
A l’auditorium du Grand Palais à Paris, le duc d’Anjou a assisté à la conférence de presse relative à la relique de la tête du roi Henri IV qui a été retrouvée et authentifiée par des scientifiques. Le duc d’Anjou était entouré par plusieurs directeurs de musées nationaux, le président de la société Henri IV et des membres de l’Institut. Pour rappel, la tête du roi Henri IV décédé en 1610 (on a d’ailleurs commémoré cette année le 400ème anniversaire de son décès) a connu de nombreuses péripéties dont une vente chez Drouot en 1913 pour 3 francs avant d’être finalement retrouvée en 2008 chez un particulier. Selon le British Medical Journal, la tête momifiée est en très bon état de conservation, comportant des cheveux et des restes de barbe. Le duc d’Anjou a exprimé son souhait de voir la relique reposer à la basilique de Saint Denis. (Copyright photo : Getty images – Source : Le Figaro – Merci à Septembre, Marie du Béarn, Germain, Fleur de LysGue et Marie JFB)
Nemausus
23 décembre 2010 @ 10:39
Si un article paraissait dans une revue scientifique, alors oui les lecteurs pourraient se fier à son contenu car le point de vue partisan royaliste à analyser le sujet n’aurait pas sa place dans une revue spécialisée… mais dans PDV !!! il est clair que tout le monde peut compter sur l’objectivité d’un journal et d’un journaliste s’affichant comme orléaniste ! c’est consternant !!!
Charles
23 décembre 2010 @ 14:22
Nemausus,
Savez-vous que le mouvement orléaniste est mort de sa belle mort depuis la fusion en 1873?
De nos jours il y a les monarchistes et ceux qui en appellent à une branche espagnole?
Audouin
23 décembre 2010 @ 19:07
Charles (182)
Le saviez-vous? La branche espagnole est devenue en 1883, en application de la règle capétienne de primogéniture, la branche aînée de la Maison de Bourbon dont la branche cadette est constituée par la famille d’Orléans. Les fidèles de la première s’appellent les légitimistes, les partisans de la seconde, les orléanistes.
Audouin
Michael
23 décembre 2010 @ 20:02
certaines personnes se sont étonnées de trouver un prince espagnol présenté par les journalistes comme héritiers des rois de France. le bon sens des francais et de don Luis-Alfonso de Bourbon, lui-même est plus fort. Il est avant tout le chef d’une maison de Bourbon qui s’est implantée un peu partout en Europe et notamment en France. Quand aux Français, ils ne sentiront représentés que par un prince français
Mary
23 décembre 2010 @ 22:52
Actarus et Ph.Delorme,
Merci d’avoir pris le temps de me répondre.
Actarus,j’adore votre néologisme »actaruser »!Je suis ravie que mon « bourrage de crâne » vous ait plu…
A bientôt.
Nemausus
23 décembre 2010 @ 23:31
Charles,
vous êtes libre de rêver tout éveillé et de vous bercer de vos propres illusions …
Mais je vais vous décevoir … il existe bel et bien des monarchistes (dont beaucoup ne vivent pas avec l’utopie d’une future restauration) qui ne se rangent pas du tout derrière vos cadets….
jean-marie
24 décembre 2010 @ 12:44
La très grande majorité royaliste légitimiste s’est rallié au comte de Paris lors des funérailles d’Henri de Bourbon comte de Chambord à Goritz et pas au prince Don Juan de Borbon comte de Montizon qui était lui même nommé par le comte de Chambord comme prince Espagnol
Les vrais légitimistes Français ne voulaient en aucune manière d’un prince étranger même si c’était un Bourbon,pourquoi auraient-ils été chercher un prince étranger alors qu’ils avaient des princes en France.
Car ce comte de Montizon était Espagnol et la monarchie Française n’a jamais eu de roi issu de l’étranger.
Au décès du comte de Chambord c’est tout naturellement la branche cadette Française qui est devenu légitime.
C’est bien dans ce sens que les Français l’ont compris et les monarchies Européennes aussi.
