
Jaime/Jacques de Bourbon et Battenberg, Infant d’Espagne est né le 23 juin 1908 au Palais de la Granja de San Idelfonso près de Ségovie en province de Castille. Il est le deuxième enfant et deuxième fils du roi Alphonse XIII et de la reine Victoria Eugénie, née princesse de Battenberg, petite-fille de la reine Victoria.

L’Infant d’Espagne reçut lors de son baptême les prénoms de Jaime/Jacques (en souvenir des rois d’Aragon), Luitpold (pour le prince de Bavière), Isabelino (en l’honneur de l’Infante Isabelle, fille d’Isabelle II et de François Ier, sa grande-tante paternelle), Henri (en souvenir du prince Henri de Battenberg, son grand-père maternel), Alexandre (en l’honneur de son oncle maternel le prince Alexandre de Battenberg), Alphonse, Victor (pour ses parents), Acacio, Pierre, Paul (en souvenir de martyrs chrétiens de ce mois).

L’Infant passa son enfance entouré par ses frères et soeurs entre les Palais de Madrid, La Granja et de Miramar à San Sebastian. Il avait un frère aîné Alphonse, prince des Asturies et quatre frères et soeurs cadets : Béatriz, Cristina, Juan (comte de Barcelone, père du roi Juan Carlos) et Gonzalo.
Les enfants du roi Alphonse XIII et de la reine Victoria Eugénie sont également très proches de leurs cousins Bourbon et Bavière, enfants des Infants Carlos et Fernando, veufs de leurs tantes paternelles.

En 1912, l’Infant devient sourd-muet. Sa soeur l’Infante Béatriz précise dans ses souvenirs à la fin de sa vie « Mon frère Jaime n’était pas sourd-muet de naissance, cela s’est produit quand il était tout petit à cause d’une otite mal soignée, suivie de complications (…) Nous avons pensé qu’il avait été mal soigné. Ce fut une grande souffrance pour mon père. Mon frère était très vif d’esprit. Il lisait sur les lèvres si nous parlions lentement en français et il entendait divinement ce que nous disions, il n’avait aucune difficulté pour nous comprendre mais si nous lui parlions de loin ou sans le regarder, c’était impossible. Un autre problème était le téléphone. Pour lui, il n’existait pas. »

L’Infant réussit au prix d’efforts colossaux et de nombreuses heures de travail avec les spécialistes durant son enfance, à surmonter son handicap si bien qu’à l’âge adulte, il pouvait s’exprimer distinctement. Elevé au sein d’une famille cosmopolite, il parlait même couramment plusieurs langues : français, anglais, espagnole et allemand.

Le 24 octobre 1921 à l’âge de 13 ans, il devient le 1153ème chevalier de la Toison d’Or et reçut le collier de l’Ordre de Charles III en 1925. Le 2 mars 1931, conformément au souhait de son père, il est désigné Grand Commandeur de l’Ordre de Calatrava, un des quatre plus prestigieux ordres de chevliers espagnols. La vie dorée de la famille royale espagnole fut maheureusement interrompue en 1931.
Le roi Alphonse XIII dut abdiquer et partit en exil en France. La famille royale séjourna tout d’abord à l’hôtel Meurice puis à l’hôtel Savoye d’Avon près de Fontainebleau, puis à Lausanne en Suisse et enfin à Rome. En 1933, son frère aîné le prince Alphonse épousa à Ouchy en Suisse Edelmira Sampedro-Ocejo y Robato, une rotutrière cubaine. Aussitôt, le roi Alphonse XIII retira à son fils le titre de prince des Asturies.

