
Le duc et la duchesse d’Anjou passent quelques jours de vacances à Madrid. Maria Margarita en a profité pour effectuer des achats en compagnie d’une amie tandis que Luis Alfonso a rendu visite à d’anciens collègues. (Copyright photos : Diez minutos)


Le duc et la duchesse d’Anjou passent quelques jours de vacances à Madrid. Maria Margarita en a profité pour effectuer des achats en compagnie d’une amie tandis que Luis Alfonso a rendu visite à d’anciens collègues. (Copyright photos : Diez minutos)

Audouin
3 août 2009 @ 13:44
LORENZ(239)
Il est tout de même étrange et parfaitement inexact de prêter à don Luis Alfonso de Bourbon des prétentions au trône de France qu’à l’instar de son père il n’a jamais affichées.Il ne s’est jamais non plus présenté comme chef de « la Maison de France », une entité juridique inexistante.Il se dit seulement chef de la Maison de Bourbon, un titre qui n’est pas une fiction et que même ses cousins de la branche cadette d’Orléans ne lui contestent pas. Si don Luis Alfonso venait à disparaître sans laisser de fils,ce serait évidemment don Juan Carlos de Bourbon et Bourbon, roi d’Espagne qui lui succèderait à la tête de la Maison de Bourbon.
Dans son message 236, Delorme évoque « la légitimité de la Maison d’Orléans comme héritière des droits historiques (?) de la dynastie capétienne française ».
La formulation n’est pas fausse, sauf que Ph D. ne précise pas en quoi consiste le contenu de ces droits, terme un peu trop vague. Mais il est vrai qu’on ne peut contester à la Maison d’Orléans les droits moraux qu’elle a acquis à travers l’histoire de notre pays: de la Régence de Philippe d’Orléans à l’épopée de la conquête de l’Algérie en passant pr les épisodes moins glorieux du citoyen Egalité et du règne du roi des Français Louis-Philippe, personnages historiques, ô combien!
Audouin
Audouin
3 août 2009 @ 14:43
@Delorme (240)
Philippe d’Orléans n’a pas été nommé régent du royaume par son oncle Louis XIV, mais seulement président, aux pouvoirs très limités, d’un Conseil de régence que le roi avait lui-même composé.
L’erreur manifeste du roi avait été de confier l’éducation de son successeur au duc de Maine, son fils légitimé. Philippe d’Orléans fit, avec raison, casser le Testament de Louis XIV par le Parlement de Paris qui le nomma alors seul Régent avec tous les pouvoirs.En échange, ce dernier restitua aux parlementaires le droit de remontrance dont ils firent un si mauvais usage et qui est une des causes lointaines de la Révolution… Le duc d’Orléans nomma de nouveaux membres à sa dévotion.Il était maître du pays, ce que n’avait sûrement pas voulu le feu roi…
Audouin
Audouin
3 août 2009 @ 16:59
Autre erreur de Ph.DELORME(240)
Il écrit que Philippe d’Orléans (1674-1723) a été nomme régent « comme premier prince du sang », ce qu’il ne fut jamais! Il était petit-fils de France, ce qui le plaçait au-dessus des princes du sang. C’est son fils Louis qui recevra le titre de premier prince du sang à sa naissance en 1703, mais il devra attendre la mort du titulaire, Henri III Jules de Bourbon, prince de Condé en 1709 pour le porter effectivement.
