
Le colloque annuel de l’Institut de la Maison de Bourbon aura lieu ce samedi 27 novembre 2010 de 14h à 18h à l’amphithéâtre B14 (1er étage) de l’Institut catholique de Paris situé rue d’Assas, 21 dans le 6ème arrondissement à Paris. Le thème sera « Les dauphins à travers l’Histoire« .
Après l’ouverture du colloque par le prince de Bauffremont, président de l’Institut, le professeur Franck Bouscau de l’Université de Rennes interviendra sur le sujet « Du Dauphin du Viennois au Dauphin de France. » A 15 heures, le Professeur Bruno Nardeux, doctorant en Histoire médiévale de l’Université de Rouen prendra la parole sur le thème « Le duc de Normandie à l’école du pouvoir : le dauphin Charles, futur Charles V ».
Suivront les interventions de Jean-Pierre Babelon, membre de l’Institut sur « L’éducation des dauphins : Louis XIII du dauphin à l’enfant roi« , de Jean-Paul Clément, professeur à l’Institut catholique de Paris sur « Si Chateaubriand avait été le précepteur du duc de Bordeaux » et enfin par Philippe Pichot-Bravard, docteur en Droit sur le rôle et la situation du Dauphin. (merci à Pierre)
Pour plus de renseignements : Institut de la Maison de Bourbon – 81, avenue de la Bourdonnais – 7ème arrondissement – Paris – TEL : 01 45 50 20 70
Sigismond
7 décembre 2010 @ 19:33
padraig (168)
Non, il n’est pas normal que les princes cadets que vous appelez abusivement « la Famille de France » portent les armes de France pleines sans y ajouter le lambel d’argent.
On écrit pleines, pas plaines : des armes plaines sont des armes « d’un seul émail, qui ne comporte[nt] ni pièce ni meuble » (dictionnaire de l’Académie française, 9e édition), comme par exemple les armes de la famille d’Albret, qui sont de gueules plain (c’est-à-dire un écu entièrement rouge).
En France, les armes pleines sont réservées à l’aîné de chaque famille, comme l’a rappelé le tribunal de grande instance de Paris dans son jugement du 21 décembre 1988 : « Attendu que selon les anciennes coutumes, les armes pleines etaient réservées aux aînés, les cadets devant introduire une brisure dans leur blason ».
Le comte de Chambord est mort sans postérité, mais il n’était pas le dernier « Bourbon de France » comme vous dites. Tout d’abord, il n’était pas de Bourbon mais d’Artois. Quant à « de France », il l’était en droit depuis 1844, mais de la même façon que son successeur le prince Jean de Bourbon, comte de Montizon, devint lui aussi « de France » en droit à partir de 1883, donc Bourbon de France. Pour être un Bourbon de France, il faut s’appeler de Bourbon et avoir droit au nom dynastique « de France ». C’était bien le cas du comte de Montizon, de ses deux fils et de ses cinq petits-enfants, à partir du 24 août 1883.
Il est abusif de parler de fusion entre les légitimistes et les orléanistes en 1883. Certes, beaucoup d’anciens légitimistes sont devenus orléanistes à la mort du comte de Chambord, d’autres se sont ralliés à la république, d’autres encore sont devenus survivantistes. Mais certains sont restés légitimistes, c’est-à-dire fidèles à la branche aînée des Bourbons, donc fidèles au comte de Montizon, à ses deux fils et à son petit-fils, puis à Alphonse XIII et à la branche aînée actuelle. Le courant légitimiste n’a jamais cessé d’exister, même si le tapage de l’Action Française lui a longtemps fait de l’ombre.
Au milieu des années 30, la « duchesse de Guise » (qui était le pseudonyme de la duchesse d’Orléans de l’époque) était beaucoup plus connue en France que la Reine, c’est-à-dire la duchesse de San Jaime (qui habitait à Vienne, en Autriche, et qui était elle aussi doublement capétienne, de naissance et par mariage). Triste époque heureusement révolue : nos Princes sont maintenant bien connus et bien présents !
À propos de Vienne et des années 30-40, un historien pourrait-il nous éclairer sur un point qui m’intrigue : comment se fait-il qu’après 1936, nos deux reines douairières, la duchesse de Madrid et la duchesse de San Jaime, vivaient toutes les deux à Vienne ? Le prince Alphonse-Charles était-il resté en bons termes avec la veuve de son frère ? Les deux Princesses se fréquentaient-elles ?
