
Jaime/Jacques de Bourbon et Battenberg, Infant d’Espagne est né le 23 juin 1908 au Palais de la Granja de San Idelfonso près de Ségovie en province de Castille. Il est le deuxième enfant et deuxième fils du roi Alphonse XIII et de la reine Victoria Eugénie, née princesse de Battenberg, petite-fille de la reine Victoria.

L’Infant d’Espagne reçut lors de son baptême les prénoms de Jaime/Jacques (en souvenir des rois d’Aragon), Luitpold (pour le prince de Bavière), Isabelino (en l’honneur de l’Infante Isabelle, fille d’Isabelle II et de François Ier, sa grande-tante paternelle), Henri (en souvenir du prince Henri de Battenberg, son grand-père maternel), Alexandre (en l’honneur de son oncle maternel le prince Alexandre de Battenberg), Alphonse, Victor (pour ses parents), Acacio, Pierre, Paul (en souvenir de martyrs chrétiens de ce mois).

L’Infant passa son enfance entouré par ses frères et soeurs entre les Palais de Madrid, La Granja et de Miramar à San Sebastian. Il avait un frère aîné Alphonse, prince des Asturies et quatre frères et soeurs cadets : Béatriz, Cristina, Juan (comte de Barcelone, père du roi Juan Carlos) et Gonzalo.
Les enfants du roi Alphonse XIII et de la reine Victoria Eugénie sont également très proches de leurs cousins Bourbon et Bavière, enfants des Infants Carlos et Fernando, veufs de leurs tantes paternelles.

En 1912, l’Infant devient sourd-muet. Sa soeur l’Infante Béatriz précise dans ses souvenirs à la fin de sa vie « Mon frère Jaime n’était pas sourd-muet de naissance, cela s’est produit quand il était tout petit à cause d’une otite mal soignée, suivie de complications (…) Nous avons pensé qu’il avait été mal soigné. Ce fut une grande souffrance pour mon père. Mon frère était très vif d’esprit. Il lisait sur les lèvres si nous parlions lentement en français et il entendait divinement ce que nous disions, il n’avait aucune difficulté pour nous comprendre mais si nous lui parlions de loin ou sans le regarder, c’était impossible. Un autre problème était le téléphone. Pour lui, il n’existait pas. »

L’Infant réussit au prix d’efforts colossaux et de nombreuses heures de travail avec les spécialistes durant son enfance, à surmonter son handicap si bien qu’à l’âge adulte, il pouvait s’exprimer distinctement. Elevé au sein d’une famille cosmopolite, il parlait même couramment plusieurs langues : français, anglais, espagnole et allemand.

Le 24 octobre 1921 à l’âge de 13 ans, il devient le 1153ème chevalier de la Toison d’Or et reçut le collier de l’Ordre de Charles III en 1925. Le 2 mars 1931, conformément au souhait de son père, il est désigné Grand Commandeur de l’Ordre de Calatrava, un des quatre plus prestigieux ordres de chevliers espagnols. La vie dorée de la famille royale espagnole fut maheureusement interrompue en 1931.
Le roi Alphonse XIII dut abdiquer et partit en exil en France. La famille royale séjourna tout d’abord à l’hôtel Meurice puis à l’hôtel Savoye d’Avon près de Fontainebleau, puis à Lausanne en Suisse et enfin à Rome. En 1933, son frère aîné le prince Alphonse épousa à Ouchy en Suisse Edelmira Sampedro-Ocejo y Robato, une rotutrière cubaine. Aussitôt, le roi Alphonse XIII retira à son fils le titre de prince des Asturies.

