
Le duc et duchesse de Parme ont présidé la messe en souvenir du roi Louis XVI célébrée en la Chapelle Expiatoire. Comme chaque année, plusieurs centaines de légitimistes se sont retrouvés le dimanche 23 janvier en la Chapelle Expiatoire à Paris pour y célébrer la messe traditionnelle commémorant le 248ème anniversaire de l’exécution du roi Louis XVI.
Exceptionnellement cette année, l’office était présidé par le duc de Parme et de Plaisance accompagné par son épouse la princesse Annemarie et de sa tante la princesse Maria Teresa de Bourbon-Parme. Par ce geste, le prince tenait à manifester la fidélité que les ducs de Parme ont toujours montrée à la mémoire du roi martyr et de la branche aînée des Bourbons (rappelons que le duc de Parme descend du côté paternel en ligne directe du roi Charles X, propre frère de Louis XVI).



Mais il venait également assister à cette messe en mémoire de son grand-père le prince Xavier de Bourbon, duc de Parme qui avait fondé en 1914 le Mémorial de France à Saint Denys et dont le but est de perpétuer l’ordonnance royale du 21 janvier 1815 instituant la célébration de messes en souvenir du roi Louis XVI.

Accueillis par le prince et la princesse de Bauffremont, président de l’Institut de la Maison de Bourbon, le couple ducal a assisté à l’office célébré par l’abbé Guillaume de Tanouarn qui dans son homélie, a parlé du royaume de Dieu mais aussi du royaume intérieur qui est au coeur de chaque chrétien. A l’issue, le duc et la duchesse de Parme ont été félicités par tous les fidèles avant de présider un déjeuner vrassemblant plus de cent convives au cours duquel, en français (le duc est réputé pour être polyglotte), le duc de Parme a prononcé un bref discours. L’assemblée a été charmée par l’extrême courtoisie du prince, sa culture et sa passion de l’Histoire de France ainsiq ue par l’exquise délicatesse de son épouse. (Merci à Néoclassique pour les photos et le résumé)
Thierry
10 février 2011 @ 12:25
@ Alexis R. (en 170)
« …je considère, au risque de passer pour un affreux progressiste, que les chaires à prêcher n’ont pas à être transformées en tribunes politiques. Et je crois que la baisse de la pratique religieuse ne serait certainement pas enrayée par une pareille transformation. »
Nous sommes donc parfaîtement d’accord, puisque ce sont les « progressistes » qui ont utilisé l’Eglise, pour leur message politique,
s’écartant d’autant de leur vocation: s’occuper des âmes et entraînant ipso facto l’inexorable diminution des fidèles, dans un pays déjà fort déchristianisé, au demeurant.
Les séminaires de la Tradition sont pleins, jeunes et ne cessent d’augmenter, moyenne d’âge du clergé « officiel »: de mémoire autour de soixante-quinze ans, avec baisse drastique du nombre des prêtres, jamais remplacés. Les chiffres sont cruels.
« Pour Monaco, je me bornerai à vous répondre que la Principauté est l’un des derniers Etats au monde où la religion catholique soit religion d’Etat. »
On dirait que vous n’en êtes point enchanté: rassurez-vous: avec un prince régnant, père de deux enfants hors mariage (comme je l’ai déjà précisé, qu’il est tout à son honneur d’avoir reconnus et qui seront peut-être d’ailleurs son unique descendance), et qui vit en concubinage, cela n’a plus guère d’importance…
Capreolus
10 février 2011 @ 14:16
En réponse à Michael (cf.message n°175) –
Rassurez-vous, je suis bien au courant qu’au XIVe siècle le duché de Guyenne n’appartenait pas encore au domaine royal. Il n’en demeure pas moins que le duché de Guyenne appartenait au royaume de France. Et entre parenthèses, ce n’était pas en tant qu’ « anglais » qu’Edouard III était duc de Guyenne et vassal du roi de France, mais bien en tant que duc de Guyenne. A ce titre, Edouard III était à la fois duc français (et pair du royaume en tant que duc d’Aquitaine) et souverain étranger.
Pareillement, sous Henri III, Henri de Navarre était à la fois souverain étranger en tant que roi de Navarre, et en France il était duc de Vendôme, duc d’Albret, comte de Foix, vicomte de Limoges etc.
Donc ce n’est pas parce qu’il avait des titres français qu’Henri de Navarre, par ailleurs souverain étranger, était le successeur d’Henri III – car à ce compte-là Edouard III, souverain étranger, avait également des titres français (et pas des moindres) – mais parce qu’il était aîné salique (ce que n’était certes pas Edouard III en 1328… ni les princes d’Orléans en 1883).