Voulant favoriser son troisième fils Juan en cas d’une éventuelle restauration de la monarchie, le roi ordonna alors à son fils Jaime/Jacques de renoncer à ses droits au trône d’Espagne sous prétexte de son handicap. Comme ses frères et soeurs, l’Infant n’avait pas connu longtemps l’harmonie au sein du foyer familial. L’Infante Beatriz, sa soeur, le rappelle en ces termes : « Mes parents étaient merveilleux pour moi mais une certaine distance était apparue entre eux (…)même s’ils ne se sont jamais disputés devant nous. Ma mère anglaise et protestante, devait s’adapter à une religion différente de la sienne, à une nouvelle langue et à ce qui fut le plus difficile à des habitudes et des coutumes bien différentes de celles qu’elle avait connues dans son pays d’origine. Il y avait également les problèmes de santé de mes frères qui furent une grande souffrance et déception pour mon père (…) En exil, mes parents décidèrent de se séparer définitivement. Ma mère nous le dit, pensant, qu’au fond nous savions que son mariage était déjà brisé. »

Une autre épreuve fut la disparition de son plus jeune frère l’Infant Gonzalo, enlevé à l’amour de sa famille à l’âge de 20 ans des suites d’un accident de voiture en 1934 en Autriche. Hémophile, il ne survécut pas à ses blessures. Le 4 mars 1935, le roi Alphonse XIII d’Espagne et son amie Victoire Ruspoli des Princes de Poggio Suaso, vicomtesse Roger de Dampierre organisèrent en l’église Saint Ignace de Loyola de Rome le mariage de leurs enfants Jacques et Emmanuelle (née en 1913).

Le jeune couple fut titré par le roi duc et duchesse de Ségovie, en souvenir de la province natale de l’Infant (en 1928, il avait été fait « Nino predilecto« , que l’on peut assimiler à « citoyen d’honneur » de Ségovie et San Idelfonso par la députation provinciale tout comme sa soeur l’Infante Beatriz). Le duc et la duchesse de Ségovie ont eu deux fils : Alphonse né le 20 avril 1936 et Gonzalo né le 5 juin 1937 à Rome. Le duc de Ségovie fut ensuite frappé par deux autres deuils : en 1938, son frère aîné Alphonse, ancien prince des Asturies décède à Miami et le 28 février 1941 son père le roi Alphonse XIII qui s’éteint à Rome.

Son mariage avec Emmanuelle de Dampierre ne survécut pas très longtemps. Ils se séparèrent dès 1939 et divorcèrent en 1947. Chacun retrouvant le bonheur de son côté. Ainsi, le duc se remaria le 3 août 1949 à Innsbruck en Autriche avec la cantatrice allemande Charlotte Tiedemann (1919-1979) qu’il avait rencontrée au restaurant « Il Faro » de Rome. Emmanuelle de Dampierre se remaria avec un banquier milanais Antonio Sozzani le 21 novembre 1949 à Vienne.

Le duc vivait à Rueil-Malmaison à la « villa Ségovie », ensuite à Paris au n°9 de l’avenue Ingres (16ème arrondissement) puis à Neuilly-sur-Seine et finalement en Suisse. Emmanuelle de Dampierre est quant à elle restée en Italie. Elle s’est séparée de son deuxième mari vers la fin des années 60. Leurs fils Alphonse et Gonzalo ont été scolarisés au lycée français Chateaubriand de Rome puis à Fribourg en Suisse. Les deux princes passaient l’essentiel de leurs vacances auprès de leur affecteuse grand-mère paternelle la reine Victoria Eugénie.
Quelques années après la mort d’Alphonse XIII, le nouvel aîné des Bourbon pris officiellement à Rome le 28 mars 1946 le titre de duc d’Anjou porté jadis par son ancêtre le roi Philippe V, petit-fils de Louis XIV, avant de monter sur le trône d’Espagne. Il prit également les pleines armes de France, d’azur à trois fleurs de lys d’or. Il chargeau le prince Xavier de Bourbon-Parme de transmettre sa déclaration aux cours européennes ainsi qu’une lettre aux cadets de la dynastie capétienne. A la mort de sa mère la reine Victoria Eugénie en 1969, il prit le titre de duc de Tolède, porté en exil par les souverains et qui avait servi d’incognito au roi Alphonse XIII lorsqu’il participait à des tournois de polo.