Voulant favoriser son troisième fils Juan en cas d’une éventuelle restauration de la monarchie, le roi ordonna alors à son fils Jaime/Jacques de renoncer à ses droits au trône d’Espagne sous prétexte de son handicap. Comme ses frères et soeurs, l’Infant n’avait pas connu longtemps l’harmonie au sein du foyer familial. L’Infante Beatriz, sa soeur, le rappelle en ces termes : « Mes parents étaient merveilleux pour moi mais une certaine distance était apparue entre eux (…)même s’ils ne se sont jamais disputés devant nous. Ma mère anglaise et protestante, devait s’adapter à une religion différente de la sienne, à une nouvelle langue et à ce qui fut le plus difficile à des habitudes et des coutumes bien différentes de celles qu’elle avait connues dans son pays d’origine. Il y avait également les problèmes de santé de mes frères qui furent une grande souffrance et déception pour mon père (…) En exil, mes parents décidèrent de se séparer définitivement. Ma mère nous le dit, pensant, qu’au fond nous savions que son mariage était déjà brisé. »

Une autre épreuve fut la disparition de son plus jeune frère l’Infant Gonzalo, enlevé à l’amour de sa famille à l’âge de 20 ans des suites d’un accident de voiture en 1934 en Autriche. Hémophile, il ne survécut pas à ses blessures. Le 4 mars 1935, le roi Alphonse XIII d’Espagne et son amie Victoire Ruspoli des Princes de Poggio Suaso, vicomtesse Roger de Dampierre organisèrent en l’église Saint Ignace de Loyola de Rome le mariage de leurs enfants Jacques et Emmanuelle (née en 1913).

Le jeune couple fut titré par le roi duc et duchesse de Ségovie, en souvenir de la province natale de l’Infant (en 1928, il avait été fait « Nino predilecto« , que l’on peut assimiler à « citoyen d’honneur » de Ségovie et San Idelfonso par la députation provinciale tout comme sa soeur l’Infante Beatriz). Le duc et la duchesse de Ségovie ont eu deux fils : Alphonse né le 20 avril 1936 et Gonzalo né le 5 juin 1937 à Rome. Le duc de Ségovie fut ensuite frappé par deux autres deuils : en 1938, son frère aîné Alphonse, ancien prince des Asturies décède à Miami et le 28 février 1941 son père le roi Alphonse XIII qui s’éteint à Rome.

Son mariage avec Emmanuelle de Dampierre ne survécut pas très longtemps. Ils se séparèrent dès 1939 et divorcèrent en 1947. Chacun retrouvant le bonheur de son côté. Ainsi, le duc se remaria le 3 août 1949 à Innsbruck en Autriche avec la cantatrice allemande Charlotte Tiedemann (1919-1979) qu’il avait rencontrée au restaurant « Il Faro » de Rome. Emmanuelle de Dampierre se remaria avec un banquier milanais Antonio Sozzani le 21 novembre 1949 à Vienne.

Le duc vivait à Rueil-Malmaison à la « villa Ségovie », ensuite à Paris au n°9 de l’avenue Ingres (16ème arrondissement) puis à Neuilly-sur-Seine et finalement en Suisse. Emmanuelle de Dampierre est quant à elle restée en Italie. Elle s’est séparée de son deuxième mari vers la fin des années 60. Leurs fils Alphonse et Gonzalo ont été scolarisés au lycée français Chateaubriand de Rome puis à Fribourg en Suisse. Les deux princes passaient l’essentiel de leurs vacances auprès de leur affecteuse grand-mère paternelle la reine Victoria Eugénie.
Quelques années après la mort d’Alphonse XIII, le nouvel aîné des Bourbon pris officiellement à Rome le 28 mars 1946 le titre de duc d’Anjou porté jadis par son ancêtre le roi Philippe V, petit-fils de Louis XIV, avant de monter sur le trône d’Espagne. Il prit également les pleines armes de France, d’azur à trois fleurs de lys d’or. Il chargeau le prince Xavier de Bourbon-Parme de transmettre sa déclaration aux cours européennes ainsi qu’une lettre aux cadets de la dynastie capétienne. A la mort de sa mère la reine Victoria Eugénie en 1969, il prit le titre de duc de Tolède, porté en exil par les souverains et qui avait servi d’incognito au roi Alphonse XIII lorsqu’il participait à des tournois de polo.