Par ailleurs, on ne sait pas trop pourquoi, vous voulez établir une comparaison avec la situation en 987. Cela n’a guère de sens étant donné que la loi coutumière de succession n’avait pas encore été fixée en ce temps-là. Ainsi que vous le rappelez à raison la succession était alors élective et non pas héréditaire.
De surcroît, si l’on voulait revenir à l’élection telle qu’en 987, encore faudrait-il avoir les pairs du royaume – pairs ecclésiastiques et pairs laïcs – or ces derniers ont disparu.
Donc aucune solution de ce côté-là, sauf à vouloir assimiler fallacieusement des élections au suffrage universel avec l’antique mode organique de désignation, ainsi que le comte de Paris deuxième du nom en avait caressé l’idée… faussement encouragé par Qui-vous-savez.
Mais ce dernier avait fini par conclure : « Pourquoi pas la reine des gitans ? »
Michael
10 février 2011 @ 14:41
Néoclassique,
je vous cite:
« Ma monarchie à moi est faite de grandeur, d’honneur, de panache et de dignité ».
Voici les déclarations des Bourbons espagnols, soi disant prétendant au trône de France.
Don Juan de Bourbon (1824-1886) comte de Montizon: en 1868 il abdique ses « droits » à la couronne d’Espagne à son fils, il dit: « … n’ambitionnant que le bonheur des espagnols, c’est à dire la prospérité intérieure et le prestige extérieure de ma chère patrie…. (l’espagne bien-sure) ».
Don Carlos,( 1848-1909), duc de Madrid, une citation parmi d’autres « plus respectueux des traités que l’Europe qui les a vingt fois violés, j’appartiens à l’espagne, je ne réclame pas une double et légitime couronne.. » (lettre au prince de Valori, 14 septembre 1888). Dans ses mémoires, il est très claire « .. mais comme Henri V n’avait pas de fils et que la couronne de France passerait ensuite aux Orléans, comme avant tout je suis espagnol, je m’inclinerai davantage pour les Bonaparte qui une fois sur le trône d’Espagne, pourraient me reconnaitre plus qu’on ne se le figure… » (Memorias et diaro de Carlos VII, p 81)
LUCIANO
10 février 2011 @ 15:10
En fait,le tout premier des descendants de Philippe V à
« reprendre » le titre de duc d’Anjou fut François de Bourbon et Castellvi en 1894,mais à partir des années
1910 ou 1911,il l’abandonna en laissant la jouissance à son chef de Maison.Jacques évoqué plus haut.(179)
Il était le fils cadet de l’infant Henri duc de Séville,lui-même cadet du roi consort François d’Assise.
Son arrière-petit-fils est l’actuel duc de Séville.
Michael
10 février 2011 @ 16:21
suite:
Don Jaime de Bourbon (1870-1931), duc de Madrid: Dans son manifete aux espagnols le 4 novembre 1910: « Mon esprit, comme celui de vous tous, n’est pas seulement en Espagne mais aussi de l’autre côté du détroit de Gibraltar là ou flotte le drapeau sang etor fut le culte de toute ma vie… »
Don Alfonso-Carlos de Bourbon,(1849-1936) duc de San Jaime: dans son manifeste aux espagnols le 29 juin 1934 « je dois dire que j’aspire à être Roi d’Espagne et non d’un parti, ni ne dois être le Roi sinon de tous les espagnols »
Alfonso XIII, roi d’Espagne: dans une lettre le comte de Paris est très claire: « Le roi Alphonse XIII a toujours entretenu avec mon oncle le duc d’Orléans et mon père le duc de Guise des rapports suivs empreints de grande affection. Lorsqu’il devint l’aîné des Bourbons d’Espagne en 1936 ses sentiments ne changèrent pas et il a toujours considéré que mon père était le chef de la Maison de France et l’héritier dynatique des Rois de France. A plusieurs reprises, il fut l’hote de mon père au Manoir d’Anjou et il a toujours fait la distinction entre la Maison de France représentée par mon père le Duc de Guise et la maison d’Espagne représentée par lui… ».
Don Jaime de Bourbon, Infant d’espagne, duc de Ségovie: dans sa lettre à don Juan de Bourbon, comte de Barcelone le 23 juillet 1945: « certain qu’avec cette déclaration, je sers notre Espagne bien aimée, au service de laquelle je suis disposé à tout sacrifier se dit de nouveau de votre majesté le loyal sujet et frère aimant… »
Don Alfonso de Bourbon, duc de Cadix: Magazine Hola 31 octobre 1981: « je suis le sujet de mon cousin et naturellement membre de la famille royale d’Espagne »
Quand je lis ca, je me dis que ces princes n’avaient vraiment pas conscience de leur pseudo héritage français. Je constate que leurs partisans étaient devant des princes espagnols qui n’avaient rien à faire de la France. Tout simplement parceque ces Princes savaient que leur coeur était avant tout espagnol et que seules quelques personnes en France croyaient en leurs droits dynastiques à la couronne des Lys. En voyant ces déclarations, je crois que les Princes de Bourbons espagnols n’y ont jamais cru, juqu’à Don Luis-Alfonso de Borbon aujourd’hui.