Après plusieurs revirements, et sur demande de son fils aîné Alphonse, le duc accepta finalement en juillet 1969 de reconnaître le règlement successoral en faveur de Juan Carlos, son neveu. A partir de ce moment, il assuma seulement les prérogatives de chef de la Maison de Bourbon et d’héritier des rois de France. Il signa ses actes français des prénoms Jacques Henri. Les légitimistes français l’appelèrent Jacques Henri VI.
Le 8 mai 1956, il avait d’ailleurs été invité par les autorités françaises à présider avec son fils aîné la cérémonie de remise du reliquaire de Saint Louis à la Basilique de Saint Denis, oragnisée par le Mémorial de France à Saint Denis. Il présidait déjà depuis 1952, chaque 21 janvier, les commémorations de la mort de Louis XVI en l’église Notre Dame des Victoires puis à partit de 1972 à la Chapelle expiatoire.

Le duc d’Anjou et de Ségovie honora également de sa présence les commémorations de Vendée au Mont des Alouettes. Il fut à cette époque aidé dans sa tâche par Jacques, duc de Bauffremont et l’Institut de la Maison de Bourbon qu’il avait fondé en 1973. Lors de ses apparitions publiques, il porta les insignes de Maître de l’Ordre du Saint Esprit, comme ce fut le cas lors du séjour de quatre jours en mars 1972 qu’il effectua en Espagne pour le mariage de son fils aîné avec Carmen Martinez-Bordiu, l’aînée des petits-enfants du Général Franco. Il conféra les Ordres du Roi à ses fils ainsi que des titres conformes à la tradition légitimiste : le 25 novembre 1950, il donna à son fils Alphonse le titre de duc de Bourgogne tandis que son fils cadet fut titré duc d’Aquitaine par lettres patentes du 21 septembre 1972.
En 1972 et en 1974, il eut la joie de devenir grand-père de François et Louis. Il titra le premier duc de Bretagne le 13 octobre 1973 et fut parrain de baptême de Louis. Il n’eut malheureusement pas le temps de les connaître longtemps. En février 1975, il fit une chute dans les escaliers de son domicile. Admis à l’hôpital cantonal de Saint Gall en Suisse, il décéda le 20 mars 1975. Enterré tout d’abord à Lausanne auprès de sa mère la reine Victoria Eugénie et de son frère cadet Gonzalo, ils furent tous les trois inhumés définitivement au Monastère de l’Escorial en 1985. (Merci beaucoup à Jul pour ses recherches et le texte, et qui dédie cet article à un prince trop peu connu du public – Copyright photos : Foro realeza & Life)
jul
4 avril 2011 @ 12:45
Merci pour votre précision Régine, ainsi qu’à Sigismond pour ces informations bien intéressantes.
Agnes, bah ce n’est pas grave. N’en parlons plus.
4 ans à Madrid woww ! J’ai visité cette ville il y a 3 ans. J’ai été conquis. C’est splendide. J’y retournerai volontiers :) Quelle visite me conseilleriez-vous? Avez-vous de bonnes adresses de restaurants ?
Je vous souhaite un bon après-midi :)
cecil
4 avril 2011 @ 19:26
Corentine,
C’est Actarus qui a raison sur la traduction de Gonzalo en Gonzalve (ou Gonsalve).
D’abord Gundisalvus puis Gonzalvus, ce prénom, uniquement masculin, et d’origine germanique, combine les éléments « gund » (comme au début de Gontran, ou à la fin de Cunégonde), le combat, et « salvus », lutter.
Les patronymes Gonzales et Gonçalves signifient « fils de Gonzalo ». Gonzalve est très rare en France. Une source indique qu’il n’a été attribué que 3 fois depuis 1900. En revanche, on le rencontre souvent dans les pays de langue espagnole et portugaise.