Après plusieurs revirements, et sur demande de son fils aîné Alphonse, le duc accepta finalement en juillet 1969 de reconnaître le règlement successoral en faveur de Juan Carlos, son neveu. A partir de ce moment, il assuma seulement les prérogatives de chef de la Maison de Bourbon et d’héritier des rois de France. Il signa ses actes français des prénoms Jacques Henri. Les légitimistes français l’appelèrent Jacques Henri VI.
Le 8 mai 1956, il avait d’ailleurs été invité par les autorités françaises à présider avec son fils aîné la cérémonie de remise du reliquaire de Saint Louis à la Basilique de Saint Denis, oragnisée par le Mémorial de France à Saint Denis. Il présidait déjà depuis 1952, chaque 21 janvier, les commémorations de la mort de Louis XVI en l’église Notre Dame des Victoires puis à partit de 1972 à la Chapelle expiatoire.

Le duc d’Anjou et de Ségovie honora également de sa présence les commémorations de Vendée au Mont des Alouettes. Il fut à cette époque aidé dans sa tâche par Jacques, duc de Bauffremont et l’Institut de la Maison de Bourbon qu’il avait fondé en 1973. Lors de ses apparitions publiques, il porta les insignes de Maître de l’Ordre du Saint Esprit, comme ce fut le cas lors du séjour de quatre jours en mars 1972 qu’il effectua en Espagne pour le mariage de son fils aîné avec Carmen Martinez-Bordiu, l’aînée des petits-enfants du Général Franco. Il conféra les Ordres du Roi à ses fils ainsi que des titres conformes à la tradition légitimiste : le 25 novembre 1950, il donna à son fils Alphonse le titre de duc de Bourgogne tandis que son fils cadet fut titré duc d’Aquitaine par lettres patentes du 21 septembre 1972.
En 1972 et en 1974, il eut la joie de devenir grand-père de François et Louis. Il titra le premier duc de Bretagne le 13 octobre 1973 et fut parrain de baptême de Louis. Il n’eut malheureusement pas le temps de les connaître longtemps. En février 1975, il fit une chute dans les escaliers de son domicile. Admis à l’hôpital cantonal de Saint Gall en Suisse, il décéda le 20 mars 1975. Enterré tout d’abord à Lausanne auprès de sa mère la reine Victoria Eugénie et de son frère cadet Gonzalo, ils furent tous les trois inhumés définitivement au Monastère de l’Escorial en 1985. (Merci beaucoup à Jul pour ses recherches et le texte, et qui dédie cet article à un prince trop peu connu du public – Copyright photos : Foro realeza & Life)
JAusten
31 mars 2011 @ 18:29
Jul je joins mes louanges à toutes celles qui vous ont été adressées pour ce portrait. Je ne connaissais ce prince que de nom (cité dans toute bonne généalogie) sans connaitre sa vie.
Il me semble que vous avez des origines allemandes (si non alors veuillez accepter mes excuses) alors je me disais que vous pourriez nos honorer de quelques beaux portraits de princes allemands (nationalité-actuelle-de princes quelque peu négligée)
Irène
31 mars 2011 @ 18:30
Merci pour cet article très intéressant et pour sa remarquable illustration.
Moi aussi je croyais que l’exclusion subie par Alfonso était la conséquence d’un handicap très profond . La descendance d’Alfonse XIII et de Victoria-Eugénie est tout de même lourdement marquée par le destin et la présence de Juan Carlos sur le trône d’Espagne , le résultat d’une conjonction de hasards.
claudia
31 mars 2011 @ 19:13
de nos jours je pense que le handicap de Jaime n’aurait pas été un obstacle pour le trône car malgré cela il était un homme capable d’apprendre plusieurs langues, donc tout à fait capable d’assumer sa tâche ; dans ce cas il n’y aurait pas eu de « querelle dynastique » en France….les temps ont bien changé !
il me semble par ailleurs que Gonzalo qui s’est marié plusieurs fois n’a pas eu d’enfant ?
cosmo
31 mars 2011 @ 20:03
Jul,
Merci pour ce portrait du duc de Ségovie, personnage attachant pour diverses raisons!