De leur côté les Orléans, confortés dans leur position par le plus grand nombre ont toujours été dans une logique nationale. Ils ont toujours assumé leurs droits dynastiques car ils étaient véritables. les Orléans ont toujours travaillé pour la France et encore plus après 1883. Ils n’ont jamais rompu le pacte national depuis Hugues Capet en passant par le comte de Chambord.
Enfin, je dois ajouter que les personnes les plus proches du comte de Chambord ont reconnu le Comte de Paris en 1883. Si les Bourbons d’Espagne avaient quelques choses à voir avec la France, les royalistes français et les responsables en communication de l’entourage de Chambord auraient fait savoir ces intentions. Au lieu de cela, leurs déclarations se sont quasimment toutes tournées vers le comte de Paris. Alors pourquoi se leurer sur des théories anachroniques. L’histoire est écrite, il n’y pas besoin de la réécrire..
Michael
10 février 2011 @ 16:24
Néoclassique, un dernier point
Je préfère que vous soyez républicains et que vous lisiez des ouvrages sérieux en complément de vos lectures de distraction comme la biographie du comte de Paris de Xavier Walter, ou bien la légitimité de Bruno de Chergé.
cristiano
10 février 2011 @ 20:23
Pour Sigismond ( 164):
Nous ne parlons pas exactement des mêmes phénomènes :mon propos était de relever l’extrême importance , de type quasiment mystique,qui était accordé au « sang des rois » dans la France royale traditionnelle dont je pense qu’il dépassait en intensité et en théorisation l’attachement que les autres pays chrétiens pouvaient porter à leurs propres dynasties. La seule comparaison, au delà du monde chrétien est à trouver dans l’attachement religieux,surtout chez les chiites,que les musulmans portaient et portent encore dans une certaine mesure à la maison de Mohamed(les « Ahl Al Beit »,gens de la Maison),comme par hasard dans les rourmentes actuelles du monde arabo-musulman,ce sont encore les deux monarchies « chérifiennes » qui tiennent encore le coup,on ne sait jusqu’à quand,en Jordabie et au Maroc.Mais cela est une autre histoire…
Ce dont vous parlez est de nature essentiellement historique et politique.J’ignorais le cas de Jeanne de Navarre mais dans celui de Juana de Castille (la « Beltraneja »on voit bien la rencontre d’un incident dynastique,certs grave (un fort soupçon de bâtardise) et d’une cause politique,celle d’un groupe de grands qyui avaient besoin d’un aliment ou d’un drapeau pour leur cause.La rencontre des deux a bien donné cette révolte des grands qui ont rallié bien au delà de leur groupe social ceux pour qui cette bâtardise,ainsi mise au grand jour ,était insupportable.Sans ce déclencheur(davantage qu’un prétexte) la révolte nobiliaire êut manqué d’aliment et sans doute échoué.
Puisque notre échange est venu au bout d’un long fil tordu et retordu d’une évocation de l’actuel duc de Parme,je vous renvoie aux raisons mêmes du déclenchement des guerres carlistes.D.Carlos Maria Isidoro (le Carlos V des carlistes) a « utilisé » l’argument de la loi salique , apportée par Philippe V sur le modèle français à une Espagene qui l’avait toujours ignoré et que son frère Fernando VII avait in extremis remisé au profit de la loi espagnole traditionnelle qui permettait aux femmes de régner(sa fille Isabel II dans le cas précis).On aurait davantage imaginé le parangonb de la légitimité espagnole et des trraditions les plus anciennes du royaume qu’était don Carlos invoquer la loi traditionnelle des « partidas » mais justement celle-ci permettait çà sa nièce,porte-parole des libéraux,de régner alors que lui ,porte parole des absolutostes et ultra-catholique,était exclu.Bien que certainement D.Carlos et ses partisans ont fini par croire aussi sincèrement au caractère sacré de la loi salique qu’à leur propre cause,ce n’est certainement pas elle qui inspir
cristiano
10 février 2011 @ 20:50
Suite de mon message antérieur qui m’ a,une nouvelle fois,échappé,avec mes excuses.
Ce n’est pas la loi salique qui était à l’orine de leur action.