Si Gonzalo a toujours été un nom de baptême, Gonzague était un nom de famille, celui de la dynastie italienne ayant régné sur Mantoue, jusqu’au XVIIIe siècle. Son étymologie est partiellement la même, puisque l’on retrouve le préfixe « gund ». Par contre, la deuxième partie est inconnue.
cosmo
4 avril 2011 @ 19:53
Sigismond (61),
Roi de France et d’Espagne! Comme vous y allez!
Il me semble que l’esprit du Traité d’Utrecht (encore lui) y ait été totalement opposé, comme la volonté de toutes les puissances de l’époque.
Mais enfin, il n’est pas interdit d’espérer. Tout ne peut-il pas arriver en ces jours difficiles, y compris une prise de pouvoir par qui nous n’attendons pas?
Th
4 avril 2011 @ 21:12
Jul,
Un grand merci pour ce bel article : je suis du coup allé lire votre article sur Guillaume II de Wurtemberg, excellent également !
J’attends avec impatience voter prochain article – sans parler de vos interventions empreintes de pastiche que je trouve très drôles !
jul
5 avril 2011 @ 06:03
Ah oui cécil, Gonzalo/Gonzalve est un prénom allemand en passant par les Wisigoths :)
comme Alvaro, Ataulfo, Fernando
Une fille de Louis III de Bavière s’appelait Gundelind ( même racine Gund )
est-ce pareil pour Günther ?
Merci beaucoup Th, ça me fait bien plaisir.
Ah mes interventions « empreintes de pastiche et (…) drôles « ?
Dois-je être flatté ou meurtri? lol Qu’entendez-vous précisément par « pastiche » dans mes interventions?
agnes
5 avril 2011 @ 07:18
L´endroit que j´ai aimé par dessus tout est justement le lieu de naissance de Jaime, le palais de la Granja.
A 80km de Madrid et 15km de Ségovie, au pied de la montagne, des fontaines de plomb imitation bronze incroyables, lieu unique. Un hôtel Parador a même ouvert dans une des annexes près du château.
jul
5 avril 2011 @ 11:46
Ah oui excellent idée Merci beaucoup Agnes !
jean-marie
5 avril 2011 @ 12:27
Mais alors c’était une histoire d’alcoolisme entre ce couple!
Michael
5 avril 2011 @ 13:16
et surtout les testament de Charles II d’Espagne qui stipulait de ne jamais réunir le royaume d’Espagne et le Royaume de France…
Mais bon c’est une histoire de partisan: on en avait fini avec les Bourbons Naundorff, et on recommence avec les Borbones y Marinez-Bordiu…
Audouin
5 avril 2011 @ 15:59
agnès (67)
Les marronniers du parc sont des « descendants » de ceux que Philippe V fit venir de Versailles…J’ ai ramené quelques marrons que j’ai essayé de faire repartir…sans succès.
Th
5 avril 2011 @ 18:40
Jul, message 66,
Je me trompe peut-être mais je crois que vous avez publié plusieurs interventions dans le genre « Extrait de l’Almanach Royal pour l’année XX », ou encore les armoiries des Comtes d’Evreux ?
Si vous en êtes bien l’auteur, je pense que vous avez vraiment un talent et qu’il convient de l’exploiter. Si tel n’est pas le cas, je vous prie de m’en excuser.
Pour résumer : ne soyez pas vexé et encore moins meurtri et en tout état de cause, encore bravo pour les articles sur le Duc d’Anjou et de Ségovie et Wilhelm II de Wurtemberg !
agnes
5 avril 2011 @ 19:40
Ah les marronniers du jardin… gros, énormes, orgueilleux…je sens encore leur odeur. Je savais qu´il y avait un lien avec le jardin de Versailles mais j´ignorais que c´était celui là.
Felipe V, qui l´a fait construire, a aussi voulu son petit Versailles, dans cet endroit oú il allait chasser.