Il est vain de se demander pourquoi Philippe V n’a pas été nommé régent en dépit des intrigues de Mme de Maintenon. Philippe V était roi d’Espagne et Louis XIV avait un successeur.Il n’allait pas remettre l’Europe à feu et à sang pour une affaire intérieure. Que se serait-il passé si Louis XV était mort dans l’enfance? Il est probable que Philippe V ne serait pas resté inerte en dépit du « coup d’Etat » du duc d’Orléans qui s’attribua les pleins pouvoirs au lendemain de la mort du Roi avec la complicité du Parlement…
Audouin
Philippe Delorme
3 août 2009 @ 17:41
Audouin (241). Il est aussi étrange, si don Luis Alfonso ne se considère pas comme chef de la Maison de France qu’il laisse ses partisans les plus zélés comme : Patrick Van Kerrebrouck avec la collaboration de Christophe Brun (préf. Hervé Pinoteau), rédiger une « Nouvelle histoire généalogique de l’auguste maison de France », dont le tome 4, consacré à la maison de Bourbon – 1256-2004, l’y fait figurer en bonne place.
PHD
jean-marie
4 août 2009 @ 07:08
Audouin.241
Que rapporte le titre de chef de la Maison de Bourbon à Luis-Alphonso de Borbon y Martinez-Bordiu puisqu’il n’a aucun intéret pour l’Espagne et pas plus sur la France.
Le trône d’Espagne étant occupé par Juan-Carlos son cadet et n’ayant aucun droit sur une hypotétique couronne de France.
C’est bien pour cette raison que personne ne lui conteste cette ainesse chez les Bourbons.
Philippe Delorme
4 août 2009 @ 08:03
Pour rebondir sur Jean-Marie (245) : que renferme ce titre vide de « chef de la Maison de Bourbon » (je dirai plus volontiers : « aîné des descendants légitimes de la maison de Bourbon »), puisque cela ne lui donne aucune prééminence sur son cousin Juan Carlos, dont il est le sujet loyal (on se souvient de sa prestation au drapeau espagnol lors de son service militaire), ni sur ses cousins chefs de maisons souveraines régnantes (Luxembourg) ou ayant régné (Parme ou Deux-Siciles). Ni non plus en France, puisque Audouin nous explique clairement qu’il ne se veut pas chef de la Maison de France, et qu’il ne songe pas à devenir roi de France si l’occasion se présentait.
C’est donc un peu le « prince invisible » ;-)
PHD
Audouin
4 août 2009 @ 09:15
@ Ph.D (244)et jean-marie (245)
Henri d’Orléans se dit « chef de la Maison de France » qui est une qualité aujourd’hui obsolète. En revanche, il est chef de la Maison d’Orléans, qui est une qualité bien réelle, un état, mieux un état civil.
De même,chef de la Maison de Bourbon est un état indépendant de toute vocation dynastique, un titre déterminé exclusivement par la généalogie et la filiation. Ph.D. je ne connais pas l’ouvrage auquel vous faites allusion. Mais vous dites vous-même que Luis Alfonso y figure en bonne place au tome 4 sous le chapitre… « MAISON de BOURBON ». Où vouliez-vous donc que les auteurs le missent?
C’est un éminent avocat orléaniste, Me Trousset, qui a écrit dans son ouvrage: »La légitimité dynastique »: « La qualité de capétien est indépendante de celle de dynaste. »
JEAN-MARIE, vous avez raison, la qualité d’aîné de sa Maison ne « rapporte » rien à Luis Alfonso de Bourbon, pour reprendre votre mot assez trivial qui fleure son mercantilisme. Etre chef de la Maison de BOURBON, ce n’est pas un placement en bourse. C’est une identité. Le jeune prince l’assume comme vous-même assumez, je présume, votre propre identité. Je pense que cette aînesse ne lui crée aucun droit à quelque trône que ce soit et qu’il ne revendique d’ailleurs pas. Des devoirs de mémoire? Certes oui!
Audouin
jean-luc
4 août 2009 @ 10:08
Audoin, la « Maison » de Bourbon en tant que telle n’existe pas, et n’a donc pas à avoir de « Chef », même si elle a un ainé généalogique, le comte de Bourbon-Busset, et un ainé généalogique par mariages réguliers, Alfonso de Borbon.
On doit donc plutôt parler de » Famille de Bourbon ».