A l’inverse,au moment de la naissance plus que douteuse du futur Alfonso XII (cf ma contribution initiale)personne n’avait intérêt à en faire état et à l’utiliser comme le brandon d’une révolte contre la monarchie libérale d’Isabel II.Ni les carlistes à qui suffisait l’argument initial de la loi salique mettant Isabel II complètement hors jeu et ne voulaient pas,en ce prude XIXè siècle,salir la dynastie(voire l’honneur d’une femmme,même adultère:les carlistes étaient tout ce qu’on voudra mais plutôt chevaleresques ).Ni sans doute les républicains alors peu influents et qui s’abritaient très bien derrière les ministres libéraux et très anticléricaux de la reine:ils auraient eu trop à perdre si une telle révolte au nom de la pureté du sang dynastique avait amené de nouveaux partisans à Don Carlos et conduit les carlistes au pouvoir.
Quant à la naissance ,elle aussi plus que douteuse de l’infant François de Paule 50 ans avant,elle n’avait guère d’importance politique puisqu’il n’était que le 14è et denier enfant « officiel » de Carlos IV (et non III comme écrit étourdiment l’autre jour).La decendance officielle de François de Paule n’a pris une importance politique qu’avec Alfonso XII et surtout,en ce qui concerne le volant français de ces histoires,en 1931 quand Alfonso XIII,fraichement débarqué de son trône,dut faite acte d’allégence à son lointain cousin Alfono-Catlos,le dernier « roi » carliste dont il devenait l’héritier en tant que représentant d de la branche cadette(apparente,non génétique) devenue ainée;celle dont on nous rabat les oreilles en France depuis une vingtaine d’année et qui devrait aujourd’hui régner sur l’Espagne selon la loi traditionnelle (au moins jusqu’à D.Luis Alfonso ,car ses enfantes seraient exclus par l’interdiction des mariages morganatiques en Espagne).Mais ceci,comme dirait Shéhérazade est encore une autre histoire !
Alexis R
10 février 2011 @ 23:00
Néoclassique (176),
Votre réponse diffère quelque peu de celles de Nemausus et de Capreolus, et cette différence m’interpelle. Peut-être pourriez-vous quelque peu l’expliquer davantage?
Alexis R
Alexis R
10 février 2011 @ 23:05
Nemausus (180), votre notion de titre d’attente me laisse perplexe. Et l’auto-attribution d’un titre, par le fait du Prince, me semble difficilement soutenable de nos jours. Se baser sur le droit est louable, mais je rejoins Michaël et Aramis, le droit ne peut être appliqué sans tenir aucun compte de son contexte….
Alexis R
Alexis R
10 février 2011 @ 23:19
Capreolus (181),
Vous avez parfaitement raison,le duc de Ségovie n’est pas le premier à avoir ressorti le titre de duc d’Anjou de l’oubli dans lequel il avait plongé. Vous lui donnez sa juste valeur de titre de courtoisie, donc une valeur très relative, vous en conviendrez avec moi…
Je vous renvoie d’ailleurs encore au commentaire de Nemausus, qui fait mention du titre de roi de Jérusalem, et me demande si la valeur du titre de duc d’Anjou n’est pas exactement la même… Et donc, en ce sens, mon exemple avec les titres belges était plutôt parlant.
En ce qui concerne une restauration de l’ordre de la Toison d’Or en Belgique, je suis en mesure de vous dire que la question a été évoquée par quelques ultras lors de la création du royaume de Belgique. Mais la volonté du Congrès national belge était de bien se démarquer de l’Ancien Régime. La Constitution belge, dans son actuel article 113, permet au Roi d’octroyer les titres de noblesse, mais sans pouvoir y joindre un quelconque privilège.
Lors de la création de l’ordre Léopold (devenu par la suite ordre de Léopold) en 1832, bien des dents grincèrent donc, à cause de cet article 113 (numérotation de 1994)… je crois qu’une recréation de l’ordre de la Toison d’Or aurait eu des effets dévastateurs.
Alexis R
Alexis R
10 février 2011 @ 23:27
Thierry (182),
Tout d’abord permettez-moi de vous signaler que vous ne savez rien de mes sentiments par rapport à la religion catholique; n’interprétez pas mes propos, car ce faisant vous pourriez être mené bien loin de la réalité.
Il suffit de lire le blog en question pour voir que s’occuper des âmes n’est pas la priorité pour son auteur. que du contraire, la polémique et la diffusion d’idées plus que contestables y ont une place prépondérante. Cet abbé se préoccupe plus d’un message politique que du message évangélique. Nous voyons donc où se situe plus exactement l’utilisation de l’Eglise.
De grâce, épargnez-nous vos comptages, n’est-ce pas Staline qui raillait le nombre de divisions du Pape? Cette référence est un comble dans votre bouche.
En ce qui concerne Monaco, ma réponse soulignait mon intention de ne pas juger et rien d’autre.