Il faut y retourner, la Parador est récent et luxueux, dans un lieu historique, c´est un de nos préférés.
jul
5 avril 2011 @ 19:47
Th merci beaucoup. Ce que vous me dites me fait très plaisir.
Ahhh ouiii les almanachs lol je les avais oubliés. J’étais en forme ces jours là :D
Vous me donnez envie de les relire, mais je ne sais même plus où ils sont classés…c’est malin.
Ce sont des petites fantaisies auxquelles j’essaie de donner du réalisme. Je les vois comme des invitations à réfléchir…
Pour ce qui est des armoiries du Prince d’Evreux et des portraits, mon propos est plus sérieux.
Petit, j’avais une collection de lego (châteaux, chevaliers, navires pirates, forts…) et je voulais des histoires réalistes…Alors je me suis beaucoup intéressé à l’histoire médiévale et moderne, à l’héraldique, aux monarchies, à l’organisation et ux stratégies des familles de la noblesse, mais aussi à la cartographie pour dessiner les cartes de mes Etats.
Je voulais tout comprendre pour créer mon propre monde.
Je prêtais des châteaux et des maisons à mes frères et soeurs et nous organisions des guerres et plein d’aventures et même des mariages entre nos personnages. Cela donnait des généalogies de fous :) On était à fond dedans, on s’y croyait vraiment.
Et cette passion ne m’a pas quittée lol
Audouin
5 avril 2011 @ 22:28
Agnès (73)
J’ai noté l’adresse du parador pour mon prochain voyage. Felipe V aimait tellement La Granja qu’il s’ est fait inhumer en compagnie de son inséparable épouse Elisabeth Farnèse dans la chapelle du château.
Audouin
Th
5 avril 2011 @ 23:15
Jul, message 74,
Sérieusement, retrouvez les articles sur les almanachs, c’était excellent et digne de « La Cour » d’André Ribaud !
A titre personnel, avec les reportages de Néoclassique et les interventions d’Audouin et de Vincent Meylan, c’est ce que j’ai préféré sur ce site.
Sigismond
6 avril 2011 @ 07:37
cosmo (64)
Utrecht fut la première étape du recul international de la France. L’usurpatrice Anne Stuart, après avoir volé le trône de son demi-frère, imposa à Louis XIV et à Philippe V l’humiliation de ce traité inconstitutionnel, qu’on doit donc tenir pour nul et non avenu. Tout cela aurait pu ne pas arriver si le Grand Dauphin avait très légitimement succédé à son oncle Charles II sur le trône d’Espagne en 1700, au lieu de céder ses droits à son deuxième fils (en bafouant au passage les droits du duc de Bourgogne).
Quant à « une prise de pouvoir par qui nous n’attendons pas », je ne sais pas à qui vous pensez, mais pour ma part le seul que j’attende est Monseigneur le duc d’Anjou. Mais sa prise de pouvoir doit se faire par la voie légale et démocratique.
Michael (70)
Un royaume ne se lègue pas par testament ! Charles II n’avait pas d’enfants, mais sa demi-sœur aînée laissait un fils : le Grand Dauphin.
Michael
6 avril 2011 @ 14:21
Sigismond,
Les évènements historiques ont été beaucoup pragamtiques que vos interprétations. Les successions dynastiques s’adaptent à l’indépendance nationale des pays. Il était impossible que le roi de France fut en même temps Roi d’Espagne sans déclencher de guerre; C’est pour cette raison que Philippe V a du renoncer pour lui et ses descendants au trône de France. Et c’est pour cette raison qu’un Bourbon d’Espagne est non dynaste en France.
jul
6 avril 2011 @ 17:02
Th, je suis touché par vos paroles :) Merci beaucoup !
J’ai gardé les fichiers sur mon ordinateurs, ouf ! pas besoin de chercher sur le site :)
Vous me donnez envie d’en écrire d’autres.