Je me souviens avoir assité à une des messes célébrée le 21 janvier à Notre-Dame des Victoires. Nous n’étions pas très nombreux, le prince présida la cérémonie avec une réelle simplicité.
C’était très émouvant parce dépourvu de protocole. Pas de querelle de préséance, pas de querelle dynastique, quelques fidèles autour de l’aîné de la Maison de Bourbon pour se recueillir à la Mémoire du Roi martyr!
Il est dommage que son petit-fils ne reprenne pas cette tradition familiale.
Martine
31 mars 2011 @ 20:13
Guylaine
Le 2è fils:
Gonzalo né le 5juin 1937 est décédé le 29 mai 2000,il aura fait…4 mariage…3 div et aucun enfant.
Il a eu une liaison avec Sandra Lee Landry….une fille est née et qu’il a reconnu
Stéphanie de Bourbon née le 19 juin 1968 Miami.
Elle est mariée depuis le 27 juillet 1995 avec Richard Carl MacMasters né le 25 mars 1972 …ils ont 5 garçons dont les 2 aînés portent le nom »de Bourbon » et non celui de leur père.
shandila
31 mars 2011 @ 20:19
Merci Jul pour ce reportage d’une très grande qualité. Texte passionnant, illustré de belles photos. Je ne connaissais que les grandes lignes de la vie de ce prince. Voilà mes lacunes comblées.
Encore tous mes remerciements.
Sigismond
31 mars 2011 @ 21:04
Merci Jul pour ce très intéressant portrait de Monseigneur le duc d’Anjou et de Ségovie, et merci infiniment pour la magnifique et rare iconographie. Vous avez judicieusement cité l’infante Béatrice (de droit fille de France à partir de 1936), qui précise bien qu’elle parlait à son frère EN FRANÇAIS.
J’aurai une remarque, une question et trois petites précisions :
– Il est très important de souligner que le mariage du prince Jacques avec Emmanuelle de Dampierre n’a jamais été déclaré nul par l’Église, ce qui fait que Madame la duchesse d’Anjou douairière, duchesse de Ségovie, est depuis 1975 la veuve du chef de la Maison de France, au regard du droit dynastique français (elle porte donc dans ses armoiries la couronne royale française, ainsi que les pleines armes de France accolées aux armes de Dampierre). La Tiedemann, simple épouse civile, n’a jamais porté aucun titre : elle n’avait pas plus de droits dynastiques que n’en eurent en leur temps la Montespan ou la Pompadour.
– Pourquoi donc vous obstinez-vous, à la mode orléaniste, à appeler le regretté duc d’Aquitaine « Gonzalo », alors qu’il était français et s’appelait GONZALVE (tant sur son passeport français que sur son acte de naissance à la mairie de Rome, qu’il avait fait rectifier par un tribunal italien) ? Il signait « Gonzalve Duc d’Aquitaine », uniquement de son prénom puisque étant de droit fils de France.
– Alphonse XIII n’abdiqua pas en 1931 mais seulement en 1941 (abdication d’ailleurs sans valeur puisque faite en faveur d’un cadet, au mépris des droits du prince Jacques, qui était de droit prince des Asturies et dauphin de France).
– L’hôtel Meurice se trouve à Paris (pour ceux qui ne le sauraient pas). Il existe toujours.
– Sur la 10e photo, il s’agit de la Tiedemann (debout adossée à une porte).
Je voudrais ajouter aussi que le prince Jacques revendiqua à partir de 1964 la succession carliste en prenant le titre de duc de Madrid, ce qui balayait les prétentions fantaisistes de certains descendants de la sœur du comte de Chambord. Le duc d’Anjou et de Ségovie était bien évidemment le seul héritier légitime de la branche carliste, en tant qu’aîné salique des descendants de Philippe V.
Lutz
31 mars 2011 @ 21:52
Le roi Alphonse XIII n’avait pas abdiqué en 1931, il seulement avait quitté son pays aprés les résultats republicains des elections d’avril. Il abdiqua quelques semaines avant sa mort en fevrier 1941 à faveur de son fils Juan. Pour ses petit fils Alfonso et Gonzalo le roi Alphonse ordonna d’ailleurs le nom » de Bourbon-Segovia » avec le titre « Excellence », pas Altesse Royale.