Alexis R
Alexis R
10 février 2011 @ 23:30
Michaël (175) et Aramis (173),
Je soutiens entièrement vos commentaires sur l’usage du droit fait par les légitimistes.
J’ai plusieurs questions à vous poser suite à nos débats ici, accepteriez-vous de me contacter par l’entremise de Régine?
Je vous en remercie par avance.
Bien à vous,
Alexis R
Thierry
11 février 2011 @ 03:11
@ Alexis (en 187)
Ayant une très haute idée de la liberté de chacun, les sentîments que vous entretenez pour la religion catholique, à mes yeux, ne regardent que vous.
Je vous prie d’accepter une réaction de ma part, en revanche, lorsque vous écrivez publiquement que l’abbé Guillaume de Tanoüarn préfère diffuser « des idées plus que contestables » (polémiques et politiques) plutôt que de « s’occuper des âmes », lui qui a mis sa vaste intelligence et sa culture encyclopédique, au service de Dieu et de sa foi catholique rayonnante (IBP = Instîtut du Bon Pasteur, à ne pas confondre avec l’IMB :)
Ce prêtre figure sur les photos, en tête même de ce fil, pour avoir concélébré l’une des messes qui figure parmi les plus importantes cérémonies, au coeur de tous les monarchistes: en faire un propagandiste peu recommandable, ne me paraît pas convenable, même si ne pas apprécier les « tradis » est de votre droît le plus strict (puis-je oser ce début « d’interprêtation » de vos propos fort sibyllins mais néanmoins bien sentencieux?)
Les églises de France sont désespéremment vides et désertées par la masse des fidèles de l’ancienne « fille aînée de l’Église »: à Madrid, il y a quelques mois, plus d’un million de personnes, à la « marche pour la Vie », tout le clergé mîtré du beau royaume d’Espagne, en tête du cortège…Tout le reste n’est que littérature!
P.S. Je ne vois pas où aurais-je fait référence à Staline, en évoquant la cruelle chûte abrupte des vocations! Un comble dans votre bouche!
En vous souhaîtant une excellente journée,
Michael
11 février 2011 @ 07:17
Alexis R, je suis tout à fait disposé suivant le temps qu’à Régine pour transmettre les adresses.
Aramis
11 février 2011 @ 07:49
Alexis (188) je suis désolé de devoir vous répondre de manière négative car je souhaite conserver une certaine discrétion. J’aurais eu grand plaisir à satisfaire votre demande. Ne m’en veuillez pas. J’aurais toujours un grand intérêt à vous lire. Bien à vous, ami internétique, comme dirait Thierry..
neoclassique
11 février 2011 @ 09:15
Alexis 189
Que voulez-vous dire par là?
je ne vous comprends pas
Capreolus
11 février 2011 @ 10:50
En réponse à Michael (cf.messages 184 et 186) –
« L’histoire est écrite, il n’y pas besoin de la réécrire » dites vous. Dont acte. Or ce que l’histoire nous dit également c’est que les princes que vous nous décrivez comme totalement indifférents à la France, ainsi que vous le prétendez, ont à plusieurs reprises manifesté officiellement qu’ils assumaient les droits à la couronne de France qu’ils tenaient de leur naissance.
Par exemple :
« L’Espagne a été le culte de ma vie ; néanmoins, je ne pouvais et je ne voulais pas oublier les devoirs que ma naissance m’imposait envers la France, berceau de ma famille. J’y devais maintenir intacts les droits qui m’appartenaient, comme chef et aîné de ma maison. Je recommande à mes successeurs de ne pas les abandonner. Ils ont le devoir de les affirmer. »
Testament du Duc de Madrid, mort le 18 juillet 1909.
Les citations que vous faites du même duc de Madrid sont éminemment discutables.
Vous citez le journal du duc de Madrid, mais vous vous gardez bien d’en donner la date. Car en la page 81 des Memorias y Diario de Carlos VII (Madrid, 1957), on trouve la date du 27 octobre 1870, soit 17 ans avant de devenir l’aîné salique. Ne pas être conscient de ses droits est une chose. Mais cela ne vient en rien contredire le fait que le même duc de Madrid s’est ensuite déclaré conscient de posséder ces mêmes droits.
Ensuite vous citez la fameuse lettre du même duc de Madrid, le Charles XI des légitimistes, au prince de Valori (alors son délégué en France), lettre datée du 14 septembre 1888, mais vous charcutez de telle sorte le texte que vous faites dire à l’auteur de ladite lettre le contraire de ce qu’il veut effectivement signifier et que l’ensemble du contenu de la même lettre manifeste !