Sigismond
6 avril 2011 @ 18:42
(suite de mon commentaire n° 77)
Il faut rappeler que c’est Mazarin qui avait planifié le mariage de Louis XIV et de l’infante Marie-Thérèse, précisément dans le but de recueillir la succession espagnole. Voici ce qu’écrivait le cardinal en 1646 : « L’infante étant mariée à Sa Majesté, nous pourrions aspirer à la succession des royaumes d’Espagne, quelque renonciation qu’on lui en fit faire ; et ce ne serait pas une attente fort éloignée, puisqu’il n’y a que la vie du prince son frère qui l’en peut exclure ».
Quant à Louis XIV lui-même, voici ce qu’il écrivait à propos du Grand Dauphin en 1698 : « […] mon fils, étant le plus proche héritier, rien ne pourrait l’empêcher de prendre le titre de roi d’Espagne, de se servir de toutes mes forces pour recueillir cette grande succession, qu’elle lui est acquise suivant les lois confirmées par les fréquents exemples de translations des parties qui composent cette monarchie d’une maison dans une autre, que mes troupes […] préviendront facilement les entreprises de ceux qui voudraient disputer à mon fils une Couronne qui doit lui appartenir ».
Sigismond
7 avril 2011 @ 07:28
Michael (78)
En 1305, Louis « le Hutin », fils aîné du roi de France Philippe IV, devint roi de Navarre (succédant à sa mère la reine Jeanne Ire). Cela ne l’empêcha pas de succéder à son père sur le trône de France en 1314 (sous le nom de Louis X), unissant ainsi sous son sceptre les deux pays. Et il s’agissait à l’époque de la Navarre tout entière, pas seulement de la petite partie du pays qui restera indépendante après 1512 (et sur laquelle régnera à partir de 1572 notre futur roi Henri IV) et que les orléanistes appellent mensongèrement « Navarre française » (pour ne pas reconnaître à Henri IV sa qualité de souverain étranger).
cecil
7 avril 2011 @ 12:10
Jul,
Oui, Günther commence par la racine « gund », assorti de « hari », signifiant armée.
Les prénoms germaniques sont presque tous construits de la même manière, par l’association de 2 éléments. Ceux-ci peuvent être placés en première ou deuxième position. Certains prénoms sont constitués des mêmes éléments, en sens inverse. Exemple: Bertier et Herbert, avec les racines « bert », brillant et « hari », armée.
Pour en revenir à la racine « gund », elle est présente dans de nombreux prénoms, en première position (plutôt prénoms masculins) ou seconde (prénoms féminins): Aldegonde, Frédegonde, Gondeline, Gontran, Gonzague et Gonzalve…
Avec d’autres racines, fréquemment utilisées, comme « hari » (dans Charles, Lothaire), « helm », casque (Wilhelm), « brand », épée, « hild », autre mot signifiant combat (Hilda, Mathilde) ou « sig », la victoire (Siegfried, Sigrid), elle démontre l’importance des valeurs guerrières pour les germains des premiers siècles.
D’autres notions reviennent aussi très souvent:
« adal », noble (Albert, Alice), « hard », dur, courageux (Hardouin, Bernard, Gerard), « ric », riche, puissant (Richard, Eric), « hlod », illustre (Louis, Lorraine), « frid », la paix (Frédéric, Wilfrid), ainsi que des verbes (« waldan », commander, que l’on trouve dans Arnaud, Waldemar, Walburga) des noms d’animaux (« hramm »,le corbeau ou « wolf », le loup) et de nombreux suffixes.
