdits actes eussent été reçus par notre Chancelier dans la forme prescrite par notre ordonnance du 23 mars 1816. »
Encore une fois, Louis XVIII – et Charles X après lui – n’a jamais ressenti le besoin d’enregistrer ou de retranscrire aucun acte concernant un quelconque descendant de Philippe V d’Espagne. Or, puisque cette formalité apparaît, au regard de ses deux ordonnances, comme « nécessaire » et produisant un « effet » – celui d’être considéré comme membre de la Maison de France -, c’est bien que les Bourbons d’Espagne et d’Italie n’étaient pas considérés comme membre de ladite Maison. Bien entendu, que l’on ne me dise pas que ces actes n’ont pas été retranscrits parce que les intéressés résidaient hors des frontières du royaume : on notera seulement que le duc d’Angoulême s’est marié à Mitau – actuellement Jelgava en Lettonie -, et que plusieurs enfants d’Orléans sont nés en Sicile ou en Angleterre.
En conclusion :
1/ l’affirmation pseudo-légitimiste selon laquelle un prince de la Maison de France peut-être étranger est erronnée, puisque la Restauration a rappellé non seulement qu’un étranger ne pourrait excercer aucune fonction publique, mais encore que les princes de la Maison de France, pairs par droit de naissance, ne pouvaient être que français.
2/ Louis XVIII a exclus formellement et légalement les Bourbons non français de la Maison de France et de la succession au trône, en les excluant de la Chambre des Pairs, ainsi que de l’inscription « nécessaire » dans les registres de l’état civil de la Maison royale.
Philippe Delorme
Audouin
23 mai 2010 @ 17:05
R-N (223)
La « solution »? Mais on la tirera d’une pochette-surprise, ben voyons…
Audouin
23 mai 2010 @ 18:08
Philippe DELORME (225)
PhD qui ne désirait pas en « remettre une couche » pour ne pas barber les habitués de N&R (cf son msg n°182)nous en sert maintenant une vraie tartine dont j’espère seulement qu’elle ne restera pas sur l’estomac de ceux qui comme moi l’ont avalée jusqu’au bout…
Que dire d’un texte touffu et peu clair et qui mélange savamment des problèmes qui n’ont rien avoir les uns avec les autres?
Pas grand chose sauf que ce pavé indigeste ne change rien à l’état de la question. Personne n’a jamais nié que les descendants de Philippe V fussent devenus espagnols et qu’à ce titre ils n’avaient évidemment pas à siéger dans les instances du royaume de France. Mais étrangers, ils n’en restaient pas moins successibles en France parce qu’ils ne cessaient pas d’appartenir au Sang de France.
« Un capétien né à l’étranger ou vivant à l’étranger devenant l’aîné dans l’ordre de primogéniture devenait automatiquement Roi de France et donc Français. »
Ce n’est pas moi qui le dis, mais le duc de Saint-Simon, grand ami du duc d’Orléans. (Papiers en marge des Mémoires, éditions François-Régis Bastide, Paris, le Club français du livre, 1954,pp.249-250, à propos justement des changements arrivés à la dignité de duc et pair de France…
Audouin
Ahmed REDAH BEK
23 mai 2010 @ 18:43
Je viens de lire l’argumentation de Philippe DELORME et comme juriste, je la trouve parfaite…
Mais je ne veux surtout pas pénétrer dans cette stupéfiante (pour moi) querelle entre les dits légitimistes et les dits orléanistes que je trouve complètement surréaliste dans la dite république monarchique qui nous gouverne actuellement où toute véritable démocratie participative et citoyenne s’est peu à peu évanouie, malgré la fiction d’apparentes élections. Avoir un chef d’état qui en fait, de quelle tendance qu’il soit, ne représente qu’à peine 15% du corps électoral (quand on n’onlève pas les non-inscrits mais pouvant l’être, les inscrits mais ne votant pas, ceux votants blanc ou nul) n’existe, en Europe que pratiquement qu’en France,compte tenu que ce dit chef d’état à un pouvoir quasi « absolutiste » que n’avait pas Louis XIV ! Pouvoir exécutif complet, absolu contrôle du pouvoir législatif et subordination plus que forte du pouvoir judiciaire. Si nous ne sommes pas en monarchie (le pouvoir d’un seul, même s’il est élu -l’empereur romain l’était aussi) dans le sens premier du terme, alors j’en perds mon français.
En dehors des cas particuliers du Vatican et de Monaco, il n’y a plus de monarchies en Europe. Les rois et reines européens sont rois et reines dans leurs titres et dans leurs fonctions. Ils ou Elles président des démocraties couronnées. Nulle part, dans ces pays on parle de « Monarchie » mais simplement de Royaume. Il me semble qu’il n’y a qu’en France que ce terme de « monarchie » semble les représenter. Curieusement, j’ai vécu ce problème là en Roumanie où la langue française a conservé une grande influence et où le terme de « monarchia » était apparu dans les rues, après la dernière « révolution ». Mon ami, le regretté conseiller d’Etat Paléologue (premier ambassadeur royaliste,en France, de la république roumaine),me disait : »oui, après profonde réflexion, c’est le terme de Royauté que nous devons proposer au peuple roumain et non celui de Monarchie ». Mais la langue française a ce côté particulier de traduire dans l’esprit français, l’esprit de l’autre ! Ainsi, on ne sort jamais des contradictions de language.