Ainsi, j’insiste, dans la même lettre :
« Je suis le roi de toutes les libertés nationales, je ne serai jamais le roi de la Révolution. Vous leur direz qu’il n’y a que deux droits politiques en présence dans l’histoire contemporaine : le droit traditionnel et le droit populaire. Entre ces deux pôles, le monde politique s’agite. Au milieu, il n’y a plus que des royautés qui abdiquent, des usurpations et des dictatures. Que des princes de ma famille aient reconnu l’usurpation triomphante, soit. Un jour viendra qu’eux-mêmes ou leurs descendants béniront ma mémoire. Je leur aurai gardé inviolable le droit des Bourbons dont je suis le seul chef, droit qui ne s’éteindra qu’avec le dernier rejeton de la race de Louis XIV. »
Si cela n’est pas une protestation par laquelle le duc de Madrid revendique pleinement ses droits saliques en tant qu’héritier de Louis XIV, on se demande ce que c’est !
Le contexte indique donc clairement le sens du passage charcuté et détourné de son sens par Michael (ou les plumitifs qu’il se contente de recopier). Lorsque le duc de Madrid, dans le même texte – j’insiste – se dit « plus respectueux des traités que l’Europe qui les a vingt fois violés, j’appartiens à l’Espagne, je ne réclame pas une double et légitime couronne », il entend par là signifier non pas qu’il nie être le légitime héritier des rois de France, comme il l’est également des rois d’Espagne, puisqu’encore une fois – j’insiste à nouveau – il martèle cela tout au long de son texte, mais bien qu’en cas de restauration dans l’un et l’autre royaume il ne pourrait coiffer les deux couronnes à la fois, ce que les puissances réunies à Utrecht cherchaient précisément à éviter.
J’ajoute à cela que cette lettre officielle a été rédigée par Henry de Valori qui l’a ensuite soumise à la signature du prince pour qu’elle devienne, sous sa signature, document officiel adressé aux légitimistes à l’occasion de leur pélerinage de Sainte-Anne d’Auray. Cf. là-dessus le témoignage du prince de Valori lui-même dans son ouvrage Don Carlos et le Conseil des dix, Paris, 1896, p. 6.
Quand on connaît la finalité de ce document, à savoir confirmer les « Blancs d’Espagne » dans leurs convictions, qui ne voit que la signification attribuée par Michael au passage charcuté par lui ou par les plumitifs qu’il suit aveuglément est un contre-sens complet ?
D’autant plus qu’Henry de Valori était à ce point artisan d’une restauration des Bourbons en France que trouvant le duc de Madrid trop attaché à la cause carliste, il finit par se choisir ultérieurement comme prince et prétendant le duc de Séville.
On ne conçoit donc pas qu’un tel royaliste à ce point attaché à la France puisse avoir soumis à la signature du prince dont il défendait alors la cause un document par lequel ce même prince aurait sabordé cette même cause.
Du point de vue de la critique tant interne qu’externe du document (tout entier) en question, la lecture que veut faire Michael ne tient pas debout.
Quant aux autres citation du même duc de Madrid, de son fils et de son frère le duc de San Jaime, le procédé n’est pas moins malhonnête puisque tout ce que prouvent lesdites citations, c’est que les princes en question étaient aussi regardés comme rois d’Espagne par les carlistes et revendiquaient hautement leurs droits espagnols.
Mais cela n’est absolument pas excusif des droits à la couronne de France et de leur revendication par les mêmes princes. Ces princes revendiquaient d’une part leurs droits espagnols et d’autre part leurs droits français.
Quant à la citation du comte de Paris deuxième du nom concernant ses relations avec Alphonse XIII, elle est assez farcesque. Autant demander à un voleur si la personne qu’il spoliait était bien d’accord pour se faire dépouiller !
Et quoi qu’il en soit, il est bien connu que les descendants d’Isabelle II étaient liés avec les princes d’Orléans depuis la double usurpation – en Espagne et en France – des années 1830. Et de ce point de vue j’ai déjà ici reconnu qu’assumer la succession française allait et va tout à fait à rebours de la « tradition » familiale des descendants d’Isabelle II et d’Alphonse XII. Mais encore une fois, entre méconnaître ses droits et avoir des droits il y a une différence.