Aramis
24 décembre 2010 @ 13:14
Nemausus comment peut on être monarchiste et considérer comme une utopie une future restauration ? Le monarchiste croit a sa cause ou sinon il ne peut se définir comme monarchiste. Ou alors je ne comprends rien … Si l’on entend par là le seul service de la mémoire de nos rois, point besoin d’être monarchiste…être republicain peut suffire pour peu que l’on
ne soit pascde ceux qui considérent que la France est née en 1789…
Charles a le mérite d’ être logique quand il acheve ses mesages par la Renaissance de l’espérance…
padraig
24 décembre 2010 @ 16:08
Audouin 183
Bzzz…. Bzzz…
Audouin
25 décembre 2010 @ 14:08
Padraig (187)
Je présume qu’il s’agit là de votre message de Noël en version originale? Un peu court peut-être, mais à chacun son mode d’expression! Bruissez, mon ami. On se fait comprendre comme on peut.
Soyez assuré de toute ma compassion…
Audouin
Padraig
25 décembre 2010 @ 18:59
Audouin 189
Mon vieux,
Je ne faisais que répondre dans votre propre langage, comme vous m’y incitiez dans votre message 151. ;-D
Je pensais me mettre à votre portée et ainsi vous faire plaisir…
Thierry
25 décembre 2010 @ 20:39
@ Padraig et Audouin (en 188 et 189)
Vous me mettez d’une telle bonne humeur, je suis mdr (dit-on, je crois, en langage de l’homme internétique des cavernes) (=mort de rire) et bon Noël encore à vous deux, il reste encore quelques heures, non?
Audouin
25 décembre 2010 @ 23:09
Padraig (191)
Je constate effectivement avec plaisir que je ne suis pas le seul que vos pitreries de vieux gamin mettent en joie!
Audouin
Philippe Delorme
26 décembre 2010 @ 11:26
Jean-Marie (187). D’accord avec votre analyse. J’apporterai les précisions suivantes.
A la mort de Chambord, en 1883, un grand nombre d’orléanistes, déçus par l’échec de la « Fusion » et l’impossibilité d’une restauration à cause de l’intransigeance de « Henri V » s’étaient déjà ralliés à une république conservatrice (cela avait été la « république des ducs »).
Les légitimistes, en effet, dans leur très écrasante majorité ont reconnu « Philippe VII » d’Orléans comme le nouveau « roi » légitime. D’abord parce qu’il aurait été inconcevable, dans l’esprit du temps, de « sacrer » un prince espagnol, et parce que, depuis Louis XV, il était bien clair que la descendance de Philippe V était exclus de la succession, c’est un fait historique que les actes et les déclarations de tous les rois de Louis XV à « Henri V » confirment surabondammement. En outre, imaginer que « Henri V », avec sa passion da la vérité, sa rectitude morale (cf. le drapeau blanc) aurait laissé tous ses partisans croire qu’il considérait les d’Orléans comme ses successeurs légitimes, aurait berné lesdits d’Orléans en leur faisant miroiter, avec la « Fusion », une succession qu’il leur aurait dénié dans son for intérieur. Un tel machiavélisme ne correspond absolument pas au caractère de ce prince.
Après avoir travaillé durant plusieurs années sur ses Carnets pour les éditer, je puis vous dire que tout dans sa psychologie exclut un tel « calcul ». Chambord était un idéologue, enfermé dans ses certitudes. S’il avait cru ou estimé que les Espagnols devaient lui succéder, il l’aurait dit, proclamé. en tout cas, il aurait détrompé ses partisans qui, de bonne foi, croyaient que les d’Orléans étaient les successeurs légitimes.
Cela d’autant plus que Chambord détestait, non pas ses cousins d’Orléans, mais tout ce que représentait pour lui l’orléanisme politique : c’est à dire l’idée d’une royauté constitutionnelle et parlementaire, compromise avec la « Révolution », la royauté du drapeau tricolore.
Il haïssait sans doute le mauvais tour que lui avait fait la Providence en ne lui donnant pas de fils, et en faisant des d’Orléans les héritiers du trône. Vous pensez donc bien que, s’il l’avait pu (ou s’il avait cru le pouvoir),il aurait écarté cette branche « maudite », en proclamant la légitimité des Bourbons d’Espagne. Certains disent qu’il aurait même songé pour cela à son neveu Robert de Parme. Mais il ne l’a pas fait. Il s’est muré dans un silence buté, ne laissant entrevoir qu’à de rares moments dans ses Carnets, par des allusions indirectes, que’il ne remettait pas en cause la légitimité des d’Orléans à lui succéder. Enfin, que des membres de son entourage (la comtesse de Chambord, le père Bole en particulier) l’ait un peu « cuisiné » dans les dernières années de sa vie pour l’inciter à changer d’avis, me paraît très plausible. Mais il n’a jamais cédé à leurs sollicitations. Il a préféré choisir la désespérance. Plus que Louis XV, il aurait pu prendre comme devise « après moi le déluge ». Il a pensé que le principe qu’il incarnait (celui d’une monarchie de droit divin) mourrait avec lui. Aussi a-t-il préféré faire avorter la chance d’une restauration.