Dans les familles actuellement souveraines ou anciennement souveraines, le terme de « Maison » est accolé à un pays sur lequel une famille règne ou a régné, et le « Chef de Maison » est celui qui règnerait si la monarchie existait ou qui règne si elle a subsistée.
Ainsi, il y a des Maisons de France, du Brésil, d’Espagne, de Deux-Siciles, de Parme et de Luxembourg, qui toutes appartiennent à la grande famille des Bourbons.
Si on y ajoute les Bragance de Portugal, les Bourbons-Busset et les Bourbons-Chalûs, on a là toute la famille capétienne.
Le fils ainé du défunt prince Charles de Luxembourg, est l’ainé généalogique des Nassau-Weibourg-Bourbon-Parme, qui règnent sur le Luxembourg, puisque son père était le frère ainé du grand-duc Jean; pour autant, c’est bien le grand duc Henri qui est le Chef de la Maison de Luxembourg.
Le duc de Hohenberg est bien l’ainé généalogique des Habsbourg-Lorraine; pour autant, c’est bien l’archiduc-prince Othon qui est le Chef de la Maison impériale d’Autriche et royale de Hongrie et de Bohême.
De la même manière, si Alfonso est certes l’ainé généalogique régulier des Bourbons, Henri d’Orléans est bien le Chef de la Maison royale de France et l’héritier des droits au trône.
Philippe Delorme
4 août 2009 @ 10:43
Audouin (247) : L’ouvrage de Van Kerrebrouck est intitulé « Nouvelle histoire généalogique de l’auguste maison de France”,
Luis Alfonso y est présenté comme chef de cette « auguste maison de France ».
PHD
jean-marie
4 août 2009 @ 11:17
Audouin.247
je suis d’accord avec Jean-Luc la Maison de Bourbon n’existe pas en tant que telle et ne peut pas avoir de chef.
Luis-Alphonso de Bourbon y Martinez-Bordiu ne peut-être que l’ainé de cette Famille et sujet de sa majesté le roi Juan-Carlos d’Espagne.
Il n’est pas non plus chef de la famille royale du Luxembourg.
Pour la France, il n’est qu’un cousin éloigné du comte de Paris et des Princes de France,le comte de Paris étant quand à lui chef de la Maison royale de France.
Chef de la Maison royale de France reconnu de toutes les monarchies d’Europe et du monde depuis le décès du dernier Bourbon Français de la branche ainée en 1883.
Luis-Alphonso de Bourbon n’est pas plus le chef des maisons royales de Parme de Sicile.
Alors sa situation d’ainesse n’a pas grande importance en 2009.
Actarus
4 août 2009 @ 11:34
et voilà, j’ai lu les 10 derniers commentaires et j’ai mal au crâne :-(
Marie du Béarn
4 août 2009 @ 12:47
Prenez donc une aspirine Actarus!
Audouin
4 août 2009 @ 14:18
Louis de Bourbon est l’aîné de la Maison de Bourbon. Il en est donc la tête, c’est à dire le chef, du latin « caput: la tête »… Delorme et les autres qui n’en sont pas à une contradiction près, viennent nous dire aujourd’hui, contre toute vraisemblance, que la Maison de Bourbon n’existe pas et que le titre de chef de Maison est vide de sens…Dans ce cas, on se demande bien pourquoi le chef de la Maison d’Orléans est allé en Justice pour essayer de se faire donner le nom de Bourbon. Ce qu’il n’a pas obtenu!
A ce propos, il y a un nom que les tribunaux de la République, que le comte de Paris sollicite régulièrement, lui accorderaient sans difficulté,s’il le revendiquait, c’est celui d’Egalité. Ce nom ayant été porté très légalement par un de ses ancêtres, la Cour de cassation n’aurait pas pu juger que M.d’Orléans n’avait pas de droits sur ce patronyme original, nom de famille que son ancêtre Louis Philippe Joseph, ci-devant duc d’Orléans, avait sollicité par écrit de la Commune de Paris et que cette dernière lui attribua sans aucune difficulté le 14 septembre 1792. L’ex-duc d’Orléans, toujours par écrit, exprima aux membres de ce distingué aréopage sa « reconnaissance extrême ».