Fiona
31 mars 2011 @ 23:02
Gonzalo est décédé. Il a une fille, née d’une relation avec une américain. Elle s’appele Stephanie et a donné plusieurs petits-enfants. C’est une fille simple et pas vraiment riche. Son cousin et sa grand-mère, Mme de Dampierre, ne veulent pas de lui. Même Mme. Dampierre l’a nié publiquement à plusieurs reprises. En Espagne, ces Bourbons ont la réputation d’intrigants. Ils sont, comme on dit en espagnol, comme une mouche derrière l’oreille. Toujours lancinante.
Pardonnez mon français est rouillé.
Sigismond
1 avril 2011 @ 07:32
Il faut préciser aussi que Monseigneur le duc d’Anjou et de Ségovie ne connut jamais son second petit-fils (le prince Louis). Car même s’il accepta d’être son parrain, il ne vint pas à la cérémonie du baptême et s’y fit représenter par le prince Gonzalve. D’après le prince Alphonse, son père aurait refusé de venir car il lui reprochait toujours de ne pas avoir porté l’ordre de la Toison d’or pendant la cérémonie de son mariage, le 8 mars 1972. En tant que successeur légitime des rois d’Espagne, le prince Jacques était le grand-maître de l’ordre de la Toison d’or, dont il avait décoré son fils aîné en 1972. Mais le prince Alphonse ne voulut pas porter cette décoration, car il avait accepté en 1969 que le futur roi d’Espagne soit son cousin germain.
Panthelias
1 avril 2011 @ 08:06
Claudia (33)
Détrompez-vous.
Si Jacques de Bourbon était monté sur le trône d’Espagne, cela n’aurait absolument rien changé sur le fond, il n’en restait pas moins l’ainé des capétiens.
La querelle entre légitimistes et orléanistes existerait toujours, et vu l’indigence des arguments orléanistes qui se résument à une pseudo-question de « nationalité », je peux vous assurer qu’ils doivent regretter tous les jours que Dieu fait qu’il n’ait pu ceindre la couronne lol
Leur position indéfendable s’en serait trouvé un peu moins inconfortable, bien que toujours indéfendable :)
Philippe
1 avril 2011 @ 08:56
Une mouche, dites vous, Fiona ? C’est un euphémisme…
En tous cas, bravo pour votre français, et merci pour cette
information intéressante. On en sait un peu plus, si c’était nécessaire, sur la mentalité cette famille Puigmolto qu’on veut nous vendre
comme nôtre et capétienne.
Bien à vous,
Phil.
neoclassique
1 avril 2011 @ 09:55
Sigismond
les prétentions carlistes des Bourbon-Parme n’ont rien de fantaisistes. Tout au plus sont-elles, je vous l’accorde, discutables.
Elles tiennent tout simplement à la décision , on ne peut plus officielle, de don Alfonso Carlos, dernier de la lignée carliste, de nommer peu de temps avant sa mort, le 23 janvier 1936, son neveu, le prince Xavier de Bourbon Parme, comme Régent de la Communion carliste.
On peut le discuter, le déplorer, ne pas le comprendre mais c’est là un fait historique
alvise badoer
1 avril 2011 @ 11:29
A Sigismond
Sur le premier point, je puis vous garantir que les descendants de l’infante Béatrice utilisent le français lorsqu’ils sont en famille.
Je confirme que l’union religieuse et donc ayant valeur civile au titre des accords alors en vigueur entre le Saint Siège et l’Italie, du duc et de la duchesse d’Anjou et de Ségovie n’a jamais été portée devant le Tribunal de la rote. Par ailleurs le passeport diplomatique espagnol de Madame porte la mention « SAR duchessa de Segovia » alors que le passeport français émis récemment par le Consulat de France à Rome indique « Jeanne Victoire Emmanuelle de Dampierre, veuve de SAR Jacques de Bourbon » et sur la seconde ligne « SAR la duchesse d’Anjou et de Ségovie ».
jul
1 avril 2011 @ 12:03
Presque 40 commentaires et pas d’ouverture d’hostilités Hallelujah :) Merci à tous ceux qui se font offense pour respecter la tranquilité des légitimistes.