Pour en finir avec ce long discours, ceux de ses partisans qui partageaient cet état d’esprit pessimiste se sont sabordés avec lui. Beaucoup de légitimistes ont quitté la politique, sont restés dans leurs châteaux avec leurs souvenirs. Ceux qui croyaient encore en l’avenir ont pour la plupart ralliés la cause de « Philiippe VII » comme roi légitime (c’est pourquoi c’est un contresens historique de parler d' »orléanisme » à partir de cette date). « Philippe VII » lui-même a subi cette évolution : ses anciens partisans libéraux étaient devenus républicains, ses nouveaux partisans étaient les anciens « henriquinquistes », il a adopté une vision plus traditionaliste de la monarchie à venir, à la fois nationaliste et antiparlementaire. Cela aboutira à l’Action française. Quant au « petit reste » d’anciens légitimistes non ralliés et non « retirés », une partie ira se chercher un roi improbable outre-Pyrénées en la personne de don Juan de Montizon, et un encore plus petit reste se tournera vers les descendants de Naundorff (alias « Louis XVII ») ou dans le providentialisme (Dieu désignera le roi, dans une attente millénariste.
Le néo-légitimisme actuel (pour lequel j’ai inventé le mot d’alfonsisme) renaît surtout au lendemain de la Seconde guerre mondiale, avec la personnalité de don Jaime de Bourbon, écarté du trône d’Espagne à cause de son handicap et donc disponible pour des partisans français (en particulier M. le duc de Bauffremont qui sera son principal « inventeur » dans les années 50, 60). Une partie des royalistes orphelins de l’Action française, déçus par le « gauchisme » du feu comte de Paris (qui renouait alors avec une conception plus « orléaniste » de la royauté à construire) ont « élu » ce prince plus conforme à leurs rêves.
Voilà, j’arrête,
Bonne fin d’année !
PHD
Philippe Delorme
26 décembre 2010 @ 11:39
Pour conclure mon long propos précédent, vous remarquerez bien tous que je n’entre pas dans le débat JURIDIQUE pour savoir qui était le légitime héritier dynastique de Chambord, entre Philippe d’Orléans et Juan de Montizon. Je ne fais qu’exposer des faits HISTORIQUES. Chambord avait peut-être tort de croire que les d’Orléans étaient ses héritiers dynastiques, les légitimistes qui l’ont cru aussi avaient peut-être tort également. Cela n’est pas l’objet de la « dissertation » que je vous ai proposée, mais d’établir la réalité de l’état d’esprit des royalistes autour de 1883.
A bien des égards, je pense que « la » querelle Bourbons d’Espagne – Bourbons Orléans tourne autour de ces deux points de vue différents : analyse purement juridique d’un côté, coupée de toute référence historique – vision historique de l’évolution historique et de l’adaptation des principes « éternels » de dévolution au trône de l’autre.
Cordialement
PHD
R-N
26 décembre 2010 @ 20:53
Philippe Delorme (194-195)
L’option, jamais émise, du Comte de Chambord aurait été sans effet sur la succession. Il le savait bien sûr, et c’est pourquoi il ne s’est pas occupé de désigner même ses préférences, puisque, cela aurait été contraire aux fondements de la monarchie qu’il s’attachait à représenter telle quelle et sans innovation. Il est resté dans son rôle en essayant de réconcilier si cela était possible les Orléans avec la monarchie.
Votre portrait psychologique du Comte de Chambord est sans doute bien proche de la réalité. Mais je ne rejoins pas votre description des faits historiques. Les monarchistes de la république des ducs s’attachaient à un prince, Orléans pour les uns, Chambord pour les autres. Leur soutien à un régime de transition, créé sur les décombres du désastre de Sedan et la Guerre de 70, ne représente pas un déni de la monarchie mais un moyen de la retrouver.