Né prince du sang, Louis Philippe Joseph finira un an plus tard sur l’échafaud sous l’identité du citoyen Egalité…Ses trahisons et ses reniements successifs ne purent lui sauver la vie…R.I.P
Audouin
jean-luc
4 août 2009 @ 16:17
Audoin, vous parlez d’une querelle patronymique: or, il ne s’agit pas de ce dont nous parlions, puisque nous étions sur les notions de famille et de maison souveraine.
Et ne versez pas dans la polémique en nous ressortant ce lamentable Philippe-Egalité, qui s’est très mal conduit il y a plus de 2 siècles, ce dont le comte de Paris et les Orléans actuels ne sont pas plus responsables que Luis-Alfonso ne doit être tenu pour responsable des crimes du dictateur Franco son arrière-grand-père et contemporain !
Philippe Delorme
4 août 2009 @ 16:20
Audouin (253) : qui dit « chef » dit prééminence, pouvoir de direction, etc. Pensez-vous donc que SAR le grand-duc de Luxembourg ou SM le roi d’Espagne en réfèrent à leur « chef » don Luis Alfonso quand ils ont à prendre une décision d’ordre familial ou politique ?
Si ce n’est pas le cas, cette « chefferie » est bien dénuee de sens, comme la notion d’une « maison » de Bourbon, qui n’est en réalité qu’une nébuleuse familiale de maisons souveraines issues de la même origine.
Philippe Delorme
Lorenz
4 août 2009 @ 17:58
Philippe Delorme (255)
Le roi d’Espagne ou le grand-duc de Luxembourg n’en réfèrent pas leur chef de Maison, mais à leur chef du gouvernement !
La Maison de Bourbon (ou Maison de France, les deux termes sont interchangeables) est composée de tous les dynastes issus de Hugues Capet. Louis en est le chef parce qu’il en est l’aîné.
Sa position de « roi sans couronne » le met dans la même situation que n’importe quel autre chef de maison non régnante. Evidemment, ayant des cadets régnants, ses adversaires peuvent facilement lui reprocher son absence d’autorité sur lesdits cadets.
Jean Claude
4 août 2009 @ 22:50
Bonsoir à tous. Je m’étais absenté quelques jours pour me reposer dans une ile, ancienne possession des Sabran, en Méditerranée. Séjour magnifique ! Merci à ceux qui ont bien compris,approuvé,approfondi et complété mon message N°229. Ce n’est pas moi qui ait choisi un « héritier mâle » a Louis Afonso de Borbon y Martinez-Bordiu et son épouse, mais les légitimistes eux-mêmes qui ne lui voient pas arriver de prince, pas plus qu’à son cousin Felipe d’Espagne prince des Asturies et son épouse, alors ils sont retournés chercher les Borbon-Sévilla pour une hypothétique succession que je trouve, moi aussi, bien prématurée, sachant que les deux couples précités peuvent encore avoir des petits princes. Par ailleurs, pour un légitimiste lambda (oui, oui, cela existe …), Juan Carlos et son fils Felipe sont aussi mal vus que Philippe-Egalité et sa descendance, donc un légitimiste n’acceptera pas plus un Jean Charles 1er de France qu’un Henri VII de France. Grâce à Dieu, à l’heure actuelle, les jeunes Princes de France régnicoles sont assez nombreux, une dizaine : Le Duc de Vendôme, Le duc d’Angoulême, le prince Pierre d’Angoulême, Le Duc d’Anjou (Charles-Philippe), le Prince François d’Evreux, le Duc de Chartres, Le Prince Philippe de Chartres, le Prince Constantin de Chartres, le Duc d’Aumale, le Comte de la Marche…). Quant à ce que la Famille de France pourrait revendiquer le nom d’Egalité à accoler à celui d’Orléans, ce ne serait pas une mauvaise chose, sachant que ce mot sous-tend une égalité de droits et de devoirs, ce qui est bien le meilleur qu’on puisse attendre d’un Prince de France au service des Français.