Mifpo
7 décembre 2010 @ 19:34
Il existe en héraldique une coutume qui veut que seul l’aîné d’une famille porte les armes pleines. En l’occurrence, l’aîné des Bourbon est le seul ayant droit aux pleines armes. L’aîné des Bourbon est bien Louis de Bourbon. Les Orléans/Egalité ne sont qu’une branche cadette de la famille de Bourbon.
Les armes sont soumises au droit de propriété & sont considérées comme une propriété privée. L’usurpation d’armes constitue donc une violation de la propriété privée.
Le « comte de Paris » fit un procès au duc d’Anjou pour lui interdire l’utilisation des pleines armes mais il fut débouté car elles appartiennent à l’aîné des Bourbon.
Les légitimistes sont ceux qui s’en tiennent aux Lois Fondamentales. Les Orléans/Egalité n’étant pas désignés par celles-ci, la division ne pouvait que subsister à la mort de Henri V.
Philippe Delorme
7 décembre 2010 @ 19:44
Néoclassique (180)
Vos affirmations sont hasardeuses, sur le plan historique.
Dès la mort du comte de Chambord, en 1883, le comte de Paris (« Philippe VII ») a pris les armes pleines de France. C’est ce que confirment les attendus du jugement du tribunal de grande instance de Paris en 1988 :
« Attendu que la République à nouveau instaurée, Charles de Bourbon, Duc de Madrid, faisant valoir, à la mort du Comte de Chambord, sa qualité d’aîné d’une branche aînée, s’attribua les armes pleines ; que Louis-Philippe d’Orléans, petit-fils du roi Louis-Philippe en fit alors de même, provoquant les protestations des Bourbons d’Espagne ; que le Tribunal civil de la Seine, saisi par l’un d’eux, Marie-François de Bourbon y Castellvy, devait cependant considérer en sa décision du 28 janvier 1897 que « ces armoiries pleines à trois fleurs de lys d’or, qui étaient jadis attachées à la qualité de Roi de France, avaient disparu avec elle ».
Il est donc erroné d’affirmer que les d’Orléans aient attendu 1931 pour le faire. Des centaines de documents pourraient vous être présentés à titre de contre-exemples.
Cordialement
PHD
glafouti
7 décembre 2010 @ 20:24
Phillippe Delorme , donc à ce que vous écrivez l’ont vois (pour nous nous initié(e)s) que la ((querelle dynastique)) n’est pas nouvelle et que cela ne va pas finir demain chacun dans chaque rameaux de cette famille parce qu’ils sont tous cousins ont de bon arguments ,si tout cela reste correcte c’est très bien car tous représente un peu l’histoire de la France et de l’Europe !
néoclassique
7 décembre 2010 @ 23:12
A Philippe Delorme 180
Les Orléans ont peut- être porté épisodiquement les pleines armes de France mais ce ne fut de manière constante.
En tout cas, aucun Bourbon Orléans ne s’était permis (et couvert de ridicule) de parler de Dauphin! Et surtout pas le duc de Guise qui, restant fidèle à sa maison, avait toujours appelé son fils comte de Paris (titre traditionnel des Bourbon Orléans).
Les Bourbon-Orléans ne pourraient au mieux prétendre qu’à une restauration de la branche à laquelle avait donné naissance leur ancêtre, Louis-Philippe de Bourbon Orléans, duc d’Orléans. Ce dernier avait délibérement choisi en rupture avec la branche âinée de la maison royale de se faire appeler roi des Français et de ne jamais porter le blason fleurdelysé des Bourbons.
Alors qu’au moins les BOurbons Orléans soient fidèles et loyaux vis-àvis de la mémoire de leur ancêtre qui ne fut jamais roi de France sacré (et pour cause il avait usurpé le trône d’Henri V en pactisant avec la Révolution de 1830) et qui jamais n’osa s’arroger pour lui et sa descendance les titres ,armes et apanages de la branche aînée éteinte en 1883.
Mais les BOurbon-Orléans peuvent ils être fidèles et loyaux? That’s the question…
R-N
8 décembre 2010 @ 00:32
Philippe Delorme (175) Loin de moi de m’essayer à la généalogie moderne ! Et à l’entreprise révolutionnaire, au sens social, qu’elle véhicule au nom de certains ou plus exactement qui la justifie !
En généalogie traditionnelle (je n’ouvrirai pas le débat…) ainsi que dans ce qui s’est toujours pratiqué, on considère les choses ainsi lorsqu’il s’agit d’un membre important de la famille ou d’un personnage illustre; surtout si le personnage n’a pas eu de descendance… directe. Il est classique de parler, pour les Napoléon d’aujourd’hui, de leur illustre ancêtre.