Capreolus
11 février 2011 @ 11:12
En réponse à Michael (cf. message n°184) –
Moi quand je vois le parcours des princes d’Orléans, c’est-à-dire la participation au régicide en 1793, l’opposition politique aux gouvernements de Louis XVIII et de Charles X, l’usurpation de 1830, le sort réservé à la captive de Blaye, avoir laissé faire le sac de Saint-Germain l’Auxerrois et de l’archevêché de Paris, la flétrissure décrétée contre les députés fidèles à Henri V, les accrobaties idéologiques du premier comte de Paris, le je-m’en-foutisme du duc d’Orléans (ami personnel du Kaiser reçu à Palerme), l’insignifiance du duc de Guise, le coup pied de l’âne donné à l’Action française en 1937, la haute voltige politicienne du comte de Paris deuxième du nom (de Vichy à Mitterrand en passant par les sinistres complots Alger, le MRP, Mendes, Edgar Faure, De Gaulle etc.), le soutien au mao-rassiens des années 1970, le néant du comte de Paris troisième du nom et les tournées de conférences mortellement ennuyeuses et vides de sens du duc de Vendôme (j’en ai été témoin)…
… je me dis qu’avec un tel palmares, les partisans de tels princes ne sont vraiment pas dégoûtés et qu’ils ne manquent vraiment pas de toupet ceux qui osent qualifier pareil tableau d’ « engagement pour la France ».
Capreolus
11 février 2011 @ 11:26
En réponse à Michael (cf. message n°187) –
Quand on lit Xavier Walter on apprend en effet beaucoup de choses. On y apprend notament ceci (et il est étonnant que cela vous ait échappé) :
« La France vit, se reprend, se reconstruit sous la pensée et l’action du Maréchal […] Cet homme de la Providence a pu accomplir ce triple miracle, d’éviter la disparition totale de notre patrie, de permettre au pays par sa seule présence de continuer de vivre, enfin d’engager la France sur la voie de ses grandes destinées traditionnelles, en rompant avec les principes du régime déchu. […]
« Vous, monarchistes, votre foi vous rassure, car vous savez que la continuité réside naturellement dans ma descendance. Faites partager cette foi à tous ceux qui sont inquiets, redoutant que se forment un jour contre la continuité de l’oeuvre du Maréchal ces coalitions d’intérêts venues du dehors ou du dedans, naguère si fréquentes, et dont la réapparition mènerait de nouveau au désastre. […] Les pensées du Maréchal procèdent des mêmes inspirations que les nôtres. Il convient d’aider à leur diffusion et à leur défense. C’est là votre devoir de Français. »
Henri, comte de Paris, Lettre du 1er juillet 1941 publiée dans la Lettre n°6 Aux Amis du Comte de Paris.
Citée par Xavier Walter, Un roi pour la France, Henri comte de Paris, éd. François-Xavier de Guibert, 2002, pp. 419-420.
Evidemment, tout cela c’était bien avant la Libération et bien avant 1958 et les espérances gaulliennes du comte de Paris…
« Et pourquoi pas la reine des gitans ? »
Capreolus
11 février 2011 @ 11:34
En réponse à Alexis R (cf. message n°192) –
Il ne vous aura sans doute pas échappé non plus que les titres dont se parent les princes d’Orléans sont en réalité pour une bonne part d’entre eux également des titres de courtoisie.
Je vous remercie beaucoup pour les précisions remarquables que vous apportez ici concernant le projet d’une « restauration » belge de l’Ordre de la Toison d’Or.
Alexis R
11 février 2011 @ 12:10
Thierry (194),
Le « service de Dieu et de la foi catholique rayonnante » prend parfois des chemins de traverse, à en lire le blog en question! Et les idées plus que contestables de son auteur lui ont déjà valu des soucis avec la justice des hommes.
Ce qui n’est pas convenable, au risque de vous déplaire, est de prendre un propagandiste pour célébrer une cérémonie importante pour les monarchistes, qui n’a nul besoin de servir de tribune à des idées contestables.
Ma référence à Staline établissait un parallèle entre votre comptage des fidèles et la boutade bien connue de ce dernier.
Bonne journée à vous également,
Alexis R
Alexis R
11 février 2011 @ 12:12
Cristiano (187 et 188),
Votre commentaire est très éclairant de la situation espagnole. Merci.
Alexis R
Alexis R
11 février 2011 @ 12:14
Michaël (195),
Merci et à bientôt donc! Et merci également à Régine.
Bien à vous,
Alexis R
Alexis R
11 février 2011 @ 12:16
Aramis (196),
Merci de m’avoir exposé vos raisons, que je comprends parfaitement. J’aurai donc le plaisir de continuer à vous lire ici, ce qui me convient également.
Bien à vous, cher ami!
Alexis R
serre
11 février 2011 @ 13:48
207 messages pour s’engueuler…croyez-vous agir en faveur de la cause royaliste avec tous ces arguments éculés qui n’ont rien à voir avec le monde contemporain. Que peuvent penser les français qui viennent sur ce site à la lecture de tels propos.
Thierry
11 février 2011 @ 13:55
@ Merci de votre aîmable réponse, Alexis (en 203)
…ce qui prouve que nous pouvons être en désaccord, en ces lieux, tout en se le disant vertement mais sans nous fâcher.