Le terme de neo-légitimisme parfois employé par certains avec une intention dénigrante ne doit pas nous abuser : si l’on peut parler d’un renouveau effectif du Légitimisme à partir de la fin de la 2° Guerre, il traduit justement la permanence d’un courant ayant conservé des fidèles depuis le 19° siècle, et ce nouvel élan s’agrège naturellement autour des familles historiques de la Légitimité, qui ont conservé leur fidélité à un principe intact : Bauffremont, bien sûr, et d’autres aussi, parmi les familles les plus considérables. Une étude sera publiée sur ce thème prochainement.
Michael
26 décembre 2010 @ 23:18
Merci Monsieur Delorme pour cette brève synthèse historique. En espérant que les lecteurs du site tiennent compte de vos propos pour se faire un avis.
padraig
27 décembre 2010 @ 00:45
Audouin 193
Je constate avec plaisir que vous avez récupéré…
Vous avez un langage normal. sans onomatopées Cf 151), Je ne parle pas du fond bien sûr, mais de la forme !
En revanche dois-je vous rappeler votre prise de position : « … moi, je n’en perdrai plus désormais à répondre à ce que je considère, pardonnez-moi, comme des gamineries sans importance. »
Si j’en juge par le nombre de vos soi-disant réponses, vous attachez finalement beaucoup d’importance à ces « gamineries ».
Bravo, cela vaut mieux et c’est plus drôle pour tout le monde que vos agressions envers un des intervenant bien connu sur N&R qui vous ont fait exclure naguère du site « capétiens ».
Reposez vous bien.
Francky
27 décembre 2010 @ 01:51
Philippe Delorme
Merci pour ce petit exposé historique qui a le mérite de rappeler les faits de manière impartiale.
Si seulement cela pouvait mettre un terme à tant de querelles stériles et même néfastes au mouvement monarchiste…
Je crois qu’autant de tapage autour de sa tête, a dû donner la migraine au pauvre roi Henri ! ;)
Thierry
27 décembre 2010 @ 03:42
Messieurs, c’est magistral (j’inclus également les récents développements et échanges, dans d’autres fils, se rapportant au même sujet, sous des angles différents). Nous apprenons une tonne de choses.
Aïe! j’arrive toujours pas à choisir mon prince!!!!!!
Padraig
27 décembre 2010 @ 09:46
Philippe Delorme 194
Merci pour ton résumé historique. Il explique bien les raisons historiques des 2 options dynastiques.
N’as tu jamais songé à écrire un ouvrage historique sur ce thème ?
rominet09
28 décembre 2010 @ 01:31
Merci Philippe Delorme, j’apprends beaucoup de choses grâce à vous. Votre culture et savoir sont immenses !
Charles
28 décembre 2010 @ 15:09
Merci à Philippe Delorme de rétablir la vérité.
Le mouvement pseudo-légitimiste n’est justement pas légitime. Les alfonsistes jouent sur les mots pour tromper et réecrire l’histoire à leur façon.
jul
28 décembre 2010 @ 22:30
Charles, les orléanistes jouent sur les mots pour tromper et réecrire l’histoire à leur façon.
Point de Vue était un titre de magazine vraiment adéquat. Il correspond bien aux disciplines des sciences humaines comme l’histoire.
TR
28 décembre 2010 @ 23:03
Monsieur Delorme, comment peut-on dire que le comte de Chambord aurait dû détromper les « futurs orléanistes » de son entourage et en déduire que s’il ne l’a pas fait, c’est parce qu’il considérait les Orléans comme ses successeurs? Aurais-je le droit de dire que s’il n’a pas détrompé les « futurs toujours légitimistes » de son entourage, c’est qu’il savait que la branche carliste devait lui succéder? Je ne le crois pas! On ne peut interpréter son silence, a priori, ni dans un sens, ni dans l’autre.
On peut seulement supposer qu’il ne s’attendait pas à mourir si jeune et attendait un changement de situation, sur lequel on ne peut qu’émettre des hypothèses : la mort du futur Jean III, « comte de Montizon », un libéral dont la personnalité a déçu beaucoup de légitimistes qui se sont alors tournés vers les Orléans; un amoindrissement du nationalisme outrancier de son époque, en quoi il se serait trompé (cf 1914-1918 où les catholiques, a fortiori les royalistes, étaient en première ligne et pourtant enthousiastes); la fin des guerres carlistes; etc.