Je suis d’accord avec vous que stricto sensu, on descend ou on ne descend pas de quelqu’un ou d’une branche ou d’une famille. Cependant, on a toujours pratiqué ainsi, par nécessité et par logique.
Dire d’une famille “ils n’en descendent pas” signifie qu’elle n’a aucun lien avec un ancêtre donné. On ne l’utilise pas lorsque le rapport existe. Pour désigner des individus descendus depuis longtemps d’un personnage célèbre ( surtout s’il n’a pas eu lui-même de descendance ) on dit à leur sujet : “ils en descendent, mais indirectement”.
Les deux cas que j’évoquais (174) correspondent à deux situations différentes. Dans le premier, il s’agit de repérer des individus et leur famille, d’un point de vue généaloqique (classique). Dans le second, le même dont parle Sigismond (178), il s’agit de considérer une dynastie ou une famille du point de vue de la succession ou de l’histoire familiale. Dans ce cas, “ne pas descendre directement” désigne aussi l’ascendance généalogique stricte, autre que celle de la ligne de succession.
Une exception : on a toujours parlé des neveux de Jeanne d’Arc ou des familles descendants d’un neveu de Jeanne d’Arc; par habitude je suppose, et certainement par respect.
Citons les Capétiens directs, les Valois directs. S’il s’agit d’une nuance différente, elle trahit bien l’existence de cette notion. Les Valois-Angoulême ne descendaient pas moins de la maison capétienne que les Valois directs.
Quant au mot de “collatéraux” il n’existe que dans le jargon juridique. Même si on parle de branches collatérales.
Enfin, j’ai parlé de la notion de “descendant direct”, (dont découle le fait de ne pas descendre directement). L’expression de “descendant indirect”, elle, ne s’emploie pratiquement pas et si on peut l’utiliser, c’est avec précaution et bien dans un contexte, car elle n’est pas élégante.
Cordialement.
Sigismond
8 décembre 2010 @ 08:26
Philippe Delorme (179)
Je suis d’accord que du point de vue scientifique, biologique, et même du point de vue du droit civil, on ne descend pas plus directement de son grand-père paternel que de son grand-père maternel. Mais il me semble que quand on parle de descendant direct, il s’agit de descendant agnatique. Un reste de machisme en ce début de XXIe siècle :-)
Michael
8 décembre 2010 @ 08:43
c’est vrai que don Carlos de Bourbon, duc de Madrid (fils de l’ainé des Bourbon d’espagne) se sentait vraiment français à la mort de son oncle en 1883. Il écrit lors des obsèques du comte de Chambord dans une lettre à son représentant en Espagne don Candido Nocedal le 3 septembre 1883: « Je n’ai jamais senti plus vivement dans cette cruelle journée (enterrement du comte de Chambord) la force des liens indissolubles qui m’attachent à ma chère Espagne, c’est à elle seule que j’appartiens et que j’appartiens toujours ».
Michael
8 décembre 2010 @ 09:20
Sigismond (181) « Pour être un Bourbon de France, il faut s’appeler de Bourbon et avoir droit au nom dynastique « de France ». C’était bien le cas du comte de Montizon, de ses deux fils et de ses cinq petits-enfants, à partir du 24 août 1883. » Ah bon, j’ai pu retrancrire dans le message précédent l’avis d’un des fils du comte de Montizon, voilà l’un des nombreux avis du fils du duc de Madrid, don Jaime de Bourbon aussi duc de Madrid: « Mon coeur, d’autant plus espagnol que je suis loin de ma chère Espagne…. » (déclaration aux représentants de Catalogne le 11 janvier 1911). L’oncle de celui-ci et frère du premier duc de Madrid, Alfonso-Carlos, duc de San Jaime (+ 1936) déclare jusqu’à la fin de sa vie qu’il est espagnol: » Don Alfonso Fernando José Juan Pio de Bourbon et d’Autriche-Este, par la grâce de Dieu, légitime successeur dans les royaumes comtés seigneuries et titres souverains des Espagnes… » (décret du 23 janvier 1936). Vient ensuite, Alphonse XIII, roi d’Espagne. son fils le comte de Barcelone est sans équivoque dans une lettre à don Antonio Marie de Orioly Urquijo, ministre de la justice le 31 janvier 1972 « lorsque les « légitimistes » français allèrent chercher mon Père pour qu’il relevât leur drapeau, il s’y refusa catégoriquement » il rapporte une phrase du roi: » Supprimer la bordure de gueules de nos glorieuses fleurs de Lys compromettrait les bonnes relations entre la France et l’Espagne et par conséquent je ne peux rien demander de ce côté… ». On ne trouve aucun documents avec la signature d’un descendants de don Juan de Bourbon, comte de Montizon comme « Prince de France » et cela est logique car ils ont toujours réclamés leur droit au trône d’Espagne et sont restés fidèles à leur pays « l’Espagne ».