J’apprends qu’il vous semble de votre compétence, de désapprouver que tel ou tel prêtre, dûment soumis (et même encouragé par Rome, avec son IBP) à l’autorité pontificale, fût choisi pour célébrer la messe, en telle ou telle occurrence, parce qu’il n’a pas l’heur de vous plaîre, dans ses conceptions philosophiques. En eûssiez-vous été plus à même, que les organisateurs eux-mêmes, alors qu’étaient annoncés, le duc et la duchesse de Parme, en personne?
Je doute qu’il ait prononcé un discours politique, au cours de cette cérémonie mais je suis plus étonné encore, que vous fassiez référence à la « justice des hommes » actuelle, qui de nos jours, par ces temps de police de la pensée, est tout, sauf une référence morale.
Quant à Staline, le parallèle que vous avez établi, me semble toujours aussi incongru. Je conserve donc, cher Alexis, et si vous le permettez, l’impression que vous persistez, à vous aligner sur une conception moralisante et -somme toute, assez convenue- , qui discrédîte néanmoins les prêtres qui refusent les diktats de la pensée révolutionnaire, toute puissante, aujourd’hui et à laquelle tant de maux, sont imputables.
P.S. et un petit coucou à Aramis!
Thierry
11 février 2011 @ 15:15
Je vous prie d’excuser, cher Alexis R., mon « coucou » à Aramis, dans le même post où je vous ai répondu, alors que je constate après-coup, votre soin, à en écrire un, à chacun de vos interlocuteurs: ne le prenez pas pour une façon cavalière, à votre égard, c’est juste un souci de ne pas alourdir ces colonnes mais votre présentation est bien meilleure que la mienne.
J’en profîte pour corriger une faute impardonnable de concordance des temps, il fallait lire: « je doute qu’il eût prononcé… »!
Je fais une prière, pour qu’un jour il nous soit possible de corriger nos coquilles, après édition, de correspondre en mp etc…
Cordialement;
Nemausus
11 février 2011 @ 15:27
Alexis R (191)
c’est vous qui trouvez douteux l’auto-attribution d’un titre de courtoisie ou d’attente ? vos princes d’Orléans ne vont pas du tout apprécier alors qu’ils sont les premiers à se distribuer des titres !!! vous vous moquez du monde ! et les tribunaux français ne se sont pas trompés en admettant implicitement au prince Louis de pouvoir porter le titre de duc d’Anjou… sans prendre parti pour la querelle dynastique !
mais je peux comprendre que cette décision de justice puisse vous déplaire tout comme elle a énervé Henri d’Orléans qui a décidé de passer outre la justice de son pays (c’est assez éclairant sur l’esprit démocratique de ce prince !) en attribuant le titre de duc d’Anjou à un neveu qui était considéré comme non dynaste par les orléaniste jusqu’en 1999 !!!
Mais alors que dire du titre de duc de France qu’Henri d’Orléans ressuscite d’un autre âge ?
Michael
11 février 2011 @ 17:41
Capreolus
Je vous cite:
« Du point de vue de la critique tant interne qu’externe du document (tout entier) en question, la lecture que veut faire Michael ne tient pas debout.
Quant aux autres citation du même duc de Madrid, de son fils et de son frère le duc de San Jaime, le procédé n’est pas moins malhonnête puisque tout ce que prouvent lesdites citations, c’est que les princes en question étaient aussi regardés comme rois d’Espagne par les carlistes et revendiquaient hautement leurs droits espagnols.
Mais cela n’est absolument pas excusif des droits à la couronne de France et de leur revendication par les mêmes princes. Ces princes revendiquaient d’une part leurs droits espagnols et d’autre part leurs droits français. »
C’est bien ca qui ne tient pas debout et c’est pour cette raison que les Bourbons d’Espagne étaient exclus de la succession au trône de France. Aîné des Bourbons, ils l’ont été naturellement, mais chef de la Maison royale de France, ce n’était pas possible.
Il est risible aussi que vous veniez à dire qu’ils n’étaient pas conscients de leur droit « Mais encore une fois, entre méconnaître ses droits et avoir des droits il y a une différence. ». c’est vraiment les prendre pour des imbéciles et nous prendre nous-mêmes pour des idiots. Ils étaient conscients tout bonnement que ces droits hypothétiques n’étaient retenus que par quelques partisans zélés qui détestaient les Orléans. Ils ont choisi de manière très claire l’Espagne, jusqu’à monter sur le trône de ce pays avec Alphonse XIII, c’est tout à leur honneur, par contre, c’est incompatible avec le trône de France. On ne peut pas servir deux intérêts à la fois.
» Le monarque incarne réellement la France dans son ensemble ». « C’est la grande idée capétienne ». « les intérêts du Prince coincident avec ceux du Royaume ».
citations du prince Jean de France, Un prince français, p 222.