Pour revenir à notre sujet. Si j’écoute les dits légitimistes, leur argumentation peut me sembler valable. En ce qui me concerne, je suis royaliste parce que je suis démocrate et pour pousser la comparaison ci-dessus (si vous me suivez !) parce que je suis anti-monarchiste (dans le sens où je l’entends et sans vouloir offenser personne). J’ai un profond respect pour les opinions opposées ou lointaines des miennes. Je trouve seulement curieux que nombre de messages très argumentés en faveur de l’une ou l’autre cause (les dites légitimiste ou orléaniste) se terminent parfois par des « mais nous sommes en république et nous y resterons et c’est parfait ». Alors à quoi bon,défendre l’option « LOUIS XX » ou « COMTE DE PARIS » ! J’avoue être souvent perdu dans la manière d’argumenter employée ici et ne savoir quels mots utilisés pour me faire un tant soit peu comprendre !?
Le combat, amusant il est vrai, pour des rubriques FRANCE – BOURBON – ORLEANS et où mettre les deux seconds par rapport à la première, me plonge dans l’étonnement ne pouvant même pas resté béat. Je ne peux tout lire, par manque de temps, mais je n’ai pas encore compris dans toutes les argumentations savantes et historiques développées où, politiquemen parlant, je devais placer le BOURBON par rapport à l’ORLEANS. L’un ne parle pas et le « dauphin » ne l’autre s’exprime trop, si j’ose essayer de vous comprendre !!! Pour moi, et les miens autour de moi, il s’agit seulement de découvrir, si un jour plus ou moins lointain, il y a une chance de retrouver la DEMOCRATIE (synonyme d’un peu plus de justice et d’équité sur notre chère terre de France) par la « Révolution » dans le sens noble du terme d’un PRINCE DEMOCRATE et HUMANISTE ! Ce Prince, dans notre esprit -et ceci est partagé par nombre de français qui n’ont jamais l’occasion de s’exprimer- aurait le premier mérite de nous délivrer du Monarque républicain.
Mesdames,Messieurs, si vous êtes monarchistes, dites-nous ce que vous entendez sous cette appellation. Vous arriverez peut-être à nous convertir. Il ne s’agit pas,ici, de pénetrer dans toutes les arganes de la Politique; il y a d’autres lieux pour cela. Mais simplement nous dire pour quelle raison profonde,vous êtes,BOURBON ou ORLEANS ! Laissez l’HISTOIRE ! On a compris! Vous avez tous raison. Mais si L’UN comme L’AUTRE n’ont pas la moindre chance d’accéder à la magistrature suprême, alors à quoi bon se disputailler pour des titres « de courtoisie » ou des rangs de préséance ou la couleurs des cheveux de l’un par rapport à l’autre! Louis et Jean se rencontrent, se parlent, c’est sympathique ! Et bien, à vous entendre, il faut croire que non !
Pour tout dire si demain, LOUIS avait une chance réelle de devenir Roi, mon suffrage lui serait acquis !Mais si HENRI ou JEAN avait cette même chance, ce même suffrage lui reviendrait. Et si, en dernier lieu, plusieurs « prétendants » restaient à s’opposer, il suffirait de les enfermer en « conclave » (et à la diète) jusqu’à les voir se mettre d’accord pour en désigner un. Finalement, je comprends la sagesse d’anciennes monarchies arabes où les princes dynastes se réunissent entre eux pour désigner le plus intelligent et politiquement habile ! Mille pardons à vous tous pour ces paroles qui me pèsent sur le coeur…
Audouin
23 mai 2010 @ 20:19
Philippe DELORME (225)
PhD est un homme absolument merveilleux car il est rarement à court de de ressources. Quand il ne fait pas appel à la théorie des grands ensembles, il manie le syllogisme avec un brio éblouissant. En voici un qui laisse pantois:
Les pairs de France ne peuvent être que Français
Or les princes de la Maison de France sont pairs
par droit de naissance
Donc les princes de la Maison de France ne
peuvent être que Français
Cela me rappelle un autre syllogisme aussi absurde bien connu des élèves de philo:
Les étoiles brillent la nuit
Or le soleil est une étoile
Donc le soleil brille la nuit
Et PhD arrive à cette pirouette vertigineuse: « Louis XVIII a exclu les Bourbons non français de la Maison de France en les excluant de la Chambre des pairs. »
Mais non, Louis XVIII n’a jamais exclu les Bourbons d’Espagne de cette instance pour la raison que la question ne se posait pas!
Et il conclut par une affirmation on ne peut plus spécieuse:
Les Bourbons non français n’étaient pas successibles parce qu’il n’étaient pas pairs.