Jean Claude
5 août 2009 @ 01:40
Je ne suis pas d’accord avec vous Lorenz. Les deux termes, Maison de Bourbon et Maison de France ne sont pas interchangeables, puisque la Maison de Bourbon règne aussi en Espagne (Borbon) et au Luxembourg (Borbone di Parma), a régné à Parme et aux Deux-Siciles, au Brésil et au Portugal. Les Lois fondamentales du Royaume de France (et les événements politiques de surcroît), ont fait que la Maison de France est désormais, depuis 1883, la Maison d’Orléans ; et pour le coup, les deux termes sont interchangeables puisqu’aussi bien les seules autres branches familiales à porter le nom d’Orléans y ont accolé le nom de Bragance ou de Galliera ; donc lorsqu’on parle des Orléans, ce sont bien évidemment ceux de France. Et lorsqu’on parle de la Famille de France, c’est bien évidemment des Orléans de France dont il s’agit.
Quant à l’aîné des Bourbons, il s’agit du Comte de Bourbon-Busset, qui d’ailleurs n’est pas plus dynaste au Trône de France que ne l’est Luis-Alfonso de Borbon y Martinez-Bordiu, l’un pour cause de naissance illégitime de son ancêtre, l’autre pour cause re renonciation à ses droits de son ancêtre.
Quant à dire, comme certains, que la renonciation à ses droits au Trône de France du Duc d’Anjou n’est pas valide, alors que Louis XIV lui-même l’a acceptée et signée à Utrecht, comme dire qu’elle n’est pas valide et ne pas, du même coup, vouloir envisager que Louis XIV ait trahi sa parole donnée et soit donc parjure, ce qui pour un roi sacré serait plus qu’un blasphème : une sorte d’apostasie.
Jean Claude
5 août 2009 @ 01:43
Veuillez pardonner une coquille dans le message précédent, il fallait lire : « COMMENT dire qu’elle n’est pas valide… »
Philippe Delorme
5 août 2009 @ 05:36
Lorenz (256)
Non, Luis ALfonso n’est pas du tout dans la même situation que n’importe quel autre chef de maison non régnante : Juan Carlos ou Henri de Luxembourg, pour ne citer qu’eux, ne vont pas lui demander son avis lorsqu’un membre de leur famille veut se marier, et ne le considèrent en rien comme leur chef de maison. (idem pour les Parme, les Deux-Siciles et les Bourbons-Orléans de France, ou les Orléans Bragance du Brésil).
C’est la même chose pour les non-régnants que pour les régnants. Allez demander à Carlo Ugo de Bourbon Parme s’il sollicite l’avis du petit cousin Luis ALfonso lorsqu’il s’agit de savoir ce qu’il doit décider de ce qui concerne la maison ducale de Parme !
Votre « chefferie » de la « maison » de Bourbon est une fiction.
Quant à la synonymie que vous établissez entre « maison de Bourbon » et « maison de France », je vois que vous êtes en contradiction avec l’excellent Audouin. Attention, il va vous tirer les oreilles :-)
Je note donc que SM Juan Carlos d’Espagne et SAR Henri grand-duc de Luxembourg sont princes de la Maison de France…
PHD
Jean
5 août 2009 @ 09:37
Je constate que plusieurs questions auxquelles j’avais répondu ressurgissent de nouveau ! Par exemple, les Orléans qui font partie de la « Maison de Bourbon » (expression due à Louis XIV si je ne me trompe) n’ont pas le patronyme de Bourbon mais celui de leur apanage. Pourquoi ? Parce que la branche cadette s’est séparée de la branche aînée après que celle-ci est parvenue au trône. Ainsi, pour les Bourbons, toutes les branches séparées avant 1589 (c’est-à-dire avant l’avènement d’Henri IV, premier Bourbon sur le trône) portent le nom de Bourbon (Bourbon-Condé, etc.). Toutes celles qui se sont séparées après, ne le portent pas.