Pour Günt(h)er, les formes les plus anciennes s’écrivaient sans tréma. Il existe une adaptation française, Gonthier, inusitée de nos jours. A l’inverse, la forme suédoise, Gunnar, est d’un usage très courant.
padraig
7 avril 2011 @ 13:15
jean-marie 69
Il faut souhaiter seulement que la fameuse scène de ménage fortement alcoolisée ne s’est pas terminée par un coup sur la tête de Jaime de Borbon y Battenberg par son épouse d’alors, Charlotte Tiedemann, à l’aide d’une bouteille de… Bourbon. ;-)
Alexis R
7 avril 2011 @ 14:22
Sigismond (37 et suivants),
Pourriez-vous tout d’abord déterminer ce qu’est, à vos yeux, une « simple épouse civile »? Vous vivez peut-être dans une sphère où le mariage religieux importe seul, mais permettez-moi de vous rappeler que seul vaut désormais le mariage civil que vous semblez mépriser, au nom d’un droit évanescent qui n’a plus aucun lien avec la réalité!
Vous voulez sans doute escamoter et Charlotte Tiedemann et Antonio Sozzani, il n’empêche que la princesse Emmanuelle de Dampierre, deux fois divorcée, n’a plus aucun droit, et ce depuis 1947(64 ans tout de même…) au titre de duchesse consort de Ségovie. Et à en faire une « Reine », je crains que pour cela il faut bien plus que franciser le nom de ses deux fils, s’habiller de bleu roi et arborer une broche en forme de fleur-de-lys… si vous me permettez l’humour!
J’ignorais que la nationalité française pouvait s’acquérir par le seul droit dynastique (49)… quelles sont les références de cette théorie?
Je regrette le mépris que vous affichez envers Charlotte Tiedemann, surtout dans un article où Jul, dont je loue à nouveau l’impartialité, a souligné le bonheur que le duc de Ségovie avait retrouvé auprès de sa seconde épouse durant leurs 26 ans de mariage, après les 4 ans de vie commune avec Emmanuelle de Dampierre.
Et je ne m’abaisserai pas au niveau des ragots que certains (alfonsistes bon teint pourtant) ont cru devoir évoquer.
Enfin, pour ceux qui avancent l’usage du français dans une famille royale comme argument supplémentaire de légitimité dynastique en France, n’oublions pas que le français était pratiqué dans toutes les Cours d’Europe…
Alexis R
Nemausus
7 avril 2011 @ 22:01
Sigismond
Ne vous fatiguez pas a répondre a Akexis R sur la question du divorce et du titre d’emmanuelle de dampierre car ce monsieur est de mauvaise foi.
En effet plusieurs légitimistes ont déjà répondu sur ce point a ce monsieur pour montrer que légalement elle avait droit a son titre ainsi que du point de vue de la courtoisie.
Mais comme tjs les henrikistes ne tiennent jamais compte des réponses faites et répètent inlassablement leurs mensonges.
Ce qui montre le peu de crédibilité de ce monsieur qui connait très bien les réponses a sa question mais sa tactique est de poser sa question comme si c’était la première fois… C’est de la malhonnêteté intellectuelle …
aubert
7 avril 2011 @ 22:18
SIGISMOND. Louis XX roi de France par une prise de pouvoir « légale et démocratique » . Election ou référendum ? Je crains que nous attendions longtemps. De plus si c’est pour « inaugurer les chrysanthèmes » quel intérêt ?
« La » Montespan, « La » Pompadour, « La » Tiedman, pas très gentil…
Sigismond
9 avril 2011 @ 21:38
Nemausus (85)
Je suis tout à fait d’accord avec vous. Pourquoi répondre au persiflage de quelqu’un qui fait semblant de ne pas comprendre la différence entre droit civil et droit dynastique ? Comme si on ne pouvait pas être attaché à la démocratie et à la laïcité de l’État, tout en étudiant le droit dynastique français (aboli depuis 1830, personne n’en disconvient) et les implications qu’il aurait s’il était toujours en vigueur. D’ailleurs, la République ne méconnaît pas ces implications, puisqu’elle reconnaît les titres portés par nos Princes sur leurs passeports français.
Aubert (86)
Le Prince a bien dit qu’il verrait pour la France une monarchie constitutionnelle à l’espagnole, dans l’hypothèse très improbable d’une 3e Restauration.