Pendant 300 ans, les Bourbons d’Espagne n’ont pas répondu aux attentes d’une petite poignée de dissidents royalistes qui allaient chercher à l’étranger ce qu’ils ne pouvaient pas imposer à leur Prince français.
Don Luis-Alfonso de Borbon y Martinez-Bordiu (c’est comme cela qu’il se fait appeler officiellement en Espagne) est vraiment sur cette lancée. Il vient d’ailleurs de rompre les derniers liens qu’il avait avec ses partisans français de l’Institut de Bourbon.
Audouin
8 décembre 2010 @ 11:32
Sigismond (181)
La première duchesse de Madrid, Marguerite de Bourbon-Parme, soeur du Comte de Chambord, décéda en 1893. Devenu veuf, le duc de Madrid, chef de la Maison de Bourbon depuis 1887 se remari
Audouin
8 décembre 2010 @ 13:46
Sigismond (181)
La première duchesse de Madrid, Marguerite de Bourbon-Parme, nièce du Comte de Chambord, décéda en 1893 à Viareggio. Devenu veuf, le duc de Madrid, chef de la Maison de Bourbon depuis 1887, se remaria avec la princesse Marie-Berthe de Rohan (de la branche des Rohan devenue autrichienne en 1808). Elle fut le mauvais génie de la branche aînée des Bourbons, brouilla le duc de Madrid et son fils unique don Jaime et se fit un malin plaisir à disperser documents et souvenirs de l’épopée carliste. En 1931, à la mort de son beau-fils, le duc d’Anjou et de Madrid qu’elle détestait, elle vendit une grande partie des souvenirs de Frohsdorf.
Elle est morte à Vienne en 1945.
Marie-Berthe était également en très mauvais termes avec Maria des Neiges de Bragance, héroïne de la dernière guerre carliste, duchesse de San Jaime (+1941) qui refusa toujours de la recevoir.
Voilà ce que l’on peut répondre succinctement à votre question, cher Sigismond.
Bien à vous.
Audouin
Audouin
8 décembre 2010 @ 15:38
Cher Néoclassique (180)
M. Delorme n’a pas tort: l’usurpation des pleines armes de France par les princes au lambel ne date pas du mariage de Palerme…Le cercueil du Comte de Chambord était encore ouvert que Louis-Philippe-Albert d’Orléans, chef de la branche cadette, se proclamait chef de la Maison de France (sic) et s’attribuait les armes de l’aîné de la Maison de Bourbon.
Le 23 mai 1892, ce dernier que les légitimistes nommaient « Charles XI » adressait de son palais de Venise une protestation au chef de la branche cadette d’Orléans contre sa prise des pleines armes de France.
« La France a emprunté les fleurs de lys aux aînés de notre famille, aux descendants de Hugues Capet se succédant de mâle en mâle par ordre de primogéniture. C’est en vertu de cette loi et selon les règles du blason que moi seul, aîné des Bourbons, chef de nom et d’armes de la race de Hugues Capet, de Saint Louis et de Louis XIV, et après moi mon fils et mon frère, avons le droit de porter l’écusson royal d’azur à trois fleurs de lys d’or, sans brisure. ».
Audouin
Michael
8 décembre 2010 @ 18:22
Dans ses mémoires, ce même « Charles XI » pour les alfonsistes, alias don Carlos Carlos de Bourbon, duc de Madrid disait: « .. mais Henri V n’avait pas de fils et que la couronne(de France) passerait ensuite aux ORLEANS, comme avant tout, je suis ESPAGNOL, je m’inclinerai d’avantage pour les Bonaparte qui une fois sur le trône d’Espagne pourraient me reconnaitre plus qu’on ne se le figure… » p.81
néoclassique
8 décembre 2010 @ 19:05
Cher Audouin,
Ce que vous dites est exact mais les Bourbon-Orléans n’ont pas porté les pleines armes de France de manière régulière et continue entre 1883 et 1931.
En revanche, jmais aucun des Orléans avant le comte de Paris n’avait osé qualifier se qualifier du titre de Dauphin, cela frise le ridicule!!