Reste le cas de Louis-Alphonse de Bourbon : s’il porte le nom de Bourbon (Borbon), c’est uniquement en raison du choix de cette branche qui, lorsqu’elle est parvenue au trône d’Espagne (1700), a décidé souverainement de garder ce patronyme. La situation est particulière car elle aurait pu (dû) s’appeler « d’Anjou » (car descendant du duc d’Anjou, petit-fils cadet de Louis XIV ; d’ailleurs, aujourd’hui, sur les pleines armes d’Espagne, il y a toujours les armes de France avec la bordure de gueules, qui sont les armes d’Anjou).
Jean
5 août 2009 @ 09:59
@ Jean-Claude : la question des renonciations est une question JURIDIQUE et non religieuse ! En France, les lois fondamentales sont formelles : un prince NE PEUT, sous peine de violer ces lois, renoncer pour lui (et encore moins pour ses descendants) à la Couronne. Celle-ci est en effet INDISPONIBLE (au sens juridique du terme) ; le successeur est l’« héritier nécessaire » TOUS les jurisconsultes au XVIIIe siècles sont unanimes sur la question ! Peut-on sérieusement remettre en cause leurs analyses ? Si le traité d’Utrecht est valide, celui de Troyes (1420) qui exhérède le dauphin Charles (futur Charles VII) l’est également ! (et c’est Elizabeth II qui est notre reine de jure !!).
La seule question qui fait véritablement débat (et je me garderai bien d’y répondre) est de savoir s’il existe ou non un « vice de pérégrinité », c’est-à-dire si les Bourbons d’Espagne ont perdu la qualité de Français en devenant Espagnols. Ainsi, en cas de restauration (hypothèse d’école, soyons sérieux !), il appartiendra aux représentants de la Nation (« successeurs » en quelque sorte des États généraux) de se prononcer là-dessus. Avouez que nous en sommes TRES LOIN !
Ce débat est un débat de juristes et d’historiens… qui doivent prendre en compte que la France n’est plus une monarchie depuis près de 140 ans (si l’on compte le Second Empire).
Audouin
5 août 2009 @ 10:06
@ DELORME (260)
Louis de Bourbon est chef de nom et d’armes de la Maison de Bourbon. C’est ainsi que l’on appelle, dans les familles princières et nobles celui qui est l’ainé, la tête, le « chef » dans l acception première de ce mot, comme je l’ai déjà souligné. Le chef de nom et d’armes, c’est celui qui est le premier de la branche aînée d’une grande Maison et a seul le droit de porter les armes pleines et de conserver les titres d’honneur concernant sa Maison.
Cette définition, tirée du Dictionnaire de l’Académie française (page 527) n’a rien à voir avec une quelconque chefferie d’une tribu de pygmées ou je sais quel commandement civil ou militaire.
Deux exemples: le prince Andreas de Saxe Cobourg et Gotha est chef de nom et d’armes de sa Maison. Quelle autorité croyez-vous qu’il exerce sur la reine d’Angleterre, le roi des Belges, l’ex-roi Siméon de Bulgarie, tous issus de la Maison de Saxe Cobourg et Gotha? Aucune évidemment…De même, l’archiduc Otto est incontestablement chef de nom et d’armes de la Maison de Habsbourg Lorraine. Il n’exerce aucune autorité sur les innombrables archiducs et princes de sa Maison. Ce qui, de nos jours, serait matériellement impossible…Alors pourquoi voudriez-vous qu’il en allât différemment pour le chef de la Maison de Bourbon à l’égard du roi d’Espagne, du grand duc de Luxembourg etc…qui, comme le remarquait justement Lorenz (256), dépendent d’abord de leur gouvernement?