Merci Jausten :) oui je suis alsacien/allemand. Oui j’ai eu il y a quelques jours des idées de nouveaux portraits (dont un allemand). J’avais déjà rédigé un bref article sur le Roi Guillaume II de Wurtemberg (vois sous cette rubrique) ;)
Merci beaucoup Sigismond pour vos précisions :) ! j’ignorai le débat entre le père et le fils au sujet de la Toison d’Or.
Ah excusez moi de ne pas avoir traduit Gonzalo par Gonzalve. J’avais oublié la version française du prénom. Vous avez très bien fait de rappeler ce point également.
Je comptais bien sur les fidèles lecteurs de N&R pour enrichir mon exposé et corriger mes erreurs.
Merci Actarus d’avoir répondu à la place au sujet du Duc d’Aquitaine. Vous étiez le mieux placé pour cela ;)
Guylaine
1 avril 2011 @ 12:03
Actarus et Martine,
Je vous remerce pour les informatons au sujet de Gonzalo.
Harald
1 avril 2011 @ 17:29
Merci Jul pour cet excellent portrait d’un Prince qui n’aura certes pas été épargné . J’apprécie , particulièrement, cette photo où Don Jaime donne le bras à la Princesse Sophie d’ Espagne. Que pense la Reine, aujourd hui, de tout ce qui s’ensuivit?
LG
1 avril 2011 @ 17:40
je crois que c’est plutôt Poggio Suasa (et non Poggio Suoaso)
Sigismond
1 avril 2011 @ 18:21
Panthelias (4)
Bravo pour votre démonstration imagée, si parlante, si juste, et si savoureuse :-)
neoclassique (43)
Le duc de San Jaime a nommé un neveu de sa femme (qui se trouvait être un Bourbon, mais il aurait pu tout aussi bien nommer un grand d’Espagne) comme RÉGENT, pour le suppléer en raison de son grand âge. Il n’a en aucun cas fait de Xavier son successeur. Le Prince savait très bien que son successeur ne pouvait être qu’Alphonse XIII.
jul (44)
Merci encore pour votre beau portrait. Le duc d’Anjou et de Ségovie est probablement le plus attachant de nos Princes depuis 1830. Et il est objectivement le plus français (même si la République ne lui a pas accordé la nationalité française, car bien que marié à une Française, il avait négligé de faire transcrire leur mariage à l’état civil français. Mais au regard du droit dynastique, il était français depuis le 29 septembre 1936), car il s’est installé en France dès l’abrogation de la loi d’exil, au début des années 50. D’abord à Cannes, puis ensuite en région parisienne. Il ne s’est expatrié en Suisse que vers 1970 (j’ignore l’année exacte). Mais il a continué de venir chaque année à Paris présider la messe pour Louis XVI, comme il le faisait depuis 1952.
j21
1 avril 2011 @ 21:08
Pauvre duc d’Anjou (l’actuel)! Si j’ai bien compris, il devrait être roi d’Espagne. Est-ce pour cette raison que le roi Juan Carlos le tient à distance?
Pourquoi le duc d’Anjou et sa charmante épouse ne sont-ils jamais invités aux cérémonies officielles et aux soirées au palais royal? Le roi et sa famille devrait avoir plus de considération pour le descendant de celui qui leur a permis de régner aujourd’hui.
agnes
2 avril 2011 @ 09:28
Je surfais sur Wikipedia Espagne pour en savoir plus su ce passionnant sujet et j´ai appris qu´en 1956, Juan Carlos 18 ans (le roi actuel) a perdu tragiquement son jeune frère Alfonso de 16 ans alors qu´ils jouaient ensemble avec un pistolet, à Estoril, pendant la semaine Sainte (décidément, le tragique destin des descendants d´Alfonse 13!)