Bourbon Orléans ils sont, Bourbon Orléans ils doivent rester. Ils doivent rester fidèle aux prérogatives, titres et apanages de leur ancêtre le roi citoyen alias roi des Français et de leur maison.
Mais la fidélité et la loyauté sont elles des valeurs qui ont un sens chez les Bourbon Orléans?….
d'Artagnan
8 décembre 2010 @ 21:31
Aux funérailles du Comte de Chambord, le Comte de Paris a envoyé son avocat auprès du Roi de France,l’Ainé des Bourbon pour qu’il renonce à ses droits sur sa Couronne de France.
Cela démontre d’une manière flagrante que le Comte de Paris n’a aucun droit sur la Couronne. Pourquoi demander à l’Ainé de la Famille de France de renoncer à ses droits dynastique sur le Royaume de France si l’on considère qu’il n’ pas de droits dynastique ?
Simple logique.
Mimich le Belge
9 décembre 2010 @ 08:18
144 : Vidéo avec Lorànt Deutsch.
Michael
9 décembre 2010 @ 08:49
D’Artagnan, c’était peut-être pour s’assurer que les choses fussent bien claires, c’est aussi logique. Donnez vos références pour cette histoire d’avocat?, des prueves écrites…svp
Michael
9 décembre 2010 @ 09:14
Tout ce qu’on sait, c’est que l’ainé des Bourbon d’Espagne a dit le 3 septembre 1883 à son représentant en espagne dans une lettre le jour des obsèques du comte de Chambord: » je n’ai jamais senti plus vivement que dans cette cruelle journée la force des liens indissolubles qui m’attachent à ma chère Espagne. C’est à elle SEULE que j’appartiens et je lui appartiendrai TOUJOURS ». Carlos de Bourbon
Audouin
9 décembre 2010 @ 10:12
Michaël
Puisque vous aimez les citations, en voici quelques autres que je vous dédie et vous pourrez ajouter à votre florilège sur Don Carlos de Bourbon, duc de Madrid:
1) Manifeste du 3 octobre 1868: « J’entends également maintenir par cet acte tous mes droits au trône d’Espagne et mes droits éventuels au trône de France si la branche aînée représentée aujourd’hui par mon auguste oncle Henri V, que Dieu garde, venait à disparaître »
NB: ce manifeste ne suscita aucun désaveu de la part du Comte de Chambord
2) Le 13 juillet 1881, Don Carlos de Bourbon est expulsé du territoire français, cinq ans avant le vote de la loi d’exil. Motif: il avait été acclamé par des Saint-Cyriens et une foule de Légitimistes à la sortie de la messe de la Saint Henri où il représentait son oncle, le Comte de Chambord.
3) Dans une lettre écrite à sa tante, la comtesse de Chambord, le 24 octobre 1883, Don Carlos évoque l’attitude des d’Orléans: « (…) Ils ont bien démontré leur perfidie en essayant de convertir le pardon chrétien que mon oncle Henri V leur a si généreusement accordé en une reconnaissance de droits qui n’ont jamais existé et que, par conséquent, mon oncle ne reconnaissait pas lorsqu’il leur concédait la place qu’il leur revient dans la famille, c’est-à-dire la dernière(…) »
4) Le 12 mars 1906, le chef de la Maison de Bourbon, successeur du Comte de Chambord, publie un manifeste contre la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat voté par le Parlement français et que les Légitimistes placarderont sur les murs de Paris:
« Comme aîné de la race de nos Rois et successeur salique, par droit de primogéniture, de mon oncle Henri V, je ne puis rester plus longtemps spectateur impassible des attentats qui se commettent contre la religion et aussi contre Sa Sainteté le Pape Pie X.
J’élève la voix pour repousser de toutes les forces de mon âme de Chrétien et de Bourbon, la loi de Séparation.
5) En 1896, à l’occasion du 1400ème anniversaire du Baptême de Clovis, le Prince adressait un message aux Catholiques français dans lequel il déclarait notamment:
« L’avenir de la France est entre vos mains. Sachez donc vous affranchir du joug maçonnique et satanique, en revenant franchement et avec l’ardeur qui vous caractérise, à la vraie tradition chrétienne et nationale dont, par ma naissance, c’est-à-dire par la volonté de Dieu, je suis le SEUL REPRESENTANT LEGITIME ».