S’il est vrai que la Maison de Bourbon s’est identifiée avec la Maison de France à partir de Louis XIV, cette confusion a cessé après l’abolition de la royauté. C’est si vrai que le comte de Chambord s’est toujours dit chef de la Maison de Bourbon, non seulement par égard pour l’empereur d’Auriche qui lui donnait l’hopitalité mais bien plus encore par respect pour le peuple français. Il n’y a plus de roi en France, il n’y a donc plus de Maison de France. S’il y a une notion vide de sens, c’est bien celle-là! Et si la Maison d’Orléans se prétend Maison de France, c’est par un abus de langage qui ne trompe que les gogos ou ceux qui veulent bien se laisser tromper!
Audouin
Jean
5 août 2009 @ 10:09
Une dernière question – qui mérite, elle aussi, une discussion – : si une branche capétienne part s’installer à l’étranger et devient étrangère (comme pour les autres régnicoles), qu’est-ce qui lui empêche, si elle revient en France, de redevenir française ? ;-) !
Imaginons, à ce propos, que le prince Louis (c’est une hypothèse !) décide d’habiter en France, que son fils naisse en France, que le fils de son fils fasse de même, qui pourra leur reprocher d’être Espagnols (surtout avec la construction de l’Union européenne…) ? Inversement (c’est toujours une hypothèse), imaginons que le prince Jean décide, à la demande de son épouse d’aller s’établir en Espagne et que son fils naisse en Espagne, et que le fils de son fils fasse de même, pourrait-on leur « reprocher » de ne plus être Français ?
Jean
5 août 2009 @ 10:14
Comme je sens que je vais me faire taxer d' »alphonsoblanquiste » ( :-) ), je vous livre un dernier commentaire. Je pense qu’il est probable qu’à la mort du comte de Chambord (ou même avant), un débat aurait éclaté entre Bourbons et Orléans (dans la droite ligne des oppositions entre légitimistes et orléanistes qui, bien que majoritaires à l’Assemblée nationale, firent le lit de la IIIe République). C’est d’ailleurs l’hypothèse envisagée par le professeur (défunt) Henri Morel (historien du droit…), dans son article « La loi innommée ». Pour lui, si une restauration était intervenue en 1873, le comte de Chambord serait devenu roi « à l’appel de la nation française, représentée par l’Assemblée nationale ». Or, en raison du développement du « nationalisme » propre à ce siècle, l’Assemblée aurait certainement « fixé la succession royale dans la famille d’Orléans » (puisque le comte de Chambord n’avait pas d’enfants). Cependant, comme il n’y a pas eu de restauration en 1873, tout cela reste (malheureusement ou heureusement) à l’état d’hypothèse.
J’espère ne pas avoir été trop long !
Bien à vous et bonnes vacances !
Philippe Delorme
5 août 2009 @ 11:17
Parfaitement Jean (261). Et si l’on voulait pinailler, on pourrait même affirmer qu’il n’existe pas de Bourbons, mais seulement des Vendôme, puisque Henri IV appartenait à cette branche cadette de la branche (déjà) cadette, Bourbons, de l’arbre capétien.
PHD
Actarus
5 août 2009 @ 11:42
On tourne en rond depuis des mois.
Est-ce une farandole ou une carmagnole ? ;-)
jean-marie
5 août 2009 @ 13:24
Jean.265
Vous n’avez donc pas lu les carnets du comte de Chambord car non seulement l’assemblée nationale en 1873 reconnaissait Philippe d’Orléans comme successeur dynastique du comte de Chambord mais le comte de Chambord le reconnaissait lui aussi.