Je n’ai rien lu non plus indiquant d’une manière ou d’une autre une « désespérance » ou un état d’esprit « après moi le déluge » que vous attribuez aussi, à mon avis à tort, à son ancêtre Louis XV dont la « révolution monarchique » dément de telles accusations.
Lorsque vous écrivez :
« “Philippe VII” lui-même a subi cette évolution : ses anciens partisans libéraux étaient devenus républicains, ses nouveaux partisans étaient les anciens “henriquinquistes”, il a adopté une vision plus traditionaliste de la monarchie à venir, à la fois nationaliste et antiparlementaire. »
je suis parfaitement d’accord, et cela a eu une nette influence. En revanche lorsque vous écrivez ensuite : « Cela aboutira à l’Action française », dans quel sens l’écrivez-vous? Il est probable que l’opinion de Maurras ait été influencée par le fait que la majorité des légitimistes de son temps ait été « fusionniste » — surtout à Paris en fait; Le Temps a assez raillé le faible nombre de légitimistes demeurés fidèles malgré leur déplaisir d’avoir un prince d’apparence étrangère et libéral, tout de même en province il en est resté nettement plus car la province n’ayant pas subi le siège de Paris en 1870-1871, leur nationalisme n’était pas aussi exacerbé que celui des Parisiens. C’est ce qui a permis d’avoir deux vraies « troupes » face à face, les « blancs d’Espagne » et les « blancs d’Eu » (j’aime bien ces quolibets, dommage qu’ils n’aient pas de remplaçants aussi jolis et amusants).
En revanche, l’Action française étant orléaniste du fait du refus de Maurras d’examiner la question dynastique en détail (le fait qu’il l’ait fait plus tard n’ayant pas été suivi), de nombreux légitimistes l’ayant rejointe sont devenus orléanistes, du moins en apparence car nombre d’entre eux sont restés « crypto-légitimistes », ce qui complique la situation. Je l’ai découvert récemment grâce à une série d’articles parue dans « Le Lien légitimiste » sur le grand romancier Jean de La Varende, que j’ai longtemps cru orléaniste et dont j’ai découvert qu’il était légitimiste, par exemple.
La qualification de Jean III (« comte de Montizon ») comme « prétendant improbable » m’étonne : il n’a été rejeté par beaucoup que pour son libéralisme allié avec l’ultra-nationalisme de l’après-guerre de 1870, en revanche Louis-Philippe lui-même (mort vingt ans avant en 1850) considérait les Bourbons d’Espagne comme les légitimes successeurs de la branche aînée sur le trône de France!
Ceci, pour continuer votre propos en restant dans les considérations historiques et sans entrer dans le débat dynastique.
J’y ajoute mon cas personnel : issue d’une famille républicaine, paysanne et peu portée sur l’histoire, je suis devenue au lycée, d’abord royaliste après avoir remarqué les incohérences entre la propagande des manuels d’histoire et les faits historiques dont j’avais connaissance par ailleurs; ensuite je me suis posé la question de savoir qui était le successeur actuel, et je n’ai fait que raisonner par la logique (j’étais « matheuse » il est vrai et ai eu l’agréable surprise d’apprendre que l’un des principaux artisans de la remontée du légitimisme dans les années 50 l’était aussi et avait suivi le même chemin) sans considération affective, car je peux vous assurer que j’aurais alors préféré avoir pour « roi » un homme marié avec une princesse et père de onze enfants, plutôt qu’un homme marié avec une femme au nom d’apparence roturière, divorcé et père de deux enfants seulement, dont un mort. C’est après qu’est venue l’affection pour les princes aînés, et encore après l’admiration; mes informations sur les ancêtres de la mère de l’actuel duc d’Anjou, étant encore plus récentes.