Du coup, Jaime/Jacques de Borbon, qui regrettait d´avoir cédé ses droits, a exigé une enquête approfondie pour éventuellement récupérer ses droits. Franco a refusé de revenir dessus.
agnes
2 avril 2011 @ 09:50
Erratum, il avait 14 ans.
Juan Carlos, qui venait juste de devenir militaire, lui a tiré dessus par accident. De douleur, il a voulu entrer dans les ordres.
L´infant a été enterré à Estoril (Portugal), et transféré à L´Escorial en Espagne en 1992.
Sigismond
2 avril 2011 @ 19:24
alvise badoer (44)
Merci infiniment pour ces informations aussi précieuses que réconfortantes. D’une part, le prestige des lys de France perdure, n’en déplaise aux « groupies » d’autres dynasties qui font la une des médias. Et d’autre part, notre République est pleine d’égards pour notre bien-aimée Princesse, qui incarne depuis 70 années la continuité dynastique française. Vive la Reine (la nôtre) !
jul
3 avril 2011 @ 09:34
Oh oui merci Alvise Badoer (44).
J’ai également lu avec plaisir l’état civil inscrit sur le passeport français de la Reine.
agnes
3 avril 2011 @ 20:49
Je viens de lire une interview de M. Zavala, qui a écrit « La maledición de los Borbones », en 2007.
Il affirme tenir d´un « Grand d´Espagne », qui le tient de Cristina de Borbon, la soeur, la véritable raison de la mort de Jaime.
Charlotte Tiedemann, sa seconde femme, lui a donné des coups de bouteille sur la tête, au cours d´une dispute, puis l´amené à l´hôpital en taxi. Il y est resté 3 semaines, dans le coma, avant de décéder (il avait des hématomes dans la tête).
Ce n´est bien sur pas la version officielle puisque « ce sont des choses qui se cachent chez les têtes couronnés » a dit Cristina.
A.V.
29 février 2012 @ 01:12
Madame, ce que vous dites est grave. La fille de Charlotte Tiedemann est ma belle-mère. C’est la première fois que j’entends parler de cela. Jaime est tombé en promenant son chien. Il a glissé sur la glace; C’était en Suisse.N’ajoutez pas de tels commentaires sans avoir de certitudes. Elle n’était pas la meilleure des femmes, divorcée deux fois, plutôt égocentrique, ne s’occupant que d’elle, selon les dire de sa fille (ma belle-mère)…
Enfin voilà!
Je regarde encore votre commentaire et je peux aussi rectifier le nombre de jours de coma, 10 jours et non 3 semaines.
Cordialement
A.V.
Ingrid Lux
26 décembre 2014 @ 21:05
Bonjour,
par hasard j’ai lu vos remarques concernant votre belle-mère parceque j’ai vu un rapport sur le duc de Ségovie et d’Anjou (Don Jaime) à la télévision. Je voudrais bien savoir si Helga (née Büchler) va bien. Nous étions ensemble à l’école à Berlin et en 1957 nous étions invitées par sa mère et Don Jaime de passer nos vacances à Rueil Malmaison. –
Dans l’attente d’une réponse veuillez recevoir mes meilleurs salutations. Mon nom est Ingrid Lux, née Drewes, 73 ans et je vis encore à Berlin. Je suis mariée. Nous avons un fils et une petite-fille.
Audouin
3 avril 2011 @ 22:36
agnès (55)
Zavala n’a rien révélé que l’on sût déjà. C’est Juan Balanso qui, le premier, a évoqué cette histoire dans son livre paru en 2000: « Los Borbones incomodos », page 137.