Les princes d’Espagne dont Jaime de Bourbon comte de Montizon étaient appelés les Espagnols ou Infants d’Espagne et non comme princes Français alors qu’il considérait les princes d’Orléans Français et ses parents.
Je vous conseil la lecture de ces carnets du comte de Chambord.
.
Jean Claude
5 août 2009 @ 13:29
Lors de la loi d’exil de 1883, c’est bien le Comte de Paris et le Prince Napoléon qui ont été chassés de France et durent partir en exil, non les Borbons di Espana. La république française et, au travers de ses élus, le Peuple de France ont donc ainsi reconnus qui étaient les successeurs d’Henri V et de Napoléon III, par une sorte de plébiscite à l’envers : on ne s’est pas choisi un Roi ou un Empereur, mais on a désigné ceux qui pouvaient l’être de facto car l’étant de jure. Et pas question dans cette loi de 1883 de contraindre à l’exil ou d’interdire le sol de France aux Bourbon- Busset, Bourbon-Châlus, Borbon de Espana, Borbone di Parma, Borbone di Due Sicilia, Orléans-Bragance, Orléans-Galliéra. Si donc, tous ceux-ci n’ont pas subi la loi d’exil, c’est bien que les juristes français (à l’époque encore plutôt royalistes et légitimistes) ont établi qu’ils n’étaient pas régnicoles, sinon, ouste comme les Bourbon-Orléans et les Bonaparte…
Le vice de pérégrinité s’applique aux Princes de France ayant accepté une nationalité étrangère ou des apanages de souverains étrangers, comme c’est le cas de tous les descendants espagnols ou italiens de Felipe V d’Espagne, des Orléans-Bragance (brésiliens) et des Orléans-Galliéra (espagnols). Mais des Princes de France, nés Français, et portant des titres français liés à des apanages français, s’ils restent de nationalité française, peuvent bien naître et habiter durant trente générations à l’étranger, ils resteront régnicoles au Trône de France. C’est la qualité constante de naturel (citoyen) français qui leur garde cette qualité de régnicoles. Et d’aucuns qui ont choisi de renoncer à la nationalité française, ne peuvent se réclamer ensuite du Droit français ; c’est une constante du Droit, depuis l’empire Romain, que les droits d’un citoyen découlent de sa nationalité et non de sa résidence. C’est ce qui permit à l’apôtre saint Paul de se réclamer de son droit de citoyen romain, bien que né juif et à Tarse (en Cilicie, actuelle Turquie). Je rappellerai aussi ce que j’ai déjà dit : depuis la disparition d’Henri V, deux guerres ont ravagé la France ; y a -t-on vu se battre pour elle un quelconque des princes étrangers précités ? Feu le Comte de Paris et feu le Prince Napoléon, bien qu’exilés, sont eux revenus servir la France, sous des pseudonymes et dans la Légion étrangère. Cela a ajouté, si je puis dire, à leurs droits légitimes d’héritiers du trône royal et du trône impérial, un droit nouveau hérité de l’amour et la défense de la Patrie française : le droit du champ d’honneur, et même plus tard, pour le Comte de Paris, au travers de la mort du Prince François en Algérie, le droit du sang versé.
Au moment de se choisir un roi, personne en France ne pourra ignorer cela. Quand à la venue d’un Roi de France, non seulement de jure, mais aussi de facto, qui peut dire ou savoir qu’elle n’aura pas lieu, un jour prochain ? Qui aurait parié une péseta sur le fils du Comte de Barcelone en 1936 ?… Il est pourtant devenu Juan-Carlos 1er en 1975, installé par Franco d’abord, et plus tard confirmé par le Peuple d’Espagne, de par la Grâce de Dieu dans les deux cas. L’avenir est ouvert… « Espérance « , comme dit si bien Charles qui nous manque pour donner ses commentaires si justes et bien étayés.
Jean Claude
5 août 2009 @ 13:31
Actarus : en fait , l’hésitation se fait entre un flamenco et une bourrée