Et voilà pourquoi votre fille est muette…
Audouin
R-N
23 mai 2010 @ 20:58
Effectivement, la solution viendra d’autre part que de ceux qui jusqu’à présent n’ont été capables de rien de bon et ça fait deux cents vingt-et-un ans que ça dure.
Et si elle vient d’une pochette-surprise, ça vaudra mieux que de ne pas venir du tout comme c’est le cas.
Parler ainsi publiquement de ces choses est ridicule et ridiculise aux yeux de tous l’hypothèse d’une royauté française. C’est à croire que les épouvantails de service des deux camps sont en réalité des agents expédiés pour saper l’image monarchique et ruiner le peu de crédit qu’elle pourrait avoir.
Quant aux autres lecteurs, ils sont lassés et l’ont suffisamment dit ici.
Répondre aux pseudo-arguments de M. Delorme revient à donner crédit à ses assertions.
Martin
24 mai 2010 @ 12:21
Le message 91 est bouleversant et effrayant ! Je remercie tous ceux qui élèvent leurs voix pour le condamner et pour nous rendre attentifs à ses conséquences !
L’hommage à Henri IV doit nous replonger dans l’histoire de France, dans l’histoire des rois de France mais aussi dans des querelles dynastiques que nous commentons avec plus au moins de partialité. La présence de plusieurs membres de la dynastie capétienne témoigne de la tolérance, de l’ouverture, de la grâce de la différence puis tout à coup ce message 91 me paralyse de frayeur ! Je respecte la différence des autres mais je suis choqué quand elle évoque tant de mépris et d’intolérance. Les plus pauvres d’entre nous appellent à l’humanité, à la justice, aux droits de l’Homme. Henri IV devait être un bon roi !
Philippe Delorme
24 mai 2010 @ 12:53
Ahmed REDAH BEK (228). Merci, votre approbation en tant que juriste me semble très importante. Plus importante en tout cas que les vociférations de quelques folliculaires à la retraite et autres partisans à court d’argument. Enfin, chacun lira les interventions des uns et des autres, et se fera sa propre opinion, en toute bonne foi.
PHD
Brigitte - Anne
24 mai 2010 @ 14:23
Audouin ,
je ne souhaite pas débattre avec vous sur le fond de vos commentaires car je ne suis en rien spécialiste de ces questions !
Mais vous lire est toujours un régal car votre » écriture » est Royale … il y a toujours cette pointe d’humour derrière vos mots qui me ravit ….Merci !!
Bien à vous
Sigismond J.
24 mai 2010 @ 18:43
Un nouvel article (en espagnol) avec de nouvelles photos des cérémonies du 14 mai (basilique Saint-Denis et rue de la Ferronnerie) : http://www.hola.com/famosos/2010052314469/luis-/alfonso/funeral/1/
Le duc d’Anjou est sur le même rang, côté droit, que le représentant du président de la République, côté gauche. Comme on peut le voir aussi sur cette photo : http://www.purepeople.com/media/le-14-mai-les-royalistes-assistaient_m410653
Brigitte - Anne
24 mai 2010 @ 19:07
Sigismond J.
Avez vous remarqué la ressemblance du duc d’ Anjou avec son père sur la 2 ème photo produite pa
Brigitte - Anne
24 mai 2010 @ 19:08
Mauvaise manoeuvre ….
par hola ….
jul
24 mai 2010 @ 19:14
Super Sigismond
Le petit Gaston d’Orléans est vraiment mignon
marie louise
24 mai 2010 @ 22:02
Etonnant comme Ph Delorme a le même genre de défense et de susceptibilité que Charles!Etonnant!
Audouin
24 mai 2010 @ 22:26
Brigitte-Anne (233) et Marie-Louise(238)
Merci Brigitte-Anne d’avoir pris la peine d’écrire ce petit mot de soutien. Mais vous vous en êtes rendu compte: on ne déboulonne pas facilement, sans provoquer chez eux des glapissements douloureux, ces « historiens professionnels auto proclamés » à la réputation largement surfaite, mais qui font encore illusion chez certaines lectrices de la presse pipole…
Bien à vous deux.
Audouin
Alexis
26 mai 2010 @ 10:58
@ Philippe Delorme : le droit possède une certaine logique et votre construction tente de s’y conformer ; c’est ce que semble vous reconnaître Ahmed REDAH BEK.
Néanmoins, et cela est surtout vrai sous une monarchie parlementaire, tout ce qui touche à la constitution (peu importe ici qu’elle porte le nom de charte) n’est PAS de la compétence du monarque (je laisse volontairement de côté certains développements sur les pouvoirs constituant et constitué) ! Et c’est vraisemblablement la raison pour laquelle les textes ne disent rien, en la matière, sur les Bourbons d’Espagne.
Toutefois, il est possible qu’une évolution commence, à ce moment, à se dessiner. En d’autres termes, la Nation (au sens révolutionnaire) imposerait des « princes nationaux » dans le cadre de la nouvelle monarchie. Cependant, ce ne sont que des hypothèses – qui tranchent allègrement avec l’ancien droit.