6) Peu de temps avant sa mort survenue le 18 juillet 1909, Don Carlos de Bourbon avait rappelé ses devoirs envers la France dans une déclaration reprise dans son testament politique et parue dans l’Univers du 23 juillet suivant:
« Bien que l’Espagne ait été le culte de ma vie, je ne peux oublier que ma naissance m’impose des devoirs envers la France, berceau de ma famille. C’est en vertu de ses devoirs que je maintiens intacts les DROITS qui, comme CHEF et AINE de ma Maison, m’incombent. »
Audouin
Audouin
9 décembre 2010 @ 10:31
néoclassique (195)
Cher ami
Je ne vois pas bien la raison pour laquelle vous donnez du « Bourbon Orléans » à la branche cadette. Elle n’a jamais porté ce patronyme. L’actuel comte de Paris qui avait introduit une requête devant la Justice pour l’obtenir a été débouté de son action. On peut d’ailleurs le regretter, car ce nom composé n’aurait fait que souligner la position ce cadets des d’Orléans…
Cordialement.
Audouin
Michael
9 décembre 2010 @ 12:37
Audoin, Merci pour ces citations. cela prouve bien que les Bourbon d’Espagne jouaient un double jeu, uniquement quand cela les arrangeait. Ils n’ont JAMAIS assuré pleinement leur héritage français car leur revendication étaient ambigues. Au contraire et en toute logique, les Orléans ont assumé pleinement leur héritage dynastique sans ambiguité comme cela était prévu depuis longtemps en cas d’extinction des Bourbons français.
Michael
9 décembre 2010 @ 12:41
Le comte de Chambord au comte de Paris (1873):
—Croyez que je trouve naturel que vous conserviez les opinions politiques dans lesquelles vous avez été élevé. L’héritier du trône peut avoir ses idées comme le roi les siennes.
(Source: marquis de Flers: le Comte de Paris. Paris, 1888. p. 79)
Déclaration de la comtesse de Chambord, 2 sept 1883:
Connaissant les intentions de mon mari, je déclare que je veux que son enterrement soit un acte de famille, et pas un acte politique; et que la place de chacun soit réglée par le degré de parenté.
(Source: Joseph du Bourg: Les Entrevues des princes à Frohsdorf, 1873 et 1883, la vérité et la légende. Paris, 1910. p. 268. Cité par Alain Jossinet: Henri V. Paris, 1983. p. 525.)
Comte de Damas: Madame reconnaît bien le comte de Paris comme héritier légitime du comte de Chambord?
—Oui, certainement, cela je ne peux l’empêcher.
(Source: comte de Monti de Rézé: Souvenirs sur le comte de Chambord. Paris, 1930; p. 90.)
Michael
9 décembre 2010 @ 12:58
Pour que les lecteurs du site se fassent une bonne opinion de la question. Je leur conseille de lire les carnets de note du comte de Chambord publiés par Philippe Delorme. Ils pourront voir que le comte de Chambord ne considèrent JAMAIS Carlos de Bourbon neveu par sa femme comme français mais toujours comme espagnol.
Avouez que c’est comme un peu gros qu’un roi de France considère son héritier comme étranger. Le comte de Chambord savait pertinnemment bien, comme ses ancêtres que l’héritage dynastique irait aux Orléans. Il savait aussi que ces derniers seraient contestés par un groupe de personnes qui irait rejoindre les Espagnols ou les Naunrdoff. Démontrer aujourd’hui que le légitimiste a été toujours été l’apanage des Bourbons d’Espagne s’avère périlleux; les sources reflètent une autre réalité: Les Orléans sont Maison de France depuis 1883.
Audouin
9 décembre 2010 @ 14:06
Michaël (198)
D’Artagnan n’a fait que rapporter un fait qui est connu depuis longtemps, qui a été souvent cité et que vous n’ignorez pas non plus.
Il fallait que Louis-Philippe-Albert d’Orléans et les siens fussent bien peu peu sûrs de leurs droits pour oser envoyer à Goritz un ancien conseiller d’Etat, M.de Bellomayre, afin de faire signer au nouveau chef de la Maison de Bourbon, successeur légitime du Comte de Chambord et à ses deux fils, une renonciation au Trône de France préparée à l’avance! En échange, le Comte de Paris leur promettait, s’il montait sur le trône de France, de ne pas se montrer ingrat et de les soutenir dans leurs prétentions espagnoles!
Le Comte de Montizon haussa les épaules devant ce marchandage indigne et refusa de recevoir ce curieux entremetteur qu’il chargea ses fils d’éconduire.