Il écrit: « Sobre su fallecimiento se barajaron diversas versiones. Carlota, beoda, le habria propinado al infante un botellazo que le abrio la cabeza; los esposos habian discutido, embriagados, y don Jaime cayo sobre una losa, poduciendose una fuerte fractura; el duque de Segovia se golpeo el craneo, y Carlota, asida a su botella, fue incapaz de conducirle a tiempo a un hospital »
Traduction:
Diverses versions ont été données de la mort de Don Jaime
1)Ivre, Carlota aurait lancé sur l’infant une bouteille qui lui aurait ouvert le crâne; 2)les époux, en état d’ivresse,se sont disputés et don Jaime tomba sur les dalles (de l’appartement), ce qui entraîna une fracture sévère; 3)Le duc de Ségovie s’est donné un coup sur le crâne et Carlota accrochée à sa bouteille, fut incapable de le conduire à temps dans un hôpital
Audouin
jul
4 avril 2011 @ 05:19
Agnès, j’avais évoqué cette hypothèse dans mon article. Régine ne l’a pas reprise. Probablement par prudence vis à vis d’un ragot et par respect. Et même si cela était avéré, mieux vaut ne pas commencer dans ce registre. La pudeur impose le silence sur certaines choses.
Noblesse et Royautés n’est pas trash.
Peut-être pourra-t-elle vous éclairer.
En tout cas, je vois que vous êtes fascinée par les « malédictions » :D
Dévorez-vous également les reportages, livres et articles sur les Kennedy?
Personnellement, je ne crois pas aux malédictions. C’est un artifice journalistique et romanesque pour créer du sensationnel et accrocher l’attention des lecteurs. De plus, ce seraient des prisons mentales pour les membres de famille soi-disant « maudites ». Il faut aller de l’avant. Je ne souhaite à personne d’être montré du doigt comme faisant partie d’une famille « maudite ». Ca doit être horrible de lire ou d’entendre ce genre de choses…
Régine
4 avril 2011 @ 06:56
A Jul
Vous l’aviez brièvement indiqué mais comme cela n’a pas pu se confirmer et que différentes versions existent, j’ai préféré ne pas le mentionner.
agnes
4 avril 2011 @ 08:27
Pardon si mon post a apporté du « trash » à votre article si fouillé et si intéressant. Il est évident que la thèse officielle prime et, de plus, ce n´est pas le sujet de votre portrait.
Je ne suis pas du tout superstisieuse et les tragédies se ramassent à la pelle dans l´Histoire.
Mon intérêt particulier est dû au fait que j´ai vécu 4 ans à Madrid; à mes heures perdues, j´ai « traqué » les membres de la famille royale et visité les lieux historiques.
Et pourtant, j´ai réalisé mes lacunes grâce à votre portrait, d´oú mes recherches complémentaires sur le web.
corentine
4 avril 2011 @ 10:48
Jul 15
je vous remercie beaucoup
continuez, vous nous faites plaisir, j’aimerai bien un portrait des deux frères du prince Jaime (Jacques) : Alfonso (Alphonse) et Gonzalo (Gonzalve ou Gonzague)
à ce propos Actarus 26 : j’ai toujours traduit le prénom de « Gonzalo » par « Gonzague » et non « Gonzalve » ?
Sigismond
4 avril 2011 @ 11:30
Sur la mort du Prince, son fils aîné le prince Alphonse explique dans ses mémoires que son père a fait une chute dans l’escalier de son appartement à Lausanne. La Tiedemann, qui devait se rendre dans une clinique de Saint-Gall (ville située à l’autre bout du pays) pour une cure de désintoxication, ne se serait guère souciée de la gravité de l’accident subi par le Prince. Quand le duc d’Anjou et Charlotte Tiedemann arrivèrent enfin à Saint-Gall après avoir traversé toute la Suisse en taxi, l’état du Prince s’était aggravé et les médecins de la clinique durent le faire transférer à l’hôpital de la ville, où il décéda après plusieurs semaines d’agonie. Ses obsèques eurent lieu le 24 mars à Lausanne, dans l’église où son frère aîné s’était marié en 1933. Sur son cercueil, recouvert de la bannière de France (d’azur à trois fleurs de lis d’or) et du drapeau royal espagnol, furent déposés sur un coussin violet les colliers des ordres du Saint-Esprit et de la Toison d’or. Tragique destin de celui qui aurait dû être le roi de France et d’Espagne.