Et puis, nous étions il y a trois jours le 6 avril, la fameuse date où le Sénat-Conservateur a décrété que « Le Peuple français appelle librement au trône de France Louis-Stanislas-Xavier de France, frère du dernier Roi, et après lui les autres membres de la Maison de Bourbon, dans l’ordre ancien. »
Les mélomanes parlent de LA Callas, cela n’a rien de méprisant, bien au contraire. N’oubliez pas que Charlotte Tiedemann était cantatrice.
cecil
10 avril 2011 @ 12:34
Sigismond,
Aubert n’est pas le seul à croire que vous manifestez du mépris envers Charlotte Tiedemann. Alexis R l’a remarqué aussi, et moi-même.
Il est exact que l’on parle de La ceci, La cela, pour une diva, et qu’il s’agit, dans ce cas, d’une distinction honorifique, mais lorsque vous écrivez « La Tiedemann, simple épouse civile, n’a jamais porté aucun titre : elle n’avait pas plus de droits dynastiques que n’en eurent en leur temps la Montespan ou la Pompadour. » dans le mail 37, vous mettez Madame Tiedemann au même niveau que 2 favorites royales, lesquelles ne devaient pas cette position à leurs talents artistiques. La première partie de votre phrase peut laisser supposer que LA Tiedemann qualifie la cantatrice; La deuxième lève toutes ambigüités.
Sigismond
11 avril 2011 @ 07:36
cecil (88)
Les historiens parlent couramment de LA Montespan et de LA Pompadour. Encore une fois, il n’y a là rien de méprisant. Si j’ai cité ces deux favorites royales, c’est pour expliciter la situation de Charlotte Tiedemann au regard du droit dynastique français. Votre sensibilité vous honore, mais je n’ai pas la moindre acrimonie à l’encontre de feu Mme Tiedemann, dont je ne sais d’ailleurs pas grand chose. Cela me fait penser que dans ses mémoires, Madame écrit (page 203) que Mme Tiedemann avait une fille d’une précédente relation, et que cette fille avait pris le nom de Bourbon.
A.V.
29 février 2012 @ 01:25
Faux, cette personne se trouve être ma belle-mère et elle ne se fait pas appeler ainsi. D’où tenez-vous de telles informations! Par contre, elle a été élevé par Jaime. Il la considérait comme sa fille. je peux comprendre que cela déplaisait à ses enfants légitimes et c’était le cas.
C.G.
27 août 2012 @ 18:42
Madame,arrivait-il à Jaime de parler de sa fille née -avant son mariage- en octobre 1928? Si oui, n’a-t-il pas eu des regrets de ne pas l’avoir reconnue?
Cordialement
C.G.
Gianna
24 septembre 2015 @ 03:11
Je ne sais rien de cette fille…voulez -vous me donner des renseignements svp?
Dron
17 juillet 2016 @ 19:43
Sa fille est arrivée en France dans les années 50 et y vit toujours. J’aimerai tant connaître la période de sa petite enfance dans la Province de Segovia…
aubert
11 avril 2011 @ 14:21
Madame de Montespan ne devait pas son rôle qu’à ses..charmes. Si elle n’avait été fille de duc elle n’aurait été à Versailles et le roi n’aurait pu les apprécier.
Pour madame de Pompadour c’est un peu différent, mais le roi, souverain, l’a faite marquise ce qui vaut bien la célébrité du « la ».
…et tout cela, y compris madame Tiedeman, nous montre les arrangements que les princes catholiques s’accordent avec le Bon Dieu.
Aramis
12 avril 2011 @ 17:06
Aubert (90)… ou plutôt prétendent s’accorder avec le Bon Dieu, car en ce qui concerne ce dernier, nul ne sait s’il est d’accord. Mais c’est une tradition chez les grands que de se croire au dessus des lois humaines et des lois divines (ou dessus des lois humaines, y compris celles dites divines).