Le prince Alphonse de Bourbon, duc de San Jayme, lieutenant des zouaves pontificaux, grand croix de l’Ordre de Saint Pie IX pour avoir défendu Rome en 1870 et très aimé du Comte de Chambord dont il devait à son tour recueillir la succession en 1931, accepta de recevoir l’ambassadeur des d’Orléans et de lui transmettre la réponse de son père.
Voici ce qu’il lui déclara:
« Jamais je ne signerai cette pièce. Je ne sais pas encore si nous avons des droits à la Couronne de France; si nous n’en avons pas, il est ridicule de signer cette déclaration. Et si nous en avons, ces droits sont des devoirs. Ces devoirs, on ne peut les abdiquer. »
(La Tradition monarchique, de Paul Watrin, page 215)
Audouin
Charles
9 décembre 2010 @ 16:08
Merci a Michael pour ces citations historiques.
Les monarchistes francais soutiennent les princes d’Orleans depuis le deces du comte de Chanbord.
Seule une minorite se sont tournee vers les Bourbons d’Espagne, uniquement en raison de leur haine pour les Orleans. Ces pourquoi cette poignee de « monarchistes » parlent encore ici tous les jours de Philippe Egalite et deversent leur haine sur les princes de la Maison de France.
Lors des ceremonies en hommage a Henri IV, rue de La Ferronnerie a Paris, j’ai vu le prince Jean et la princesse Philomena entourres de francais, de monarchistes et d’historiens. J’ai meme vu un jeune homme a velo s’arreter pour saluer son Dauphin avec emotion. J’ai vu le maire de l’arrondissement accueillir comme il se doit l’heritier de la couronne.
J’ai vu aussi l’aine des Capetiens seul entoure de deux gardes du corps, mal a l’aise et surtout sans fidele et sans enthousiasme. Il semblait se dire que suis-je venu faire ici? Il s’est ensuite oppose a son entourage et a ses conseillers en pleine rue. Situation surrealiste.
Pendant ce temps le prince Jean, la princesse Philomena recevaient les hommages et les felicitations des monarchistes francais et du public. J’ai vu Gonzague Saint Bris heureux de faire la connaissance du Petit Dauphin, j’ai vu aussi les officiels en pleine conversation avec la Dauphine. J’ai vu aussi des journalistes interoges le prince Jean pour la radio et la television pendant que don Luis-Alfonso reglait ses problemes avec son entourage. Il semblerait aussi que ces quelques pseudo- legitimistes aient quitte definitivement don Luis-Alfonso.
L’institut de la Maison de Bourbon est actuellement en crise et il semble bien qu’une cassure soit definitive entre un Bourbon espagnol non dynaste et des monarchistes de l’impossible.
Audouin
9 décembre 2010 @ 16:41
Michaël (203)
Vos deux citations ont déjà beaucoup servi. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de souligner en quoi elles sont éminemment sujettes à caution.
1) La première est tirée du « Comte de Paris », ouvrage rédigé à la demande et à la gloire de Louis-Philippe-Albert d’Orléans par le marquis de Flers, orléaniste pur sucre, qui n’était pas présent à Frohsdorf en 1873 quand le Comte de Paris est venu reconnaître la Légitimité en la personne du Comte de Chambord. Il a donc écrit ce que lui a dicté son maître.
2) Quant à la phrase attribuée à la Comtesse de Chambord, elle est encore moins crédible. Elle est tirée des « Souvenirs », publiés en…1930 par le comte de Damas, rallié aux d’Orléans…
Quant on connaît l’aversion profonde que la Comtesse de Chambord nourrissait pour l’arrière-petit-fils du régicide, il est hautement improbable qu’elle l’ait « reconnu » pour héritier…Ce qui d’ailleurs, à supposer vraie cette déclaration, n’avait absolument aucune conséquence.
En revanche, vous avez bien fait de citer Joseph du Bourg qui rappelle la volonté du Comte de Chambord de remettre « chacun à sa place » à l’occasion de ses obsèques, car dans la Maison de France, l’ordre dynastique ne se distingue pas du lien de parenté.