Philippe Delorme
29 décembre 2010 @ 10:27
TR 205 merci pour votre long message sur lequel il m’est difficile de revenir en détail. Au sujet de l’état d’esprit « pessimiste » de Chambord, cette analyse vient de la lecture et de l’édition que j’ai faite de ses Carnets personnels. Cet état d’esprit transparaît nettement dans les dernières années du « règne » (essentiellement aprè 1873), même si « Henri V » espère toujours en une intervention miraculeuse de la Providence, à mesure même qu’il se déconnecte de la réalité de son temps. Il aurait été aveugle jusqu’au bout…
PHD
Philippe Delorme
29 décembre 2010 @ 12:03
Encore un point, TR, vous écrivez : « Monsieur Delorme, comment peut-on dire que le comte de Chambord aurait dû détromper les “futurs orléanistes” de son entourage et en déduire que s’il ne l’a pas fait, c’est parce qu’il considérait les Orléans comme ses successeurs? »
Je pense qu’il y aurait eu une grande dose de duplicité chez Chambord à laisser croire à la quasi totalité des royalistes et des Français qu’ils avaient raison de considérer les d’Orléans comme les héritiers légitimes du trône, si lui pensait le contraire.
Il aurait également, dans ce cas, dupé les d’Orléans qui, en acceptant la « Fusion », considéraient bien qu’ils ne se mettaient derrière Chambord que parce qu’il n’avait pas d’héritier direct, et que la légitimité leur échoirait automatiquement à sa mort.
Chambord leur aurait laissé croire cela, tout en les reléguant dans son for intérieur derrière tous les prines issus de Philippe V, Espagnols, Parmesans et Siciliens ?
Une telle duplicité, une telle hypocrisie est le contraire de la nature profonde de Chambord qui a préféré renoncer à la couronne pour ne pas accepter le drapeau tricolore. S’il avait été aussi machiavélique, il pouvait aussi bien accepter le tricolore, ou se taire à ce sujet (on ne lui en demandait pas plus) quitte à revenir sur ses déclarations une fois sur le trône.
Mais Chambord était un homme tout d’une pièce, incapable de feindre ou de mentir en matière politique. C’est bien là son drame.
PHD
Sigismond
30 décembre 2010 @ 03:00
TR (205)
Votre allusion à la logique et aux mathématiques est très juste. Il est important de souligner que le légitimisme ne s’est construit ni sur des idées politiques, ni encore moins sur une prétendue aversion envers certains princes : en 1883, le Prince libéral était le comte de Montizon, alors que l’aîné des Orléans évoluait vers le nationalisme et l’antiparlementarisme. Les légitimistes ne sont pas allés se chercher un prince… Ils se sont tout simplement inclinés devant l’aîné salique. Le fondement du légitimisme, c’est la succession salique, ce mécanisme si parfait que pendant 843 ans, le roi de France a toujours été l’aîné des Capétiens. Ceux qui ont choisi leur prince, ce sont les orléanistes ex-légitimistes (qu’on pourrait appeler néo-orléanistes), qui avec leur nationalisme ont construit des cloisons factices entre les différentes branches de la Maison de Bourbon.
Une précision : quand vous dites du comte de Montizon qu’il n’a été rejeté par beaucoup que pour son libéralisme allié avec l’ultra-nationalisme de l’après-guerre de 1870, je suppose que vous parlez de l’ultra-nationalisme des orléanistes, pas de celui de Jean III.
Mon parcours est un peu similaire au vôtre. Mon goût pour l’histoire de France m’a conduit vers les Capétiens. Je ne me suis pas encombré de raisonnements politiciens, ni de préjugés envers une branche soi-disant régicide. J’ai tout simplement étudié la généalogie capétienne et cherché qui était l’aîné. La lecture de nombreux livres m’a confirmé que le droit et l’histoire étaient du côté de l’aîné. Et l’affection est venue en apprenant à connaître tous nos Princes. Ils sont la personnification de la France, leur famille a façonné notre pays.
Philippe Delorme
9 janvier 2011 @ 15:46
Pour faire le point sur la contre-enquête autour de la « fausse tête » de Henri IV, je vous suggère de visiter ma page facebook :
http://www.facebook.com/pages/Une-autre-Histoire-avec-Philippe-Delorme/229223613710#!/pages/Une-autre-Histoire-avec-Philippe-Delorme/229223613710?v=wall
Rendez-vous à tous sur Europe 1, jeudi 13 janvier à 13h 30, à l’émission de Michel Field, Café Découvertes. J’y parlerai encore de ce crâne girovague, avec un autre invité.
Cordialement à tous, et bonne année ! (en particulier à notre chère Régine)
Philippe DELORME
Charles
12 janvier 2011 @ 11:09
Philippe Delorme
Merci de nous tenir informé de votre actualité.
C’est très sympathique de votre part.
Bonne année
Bien à vous,
Charles