Comme l’écrit le même Du Bourg dans l’ouvrage dont vous donnez la référence mais que vous n’avez peut-être pas lu entièrement:
« M. le Comte de Chambord avait gardé sur cette question [la Succession] une réserve absolue pour la bonne raison qu’elle se tranchait régulièrement toute seule, et qu’ayant pour premier devoir de réaliser la restauration, il ne devait pas diviser les groupes monarchiques par des querelles et des luttes annihilant toutes chances de succès. C’est pour cela qu’il ne parlait pas là-dessus et qu’il ne répondait pas quand un interlocuteur abordait ce sujet. Mais d’un autre côté, il ne voulait rien faire ni accepter qui fût en contradiction avec le Droit. En partant de la constatation de son silence forcé sur cette question, ne trouve-t-on pas dans les dispositions pour ses obsèques l’indication de la voie à suivre? Un enterrement de famille où chacun est à sa place, voyez, regardez donc, c’est là mon testament politique. »
Audouin
néoclassique
9 décembre 2010 @ 17:34
a Audouin 200
c’est à la fois par souci de similitude avecles autres branches qui toutes sont désignées sous le double nom de Bourbon X (Bourbon Anjou, Bourbon Siciles, Bourbon Parme, bourbon Condé..)et aussi pour pour montrer qu’ils sont idiscutablement des Bourbon mais aussi indiscutablement la branche cadette de la maison
Audouin
9 décembre 2010 @ 18:30
Michaël (204)
Ah! oui, avouez que c’est quand même un peu gros qu’un roi de France, pour reprendre votre expression, fasse présider ses obsèques par des Espagnols!
Vous savez, il ne faut pas attacher plus d’importance qu’ils n’en ont aux carnets intimes du Comte de Chambord, d’autant moins qu’ils n’étaient pas destinés à la publication et que le Prince lui-même avait demandé, dans son testament, qu’ils fussent brûlés…C’est dire assez la valeur qu’il leur attribuait. Le Prince appelait affectueusement en famille ses neveux « les Espagnols » un peu comme moi j’appelle les miens, ceux de Bretagne, les Bretons, et ceux de Toulouse, les Armagnacs! Dans cette appellation, il n’y avait aucune volonté chez Henri V d’ostraciser son beau-frère et ses neveux qui appartenaient à sa Maison, à son Sang, le Sang de France, dont d’ailleurs ces Bourbons se réclamaient chaque fois que l’occasion leur en était donnée. C’est cela qui est essentiel dans les lois de succession. La nationalité est changeante au gré des circonstances, pas l’ascendance. Un Bourbon d’Espagne, un Bourbon de Naples, un Bourbon de Parme reste Bourbon…On ne devient pas Bourbon si on ne l’est pas de naissance, mais un Bourbon peut sans top de difficulté redevenir français. On en a maints exemples…
Ces Carnets intimes auxquels les Orléanistes se réfèrent désormais comme aux Tables de la loi quand ils n’ont plus guère d’arguments, ne sont que des notes brèves, rédigées en style télégraphique qui servaient d’aide-mémoire au Comte de Chambord.
Je trouve d’ailleurs, soit dit en passant, que livrer en pâture au public des écrits très personnels frise le viol de l’intimité d’un homme qui n’aurait sûrement pas autorisé leur publication.
Audouin
Sigismond
9 décembre 2010 @ 20:26
Audouin (191)
Merci beaucoup Audouin pour ces précisions. Je savais qu’il y avait une certaine « légende noire » autour de la deuxième duchesse de Madrid, c’est pourquoi je me demandais si c’était par une simple coïncidence que les deux Princesses vivaient dans la même ville (Vienne) à la fin de leurs vies, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Comme toutes les « légendes noires », celle-ci doit avoir sa part de vérité. Mais d’autres de nos reines (notamment Isabeau de Bavière, Catherine de Médicis, ainsi que les deux épouses d’Henri IV) ont elles aussi laissé une mauvaise image, que certains historiens ont ensuite nuancée.
En tout cas, la princesse Marie-Berthe était paraît-il réputée pour sa beauté. Voici quelques photographies d’elle (avec la méthode Mimich ;-) :
http://img.photobucket.com/albums/v666/daan73/SPBourbon
BertadeDuchessofMadrid1.jpg
D’origine bretonne, la duchesse de Madrid était une cousine du fameux cardinal de Rohan de l’affaire du Collier.
Avec le béret carliste espagnol.
Ici avec le Roi, son époux.
Photo qui semble plus tardive.
Thierry
10 décembre 2010 @ 03:34
@ d’Artagnan (post 177)
Merci d’Artagnan, de votre intéressant point sur les Bâtards mais précisément la funeste décision du Régent en direction du Parlement, n’a-elle pas été d’un poids infiniment plus considérable, dans les causes de la Révolution, que les enfants « naturels » fussent-ils légitimés, du Roi (ce qui a du en choquer plus d’un, je ne songe même pas à la question morale mais plutôt aux principes fondamentaux du Royaume)?